DEUXIEME PARTIE
Id. Louis xrv ratifia de la manière la plus solennelle et fit ensuite enregistrer au parlement U renonciation solennelle de sa femme , Marie-Thérèse, au trône d'Espagne; mais à l'approche de U mort de Charles II, cette renonciation authentique ne parut plus qu'une vaine signature
(Volt.).
On ne peut douter que ce qui est solennel n'ait eu lieu , trop de monde en a été témoin , ou il t*est passé dans des circonstances trop éclatantes. On ne peut récuser ce qui est auihentique^ ni s'en défier, tant l'autorité en est considérable.
Il arrive assez souvent que Vauthenticitë résulte de la solennité. Aussi dit-on solennel et authentique plutôt que authentique et solennel. « Voilà les expériences solennelles et authetUiques sur lesquelles il se faut f(mder. » Boss. « Saint Pierre avait mérité que Jésus-Christ lui fit cette promesse solennelle et authentique. > BouRD. « C'est sur la croix que Jésus-Christ a fulminé solennellement et authentiquement ces fameux anathèmes contre les mondains. » lo. « Une déclaration solennelle et authentique. » RoLL. « Une condamnation solennelle et authentique, 9 Id.
80MBRE , MORNE , MÉLANGOLIQUB , RÊVEUR.
SOUaEUX. Ces mots représentent l'état d'un homme retiré ou concentré en lui-même, qui ne prend part à rien de ce qui se passe autour de lui , qui ne s'épanouit ni ne se répand.
Sombre et morne paraissent avoir la même signification primitive : couleur «ombre ou morne, temps sombre ou morne , c'est-à-dire tirant sur le noir, et par conséquent triste. Mais sombre dit plus que morne. Ce qui est sombre est à Vombre ou dans l'ombre; ce qui est morne est éclairé, mais d'une lumière sans vivacité et sans éclat . terne. La nuit est sombre quand elle* est ténébreuse; le soleil est morne lorsqu'il ne répand qu'une clarté pâle et languissante. On appelle royaumes sombres , et non pas royaumes mornes seulement, l'enfer des païens, le lieu des ombres.
Au figuré , la différence est sensible : sombre exprime quelque chose de plus noir, de plus lugubre, de plus repoussant. « Un jour qu'il m'avait invité à dîner, je le trouvai d'un sérieui morne et sombre que je ne lui avais jamais vu. » Marm. — Sombre est positif, il marque une disposition active du sujet, qui effraye. On dit une sombre terreur (Volt.), une sombre fureur (Lab.), un air «ombre et sévère (Boil.), sombre et farouche (Marm.). « Les yeux et les sourcil» de ProtésiUs montraient je ne sais quoi d'agité de sombre et de farouche. » Fjén. « Par cette harmonie on adoucit un peu les esprits farouches et violente. Mais, malgré les charmes de la musique , ils retombent toujours dans leur humeur «ombr* et incompatible. » Id. c Quels sont ces malheureux dont les âmes sombres et concentrées couvent le crime ? » J. J. « Ah! sens- tu bien tout ce qu'il y a de sonibre et d'horrible dans cette funeste idée? » In. « Le poste de confesseur de Louis XIV fut donné à Le Tellier, homme wmbre, ardent, infiexible, cachant ses violences sous un flegme apparent. » Volt.
Tool, Jusqu'à son amour (d'Hèrode), eaU eniiite
de lui :
Vous le voyez trop bien; la sombre ialonâe Au delà du tombeau portait la frénésie, b. Entre les deux partis Calchas s'est iTtncé, L'œil farouche, l'air sombrt el le poil hérissé, Terrible..... lUc.
Mais morne est négatif et dépeint le sajet dai une disposition toute passive, dans ^acc3})!^ ment , dans la consternation, dans une espèce lie stupeur ou de stupidité. On dit une morne tntesse ( Mol. , S. S. ) , un morne accableiss! (S. S.), un air languissant et moni€ (Id.),i!m mom« confusion (Volt.), un morne eagounâsèment (Marm.]. L'envie est la passion h pis honteuse et la plus morne (Lab.). tL'uoacâ Ta! paraissent très-mal ou très-peu sentir; las air morne , leur regard pesant , leur résista» indolente aux coups qu'ils reçoivent sans s'éao voir annoncent leur insensibilité. > Bdff.cS résulte de tout cela (dans l'engouleTeot) m physionomie morne et stupide , un air de isOt lourd et ignoble. » Id. « Son œil inorne et 9 contenance effacée annonçaient l'abattemectè son coeur. » J. J. « Son accablement ne sKsà s'imaginer.... BUe se tient jour et nuit igeam au chevet de sa mère , l'air morne, l'œil fiiê a terre, gardant un profond silence. > Id. « Bnitai se présente avec un front morne, et daos ts^ l'accablement d'une âme qui porte un gnod ùrdeau. » Lab.
Monu , triste , abattu , regreUant le trépas. Tou. Ce marne- et ftoid accueil me surprend î moa i^
Cou.
Ses superbes coursiers , qu'on voyait aotrcTois Pleins d'une ardeur si noble obéir i sa roix, L'œil marna maintenant et la tète barssée, Semblaient se conformer à sa triste pensée. Bic Le roi Latin pensif et mamty Pétrifié comme une borne Demeura décontenancé. Saii>
— Il y a plus; pendant qu'une idée d'ardar, d'irritation, de menace, est inséparable de asbre, souvent le caractère négatif de mor»» restreint à ne pas parler, à rester interdit. Us motne silence (Acad. , Mol., Labr.); norsett silencieux (Labr. , S. S., Lab.). «,Qu'aaron*-flfi« autre chose à faire (devant Dieu) que de desorer dans un triste et mwn» silence, conras,iB* terdits , effrayés ? > Bourd.
Quel changement nouveau , quelle samhn icnf Ont écarté de nous la cour et l'empereur? Au palais des sept tours une garde ineoonoe Dans un silence morwt étonne ici ma nie. Vou.
« Un silence morne et impénétrable régnait ^ co palais. Les gens en étaient consternés; etl's^ froi que leur inspirait la douleur w«br« <^^ naçante de leur maître les rendait eui-»^ farouches, ^ Mark. « Il fallait voir â tahlc * deux époux vis-à-vis l'un de l'autre; la •«(* taciturnité du mari, la fière et froide indigw^ de la femme, le soin que prenaient leurs v^ de s'éviter , et l'air terrible et soriCt^e dont ib' rencontraient. » In. ,
Jf ^iancoWque, de deux mots grecs qui TMl«a dire bile noire, atrabile, annonce un êttt «sslant ou habituel, qui dépend du tempêi*^*^'
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
lême. Ua tempérament mélancolique {Vin.). Le èyre est appelé par Lafontaine un mélancolique Qimal. « Xénocrate était natureUement m^aficlique y et avait quelque chose de dur et d'aueive dans Thumeur. » Roll. Quand mélancolique 3 met après «om^re, c'est pour le déterminer, OUI marquer qu'il s'agit d'une disposition du iractère ou inhérente au st^jet. « Les figyptiens )nt beaucoup plus sombres et plus méianeoliu€s que les Arabes. > Bufv. (Voy. Méianeoliue, atrabilaire, p. 770 et 771).
Rêveur 9l aussi sa nuance propre et distinctlve. ombre, morne et mélancolique, qui impliquent 312S trois ridée de la noirceur, de la couleur la loins agréable et la moins gaie, indiquent un tat sensible; au lieu que rêveur désigne Tisilement un état intellectuel. L'homme sombre, lorne , mélancolique , est plongé dans la tris* îs&e; le rêveur est pensif ou absorbé dans ses ensées. «Ariste, avec un air rêveur, feignit 'aller méditer dans une allée où il digéra sans «nser à rien. » Mark. « Ohl Ariste, que tous oilà rêveur l A quoi pensez-TOus si profondéaent ? » Mal. « Sidrac le rencontra dans le parc aintrJames, tout pensif, tout rêveur, et l'air lus embarrassé qu'un algébriste qui Tient de iire un faux calcuL » Volt, c Tous ces sauvages nX l'air rêveur^ quoiqu'ils ne pensent à rien ; ils nt aussi le visage triste et ils paraissent mélan oliques. » Buff.
Soucieux diffère autrement de sombre, morne t mélancolique. Il se rapporte à l'aTenir, À ce ui peut aToir lieu, et non pas à ce qui a eu eu. Il suppose, non pas un sentiment de trisisse, mais un sentiment d'inquiétude, une réoccupation relative à des mesures, à des préautions à prendre. Le mécontentement et l'enui peuvent rendre sombre , morne et mélancoïque; la crainte d'un danger rend soucieux.
Platon me parut d'abord inquiet et soucieux; lais il reprit bientôt son air serein. » Barth.
M. Necker laissait à sa femme le soin d'entrete* Ir la conversation. Elle y faisait bien son posible ; mais son esprit n'avait rien d'avenant à es propos de table. Soucieuse, inquiète, sitôt u'elle voyait la scène et le dialogue languir, ses égards en cherchaient la cause dans nos yeux. >
[ARIC.
!• SOUMET, CIME; — 2« COHBLE, FAItB. Le
aut ou. la partie supérieure d'un corps élevé. L'analogie parait grande entre sommet et cime; ussî vont-ils souvent ensemble. « On trouve au 7inmet des Alpes les plantes des pays du Nord , t on les retrouve sur les cimes glacées des lontagnes d'Afrique. » Buff. « Que ces monts ouverts de neige , dont le sommet se perd dans is cieux , ne vous effrayent point : leurs cimes levées s'abaisseront pour fiivoriser votre pasige. » J. J. « Je m'acheminai vers le sommet de L montagne qu'habitait le solitaire.... Sa cabane Lait située entre deux cimes de la montagne. » [ARM. — De leur côté, comble et faîte paraissent voir plus de ressemblance entre eux qu'ils n'en at avec les deux premiers mots. « Par cette voie ^pide on arrive à une opulence dont le faite et 3 comble parsdt presque aussitôt que les fonde-
ments. » BouRD. « La cigogne blanche pose son nid surjes combles élevés.... On dispose, en Hollande, pour les engager à y faire leur nid, des caisses carrées aux faites des édifices. » Buff. < Les colonnes ont pris leur modèle sur les arbres qui ont d'abord été employés pour soutenir le faîte; et l'architecture n'est autre chose qu'une grosse poutre, comme son nom le porte, pour être mise entre^ les colonnes et le comble. » Roll.
C'est qu'en effet il y a cette différence entre sommet et dme, d'une part, comble et faîte, de l'autre , que les premiers se disent d'objets de la nature , et les derniers, de choses faites de main d'homme : le sommet ou la cime d'une montagne ; le comble ou le faîte d'une maison. On parvient au sommet ou & la cime , c'est quelque chose de donné, à quoi on tend; on met le comble ou le faîte, c'est quelque chose qui dépend de notre travail. Le sommet- et la ctme sont opposés au pied ; le comible et le faîte le sont aux fondements. Sommet et ctme appartiennent plutôt à la langue de l'histoire naturelle ; comble et faîte sont particulièrement des termes d'architecture. « On admire à Amsterdam ce mélange singulier» formé par les cimes des arbres, les faîtes des maisons et les banderoles des vaisseaux. > Volt. « Le diable emporta Jésus-Christ & la ctme d'une montagne et au faUe du temple. » In.
1* Sommet , cime.
Sommet est plus général et n'a aucun rapport à la forme de l'objet ; ctme est plus particulier et signifie un sommet ai^n ou la partie la plus élancée d'un corps terminé en pointe. On dit le sommet de la tète (Bdff., Volt.), du front (Boil.), d'une colonne (Marm.)) d'une courbe (ÂCAD.) , d'un cône (Volt.) ; mais on dit la ctme d'un arbre (Buff. , Volt.). « La frégate prend difficilement son essor : il lui faut une pointe de rocher ou la ctme d'un arbre.» Buff. « Quoique le vol du traquet soit bas et qu'il s'élève rarement jusqu'à la ctme des arbres , il se pose toujours au sommet des buissons. » In. — Les deux mots sont usités en parlant des montagnes ; mais le sommet est la partie qui les termine en haut, de quelque manière que ce soit, par un plateau, par exemple, et la ctme est cette même partie, quand elle est pointue, ou en forme de pyramide. Or, comme c'est ainsi que semblent finir les plus hautes montagnes , le mot ctme leur est surtout applicable, c Dans le péril , Condé était semblable à ces hautes montagnes doot la ctme , au-dessus des nues et des tempêtes , trouve la se* rénlté dans sa hauteur. » Boss. « Un premier ministre ne voit plus le tonnerre et la foudre que bien loin sous ses pieds, comme ces Toyageurs qui passent sur la cime des plus hautes montagnes. » S. S. Ou bien , au contraire, pendant que commet désigne l'extrémité supérieure de la mon« tagne entière, le mot ctme signifie celle des rochers, c'est-à-dire de quelque chose de moins élevé, et cela toujours par la même considéra* tion, celle de la figure. « Ce point noir s'étendit, et le sommet de la montagne fut couvert d'un nuage sombre.... L'un des guides d'Alonzo avait gagné la ctme d'une roche. » Mark. — C'est aussi
DEUXIÈME PARTtB t
parce qne les eaux de la mer agiUe s^élèyent en pointe qu'on dit voguer sur la eitne des flots (BuFP.) ou des vagues (Lab.).
2* Comble, faite.
Le comble est Touvrage de charpente qui soutient la couverture d'un édifice , et le faite est la plus haute pièce de cette charpente , ou la bande de plomb laminé» ou la tuile faitière, qui termine la couverture par en haut. Le comble achève, couronne l'œuvre; c'est une partie concrète; il a' de rétendue : monter snr des combles (LABit. , J. J.); les choucas font souvent leur nid dans le comble d'un vieux château abandonné (Bupp.). « Le duc d'Orléans avait accordé à Raymond un petit logement dans les combles de son palais. » Marx. Le faite est le dernier rang de pièces de bois ou de tuiles auquel on arrive en montant : faite est un mot tout abstrait , purement local; il signifie une ligne et non toute une partietle l'édifice où on puisse marcher ou habiter. —Ensuite, comme faHe exprime quelque* chose de moins matériel et désigne le haut du comble luimême, il convient mieux quand il est question d'édifices plus nobles et plus élevés : le fatU du temple (Rac. , Volt. , Mahm.).
Quand vcrrai-je, 6 Sion, relever tes remparts, £t de les tours les magniflquesyàde»? Rac.
<K C'est la science de l'humilité qui vous bâtira sur la terre un édifice spirituel, dont le faite s'élèvera jusqu'aux cieux. s Boss.
Ainsi, le sommet est, dans un corps naturel plus ou moins élevé , sa partie la plus haute de quelque façon qu'elle se termine ; la cime est le sommet d'un corps naturel qui s'élève en pointe, comme un pic ou un arbre. — Le comble et le faite sont la partie la plus haute d'un édifice : le comble est toute cette partis de surcroît qui couronne l'œuvre en mettant le corps du bâtiment à couvert sous une sorte de voûte ; le faite est la plus haute pièce du comble , le dernier terme de l'élévation, la dernière ligne, le point le plus culminant, ou c'est le comble d'un grand édifice *.
Au figuré, sommet, latin summum^ n'est usité
4 . Quoique les distinctions ci-dessus établies soient rigonreosea, l'usage ne s'y astreint pas loujçurs, et c'est i un livre comme celui-ci à rendre raison même des cxcepUons et des anomalies. ~ Sonunet el cime s'emploient abusivement en parlant, le premier d'ua mur (Boit..), le second d'un clocher (Acad.), c'esl4dire l'un el l'autre quand il est queslion d'objets que l'homme a bâlis. C'est qne, d'une part, un mur ne se termine pas dans sa partie supérieure par un ouvrage de cbarpenlerie et de maçonnerie, par un assemblage de pièces qui l'achèvent el le couvrent, auquel cas il aurait un combie ou un/aUe; c'est que, d'autre part, on ne considère dans le olocher que sa forme qui est à pic, comme celle de certains arbres, de certaines moniagnes, de certains rochers. — De son c6té,/rt»1te, mais non pas comble, s'applique bien par extension à des objets naturels. On dit quelquefois, par exemple, le /ode d'un arbre; mais c'est quand il s'agit d'un arbre dont les branches disposées par étages forment différentes hauteurs toutes dominées par le faite comme le sont par les faitière t les divers rangs de tuiles d'un toit. « Les ffianakins ne je perchent pas au faite des arbres, mais sur les Dranches à une moyenne hauteur. » Bdfp
^ que dans le style Mutonu Cime, du latin cyM, grec xûfta , ne s'emploie jamais , si ce n'est dui un Isngage raffiné ou mystique. « Noos sastois les objets réels; mais l'infini ne fait pooraiDa dire qu'effleurer légèrement la dme de Dotw esprit. » P. A. K Gorbinelli est plus mystiqiie qoe jamaie : il a découvert que ma grand'mere (Sainte-Cbantal) , dans Vat dme de son âme, était toute distillée dans l'oraison. > Sév. - M» coMle et faftt, dérivés du latin eitimilttret|b> tigium , d'une manière* médiate et assez difficile & apercevoir, appartiennent à la langue cxmim et y sont d'an fréquent usage. Du reste, i3 n'équivalent pas* l'un à l'autre dans cette actftion , tant s'en faut. Comble marque achèTasst, accomplissement l plénitude , en bten comme s mal : le comble du bonheur (Volt.), des foffsin (In.), des douleurs (Hac), de la haine iMi!S> TESQ.), de rorgueil (Pasc.). Fofee marque élèT> tion , signifie le plus haut rang auquel on iRm par des degrés inférieurs; « On a laissé ï. s Pambrai être archevêque ; il est maintenaEtpvvenu à' ce fait^ ùkT dignités ecclésiastiqno.! Boss. «c Du plus bas rang, l'ambitieux croit p-svoir monter au plus haut, et, sans passer p3r:scun milieu , avoir de quoi- pairenir an /isfe » rouRD. « Il est plus difficile défaire desceod-tb majesté df s rois du faite au milieu , qne de J précipiter du milieu Jusqu'au bas. » Rou. (M on est au comble , il n'y a plus rien à ajcat::.!) mesure est comble ou remplie; quand on et r. faite, il n'y a plus de degrés à monter, oa mteint le haut de l'échelle.
SON DE VOÏX, TON DE VOIX. Forme ou epèc de voix.
Comme chaque înstmment de nmsiqueaimsa:
propre, déterminé par sa construction, de œ^ chaque homme tient de la nature un «os de rri psiriîculier; et comme avec un même ÎDstnia^' on peut jouer bien des airs , moduler de bii des manières différentes, de même chaque hoos parle, selon l'occurrence, avec divers tons de cw qui marquent les a&ctions de son ftme dais ^ moment.
Le son de wix est constant et caractinstiijt^ de la personne; les ions de vois sont accidetels et variables comme les sentiments vn'p^ ils correspondent. Le son de vois est purestf musical , tout dépendant de la conformitias tt l'organe et sans aucun rapport avec rinléneff ■ L'harmonie la plus douce est le son de la va de celle qu'on aime. » Labr. Reconnaître &' personne ad son de sa voix (Moittesq., l^} « Quelle extrême joie quand j'entendrai le »« ^ votre voixÎTt^ Sév. « On était charmé à enia^" seulement parler Cléopâtre, tant il y a^ai|^^ douceur et d'harmonie dans le sondesùtoii-* RoLL. c Mon fils, dit Quintilien, avait tous li avantages que donne la nature : un son de f«r charmant, une physionomie douce....» lo-^' ton de voix est expressif et fait partie du lang»*? d'action. « Saint Augustin traite avec beauwa? de science le mélange des divers sty'esJaaf* cessité d'être simple et fkmilier, même poar^^ tons de la voix et pour l'action , en cerwinâ eadroits. » FÈK. « Vous pouvez, par les di5ci«sB
SYNONYMES À RADICAinL DIVERS. 959
airs de rotre visnge , et parle ion à$ votre voix, ' sommeil et derient plue étroitement synonyme représenter avec horreur aux enfants les gens | de songe.
qu'ils ont tus en colère ou dans quelque autre dérèglement. » In. c Zelmis animait ses paroles d'un ton de voi» si passionné, qu'Elrire en fut émue, v Regr. « Il prononça ces mots d'un ton
Cependant^ conformément à sa signification primitire, il indique même alors moins de suite et moins d'apparence de raison ; dé sorte que les rêves sont des songes vagues, décousus, confus,
de voix et d'un air de visage qui firent trembler | informes, extravagants. « Le plus sage des hom- Sarpédon. » Roll. « C. Gracchus s'abandonnait, ; mes veut-il connaître la folle? Qu'il réfléchisse dans ses harangues , à des mouvements excessifs ' sur la marohe de ses idées pendant ses rêves, de colère, et à des termes et dee tons de voix qui ' S'il a une digestion laborieuse dans la nuit, y répondaient. » in. « Caton parla avec un feu , ' mille idées incohérentes l'agitent. Les rêves inune véhémence, un ton de voix qui le décelé- quiets sont réellement une folie passagère. » rent, et changèrent en certitude les soupçons Volt. « Cinq ou six apocalypses ressemblant à que Von avait du dessein où il était de se donne] des rêves d'un malade oui a le transnort au cer-
la mort. » In.
Le son de voix est beau (RoIl. , Dest.) , char-
qui a le transport au cerveau. » In. « Un conte doit être fondé sur la vraisemblance et ne ressembler pas toujours à
mant (Sév.) , agr<^able (Labh.) , doux (Les.) , rude un rêve. » In. « Je ne conçois rien à tout ce qu'on [ID.), rauque (Bop?.), net, plein, bien timbré me mande de chez vous; il semble que ce soit [J. J.). Le ton de voix est, suivant les circon- un rêve, » In. — Les songes, au contraire, sont stances, élevé (Roll., Les.) ou bas, fier(PASc ), plus liés : on les raconte, on les interprète, on menaçant (Les.), terrible- (Id.), timide (J. J.), en tire des présages; un songe peut former le affable (Id.), languissant (Mol.). « Cet armurier nœud d'une tragédie. « Chez les Juifs on prédiavait un son de voix rude.... Le sommeil me sait l'avenir par les songes, on ne défendait pas gngna : la lime me tombait des mains ; je m'en- ' Tonéiromancie , c'est-à-dire la science des son^ dormais debout. Il me réveilla d'un ton de voix ges, » Volt. « J'ai connu des avocats qui plaisi terrible, qu'il ne me prit plus envie de dor- : daient en songe ^ des mathématiciens qui chermir. > Les. I chaient à résoudref des problèmes; des poètes qui
Les deux sexes n'ont pas le même son de voix faisaient des vers. On feit quelquefois en songe (J. J. , Lab.). a Tous les sentiments ont chacun des discours suivis et éloquents. On a donc dans un ton de voix, des gestes et des mines qui leur le sommeil des idées suivies comme en veillant. 9 sont propres. » Laboch. ' In. « Un songe qu'eut saint Grégoire dans sa plus
SONGE , RÊVE. Idées qui nous viennent à l'es- tendre jeunesse et dont il nous a laissé en vers prit pendant le sommeiL , une élégante description , contribua beaucoup à
Songe, latin somnium, de somnus, sommeil, lui inspirer de tels sentiments. » Roll. c Dieu est le terme propre. Bêve, de l'anglais rave , rê- , vous a révélé dans votre songe les choses qui rer, déraisonner, extravaguer, être en délire, doivent arriver.... Votre songe était de cette a'a primitivement aucun rapport au sommeil. Ce sorte : vous avez vu une statue grande.... Ce oaot a le même sens fondamental que le moi , songe est véritable, et l'interprétation en est rêverie, dont le radical est en effet le même. Or, fidèle. « Pasc. Anne de Gonzague fut rappelée K les rêveries sont les songes des veillants. » aux vérités de la religion catholique par un MoNTAiGN. Et Massillon dit qu'on croit voir songe admirable , un songe mystérieux , un quelquefois des présages de mort dans les rêve- songe vraiment divin (Boss.). Voltaire met ce ries d'un songe. Rêve, rêver, rêveur, rêverie, songe parmi les visions et l'appelle un r^t7e. >nt rapport à la veille et y expriment un déve- | ' Dans un sens figuré , le songe est seulement oppement de la pensée , ou plutôt de l'imagina- quelque chose de vain, à quoi manque la réalité, lion, irrégulier, indépendant de la volonté, fan- comme ce que nous nous représentons pendant Laslique. On appellera donc rêves, et non pas la nuit; et le r^re est quelque chose d'absurde, wnges , les idées et châteaux en Espagne que d'extraragant , de ridicule , à quoi manquent la conçoit pendant le jour un esprit oisif, les raison et la vraisemblance, comme ce qui est wupçons d'un jaloux, les visions de ces con- conçu par un rrfc^iir, un visionnaire, un homme ^mplatifs de l'Orient dont les extases touchent en délire. « La vie est un songe, et nos projets iu délire, a Ce n'est pas là un système de philo- sont des rêves, » Roue. « La gloire des princes îopbie, c'est le rêve d'un homme en délire. » n'est souvent qu'un songe, et les systèmes des ?^olt. « Pourquoi vous reprochez-vous d'avoir philosophes ne sont souvent que des rêves» » Hé fVappé d'un songef Pour un homme à systè- Gono.
nés ce n'est pas une si grande affaire qu'un 'ête de plus ? » J. J. «e De là cet irrésistible nstinct qui promène nos pensées dans un autre )rdre de choses ; de là cette foule de sentiments confus , mais tendres, qui sont des rêves de l'imaçination passionnée où notre âme aime à se re- )oser, même en se trompant, comme nos sens e reposent pendant les songes du sommeil. >