LXXXII INTRODUCTION
Sophie , an jugement dn sens commun; et c*est là tout au moins une préparation très-utile aux recherches qu'ils entreprennent
Une question fort importante en philosophie est cefie de sarofr si la droite raison nous défend absolument d*agir en vue de nous-mêmes. Le rigorisme dn xfii* siècle est bien connu. Dans la chaire et dans les livres n n*est question que d'abnégation et de détachement; on veut que Thomme se renonce luimême ; on lui foit un crime de songer à son bonheur , de désirer et de rechercher ses propres avantages. Les moralistes s'accordent tous à regarder l'amour-propre comme le principe de tous les vices. Qu'est-il besoin de rappeler avec quelle sévérité ce sentiment d'affectiAn pour nous-mêmes est proscrit par Pascal , Nicole , Arnaud et les autres écrivains de Port-Royal ? Ils vont jusqu'à s'interdire l'emploi du mot moi , tant ils trouvent haïssable ce que ce mot désigne; et leur exemple est suivi par des penseurs étrangers d'ailleurs à leur parti, tel que Malebranche. Mais cette opinion forcée et exclusive ne rendait qu'imparfoitement la réalité. Une réaction était inévitable. Elle ne tarda pas à s'opérer au xvm* siècle , et, comme il arrive toigours , on donna dans l'excès contraire; on avait dit trop de mal de notre attachement à nous-mêmes; désormais on en dit trop de bien : « Car l'esprit humain , comme dit Luther , jessemble à un paysan ivre à cheval : quand on le relève d'un cOté , il retombe de l'autre. » Le renoncement à nous-mêmes fut dès lors considéré comme une chimère , et ramour-propre exalté. Suivant la nouvelle doctrine , Thomme né avec la seule faculté de sentir , s'aime d'abord ; rien de plus légitime que cet amour, puisque^ nous le tenons de l'auteur de notre être , et il n'y a pas de morale véritablement possible, sinon celle qui repose sur ce fait, le seul primitif.
Heureusement le sens commun, ce grand maître en fait d'éclectisme, sait mettre à profit Tes éclaircissements des philosophes sans partage]; leurs passions. Il reconnaît en nous , avec le xvii* siècle , un principe personnel d'action moralement blâmable , lequel nous porte, à nous comparer aux autres , à nous préférer à eux , à les combattre , à les exclure , à nous faire le centre de tout. Mais aussi , il tait aux philosophes du siècle suivant leur part : il approuve dans une juste mesure, et sans incliner vers l'excès opposé, leur protestation contre l'excès d'austérité , et, pour ainsi dire, le fanatisme des doctrines antérieures. U regarde et pose comme démontrée l'existence en nous d'un sentiment d'affection pour nous-mêmes innocent et légitime, nécessaire à notre conservation, qui nous fait rechercher notre bien sans nous mettre en rapport avec les autres , sans que nous voulions que tout se subordonne à nous , les choses et les personnes. Ainsi passent au rang des croyances constantes les résultats des deux écoles , mais après le retranchement de leurs exagérations ; et le sens commun consacre la distinction de ces deux amours de nous-mêmes en les désignant par des expressions qui , malgré leur synonymie apparente , laissent apercevoir à un esprit impartial et mstruît de sa langue la différence désormais incontestable des faits dont ils sont les signes. Ce sont, d'une part, amour^prapn^ à peu près seul usité au m^ siècle , et, de l'autre, amour de toi , qpï n*8L éié que
INTRODUCTION. LXXXIU
(dos tard employé communément : en sorte que le progrès de la science morale s'est fait sentir dans la langue, sinon par l'introduction d'un mot, au moins par son usage plus fréquent et mieux entendu. Amour-propre ^ dont la seconde partie donne en effet Tidée d'une possession exclusive , de quelque chose qui nous appartient sans que les autres y puissent prétendre, continue à représenter ce principe personnel d'action odieux , antisocial» qui, réfléchi , devient égoisme^ qui Élit qu'on rapporte tout à soi exclusivement aux autres , et qui a justement eidté au xyu* siècle d'unanimes censures ; tandis que , comme il n'y a rien dans amour de soi qui marqué comparaison et préférence de nous aux autres, c'est l'expression qui convient, et que l'usage a admise pour rendre ce sentiment irrépréhensible , dont le xvm* siècle a eu raison de prendre la défense , et en vertu duquel nous recherchons notre bien et fuyons notre mal sans rivaliser avec autrui , sans exiger de lui des préférences. Au reste , au xvm* siècle même, un philosophe, qui, malgré son goût pour le paradoxe, prend quelquefois le parti du bon sens contre les extravagances de ses contemporains, J. J.Rousseau, a sa donner des deux expressions dont il s'agit ici une interprétation conforme à la pensée du sens commun. Dans son Emile , et au commencement de ses Dialogues , il signale Vamour de soi comme un sentiment bon , absolu , qui ne regarde qu'à nous, qui est content quand nos vrais besoins sont satisfaits, qui est compatible avec les passions douces et affectueuses, qui même les produit; et, Yamour-propre^ comme un sentiment relatif , par lequel on se compare, qui demande des préférences, qui n'est jamais content, et d'où naissent les passions haineuses et irascibles.
Donc , à l'avenir , quiconque voudra de nouveau traiter la question devra
demander aux mots, qui viennent d'être examinés, la solution du sens commun.
Celle-ci a une origine que la philosophie ne peut désavouer; car elle résulte des
idées des philosophes eux-mêmes , corrigées et réduites à leur juste valeur.
De môme , sur beaucoup d'autres sujets , le sens commun a déposé dans les
mots des décisions visiblement formées de ce que les penseurs et les écrivains
les plus émineuts de la nation en ont dit de plus raisonnable et de plus vrai;
et, au lieu de dédaigner ces lumières, les philosophes ne sauraient mieux faire
désormais que de les recueillir soigneusement et de s'y conformer. Dans aucun
pays, du reste , on n'est plus disposé que chez nous à admettre cette conclusion.
Ce qui figure au commencement du Discours de la méthode et en tête de la
Loffiifue de Port-Royal , deux traités philosophiques les plus français qu'il y ait ,
c'est le sens commun ou le bon sens.
DE U LANGUE FRANÇAISE
PREHIËRB PARTIE.
giHtmins m ONT u un ungu.
L sTHoemos qoi ont le Htm radical it domt les DiFPiRsncis vÈnsMm
DE GEETADIBS aECORSTAIlCBS OKAMMATIGALBS.
SIBOBTiaB DBS SUBSTANTIFS QUI OITFARSET UaïQUBMBlIT PAB LE HOMBBB.
FtMcittf , vwaciUs ; tendresse , tendresses; Jwnté , bontéi; banesie, bassesses; etc. Air, airs. Infortune, in(€frteMs; nuUhew, malheurs; chagrin, chagrins. Banni, ruines; détail , détails; etc. Le wiérite , les mérites ; la richesse , les richesses. Vapproehe, les approches. La noce, les noces. L'tmpdl, la laiUe, la dîme; les impôts, les
tailles , les dUnes. Le sage , les sages; Vhomme , les hommes.
Le singulier exprime Tunité , le pluriel la pluralité ou la variété. Telle est la règle sous sa Sonne la plus générale; mais on n'en comprendrait ni le sens ni la portée , si on ne la suivait dans des ^iplications qui l'expliquent et la justifient.
Supposons d'abord qu'il s'agisse de substantifs qoi signifient des sentiments de l'âme , comme la msat^, la tendresse, lnhonté, la baMeffe,la dmrité, la douceur, le mépris, la soumission, ia fertéy la rigueur , etc. On demande quelle diffennoe existe entre ces sentiments exprimés par leiingoUer, et ces mémss sentiments exprimés far le ploriel. Dire que le singulier représente chacun d'eux comme un , et le pluriel comme Bultiple ou yarié , c'est donner une réponse vraie aa fond, mais obscure. Tâchons donc de l'éclairdr.
Le singulier montre chacun de ces sentiments comme un ,c'est-à-dire comme étant une disposition ie Vàme continue on permanente , qu'on éprouve ^ld on tel degré , osais toujours , abstraction faite
STH. WtLÂMÇ.
des mouvements qu'elle fait produire à l'extérieur. Le pluriel , au contraire , les montre comme divers et multiples , c'est-â-dire , dans leurs effets , dans leurs manifestations , sous leur cAté phénoménal et accidentel. Personne ne confond la vertu théologale appelée charité avec les charités , c'estâ-dire , avec les actes , les pratiques qui en dérivent et en sont les accidents. Il suffit d'un peu d'attenti<MDi pour distinguer de même la vivacité des vivacités , la lendretse des tendreites , la bonté des bontés , la bassesse des bassesses , etc. La tnvaeité, la lendretse, la bonté, la bassesse sont des affections intimes, immanentes, inhérentes au caractère dont elles forment les éléments. On ne peut les réprimer sans un grand empire sur soi-même. Les vivacités , les tendresses , les bon-tés , les bassesses sont les réalisations de ces qualités : les vivacités sont des mouvements de otiHicité, des emportements passagers; les tendresses des témoignages de tendresse , des manières empressées et caressantes; les' 5onl^s des signes extérieurs et accidentels qui annoncent deisibonté, signes qui , comme ceux de la tendresse , peuvent bien ne rien signifier du tout. Aussi , faire amt- (itf suppose plutôt la réalité du sentiment , ou tout au moins se rapporte plus au fond que , faire des amitiés. Les basseues sont des actes de bassesse. La faibleue est un défaut; les faiblesses sont des fautes. De sorte que la différence du singulier au pluriel , c'est-â-dire de l'unité â la variété, revient â celle de l'être au phénomène.
Nos écrivains les plus spirituels en ont tiré d'heureuses oppositions de mots. « On dit : Kn Angleterre , on ne me faiit point amiUé. Est-il nécet-
PREKIÈRE PARTIE :
Mire que Ton yoas fasse des mniHfsP* IfbiiTiSQ» « Le principe de la monarchie sa corrompt lors* que Vhonneur a été mis en contradiction avec les honneurs , et que l'on peut être à la fois couvert d'infamie et de dignités. » In. « J'ai peur que rhommt puissant à ^u| vous vous êtes adressé ne vous ait donné que des paroles et non pas une parole. « YaLV. 9 Malgré les vices fies, hoquoes , il y a parmi eux des vertus , et même de la vertu. » J. J. Au lieu de raconter Vhistoire ou une hûfoire y Hérodote s'amuse parfois à conter des histoires. On peut aimep kt fi^d^cine #t fbbpnpr leg médecines.
Vair signifie ce que naturellement on paraît être sous le rapport des qualités et des dispositions de rftme : un air respectueux, craintif, sérieux, doux, simple, ingénu : un air de modestie. Les airs consistent dans les démonstrations d'un homme qui fait de l'embarras : des airs tranchants, évaporés, fendants, impertinents, insolents , extravagants , impérieux* «Â^ecter des airs dédaigi^eux et hautains, s ^ptn, « Ilji'aura jamais d'atri ni de faste.» J. J. c Des dames sans airs. » Id. On a l'air; on prend , on se donne , on affecte des atr«. — I/ibriiyère dit que y pour hitn régner , il faut une naissance auguste , avee un atr d'empire ou d'autorité ; des airs d'empire et d'auloxil^ SQZit de9 manifestations hautaines et prétentieuses qui révoltent. On peut avoir
De beaux traita, un air grand, el palut iToûv lulniDi.
Dut.
« Les atrt éventés du Jeune marquis de Villeroy
ma le rendirent insupportable , et mon air froid
m'attifa son aversion. » J. J. Dans le Distrait de
Regnard , Yalère répond au ehev^er qui lui va-
proche d'avoir l'atr sauvage :
Yons , n'aurez-voas Jamais celui d*im homme sage r Faudrait-Il qu'en tout lieux vos airs extravagants, Voe ris immodéré! doBBeM à rire aoi gens t
La différenee du singulier an pluriel Nfviant aussi parfois à la dliférenoa du permanent à l'aeeidentel. L'infortune , le malhewr , le chagrin sont des états I les infortunes , las malheurs , les eha^ grins sont des accidents, des maux passagers, des contrariétés plus ou moins fortes. On est plongé dans Vinfortune , dans le malhewr , dans la chagrin; on est exposé aux infortunes , aux malheurs , aux chagrins.
D'autres fois , cette même différence se ramène à celle de l'abstrait et de l'idéal au concret et au réel. « La ruine , dit Roubaud , est la destruction de la chose; les rutne# sont les débris de la ohose détruite. Le détail y ou (comme on aurait dû dire pour lever toute équivoque) le détaiUemewt eaii Taction de eonsidérar , de prendre , de mettra la chose en petites partiea et dans les moindres divisions : les détails sont oes petites parties ou ces petites divisions , lalles qu'allas sont dans l'objel même. Vous faites led^lki^ial non Us détaih d'une histoire; vous «n faites la détail an présestant les détails de la chose Jusque dans ses plus petites particularités. Vous n'en Ihites pas les détails , parce qu'ils existent par eux-mêmes dans la ehose , faidépendamment de votre récit. Le détaiU est votre ouvrage; c'est votre récit détaillé. las dtftaOs sont 4a la ehosa,easaDl las paliti
objets particnUeif qfoftm peut détatUer, ou ocm* sidérer et employer 4$us le détail. Détail annonce la manière dont vous représentez les choses ; et les détails , les choses mêmes que vous représentez. » « Peut-être Virgile n'était-il point fait pour la détail fatigapt des coi^b^. » Volj. « Je sais d9 sa conduite des détail§ incroyables. » Marm. Un géuéral bat(u et mis ep fj^ite s'écrie en mourant : A un plus heureux le reste. Il veut dire le reste de l'action ou de la campagne. S'il disait les restes , il faudrait entendre les soldats qui restant, las débris d^ l'innée* « Qn. n'avait encore aucune oonnaissaiice des (féftatff de la bataille (de Cannes); on ignorait où étaient les restes des troupes. % CoRD. Qui aime V Eglise est attaché à la société de» fidèles ; qui aime les églises f ré> quente les temples chrétiens ^ les édifices où se célèbre le service divin.
Le mérite signifie , d'une manière abstraite et collective, toutes sortes de perfections, ce cjne vaut en général iine personne ou une chose; les m^irfCff expriinent , d'une manière concrète et détaillée, telles et telles qualités particulières. De même, par la richesse d'une langue on entend l'abondanee des expressions distinctes et des belles locutions qu'elle possède , sans avoir en vue cellesci ou celles-là; mais quand on parle des richesses d'une langue , la pensée sie porte effectivemeut et spécialement sur ces expressions et ces locutions prisas uue i une,
On dit également , Vapproehe et les approcher d'une chose, de la mort, par exemple. Mais Vappfoekê signifie la fkit abstrait d'approcher, et les apprôehes dépeignent avae toutes ses circonstances l'aQtiou réelle d'i^pprocher. Montaigne a bien rendu cette opposîtioji dans le^ passages suivants : < La vieillesse est uu signe indubitable de l'approcha 4e U vhotï. » c Ce u'est pas l'instant et le point du passage , ce sont les approches de la mort que nous ^vons à craindre* » J. J. Rousseau n'a pas été moins précis. « Un chien , dit-il , bon et fidèle gardien , n'aboie qu'à l'approche des voleurs. » « Pourquoi la populace se repaît-elle avec tant d'avidité du spectacle d'un nulheureux expirant sur la rouef Q'est que chacun a une curiosité seerète d'étudier les mourements de la nature aux approches de 09 moment redoutable que nul ne peut éviter. 9 Bt encore ailleurs, d'une part : « Ayant passé une partie de l'hiver ici , il lui est bien dur d'en partir à l'approche du printemps. » D'autre pari : « Il uia serait dur de déloger dans cette saison , qui me fait déjà sentir aussi cruellement ses approches. • De même Bossnet : « Tout se ternit , fout s'eflace ; en commenaa à sentir l'oppr^ahe du gouffk^ Citai. » B| d'un autre cdté : « Il ne nous est pas possible d'émouvoir les pécheuH» par las tarribies opproehes du jugement fntur dont Dieu las mauaoe. » c Bile regarde sans se troubler toutes les apprthéhês de la mort. »
La mot noce, au singulEar, signifia quelque chose d'abstrait, un fait indépendamment de ses particularités et de sa durée : à quand la noce.* Le même mot , an pluriel , désigne quelque chose da concret, c'est-à-dire le mêine &it, aiais tel qu'il sapasse et qu'on le voit, mais dans tout son
SYNOimiES QÇI ONT l^ MfiMfi RADICAL.
ééféfpfgmot^ daxis toat« son étendue, avec tBBte» ses circoosUnces : h^tMçes ont été ma^- Bqoes, elles ont dû coûter beaucoup, eUes se sQ&t piolû&gées au delà de trois jour^. — Noces , ovquant hqI de ]a durée , est seul propre 4 exprimer k manifs et l'état (pii le suit : épouser ane penooK, être marié, en premières ou en seeeodes mm, — Assister à la noce , être de noce ou <k k MflT, soBt d«s expressions qui ne e'adres^ snt ^i rcf^t ; c'est être présent au mariage de qaikfBi'vn. Assister aux noeec , célébrer des no- 00, «fit da langage de Timagination; ce sont des «paâoBsqiû représentent ou dépeignent, q\n iodiqaeot la psrt qu'on prend aux réjouissances , sa fêtes , SOI oérémonies religieuses , aux danses , ox dirertissements, aux festins qui accompagnait un laanage. — U anive quelquefois , quand dem pesotmes s^époosœt, qu'on supprime ou qB'on reavoie , par des raisons de convenance , les M», el non la eoee.-^ On assiste à une noee^ on iTsBBse à des fUMet , on j passe plusieurs jours : os fiùt ime «Me; on célèbre des nocu. -^ Noce ne im^/nà» qu'en général , sans nem spécifier , pour jÊÊSfçus la kit pur et simple. « H. d'Arles sera de cette aoce.» Sér. « Gorbinelli est demeuré à Puis pmr Itn à la noce d'un fils de M. Mandat. • la. cQy eut à cette nœe plus d'amis que de pareati. » Id. Tontes les fois , au contraire , qa'on Teoteip»ser et comme mettre sous les yeux ks leeidaits, las feits élémentaires ou accèsseins, les détails , le pluriel est de rigueur, s On Bt iNUt j/ttk M** de Rochefort : c'est une belle fesme de noms dans les fêtes qui se font pour lesgnBdfliiiecei,9 Str. m Tout se préparait pour ks«Mei.« YÉB. «x}a domestique chargé du soin des noeei.v Ubi. le jour de ses iiocee; la première unit de iesiwMi; aux tiocef de Tbétis et de PéJée; les hémst de Caaa; les noces de Gamacbe. Impêt, kùUe^ dime^ au singulier, signifient quelgiw eioaed^ûiéaZ, et s'emploient dans Tordre des idées; aa plariel, cas mêmes mots expriment qvelqae chose de r^ et se disent dans Tordre des fûts. Ua poUieiste traitera de la répartition de f«nfdl, fera la théorie de Ttvipd^, à priori, iniépeadanmest de ce qui arrife ou est arrivé; Bais daas me statistique où on rend compte de ce ^ a en lieu, on liait le relevé des impôts. — Oa établit l'tsipdl, la taaie , la dime; on lèye les ^^f ks teOfef , les dCmes . La chambre des dé< P°tés règk T«npdl , et le gouvernement a des rettreon pour percevoir les impôts. L'Ëtat exige i'û^, a besoin de Vimpôt pour subsister : les "j«ts psfent les tm^dto 4 T£Ut. « H fut ordonné iteos ceux qui tenaient les biens ecclésiastiques ^ payer k dfme. » Hobtbsq. « On peut voir, ^ ks dispositions ajoutées à la loi des Lomkfds, k difficulté qu'il y eut à faire recevoir les ^f^o par les lois cÎTiles. » lo. — L'impdl, la toiU< , k dîne sont quelque chose d'abstrait , une *^^^*9tioB : on y eat aoumk ou on en est exempt ; ^ ^^p9tSy les taiUes, les dîmes sont quelque cboscée concret, c'est-à-dire les choses efiectiv^ffleot données en conséquence de ce devoir : les ^pi^yés d'un gouvernement vivent des impôts^ w toOIci ou des dCmet. — Payer Vimpàt, c'est ^re dans k eas de ceux sur qui pèse cette charge:
payer les impôts , p'est actuellement livrer les choses exigées par Vimpôt. — Vimpàt y la taille , la dime sont de droit, en théorie, en idée; les impôts y les tailles y les dîmes sont de lait.
Enfin , toutes les fois qu'il s'agit de noms génériques, le singulier leur imprime |in caractère d'absolvi et de nécessité, et, au contraire, le pluriel im caractère de relation et de contingence. Le sage est un personnage idéal absolument par^ fait, le type de la sagesse; les sages sont des perr sonnages réek, plus ou moins parfaits, é qui il arrive d'approcher plus ou moins du type de la sagesse. Parmi les noms génériques quelques-uns ne se prennent jamais qu'au singulier. Or , ce sont précisément ceux qui signifient l'idéal et Tabsolu, c'est-à-dire quelque chose de un, d'inunuar ble et qui persévère toujours le même , comme l^ beau. Je vrai, le bien, Vhonnéte. Quand noua disona , Vhomme , nous désignons le genre en citant un seul des indiridus que nous érigeons en type , de manière à nous former du genre une idée simple , pure , indépendante de toute particularité, qui ne comporte ni division ni exception. Quand nous disons , les homms , nous désignons le genre en citant tous les individus, ou plutôt nous n'avons pas l'idée d'un genre , mais l'idée d'une collection d'individus que nous ne concevons pas comine uns. oc J. J. Rousseau ne connaissait pas Vhomme en général , puisqu'il affirme que l'homme est né bon; il ne connaissait pas non plus les hommes , les hommes considérés individuellement, car il les croit tous 'méchants dès qu'ils ont alarmé son orgueil. » Lab. « Après avoir étudié Vhomme toute ma vie, j'avak cru connaître les hommes; je m'étais trompé. » J. JT. oc II faut que la femme étudie à fond Tesprit de Vhomme, non par abstraction Tesprit de Vhomme en général , mais Tesprit des hommes qui Tentourent, Tesprit des hommes auxquels elle est assujettie. 9 In. « Si la connaissance générale de Vhomme est nécessaire à l'orateur pour savoir exciter les passions qui conduisent la multitude , le négociateur doit avoir la connaissanoe particulière des liommes , pour déterminer les motifs secrets qui les déterminent , et pour les amener à son but. > D'Al. s «c Pour connaître Vhomme , il suffit de s'étudier soi-même; pour connaître les hommes , U faut les pratiquer. » Ducl. & La philosophie suppose la connaissance de Vhomme , et toute peinture de mmurs ou de caractère la connaissance des hommes.
Beauzée a parfaitement établi cette distinction, concernant Temploi du singulier et du pluriel, du moins par rapport aux propositions universelles , c'est-à-dire à celles où Ton se sert de noms génériques. « Il est constant , dit-il , qu'un écri** vain attentif ne dira pas indifféremment ; Vhomm» est raisonnable , ou , les hommes sont raisonnables. Quand il s'agit de Tuniversalité des individus , je crois que le singulier de Tarticle est plus propre à en marquer la totalité physique sans exception, parce qu'il en lait naturellement naître ridée par celle de Tunité. Le pluriel, au contraire, est plus propre à désigner Tuniversalité morale , parce que ce nombre avertit naturellement du détail en montrant la pluralité ; 0 que