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DEUXIÈME PARTIE

les Égyptiens conservaient les corps morts. Leurs momies se voient encore. » Boss.

De plus , soigneu$em€nt , comme sotfi et soigneux, ne se prend qu'en bonne part ; au lieu que curieusement emporte quelquefois une idée de blâme, marque abus ou excès, signifie un soin recherché, minutieux, indiscret. L'humilité est soigneuse de se cacher; la vanité, curieuse de se produire. Boileau dit au sujet de sa satire contre l'équivoque : a Bien loin de la publier , je la tenais soigneusement cachée... ; axi&ai soigneux désormais de me faire oublier que j'avais été autrefois curieux de faire parler de moi. » La cri* tique reprend dans un ouvrage des antithèses wrieusement arrangées (Mark.) , et reproche aux sophistes une éloquence curieusement travaillée

SOIN, SOUCI, SOLLICITUDE. Préoccupation qui porte à veiller sur une personne ou sur une chose, à prendre des mesures, des précautions en sa faveur, à s'y appliquer afin de la faire prospérer ou réussir.

Soin est le terme générique ; aussi l'Académie s'en sert-elle pour définir souci et sollicitude. Outre cela , il a un caractère tout k fait particulier qui contribue encore plus à le séparer de ses synonymes , c'est qu'il est objectif. Le soin est considéré extérieurement : c'est la préoccupation par rapport à la manière d'agir, l'application à bien faire (travailler avec soin), ou c'est la charge, le devoir de faire certaines démarches, cfe prendre certaines mesures; et, au pluriel, les soins sont ces démarches mêmes , ces mesures , des embarras, des attentions, des services. Le souii et la sollicitude sont subjectifs : ils expriment , le souci surtout , la préoccupation dans l'âme qu'ils possèdent et les effets qu'elle y produit. Avec du soin ou des soins on £ait bien, attentivement, exaotraient, on conserve ou on préserve , on pourvoit à ses besoins ou à ceux des autres; avec du souci ou des soucis et de la sollicitude on est toujours disposé à bien IGaire , toujours en éveil sur ses propres intérêts ou ceux des autres, et sur le «otn ou les soins qu'ils réclament. Cette différence capitale a été sentie et très-clairement indiquée par plusieurs de nos meilleurs écrivains.

« M'envoyer à Turin, c'était, selon moi, s'engager à m'y faire vivre , A m'y placer convenablement. Je n'avais plus de souci pour moi-même ; d'autres s'étaient chargés de ce soin. » J. J. « Moi , que le moindre tracas effarouche, et qui laisse dépérir mes propres livres dans les transports , faute d'en pouvoir prendre le moindre soin, juj^ez du souci où me met la crainte que celui-là ne soit pas assez bien emballé. » In. « Les engagements que ces libraires prendront avec moi seront-ils assez sûrs pour que je puisse y compter et n'avoir plus de souci là-dessus le reste de ma vie? En supposant que oui, voudrez-vous bien m'aider de vos soins et de vos conseils pour établir mes sûretés sur un fondement solide? » In. « La réflexion , la prévoyance , mère des soucis et des peines, n'approchent guère d'une âme enivrée des charmes de la contemplation. Tous les soins fatigants de la vie active lui de-

viennent insuppoitabtos, et lui semblent nperflus. 9 In.

^otre ccBor avec véhémeDce

M'étala de ses feux loale la violenoe ,

El les taiiu -importoDs qui l'aTtieot endataé,

L'aise de me revoir, les toonneats de l'abseBce,

Tout le âOMci que son impalience

Pour le retour s'était donné.

(Alcmène i AmphiiryoD). Mol.

c Je n'ai qu'à n'entrer point dans les moti^ des supérieurs , qu'à me décharger de tous mesioii.' sur leur sollicitude, » Boss. « La pie non-ssoltment élève ses petits avec sollicitude , mais leur continue ses «sottu longtemps après qu'ils k'X élevés. » BuFF. « Le mâle de la fauvette prodige à sa femelle mille petits sotiu pendant qu^l^: couve ; il partage sa sollicUude pour les petits qi viennent d'éclore. » In.

Souci est défini par l'Académie , soia vxm-

pagné d'inquiétude, et par Fénelon, soin inqtie^

a Cette âme a quelque reste de soud oa «ois c

quiet sur son salut. » Gomme soUicitude, il ^^

venir du latin sollicitus , dont le sens est i pe-

près le même. La même préoccupation, lemè»

I zèle que le mot<soin représente au dehors, cose

i se déployant , souci les exprime dans l't» ei

I par rapport à l'âme qu'ils agitent et tourme&tesi

I Soucis cuisants (âcad.) , rongeants (Boss., JJ)

I sombres et cruels (Mass.); noirs soucis (Aao.!.

être dévoré de soucis (Acad.). N'avoir nuliot«è

sa conservation, c'est ne rien faire poursecai-

! server ; n'avoir nul souci de sa conservation, c «s

1 n'y pas songer, ne pas s'en inquiéter. « Le «qj

beaucoup de soin et même d'inquiétude et ^

«ovei pour ses poules.» Buff. « La poule se lm«

à ses tendres soins pour ses petits avec tantdtf

deur et de souci, que sa constitution en estns^

blement altérée. > In. «L'inquiétude, lesicunf,

, la peur, l'effroi , l'horreur et l'épouvante neswt

autre chose que les degrés différents et les diifc;

rents effets de la cramte. Un homme, malatsi!-'^

du bien qu'il poursuit ou qu'il possède, entre «

inquiétude. Si les périls augmentent, ils lui en-

I sent de fâcheux soucis. » Boss. — Dans un «s

soud enchérit sur «otn ; il marque plus de po»

' d'esprit. Soin signifie seulement qu'on neriipB»

qu'on ne badine pas; ce mot vient, dit^c^

latin Mnium , vieillesse, sévérité. Molière dit tf

parlant des mariages dont la beauté a été le tffu

mobile :

De U viennent les 4cins, les soucis, les misères- Et Voltaire , pour peindre la grande inquièlj!l< de quelqu'un :

Soins et soucis son esprit tenaillèrenu Mais dans un autre sens , c'est f otn qui eotm sur souci; car il ne désigne pas seulement a» disposition, mais une conduite, l'appliciûJ» c Avec des soucis, des foiiw, des frais énorfl». mes persécuteurs travaillent à me rendre le F» malheureux des êtres. » J. J.

Ce qui distingue la sollicitude, c'est l'affeeW» et la constance. La sollicitude est une suite, vat multitude de soucis et de soins pour une p*' sonne chérie sur laquelle on veille sans cesse. C'est à cause de cette continuité, de cette pw*^ nence , que sollicitude se dit presque toujotn»^

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

in^lier comme signifiant un genre , une habiide : sollicitude pastorale, sollicitude materelle, ce C'est à la constante sollicitude des mères K aux soins assidus de leur tendre aflection u'est dû le développement des premiers germes e la société. » Buff. oc Cette sollicitude , ces larques de tendresse et d'affection maternelle e furent pas de loogue durée. » Id. « La mère es petits tétras les conduit avec beaucoup de ollicitude et d'afTection. » In. « Le père et la ière ne cessent d'entrer et de sortir pour leur orter à manger ; et par cette sollicitude ils déèlent leur nichée. » Id. a Une sainte et religieuse ^llicilude fait le caractère propre de tout homme réposé à la conduite des autres. » Roll. < Dans os premières années , les magistrats et les vieilirds nous apprennent , par leur tendre sollici- \ide, que r£tat n'a rien de si précieux que ous.B Barth.

Toute affaire doit donner du soin : tout danger, u souci; toute responsabilité, de la sollicitude. - Avec du soin ou des soins on est soigneux , iligent , empressé ; avec du souci ou des soucis n est soucieux, inquiet, intérieurement tourlenté , sombre , chagrin ; avec de la sollicitude n exerce une surveillance bienveillante, comatissante et de tous les instants. — Sans soin y ous sommes négligents, nous faisons mal , faute 'application; sans souci, nous somoles insouiants, nous vivons tranquillement, au jour le >ur, ne nous affectant et ne nous mettant en eine de rien; sans sollicitude , nous sommes idifférents, nous n'accordons à certaines perdnnes, qui ordinairement nous sont soumises a liées par le sang , ni un grand intérêt, ni une ontinuelle assistance.

Cependant l'Académie dit de soin et de soUici" Âde qu'ils se prennent quelquefois dans le sens 'inquiétude, de sùuci. Mais alors même soin est )ut relatif à la conduite, aux effets, et peu exressi^ quant à la peine d'esprit. Les soins de ambition sont surtout ses démarches et sespourjites: on est libre de soins quand on est sans mbarras, sans beaucoup d'aflaires. — Sollieiide garde aussi et doit garder ses nuances dans stte acception; en sorte que les sollicitudes sonU a de tendres soucis , ou de continuels soucis , ou es soucis auxquels on est obligé par ses »oncons , en qualité de maître ou de supérieur. Les yllicitudes d'un père (ÂCAn.)* « Les tendres solleitudes d'un gouverneur pour les besoins de son euple.» Mass. « Saint Louis était effrayé des solleitudes et des obligations immenses cachées aus l'éclat trompeur qui environne le trône. > D. Au reste, sollicitude a aussi peu que soin énergie de fOuet : on ne dit point des solliciukdes rongeantes , ni être dévoré de sollicitudes. .'idée de grande inquiétude est tellement propre

souci , que, lorsqu'il faut l'exprimer pure et au lus haut degré , lui seul en est capable.

SOLENNEL, AUTHENTIQUE. Ces mots servent

qualifier des actes, des déclarations, des relonciations, des ratifications, des promesses, les serments, des vœux, faits en public, avec un lertain appareil, et qui deviennent par là des lires d*une grande valeur.

Solennel, qu'on célèbre avec solennité , comme certaines fêtes annuelles {quod solet annis, qu'on a coutume de faire chaque année ) , a rapport au fait. Authentique , du grec a^OevTixôc , qui peut faire autorité , a rapport à l'effet.

Ce qui est solennel ne se fait pas en secret, mais au grand jour , hautement , devant nombre de témoins , dans des circonstances qui lui donnent beaucoup d'éclat, et plus un acte a de public.ité ou de notoriété, plus il est solennel, « M. de Cambrai ne fait que citer en marge comme répréhensibles quelques-uns de ces ouvrages. Ne fallait- il pas édifier l'Église par quel* que chose de plus qu'une simple note marginale, et n'avait-on pas raison d'attendre une condamnation plus expliquée et plus solennelle ? » Boss. « Le czar crut qu'il était important que la*sentence fût prononcée publiquement au prince, afin qu'après cet acte solennel il ne pût jamais revenir contre un arrêt auquel il avait acquiescé lui-même. » Volt. « Tout «e qui s'est fait en faveur des Anciens (espèce de sénat de Genève) n'a pas été assez solennel : des arrêts secrets n'arrêtent point la populace qui les ignore. Un arrêt affiché , ou quelque témoignage public d'approbation, voilà ce qu'on leur devrait pour l'utilité publique. » J. J. « On prit le parti , à l'égard des papiers publics acquittés , de les remettre toutes les semaines -par compte au prévôt des marchands, qui les brûlait solennellement à l'hôtel de ville en présence de tout le corps de ville et de quiconque y voulait assister. » S. S. — Mais authentique détermine moins la manière que la nature; c'est une qualilication moins historique qu'essentielle et légale; ce qui est authentique ; est une bonne garantie , et ceux qui y sont inté- ' ressés peuvent avec confiance l'invoquer, au besoin , et s'en prévaloir. « Il ne faut pas que le peuple sente la vérité de l'usurpation : elle a été introduite autrefois sans raison; elle est devenue raisonnable ; il faut la faire regarder comme authentique , étemelle , et en cacher le commencement. > Pasc. « U ne suffit pas que M. de Cambrai désavoue en l'air des calomnies manifestes débitées en son nom contre desévêques; la justice et la vérité demandent une déclaration plus expresse et plus authentique. » Boss. « Lorsque Cléop&tre voulait faire un serment bien authintiquet elle jurait par les lois qu'elle dicterait dans le Capitole à tout l'univers. » Roll.

« On déterminait les droits respectifs des métropoles et des colonies. On réglait ce qu'elles se devaient réciproquement les unes aux autres : on en dressait un acte authentique ; et pour rendre ces préliminaires plus solennels et plus sacrés, on les accompagnait de sacrifices et d'autres cérémonies religieuses. > Conu.

Nous avons fait au baptême une promesse fo- Unnelle de renoncer à Satan et à ses pompes (Boss.), une profession solennelle &q servir Dieu (Mass.). «Qui peut douter que Dieu ne se convertisse à nous après la parole authentique qu'il nous en a donnée? » Boubd. « Dieu, par le plus solennel de tous les serments , a promis à la pénitence la rémission des péchés. Fortifié d'une promesse si av^entique^ on pèche avec sécurité.9

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