PREMIÈRE PARTIE
le détail n'étant nécessaire que quand Tuniformité manque , le pluriel indique , par une conséquence assez analogue, que l'universalité n'est ]»as si entière qu'il ne puisse y avoir des exceptions. Ainsi , il faut dire , Vhomme est raisonnable, pour faire entendre que la faculté de raisonner, qui est en effet de Tordre des choses nécessaires , appartient à toute l'espèce humaine et en est un attribut essentiel. C'est comme si Ton disait : l'animal homme est un animal raisonnable , exclusivement à toute autre espèce du même genre. Mais on doit dire , les hommeg sont raisonnables , si l'on veut parler d'un bon usage de la raison , parce que cet attribut est en matière contingente, et que, dans le détail des individus, plusieurs se trouveraient exceptés de l'universalité. Par la même raison , il y a de la différence entre ces deux phrases : l'homme est mortel , les hommes sont mortels. La première annonce la certitude infaillible de la mort; et c'est une vérité que l'on peut prendre comme principe dans un sermon ou dans un traité de morale. La seconde annonce l'incertitude du moment et de la manière de la mort; les uns mourant plus tôt , les autres plus tard ; ceux-ci subitement , ceux-là par une maladie longue : c'est ime vérité d'où l'on peut partir dans les traités , pour s'autoriser à prendre dans le moment même les précautions convenables. »
Ainsi , en résumé , de deux substantifs synonymes qui ne diffèrent que par le nombre , celui qui est au singulier marquera l'unité , l'être , le permanent, le complet, l'idéal , l'abstrait , l'absolu , le nécessaire ; tandis que celui qui est au pluriel exprimera la variété , le phénoménal, l'accidentel, l'incomplet, le réel, le concret, le relatif et le contingent.
STNOirrKIB DBS SUBSTANTIFS QUI DIFFiRBRT UMIQUBKENt PAR LE OBHRB.
Amours {f.) , amour (m.). Foudre {f.) , foudre (m.). Aigle (/.), aigle (m.). Voile (/.), voik (m.). OEuvre {[,), ceuwe (m.). Couple (/!.), couple (m.). Pointe et point du jour. Taxe et tatuc. Graine et grain. Ravine et ravin. Montagne et mont. Etc.
Tout le monde sait que le langage transporte aux choses inanimées un caraistère emprunté du règne animal. Il fait considérer les unes comme des femelles, les autres comme des mâles, en appelant, par exemple, certaine semence une graine , certaine autre un grain , certain amas de pierre une montagne, certain autre un mont, certaine excavation une fosse , certaine autre un fossé. Cette distinction peut sembler étrange; mais elle est utile , ne fût-ce que parce qu'elle sert à marquer entre les nogos les plus semblables , quant à la forme et au sens , une différence assez considérable. En signalant cette différence entre les substantifs synonymes à radicaux communs et à terminaisons peu ou point significatives , nous ferons connaître la raison générale qui a guidé le sens commun dans l'imposition de l'un ou de l'autre genre i tels ou tels substantifs.
Le féminin est toujours plus général , le mas-
culin toujours plus particulier. Les noms , auxquels convient le premier genre, renferment dans leur signification quelque Chose de plus étendu , de plus vague , et de plus indéterminé que leurs synonymes du genre masculin. Et ceuxci ont un sens précis et spécial : ils expriment les mêmes choses , mais les font considérercomzne ayant des bornes , une destination ou une forme particulière , qui les sépare de tout ce qui n'est pas elles , quelque chose enfin qui leur donne une existence distincte. Dans celui des deux termes synonymes qui est au féminin , la chose apparaît comme un tout ou un genre , dont le substantif masculin n'exprime qu'une partie ou une espèce , mais bien caractérisée, ou, comme une substance , une matière , une étoffe sans forme et sans destination précise , qui en reçoit une dans le substantif masculin : c'est ainsi que la barre devient le barreau , la terre le terrain et le (errotV , la pâte le pâté, etc. Le mot orge est féminin , quand on ne spécifie pas de quel orge il s'ar git, et masculin dans les expressions, orge mondé, orge perlé, orge moulu (Boss.), orge mondé et pilé (Roll.); vivre d'orge grossièrement pt^et à demi-cuit sous la cendre. (Mark.) Le pendule est dans la pendule une partie seulement. Les mots aide , enseigne , garde , sentinelle , manœuvre , pris au féminin , désignent des abstractions, des actions vagues. Au masculin, ces mêmes mots signifient des honmies qui ont tel emploi , qui font ces actions par état; ils deviennent plus précis en donnant à l'idée une forme concrète.
Le substantif féminin est d(mc l'expression mère; il signifie le genre, et le substantif masculin l'espèce. Voilà pourquoi , dans les synonymes de cette sorte , le masculin peut toujours se définir par le féminin , mais non pas réciproquement. Le barreau est une espèce de barre , le pdté une espèce de pdte , le terrain une espèce de terre , le limaçon une espèce de limace; mais non pas , la barre une espèce de barreau , la pdte une espèce de pâté, la terre une espèce de terrain , la limace une espèce de limaçon. Si le masculin se définit par le féminin, c'est qu'il exprime la même chose que lui , plus certaines qualités ou circonstances qui le déterminent ou le spécialisent. Que si le féminin ne peut à son tour se définir par le masculin , c'est qu'en effet il ne réunit pas ces qualités ou, ces circonstances qui appartiennent en propre au masculin , qui le déterminent et le spécialisent.
Rien de plus facile à justifier que cette règle. Dans chaque espèce animale , la femelle contient et produit le mâle , comme dans le langage le féminin comprend le masculin. De son côté, le mâle se distingue par son individualité ; les caractères de l'espèce ne brillent qu'en lui, ou brillent en lui beaucoup plus que dans la femelle. C'est la femelle , plus cerUines. qualités que le m&le possède seul , comme la beauté du chant , la vivacité des couleurs , les cornes , la force , etc.
Cette même règle va recevoir des faits une justification plus éclatante encore. Nous la verrons d'abord appliquée aux substantifs qui ont la même terminaison au masculin qu'au féminin.
SYNONYMES QUI ONT LB MSME RADICAL
AI0ras(f.)« AIIOint(m.). Punon d'un sexe ^r l'autre.
Le mot amour , généralement masculin , prend qoelqnefois le genre féminin; mais cela n'arrive gnère en prose , suivant rAcadémie , si ce n'est quand le mot est au pluriel : nouvelles aimourt , ardentes omours, folles amours. Or, évidemment le pluriel est bien plus compréhensif et plus vagne que le singulier : revenir à ses premières «aourr, n'indique pas l'objet d'un premier sentiment, n'exprime pas qu'il ait été unique, avec autant de précision que, revenir à son premier amowr. Ensuite, l'amoiM* désigne un sentiment, et le sentiment seul; les avMmn présentent cette idée mêlée avec beaucoup d'autres; diesfont songer aux assiduités, aux petits soins, asx doux propos , aux témoignages d'affection. « Ce Lapon nous dit qu'il lui en avait bien coûté , pendant ses amours , deux livres de tabac et quatre ou cinq pintes debrandevin. s Rbgn. De plus, et c'est une autre condition dout l'Académie ne parle pas , le mot amowr , au pluriel , n'est employé comme féminin que quand il est précédé et non pas suivi de son adjectif : de foUes arnown , et nota des amours folles; comme de soties gens , et non des gens soUes, L'adjectif étant mis après , smoiir , qnoique au pluriel , resterait masculin : des amours brutaux (Pasc. Volt.) ; froids , honteux, déplacés, odieux, lascifs (Volt.); particuliers (GoHD.) c II est des amours emportés aussi bien que des doucereux. » Mol. C'est qu'en général Tadjectif se place avant le substantif dans les locutions vagues , et après dans les locutions précises. (Voy. ci-après Synonymie des esepresiions fmi ne dt/fSrent que par Vordre des mots : sanant homme , homme sawint.) Si donc le mot amour n'est féminin qu'au pluriel et après l'adjectif, la raison en est qu'alors seulement il tient de ces deux circonstances le caractère décidé de vague et d'indétermination qui est propre au féminin. —Délice et orgue, masculins au singulier, sont aossi féminins au pluriel , même sans avoir besoin, comme amours y d'être précédés de l'ac^'ec- )if : déliées pernicieuses (Boss.) , orgues portatives. (ACAD.)
VOCDSE (f.) , FOUDRE (m.). Le feu du ciel, la matière électrique lorsqu'elle s'échappe de la nue en produisant une vive lumière et une violente détonation.
La foudre est une expression vague et compréhensive, qui signifie à la fois le feu du ciel, la me lumière et la détonation qu'il produit en l'échappant de la nue. Le foudre ou plutôt un fsuire est la foudre particularisée, .employée dans un cas spécial, à un usage déterminé; ckaque carreau de la foudre est un foudre:
n (Inpiler) lance jm/imdre k l'instanL Lav. U mène poète dit de Louis XIV :
Je peindrais ce monarque étendant son empire : 11 bnecrait Ut/imdre.
« Jupiter est le dieu qui tient dans ses mains îa ^^tdn. 9 Vin, La foudre est conune la matière dont sombits les divers foudres. « Les foudres de Dieu >nU toujours prêts. » Boss. « J'ai vu Satan qui CQDbait du del comme un foudre, » Bquru. « Le
roi est entré dans Valendenaea comme un foudre,^ BozL. On fond sur son ennemi avec la rapidité de la foudre et comme un foudre. Que si pour l'ordinaire foudre fémiuin s'emploie avec l'article défini 2a, et foudre masculin avec l'article numérique un , cette affinité justifie pleinement la distinction établie par nous entre le féminin et le noasculin; car 2e, 2a, 2es indique le genre, et im l'espèce ou même l'individu : 2a naïveté , ufie naïveté. Le foudre est aussi la foudre individualisée , figurée , représentée sous une image. Les poètes anciens peignent Jupiter ayant un foudre à la main , et lui donnent pour attribut l'aigle tenant un foudre dans ses serres. De même , foudre est du masculin toutes lefllois qu'on ôte à la foudre ce qu'elle a de vague , pour la rendre sensible , lui donner une forme , la personnifier : Un héros est un foudre de guerre; un grand orateur est un foudre d'éloquence. En général , foudre , au figuré , est masculin , parce que ce mot prend alors \m sens bien déterminé. «Martin Luther est, dit-on , la trompette , ou plutôt c'est le tonnerre : c'est le foudre qui a tiré le monde de sa léthargie. 9 Boss. « Le foudre de la parole évangélique. 9 In. a Etre é couvert de tous les arrêts de la justice divine et de tous les foudres du ciel. » BouRD. « Jules n se mêlait aussi d'excommunier: il lança son ridicule foudre contre Louis XII. » Volt.
AIGLE (f.) , AIGLE (m.). Oiseau de proie trèsfort et très grand , ou sa représentation. . L'exemple précédent fait voir une chose physique perdant le genre féminin pour le masculin en devenant figurée. Ici on voit le contraire. Aigle est du masculin, quand il signifie im être réel, un certain oiseau de proie très-fort et très-grand , et il devient féminin en termes d'armoiries et de devise : V aigle impériale , Y aigle romaine; les armes de l'empire français étaient une aigle. Il n'y a pas là de contradiction. L'objet physique, appelé la foudre, est quelque chose de très- vague et de très-peu déterminé : le mot qui l'exprime doit donc être du féminin ; mais il doit prendre le genre masculin quand il désigne la foudre particularisée ou figurée , devenue sensible. Au contraire , l'objet physique , qui porte le nom d'atgle , jouit d'une parfaite individualité , et l'esprit s'en fait une idée très-nette , que la représentation, la figure ou le symbole ne peut qu'obscurcir en la généralisant.
VOILE (f.), VOILE (m.). Pièce d'étoffé servant à différents usages.
La voile est généralement plus grande , de toile, c'est-à-dire de l'étoffe primitive dont toutes les autres sont comme les espèces ; et l'usage auquel on l'emploie est simple , il exclut une particularité caractéristique et déterminative du voile ^ qui est de cacher.
ŒUVBE (f.), OEUVRE (m.). Ouvrage, production , tout ce qui est fait par un agent et subsiste après son action*
OEuvre (f.) est l'expression mère , celle qui désigne le genre et qu'on emploie presque toujours. OEuvre (m.) est réservé pour certains cas où on veut signifier une espèce , et une espèce bien déterminée, remarquable, extraordinaire. Aussi
PREMIÈAE PARf IB t
n'e^-dé qn*m singulier et dans le style soutetiti qu'on peut faire cm/cre du masculin : au stngu- Ûer, parce que le singulier est phis précis ou moins vague que le pluriel ; dans le style soutenu y parce qu'en changeant le genre ordinaire du mot, on annonce nécessairement quelque chose qui se distingue comme une tgwore peut se distinguer des autres , c'est-à-dire en général par un caractère de grandeur ou d'excellence qui attire l'attention et qu'on admire. Un si grand tBuvre , un œuwe de génie , ce saint œuwe, (Acad.) « L'homme est le grand et dernier œuvre de la création. » Buffon. -* OEuvre se prend aussi au masculin hors du langye commun, pour exprimer des espèces panKulières, c'est-à-dire les ouvres spéciales de certains arts. Ainsi , en alchimie , le grand œuvre désigne la pierre philosophale; d'autre part, on dit, tout Vœuvre d'un graveur , et , en termes de musique , le premier , le second œuvre de tel maître , de Rossini , de Meyôrbeer.
COUPLE (f.), GOCnS (m.). Deux choses de la même espèce.
TJn couple suppose une union fixe , étroite , établie par un acte particulier de volonté, une destination invariable. Une couple n'indique qu'une liaison indéterminée, vague, momentanée , qui est plutôt le fait de la nature ou du hasard. Un couple de pigeons se compose de deux pigeons , qui se sont unis volontairement pour se reproduire , qui vivent ensemble et ne Mntplus libres d'entrer dans une nouvelle commtmauté. Une couple de pigeons signifie uniquement deux pigeons , comme um couple d'oeufs , deux œufs, une couple à*éais y deut écus,.uné ample d'heures, deux heures, et ainsi du reste. Cette expression ne signifie aucune détermination, destination, ou délimitation spéciale. « Vn couple de pigeons est suffisant ^Ur peupler une volière; une couple d^pigeons 3e sont pas suffisants pour le dîner de six personnes. » Bbauz. « Le distique est un couple de vers qui forment ensemble un sens complet. » Hahm. Une couple d'excellents vers , même détachés l'un de l'autre, peuvent déjà Dedre reconnaître un grand poète.
POINTE rm lotR , pomr do iour. Le plus
petit Jour.
Point présente Fidée d'une manière plus restreinte, plus délimitée, plus précise; il n'a rapport qu'au temps , et lait abstraction de tout le reste. Pointe donne l'idée d'une extrémité du Jour, du Jour commençant à poindre; c'est une expression , non pas simplement formelle , comme la précédente, mais matérielle, concrète en quelque sorte, chargée d'accessoires tirés des dmmstances réelles. La pointe est au points dans cette acception, comme la journée au jour. Et , en effet , le point est en général la plus petite ^Vision de l'étendue abstraite , et la pointe le plus petit bout de la chose. « Le point du Jour est le commencement de la durée , comme le midi en est le milieu : la pointe du jour est le commencement de la clarté , comme le grand jour en est la plénitude ou l'éclat. L'observateur se lève tvant le point du Jour, pour considérer la petite
pointe du jour. Voua partez «m |i^«ff du J<mr , k cette époque , et vous marchez à la wnnie du jour, ou à la clarté du jour naissant, vous mesurez le temps par le point du jour : la pointe da jour vous fait distinguer les objets. » Aoob. Le point du Jour est une division abstraite du temps. < Les conciles avaient réglé qu'on ne se battrait point le Jeudi Jusqu'au point du Jour du lundi. » Volt. « On ne pouvait entrer dans ce Jardin qne vers le point du jour.» Lbs. La pointe du jour est une partie de cette chose réelle et concrète qu'on appelle le jour. A la pointe du jour , nous vîmes , nous aperçûmes telle chose. (Les.) < La pointe du jour commençait à paraître, v Scarr. « Dans un poème 5 on exprimera ainsi la potnie du Jour : L'aurore cependant , etc. » Gond, c M. le duc et M"" la duchesse de Bourgogne tenaient alors ouvertement la cour, et cette cour ressemblait à la première pointe de l'aurore. » S. S. « Ces trois qualités sont trois rayons qui ne font un plein jour qu'ien J. G. ; mais ils font en la sainte Vierge une pointe du Jour agréable , qui commence A nous réjouir. 1» Boss.
TAXB, TAUX. L'idée comffitme est celle de lâ détermination de quelque valeur.
Le taux est cette valeur même déterniinée , établie, fixée, réglée; la taxe exprime une idée étendue, vague, abstraite, compréhensive , celle du fait, de l'autorité et du règlement qui déterminent cette valeur. De sorte que le taux sort de la taxe; c'est uniquement et précisément la valeur, telle qu'elle résulte de la taxe. Le taux est tel, trop fort ou trop faible; la taxe se fait, elle atteint ceux-ci ou ceux-là , telles ou telles denrées; on s'y soumet, on y échappe. On ne dit que taux en parlant de l'intérêt de l'argent : taux légal, taux de cinq pour cent, parce qu'en pareil cas on considère presque toujours Tintérôt comme établi, en lui-même, comme s'élevant à tel degré, et rarement comme s'établissant , comme étant imposé par l'autorité. « On dît assez indifféremment tcwx et taxe, en parlant du prix établi pour la vente des denrées , ou de la somme fixée que doit payer un contribuable ; mais ce n'est que dans le cas où il n'est pas plus nécessaire de faire attention à la valeur déterminée qu'à l'autorité déterininante : car un contribuable qui voudrait représenter qui! ne peut payer ce qu'on exige de lui, faute de proportion avec ses facultés , devrait dire que son taux est trop haut; et s'il voulait dire que les impositeurs ne l'ont pas traité dans la proportion des autres contribuables , il devrait (Ure que la taxe est trop forte. 9 Bbauz. Relativement aux frais de justice , taux indique plutôt une valeur déterminée, fixée une fois pour toutes, généralement; et taxe^ un taux plus libre, plus arbitraire, plus pour la eiroonetanee^ Les écritures des avoués sont soumises à un taux; et il arrive quelquefois que le tribunal réduit )a taxe de leurs écritures. On ne dit que taxe , s'il s'agit d'ime imposition en deniers sur des personnes en certains cas; c'est qu'on a alors plus égard à l'autorité , qui met un impôt , et au fait de l'imposition , qu'à sa quotité fixe et précise.
GKAINB*, GRAIN. Girard a très-bien distingué
SYI90NYMES qm OKT LE KËttE RADICAL.
iB 4ni nolii, fpA si|[iilfleiii également , tm frtiii propre 1 être seôié et à produire une plante telle pe edle dont il est eorti.
Grettt se éxt de toato sorte de seAiencés, et
yfOMi seeleBMBt des ffiraifiet qti'on sètne pour
M reeMÎIlir qv'elles « et qu'on UiX servir à un
tisagepirtialier, eeltil denonrrir Vhamme ou
les anianix. De sorte que la graine est le
Ceore, el le ffttlli l'espèce, et que tout ^raifl
est^TBM, sans qoe tonte graine soit gtain. On
«te des gmiiiet pour avoir des melons, des
irers, des beibages, des arbres; on sème des
fSMf poor avoir de ces mêmes graint. Il y a
des çratset sauvages (Bùff.); il n'y a pas de
fnâu sauvages. « Les rolliers ramassent dans
les elamps laboarés les petites graines , les ra-
dseï et les vers , et même les grains nouvelle-
meot semés, s Boy F. D'ailleurs le grain a encore
cela de toat à €dt spécial, qu'il se considère par
nppdTt à l'usage que nous en faisons plutât que
amme semence; en sorte que le grain même a
Agratse. « Pour «voir de bon grain, de belles
fleon, etc., il faut en échanger les ^ei<nes, et
neiamûsks semer dans le même terrain qui les
apraduts.» BurF. De toutes manières donc grain
spécifie davantage. Ce qui le prouve encdre , c'est
qu'on dxi,uB pnrin de millet ou de moutarde , au
lieu qu'où doit dire , de la graine de millet , de la
S/rwiê de moutarde, comme on dit de la pratne
de pavots, de la graine de niais. Au figuré, on
et d'usé manière générale : la bonne graine , qui
tombe SUT la pierre, y périt desséchée; mais on
u'empifl» graxn que dans des locutions où il est
paifÂusEMfii déterminé : un grain de bon sens ,
de JugeoMSi, de coquetterie, d'amour-propre, de folie, etc.
lATim, ftitlK. Excavations produites dans les dmpigiies par les eaui de pluie qui s'écoulent vio/emment
le fuvM est plus petit que la fo^tne : cd n'est gnère qa'un sillon Ou un fossé creusé par les eui et qu'on peut sauter, tant il est peu large; c'est nue espèce de rigole naturelle. Mais la rartMest toujours grande, profonde, difficile M diagereuse à traverser ; c'est un précipice, c Ce n'est pas seulement (pour Gondé) des hommes i combattre : c'est des montagnes inaccessibles; t'est des mmaet et des précipices, d'un cAté; c'est, de Tautre , un bois impénétrable. » Boss* U fecM a été ûdt par un courant d'eau A&dé oae plaine qu'il sert quelquefois à embellir; la f»^ a été creusée par un torrent entre des Bontagnes. On se iàit mal en tombant dans un wêi; on se tue quand on tombe dans une ra- *Me. Les eaux d'une montagne coulent d'abord par des rolwu et se précipitent toutes enmte dans itne raotiie par laquelle elles se rendent dans une rivière ou dans un fleuve. — Du vote, rwrin est plus précis : il désigne unique- ■Qt la Ut ou le Canal des eaux; au lieu que ra- ^ I ajoute l'idée de plusieurs objets accessorm, des rochers, des arbres, des broussailles <}m se trouvent sur les bords. « La lave a coulé «0 grandes masses par les rovtiw l'espace de 7 ou 8 lûOe toises. » Buvf. « Les bords des ruisseaux , ^liooa Cnis et retirés près des sources et des
raffinés humides sont ddtil ^ lé déo-jMne habite de préférence. » In.
MONTAGNE , MONT. Ces deux mots annoncent également l'idée d'une mâisse considérable de terre ou de roche fort élevée au-dessus de ht plaine.
L'Académie, BOufaours, Beauzée et BoubèUd conviennent que le mot de montagne ne forme qu'une dénomination vagtie , désignant seulement l'espèce de corps ou de masse , sans aucune distinction Individuelle , tandis que celui denumf exprime une masse détachée de toute autre pareille , soit physiquement , soit idéalement. La montagne , dé l'aveu de tous, est donc une suite continue d'élévations; et le mont ^ine élévation une , simple, isolée qui s'aperçoif ou est supposée s'apercevoir d'un seul coup d'œil , c'est une partie de la mofUo^ffie , ou c'est une montagne , que l'esprit se représente comme arrondie , comme délimitée , comme ayant une étendue' bornée ou quelque chose qui l'individualise et la distingue. « Bientôt nous vUnes le sommet du mont Ida qui s'élève audessus des autres montagnes de la Crète. » Fis.
Un rocher, quelque mon/ pendant en précipices,
Ces't où ces dames (1^ <^èvres) vont promener
( leurs caprices. LAt .
Dans le discours , tes monts sont traités comme des individus; ils reçoivenl des noms propres : le mofil Sinaî, le mont Parnasse. On donne bien aussi des noms propres aux montagnes; mais, afin de conserver à ce dernier mot son sens général, oh le fait suivre de la préposition de : la fMontogne du Parnasse, les montagnes des Alpes. D'ordinaire même on désigne les montagnes y non par des noms propres, mais par les noms des pays où elles se trouvent. « La ffiontogne de Reims n'est pas de craie; il en est de même dnmont Aimé, qui est isolé au milieu de ces plaines de craie. » BuF^. — On considère même quelquefois la montagne comme une femelle (la mofilagtie en travail enfante une souris) , mais jamais le mont : Didon , reprochant à Énée sa dureté , lui dit , dans Scarron , qu'il est le fils d'un roc (elle aurait pu dire tout aussi bien d'un mont), et qu'une montagne est sa mère. Un mont serait plutôt pris pour un homme , ou un homme pour un mont. « A la vue de Polyphème , Chacun de nous crut voir marcher Quelque moni ou quelque rocher. Scasa.
La différence est analogue entre montagneuài et montuetMP. Un pays montagneux est élevé ; on l'oppose à un pays bas , voisin de la mer , aux côtes, a On ne trouve des nègres que sur les côtes et dans les pays bas , voisins de la mer; mais dans l'intérieur , où les terres sont élevées et montagneuses , tous les hommes sont blancs. » Butt. « Il y a des terres arides et monta^metiset; et d'autres qui, dans un terrain bas , sont arrosées de plusieurs ruisseaux. » Mohtbsq. Un pays moniueux est entrecoupé d'élévations isolées, inégal; on l'oppose à un pays de plaines. « On se sert peu de chevaux en Crète , à cause de la trop grande aspérité du terrain , qui est presque partout fort inégal et fort moniueux, » Buff. « Prenait-on le chemin de l'Arménie, on trouvait un pays moniueua et dif-
Ificile , où l'on ne pouvait mener de convois. * liONTBSQ.
PREMIERS PARTIE
Ctm, OOTBâD. Pnebuit d'une grande élération de terre , on cette élévation elle-même en tant qa'inclinée.
C^ est le mot génériqoe et marque (juelqne chose de plus étendu; coteau est un terme spécial, et il est diminutif, il exprime une petite eàie. La côte est le penchant d'une montagne, et le coteau le penchant d'une colline. De la mer on aperçoit la côlé , la câte d'Espagne , la côte d'Afrique;'une rivière passe au pied d'un coteau. Côte foit concevoir une pente longue et continue, comme le mot montagne , et le coteau , comme le mont, est quelque chose de réduit, qu'on embrasse aisément d'un seul coup d'œil , parce que l'étendue en est bornée.— Dlîilleurs, l^côte comprend quelquefois plusieurs coteaux, conune la fortereue plusieurs forts : une côte parait de loin nue et décharnée; mais à mesure qu'on en approche, on y découvre des coteaux verdoyants et fertiles.
TOMBE, TOMBEAU. Lieux où l'on dépose les morts.
La Umhe est proprement la table de j^ierre, de marbre ou de toute autre matière, placée audessus de lu fosse qui a reçu les ossements ou qui contient les cendres des morts. Le tombeau est la tombe devenue un monimient , particularisée par quelque chose d'élevé qui la distingue des autres tombes. La tqmhe est , au contraire , un tombeau plat et sans ornements, c La tombe plate du cardinal Portocarrero est sans nul ornement. » S. S. Tombeau dans cet exemple serait tout à fait déplacé. Ou bien encore la tombe est la partie basse du tombeau , la fosse. « Zadig alla au tombeau de son époux, et le trouva tout étendu dans la tombe. » Volt. On prie ou on danse sur une tombe (Volt.), et autour d'un tom&eau (Volt.). On dit être sur le bord de sa tombe (Volt.) ou de sa fosse, avoir déjà un pied dans la tombe (Lab.) ou dans la fosse, creuser la tombe (Mark.) ou la fosse de quelqu'un. Tous les hommes doivent avoir une tombe ou descendre dans la tombe.
Aux plus inrorlunés la tombe sert d'uile. Lat. Tous les honmies n'auront pas un tombeau. Il n'y a que les grands et les riches qui puissent prétendre l'honneur du tombeau , si ce n'est en poésie , où Ton emploie d'une manière générale un mot particulier, uniquement parce qu'il exprime quelque chose de noble et de distingué. Si le terme tombeau n'était pas spécial et déterminé, pourquoi dirait-on plutôt, un tombeau qu'une tombe de fa mille , et , être enterré dans le tombeau , plutôt que dans la tombe de ses pères? — Tombeau désignant seul quelque chose d'élevé et de grand , se prend seul dans un sens tout figuré pour signer fin , destruction. « Le tombeau du diacr^ Paris fut le tombeau du jansénisme. » Volt.
SSPÉEARCB, ESPOIR. Désir de quelque chose conçu comme possible.
Vespérance fait que l'on désire sans trop connaître l'objet de ses désirs et sans concevoir la possibilité de leur réalisation. Dans l'état le plus voisin du désespoir , on conserve encore quelque espérance. Mais l'espoir , au lieu d'indiquer ainsi un futur incertain et éloigné , exprime un désir qui porte sur!un objet bien précis et doit se réaliser prochainement. Dans cette phrase : Vespéranee est
la mère des affligés et des mtUwafeiiz ; al on s stitue espoir kespéranee , on ôte à la pensée sa j tesse ; car ce qu'espèrent les affligés et les mail: reux n'est ni certain , ni précis, ni prochaiia . tel est le sens d'eipotr. Ce mot est moins ▼a^^ix^ plus particulier, plus déterminé, plus fixe 4 celui d'esp^ofice. D'ailleurs , et Roobaud l'a Id senti, Vespéranee désigne plutôt un long esp€i une disposition habituelle , un état ou une mo fication plus ou moins constante, et l'espo une espérance particulière , un sentiment pas2 ger, une disposition actueÙe : c'est l'espératm4 et non l'eipotr , qu'on a personnifiée , qu'on mise au rang des vertus théologales. Knfi comme V espoir porte sur quelque chose de pr cis , il est plus ardent , et la privation du î>x < sur lequel U fait compter doit causer un graz désappointement: «L'eipotr, tout détruit, d Roubaud, mènerait au désespoir. Vespércuu trompée ne nous laisse souvent dans le cceu qu'un sentiment de peine. »
DISCORDE, DISGORD. Etat OÙ se trouvent de personnes indisposées, bu opposées les unes au: autres.
Discord a presque disparu de la langue. Vol taire , Marmontel et Roubaud le regrettent beau< coup, et c'est avec raison, car il exprime uni idée étrangère au mot discorde, dont il diffère comme l'espoir de Vespéranee. Ecoutons Roubaud : « Vous ne personnifierez pas le dtse€>ré comme la discorde , parce que ce mot-là n'exprime pas , comme celui-ci , un caractère de force , de consistance, de durée, d'empire, qui semble constituer une puissance. La discorde est un grand et long discord. La pomme jetée devant les déesses rivales excite entre elles un discord, elles se la disputent. Adjugée à l'une des trois , elles brûlent du feu de la discorde. On voit souvent figurer la discorde dans les familles , les communautés, entre les peuples , parmi les nations. » Ainsi le discord est un fait particulier de discorde; il naît , s'élève : la discorde est un état de discord , ou le discord devenu général, durable; elle règne. « L'amitié passe sur de petits discords. » Mol. c Ne devrait-on pas dire les discords qui troublent le monde? a» Habx.
Et nous verrons bientôt votre amour le plus fort Par un heureux hymen étooOèr ce discord,
(L'infante à Chiméne dans le Cid.) Goair.
COURSE, COURS. Mouvement de ce qui court.
Courte signifie l'action de celui qui court : à la courte , c'est-à-dire en courant. Le cowrt est une course réglée , assignée. L'un n'est relatif qu'au mouvement et à sa vitesse , l'autre l'est aussi k sa direction et à sa régularité. Le soleil achève sa course en peu de temps , et il suit toujours un cours uniforme. On dit bien , course vagabonde, et non pas , cours vagabond. On peut attribuer une course aux nuages , aux torrents :
Mais qui peut dans sa course arrêter oe torrent ?
Bic.
Mais on dira , en parlant des astres , des fleuves , des saisons, qu'ils ont un cours; voyage au long cours , suivant le cours naturel des choses, c L'Euphrate était droit dans son cours , et jamais ne se débordait. » Boss. Il y a près des villes
SYNONYMES QUI ONT LE MEME RADICAL
éa Ufoa particulièrement destinés aux projwMdRS à cheral ou en voiture; on les appelle
des COMTf •
DÉPENSES, DiPENS. Ce qu'on dépense, la qnaatité d'argent qu'on est obligé de donner.
Les d^temses comprennent tout l'argent dépensé; les dépens sont l'argent qu'on doit dépenser confbnnément à la loi ou à la sentence qui en a détenniné le montant; c'est un argent qui reçoit une destination précise et réglée. Ou bien d^eru sert i spécifier la personne à la charge de laquelle est une dépense. « Quand les souverains font iesttcoup de d^ense , c'est aux dépens de leurs sujets. » CoKD.
JUPE, JUPOlf. La partie de l'habillement des femmes qui descend depuis la ceinture jusqu'aux pieds.
Jupe exprime le genre , et jupon une espèce : 1« jupon est une ^upe courte; c'est le diminutif et pour ainsi dire l'ôifant de la ;upe. « Les jeunes filles de la campagne , en Egypte , vont presque nues, ne portent qu'un petit jupon très-court. » BcFF. « Les femmes qui savaient filer au fuseau fuuient de cette façon des bandes en forme de jupons fort courts. » Les. « La taille de Marthon est Uste, et son petit jupon laisse entrevoir sa jambe blanche et fine. » Volt. Suivant l'usage actuel des deux mots , le jupon est eflisctivement une espèce de jupe courte que les femmes metteht sous l'autre ou sous les autres ;upef . Dans la Foin Saint-Germain de Regnard, le maikshand, que la coquette ne veut pas payer, lui prend l'écharpe , le manteau , la jupe , et elle demeure en corset et eu. jupon de Marseille. — D'aiUre part, jupon, apparemment parce qu'il est masculin, sigiûfie aussi un vêtement d'homme qui ressemble à une jupe , qui est une sorte ou une espèce de jupe. < Le chevalier don Alonze portait ce nœud de rubans à son jupon en forme d'ordre. » Las.
Tons poorriex bien ici sar voire noir Jupon , MoDSiear l'huissier à verge, attirer le bSton. (Damis à M. Loyal dans le Tartu/e.]
Dans Lafontaine, le .berger devenu le favori d'un roi, et accusé d'avoir amassé des trésors, ouvre on coffre et y montre
L'habit d'un gardeur de troupeau
Petit chapeau, /upofi, houlette.
UHACB, LIMAÇOIf. Mollusque rampant.
Le limaçon est une espèce de limace; c'est la Uwiaee renfermée dans une coquille qui la borne et la détermine. « Les uns disent que ce sont les Ivmaees simples , que j'appelle incoques , qui reprennent une téta (quand on les a décapitées) ; us autres disent que ce sont les escargots , les ^moiçoms à coquille. » Yolt.
FOBTERESSS, FORT. Lieux où l'on est en sûreté contre les attaques de l'ennemi.
L'idée de la fortereue est beaucoup plus étendue que celle du fort; elle représente à l'esprit un édi- ' fice avec des tours garnies de soldats , de canons , ée meurtrières , de bastions , et avec un fossé pro-» faodqui en défend l'approche ; c'est un assemblage àt forts. Le fort n'est qu'une tour élevée isolément GQ bien dans la forteresse , à l'égard de laquelle il ert comme le moni à l'égard de la montagne , eomme le roc à l'égard de la roche. De sa nature
la forfereM» est grande, et le fort petit. La Hollande ayant été inondée par la rupture des digues en 1672 , «Amsterdam fût eomme une vaste forteresse au milieu des eaux.» Yolt. a L'Ue de Cabrera est une île déserte , où il y a un petit fort gardé alors par cinq ou six soldats.» Las. Une ville a une forteresse, c'est-à-dire une citadelle qui la domine et la protège, et plusieurs forts qui l'entourent et sont propres à la défendre en détul. «Tite tira tout autour de Jérusalem une muraille munie de quantité de /orti. » Boss.
CERVELLE» GERYEAD. Viscère qui a son siège dans la tète.
CerveUe le fait ctmsidérer d'une manière vague, par rapport à sa masse et à sa nature; cerveau le présente toi^jours comme un organe particulier et qui remplit une fonction spéciale. « Le cerveau , qu'on a dit être le siège des sensations, n'est pas le centre du sentiment, puisqu'on peut au contraire le blesser, l'entamer, sans que la mort s'ensuive, et qu'on a l'expérience qu'après avoir enlevé une portion considérable de la cervelle , l'animal n'a pas cessé de vivre, de se mouvoir, et de sentir dans toutes ses parties.» Buff. Aussi , quand ce viscère est hors de son contenant et à l'état de désorganisation , on ne rappelle plus que cervelle: les cuisiniers accommodent des cervelles et non des cerveaux. « Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.» VoLT.a Regardez ces cervelles sanglantes , et tous ces membres èpars. » In. La chimie fait l'analyse de la cervelle; la physiologie et la psychologie étudient les fonctions du cerveau.
La même distinction se montre au figuré , c'està-dire quand les deux mots se disent de l'esprit. Cervelle signifie alors une matière qu'il faut avoir en certaine quantité et d'une certaine qualité pour bien penser : une tète sans cervelle , un homme de peu de cervelle , une cervelle légère , évaporée , etc. Cerveau exprime plutôt un organe renfermé dans un espace déterminé , un instrument qui travaille , produit des résultats plus ou moins bons et est susceptible de se déranger : son cerveau travaille ; cerveau faible, débile; avoir -le cerveau dérangé, être affaibli du cerveau; cerveau timbré, fêlé, etc.
BSCABELLB, ESCABEAU. Siège de bois sans bras ni dossier, et qu'on saisit par un trou pratiqué à la planche supérieure.
Eseabelle signifie un escabeau à plusieurs personnes, une sorte de banc. Il paraîtrait même qu'autrefois on comprenait sous le mot d'eieaielle tout ce qui sert de siège dans une maison, car on disait, remuer ses escabeUes^ -pour déménager. Il semble aussi qu'eicobeUe désigne un siège plus élevé. Les chantres , devant le lutrin, sont assis sur des escabeUes, et les enfants de chœur sur des eseabeaiuas. Dans les maisons pauvres des campagnes , tous les membres de la fomille s'asseyent sur des eseabeUes, et les enfants ont des escabeaiux. On peut encore appeler escabeau y mais non pas eseabelle, cette sorte de carreau ou de petit banc , qui sert aux femmes à poser leurs pieds, et sur lequel aussi on (hit asseoir les petits enfimts. Cela est conforme au sens le plus général du mot. On s'assied sur YescabeUe c'est le meuble qui a précédé la chaise. « Il était
nXMItRE PARTIE
rtdicvie dlnagmer q«è Théfév fût éltiMlMient «Mis flOT mie êuabéUêéii Tolt« « lé flg aaswir le mtoénbla a«r iim tMJlê efoab«lfo réservée à «es gortM de gensi» Lss. On pose les t^Ms mir l'et- MteoM, el rAcadémle a pha» ndaon qa'eUe ne pense de définir par eteobecii» itn marebepied. «eLa terre est appelée dans Ffierltare Veteabêau des pieds de Dieu. « Bonan. « Les sli degrés , par où on montait an trOne , et les «Maison» , 06 posaient les pieds , étaient d'or.» Boss. «Tous aves Ciit de vos enneinis VeicàbeaM de vos pieds. 1» Volt.
CBARRËms, CKARlOt. Voitures eomffiitnes employées à transporter diverses choses.
La ehairretté est presque informe en comtMiraison du ehariot. Aussi est-ce ezclusitecnent à la campagne qu'on s'en sert , et on s'en sert pourvoiturer toute sorte de choses. Le ehariot se distingue par sa façon : il est fkit moins simplement et moins grossièrement; il a quatre roues; et de plus, il a une destination qui lui est propre et qu'on indique presque toujours quand on fait usage de ce mot : ehariot de bagage , ehariots d'ambulance , d'artillerie, de vivres, etc. D'ailleurs, le ehariot est plus petit : les en&nts s'amusent à traîner des ehariots. < Il 7 avait un homme & Paris qui avait fait pour chef-d'œuvre un petit ehariot traîné par des puces. » Sâv. « Il 7 avait force petits ehariots â un ou à deux chevaux toujours prêts pour les dames et les vieillards qui voulaient se promener. » S. S.
TROUPB, T&OUPBA0. Réunion, assemblage d'êtres vivants.
Une Iroupe est ime agrégation d'animaux ou d'hommes quelconques : troupe d'oiseaux, de loups, de tigres; une troupe de séditieux, de forcenés, parcourait la ville. Troupeau est plus spécial , plus déterminé ; il ne se dit que des ani« maux et encore des animaux domestiques utiles à l'homme ,qui les nourrit et les élève ensemble.
BANDE, BANDEAU. Longiie pièce d'étoffe qu'on met autour de quelque partie du corps.
« La hanâê , dit Laveaux , d'après l'Académie , serre ou est destinée à serrer quelque objet que ce soit; le bandeau ne se met qu'autour de la tète, autour du front. > Il a raison de dire, serre ou est destinée à serrer, car c'est encore une chose à remarquer que le bandeau a actuellement son usage, tandis que la bandé peut simplement avoir le sien.
BARRE, BARREAU* Pièce de bda , de fer , etc. , étroite et longue.
Barre , tout morceau de fer on d'autre métal allongé. Le barreau est une iNirre ayant une certaine forme , et appliquée k un usage spécial : c'est une barre de fer mise en dehors des fenêtres et aux cuverturea des prisons.
TOlfNE, TORNBAU. Vaisseavx de bois formés de planches appelées douves, contenues par des cerélae, et ordinaûrement destinés à recevoir des li- 4|Qeiira.
Tùmê est le tenne générique; il se dit pour désigner tontes aortes de baniques. Le tonneau est une espèce par rapport à la tonne f o'est une tonne dont Fusage et la capaeité sont réglés suivant lee pays. « La e^^lé des vaàseeanx, qui aamesuraitautrefoispar muids deblé, se mesure
«lijourd'huiparimuiMaideUqMttf. » MdkTSSQ.
On dit un vaisseau de tant de tonnecMidf poaf 4o&ner idée de sa force et de sa grandeur , parce que , dans cette locution comme dans toute autre , êonneau a une signification précise; il indique un poids de deux mille livres, ou respiee de quarante pieds cubes. Tonne n'a Jamais été employé dans ce sens, à cause de son indétermination. Ensuite la capacité de la tonne étant illimitée est par eela même très -grande au prix de celle du tonneau : le tonneau a la fonne pour mère , en quelque sorte. «L'abbé de Glteaux a les meiUeares vignes deBourgogne et la plus grosse tonne. » Volt. Sachez que dans ce temple on a mis deox /oiuwaaur* L'an est vaste et profond ; la tonne de Gtteiiiz N'est qn'one pinte aaprès...« L'antre tonnemu^ ma sœur, est celui de l'amour 1 Il est petiL...
POUSSIÈRE, POUSSIER* Matière réduite en poudre fine.
Pouttiirê se dit de tout ce qui est réduit ai parcelles ténues, par exemple, de tout ce que le vent enlève de la surface du sol. Le poussier est seulement cette poussOre qui s'amasse dans un petit endroit, comme, par esemple, au fond d'un sae à oharbon ; c'est aussi la poussière qui a un usage , une destination spéciale , par opposition à la poiiatiéfe ordinaire , qui n'en a au- <Sune : le jMmsner de mottes sert à ikire du iea.
TAPEUR (f.) , TAPEUR (m.). L'usage ne paraît pas avoir encore décidé s'il faut dire la vapeur ou le vapetif , en parlant d'un bateau à vapeur.
Il n'y a cependant pas à hésiter , il faut évideinment , pour que le mot devienne précis dans cette acception particulière , qu'il reçoive le genre msoculin. Prendre le vapeur s'entend sans peine; prendre la wipeur serait une expression vague , Indéterminée, équivoque. D'ailleurs, n'a-t-on pas déjà fait passer le mot fovdre du féminin an masciilin , quand on s'en est servi pour désigner en particulier un héros et un grand orateur : on foudre de guerre , un foudre d'éloquence.
Il est à remarquer que dans toutes les langues , à la différence des genres masoulin et féminin se trouve attachée la même différence de signification. En italien, fiasea (f.) désigne un grand vase de forme peu déterminée , une espèce de damejeanne , et fiasco (m.) f un flacon , c'est-à-dire un vase plus petit, qui a une forme bien caractéri> sée. PareÛlement en grec , «rrpevOick (^) signifie des petits oiseaux de toutes les espèces,' et erpovOèc (6), le passereau ou le moineau; IlvOdkv (^) , la ville de Delphes , et U\j^^ (é) , le serpent Python, ou Apollon qui le vainquit; aéBpec (t), le cèdre, et xé5po«(6), le fruit de cet arbre; Cvyèc (^) , le Joug , et Cvyèc (6) , le fléau de la balance, ou la baluioe elle-même; x^P"C (^)> ^>R échalas , et x^P«( (é) , un échalas travaillé eu façonné , un pieu dont on fait des pallasadea eu des retranchements.
ffnrOllTK» BIS SUBSTARTin OUI RM MPrinRiT QUB PAR L'ABTICLI.
De eouT, de la eowr. Ouvrage d^esprii^ ouvrage de resprii. Demander raison , demander la raison. Par foree^ par la force. On, Von. Jl,
sTNoimiEd ûtn ont le msme radical.
îî
itt cm k être vrûi, k dire U tmkt. Ëntéiidre rwdkriêj entendre Ut raiUertt. Avoir îfitenHoit , desMûi, ewfrie; avoir VinterUion, le deueifiy fenvie. Condamner à mort, condamner à la mon.tt6.—Af oit peine, pitié, horreur , honte; «voir âe ta peine ^ de la pifté, de Vhôftewr, de la hùnte. Etc. — Fournir le sel , de sel et du sel. ATDir nouvelle , aroir des nouvelles. — Faire affroiU on injure , faire «n a/]^on< on une tnjure. Etc. — La naïveté , une naïveté. Le champ , m champ. le roi sage , un roi sage.
L^uticle ao met devant les noms communs , pour annoncer qo^ils sont pris dans un sens précis et déterminé , qu'ils désignent un genre , une espèee on un individu en particulier. Il circonscrit ridée ou la chose exprimée par le nom qu'il précède; il la signale à Vattention, en la tirant da vagoe et en la débarrassant de toute ambiguïté. Sans l'article , le substantif a une valeur indétenninée ; il réveille d'une manière indécise ridée ddht il est le signe : ainsi , dans les phrases, parler en homme , traiter avec honneur , les mots, homme et honneur, laissent l'esprit dans la ngaa tt fiftoertitude relativement à Fétendue de tear sens. Avec l'article , le même mot a une valeur flu et précise : Vhcminé est mortel , détemâiatian gâiérique; l'homme & prétention, détenBâiation spécifique; l'homme de tantôt est refom me voir, détermination individuelle. Le genre, Fespèce , l'individu se trouvent indiqués^ dans ces trois phrases , de manière à rendre toute eoDfasion impossible. Telle sera donc , pour les synonymes étmX il s'agit ici, la règle générale de diatlnetion : la substantif avec l'article a un sens bien arrêté , certain , précis ; le même substantif, sans l'article , a une valeur vague et mal déterminée. Le premier , fiiant mieux l'esprit sur l'idée ou la chose particulière , la lui fait ndeux remarquer; l'autre, au contraire, se trouve ordinaireinent faire partie d'une locution générale , dms laquelle sa valeur primitive s'obscurcit et derient peu saillante.
S I"*. Affide défini le, la, lee.
Tovl oe qui vient d'être dit sur le rôle de l'ar^ tide en général s'applique particulièrement bien à rarticle défini , dont le nom seul le représente ' comme un détenninalif. C'est oe qui résulte de son étymologie; il vient de tiJe , tUa , «i , eelle-oi , et voilà pourquoi il est propre à indiqiier , parmi les i^MMee ou les personnes , esUe-ci oa eeUe-là , telle om telle en particulier , de manière qu'on ne paisse pas s'y méprendre.
I* Spumjrmiâ de* noms sans artietc avec ces memêê noms gricèdès d* l'artieU simple le , la , les.
Les demie» > outre qu^il» sont plus préois et pfais déterminés^ ont tantôt j/kê» et tantôt moine de généralité qœ les premienk
DB GOm» DB LA COiJH. Ces deux expressions servent à qualifier par rapport à la cour.
Bais lavaleurdu mot co«r est vague dans l'une , pétàê dans l'antre. Do cour forme un véritable i^iilily nnqnalUtontifahefrait qmpfésente l'idée di la ooor d'une manière très-générale et modi-
fiée ; dans ds la eo<M-, dduf eôfiÉèi1«sa«lgfliflettion primitive dans toute a restriction « et bien délimitée. Un homme de cour est ttft homiaequi, sans avoir été peut-être jamais àlacolir , ressemble aux courtisans, qui a les moeurs, les habitudes, les Idées à peu près telles que les ont la plupart de ceux qui hantent les cours. Or, comme, sovs ces divers rapports , les courtisans ne Jouissent pas d'une bonne réputation, un homme de êoner est un homme adroit, artificieux, et, en général, de tour se prend en mauvaise part : promesses de eùwr, eau bénite de tour, amis de cour; aussi faux qu'un homme de cour (J. J.). Racine dit , dans la préface de Britannicus ^ qu'il a choisi Burrhus , pour opposer un honnête homme aux confidents de Néron, cette peste de cour. Un homme de la cour fût partie de la cour , 7 a un emploi . est attaché auprès du prince sou^ un titre quelconque ; c'est im courtisan. « Saint François de Paule fut appelé à la cour de nos rois , il Y vécut ; en ce sens , c'a été un homme de la cour. » BouRD. Tous les hommes de cour ne se trouvent pas à la cour , et il serait injuste de prendre pour hommes de cour tous les hommes de la cour. Le qualificatif de la cour n'entraîne par lui-même aucime idée défavorable ; il marque avec la cour un rapport direct , réel , concret , d'appartenance ou de dépendance , et non un rapport éloigné de ressemblance. « L'esprit d'une femme de la cour est plus remué et plus actif que celui d'une paysanne. 9 Nie. oc Les femmes de la ville sont moins naturelles que celles de la cour, » Labb.
Cette distinction a été parfaitement indiquée par Beaumarchais dans la préface du Mariage de Figa/ro . « L'homme de la cour , dit-il , peint seulement un doble état; il s'entend de l'homme de qualité vivant avec la noblesse et l'éclat que son rang lui impose : si cet honune de la cour aime le bien par goût , sans intérêt; si , loin de Jamais nuire & personne , il se fait estimer de ses maîtres , aimer de ses égaux et respecter des autres, alors cette acception reçoit un nouveau lustre. — Mais un homme de cowr , en bon français , est moins l'é-
^, nonce d'un état que le résumé d'un caractère adroit, liant, mais réservé, pressant la main de tout le monde en glissant chemin à travers; menant finement son intrigue avec l'air de toujours servir; ne se faisant point d'ennemis, mais donnant , près d'un fossé , dans l'occasion , de l'épaule an meilleur ami, pour assurer sa chute et le remplacer sur la crête; laissant à part tout pr^ugé qui pourrait ralentir sa marche ; souriant à ce qui lui déplaît , et critiquant ce qu'il approuve , selon les hommes qui l'écoutent , etc. »
D'ailleurs de eowr n'indique pas plus une cour qu'une autre, une seule cour que plusieurs; de la cour indique spécialement U cour du pays où se trouve celui qui parle. En employant f'expresnon poifset» de mer, on ne songe pas à telle ou telle mer en particulier; mais poisson de la mer se dit, dans une localité, du poisson qui vient de la mer déterminée dontest procbe cette localité. OUVRAGE D'ESPRIT , OUVRAGE DB L'ESPRIT.
Ouvrage auquel l'esprit a part
. Dans la première eqvession, ssprit désigne quelque chose de vague , de mal connu , dont la