TRAITER , AGITER , DISCUTER , DÉBATTRE
Ces mots marquent l'action de deux ou plusieurs personnes qui raisonnent ou confèrent ensemble sur un sujet, une question, une affaire, pour arriver à une solution.
Tratier a cela de particulier, qu'il comprend dans sa signification l'idée de l'effet ou de la solution , tandis que ses synonymes indiquent seulement le travail qui y mène. On traite à fond; on ayt(e, on discute, on débat plus ou moins longtemps. Qui a bien traité a bien résolu ; qui a bien agité , discuté ou débattu s'est montré habile dans la délibération. Il faut être sûr de pouvoir traiter une chose en maître, avant de Vagiter , de la discuter ou de la débattre. C'est le fond qu'on considère dans un traité , il est plus ou moins instructif; c'est la manifestation ou la forme qui frappe dans la discussion, comme dans le débat , elle s'ouvre , elle commence , elle finit ,
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DSOXIftlfi PMlTIft :
elle dnre phis fin moins , elle est brillaiite oû Ikible, bien ou mal soutenue. On ne (faite jamais, mais on agité , on dUeiUe et on débai quelquelois, sans rien décider. « Dans les Provinces- Unies , cinquante villes et tous les nobles doivent traiter une question , la débaîtfB et prendre un parti , pour que les états provinciaux mettent les états généraux en liberté d*agir. » Cord. Traiter, c*est en effet agiter , discuter ou débattre , et prendre un parti.
Agiter, du latin agitare, fréquentatif d'ogere , agir, désigne une action itérative ou répétée. On agite à plusieurs reprises , bien des fois , souvent ou longtemps. « Après avoir tant agité cette affaire, il en fout venir à une décision pour avoir la paix. • Boss. a C'est un fameux problème qui a été souvent agité dans les écoles des philoso]Aes, si.... » In. « Avant la naissance des hérésies, il ne faut pas attendre des Pères la même précaution dans leurs expressions que si les matières avaient déjà été agitées. » In. c Examinons en finissant cette question souvent agifée, s'il convient de traduire les poètes en vers. » Lab. c Je vais à mon tour entrer dans quelques détails sur cette question souvent agitée, si la tragédie est plus difficile que la comédie, p In. « Les matières de la prédestination et de la gr&ce dirent longtemps agitées dans le concile de Trente. » Volt.
Discuter, latin diseutere , secouer dans tous les sens, examiner attentivement, annonce une action calme, réfléchie, exacte. « Sous Louis XIY, les projets étaient examinés dans le conseil , et leurs auteurs furent admis plus d'une fois à discuter leurs propositions avec les ministres en présence du roi. » Volt. « J*ai t&ché de suspendre l'indignation qtie m'inspirent ces maximes, pour les discuter paisiblement avec vous. » J. J. « Au lieu de disputer, discutons. » Buff. « Les orateurs de l'antiquité étaient des hommes qui étaient sortis des écoles de la philosophie , pleins des idées les plus profondes de la morale et de la politique , analysées , discutées , agitées dans tous les sens. » Mark, c L'esprit philosophique Ikit mépriser les déclamations et les autorités , pour discuter le vrai avec exactitude. » Vadv. « Quelques-uns (des conspirateurs) étaient préteurs, et tenaient actuellement l'audience , écoutant les avocats avec toute la présence d'esprit possible , et discutant attentivement les JTaires. > Roll.
Débattre, comme battre et combattre, bataille et combal , suppose de la chaleur et de la vivacité, c Jésus - Christ dit que celui qui annonce le royaume des cieux ne débat point, ne crie point , qu'on n'entend point sa voix dans les rues. » J. J. Fénelon dit de l'affaire du quiétisme , que c'est < une cause célèbre , importante à la religion et vivement débattue. » « Les annates surtout furent débattues avec chaleur au concile de Constance. » Gond, a Ce procès d'injures intenté •à Yoëlius fut débattu de part et d'autre avec assez d'ardeur. » Desc. « On voit ces deux opinions vivement débattues dans le livre de Cicéron intitulé Lucullus. » Marm . c L'affaire ayant été débattue avec beaucoup de chaleur,... » Roll. « L'afiaire fut mise en délibération dans le sénat,
et débattue afe« grande vivacité pir les fiHéntii partis qui s'y élevèreivt » I&.
Quand on disOÊte, on cherche à gii&er hssdf rages ; quand on dÂol, on prétend les emporter. Il faut être instruit pour bien dùciaer,et passionné ou éloquent pour bien (Mallft. Deb discussion résulte la vérité, et du âéM lafiotoire. On discute plutôt des questions et de causes théoriques ou générales, qui émesTst peu ; on débat plutdt des questions et des mm capables de toucher ou d'animer, des ioiériti, par exemple. < Les poètes ont soin de choisir d^ grandes causes à diiciiter, de grands interdis i débattre. » Maric.
TRATiGBAirr, tftctsnf, PiMSUPtOm. Ca trois mots se disent également des raisons étés moyens de persuasion efficaces, quinepenStent plus d'hésiter , de rester incertsin-
Il y a dans .ce qui est tranchait quelque cte de bref, de brusque, qui coupe court, qui p' duit son effet tout d'un coup, il y s dus a ^ est décisif quelque chose de démonstntif,q:i produit son effet sans làute, qui détennioe iimanquablement la croyance. Il y a dans ce ^ est péremptoire quelque choie qui firtm^ qs fait périr ou tomber l'opposition, qui bitceser, non pas le doute proprement, nudsUeootfi)}tion ou la dispute.
Un mot tranchant; un raisonnemeat i^; une réponse péremptoire.
Une raison tranchante en finit sur-le<li0p, tout de suite, résout la question d'e«iblée,iit Une raison décisive en finit sûrement, résout ii question d'une manière solide, coDcIaante,ip fixe bien l'esprit. Une raison péremptoire ai^ sans retour, est sans réplique, résout h qoetion sans appel , sans rien laisser à repirtir.
L'orateur a besoin de moyens tranchwit^ss emporter la conviction; de moyens déàtifi^ parvenir à la tourner en sa faveur; de 1007» péremptoires pour en rester mdtre sus aaat contradiction possible.
Avec ce qui est tranchant, l'effet est promit avec ce qui est décisif, H est nécessaire; awe» qui est péremptoire , M est définitif.
TRANCHANT, DÉaSIt^ , DDGKATIQCt Cp thètes qualificatives des personnes hardies ijtger.
Tranchant est de oes trois mots le plus «t « Dans ce livre règne un air de saBnau,^ ton décisif et tranchant. » Volt. « !.'«««? * monde et l'expérience lui ont ôté ce ton iif^ tique et tranchant qu'on prend dans le aiàd.» J.J.
Ce que l'homme tranchant a de plus (pu j^ décisif et le do^imUtgue , c'est la prétenti» » maîtriser la croyance des autres : il Teut ^ ser, il est sec , impérieux, rogue, deipolùpf • Quand on veut de moi certaines atlentioM*»* vies qui me dérangent, je suis sec et ''•*f^ Féw. « Très-poli dans la confersalion, œaisMïû et tranchant la plume à la main. » Voli. «^ sons en discutant le ton rogue et ^•'•**^ nos frères les libellistes. » Bbaom. ■ I^ ^ tisme tranchant du cxar Pierre ne s'tccoaiB^ point de ce tempérament. » Mabm. « 0«w" ^
SYNONYMBS À BAmCAUX DIVERS.
irrogaat iree tout le nonât.... A son ton natureUettent tranchani fl ajouta la raffisance d'un [Kirrenu. > J. J.
L'homme décmf Test po^rr lui-tnème^ i! îfea fait accroire, il est affirmatif, plein de confiance Bn ses lumières et en sa capaché, vain , mais non pas arrogant. « Rien n'est si déeitifquM Hgnorance; et le doute est aussi rare parmi le peuple jue rafBrmatton ches les Trais obrlosoplras. » L J. « Il paraissait vain , et il avait Tesprit déciîif, 9 Les. « Je vous déclare que je suis détitivê , il que je n'attends point le jugement d*autrui >our régler le mien. » Dbst. « On nous accusera l'aroir été trop peu ditinft sur la préférence pi'on croit due à Fauteur de Phèdrt. > D'Al. On l'accusera personne d'avoir été trop peu tran- ^ant : tranchant mdiqne toujours un défaut.
L'homme dogmati^ ne diflère du d^isrf [u'en ce qu'il est prompt à juger seulement en natières de do^erou de doclrtnes, de sciences , le philosophie; c'est un pédant. « C'est la proonde ignorance qui inspire le ton dogmatique, ::elui qui ne sait rien croit enseigner aux autres îe qu'il vient d'apprendre lui-même. » Labk. « Je rouTai tous les philosopites fiers, affirmatife, logmaiiqvnf même dans leur scepticisme préendu. » J. J. « Elle Toudrait bien voir un b&iU on de votre façon mis dans la bouche bavarde le ce professeur dogmatifpte, > Volt. « Fidèle mitateur de la réserve de son maître, Platon » préserva toujours de cette affirmation tranchante qui caracténsait Forgueil dogmatique de ant de sectes de philosophes. » Lah.
t* TRANQUILLE , CALME ; — 2« POSÉ , RASSIS. Sxempt de trouble et d'agitation.
Tranquille et calme ont une plus grande étenlue de signification que posé et rassis. Ils se [isent des choses, et non pas seulement de 'homme : une eau tranqvitte ou ealme^ un lieu ranquille ou calme.
Sitôt que du soir les ombres paoifiques D'an double cadenas font fermer les boutiques..., Que dans le Marché-Neuf tout est calme et tran-
tfutlU, Les voleurs é llnsuutt sVoparent de la vflle.
Bon.
- Outre cela, quand il est question de l'homme , ^anqut7{e et calme qualifient sa manière d^ôtre , osé et rassis sa manière d'agir. Il importe à la aix de notre ftme et à notre bonheur que nous ^yons tranquilles et calmes ;i. nos résolutions t à notre conduite, que nous soyons posés et assis. Tranquille ou coZme, un homme est, se -ouve , reste , vit sans trouble et sans agitation ; osé ou rassis j un homme juge, raisonne, se omporte, fait des démarches, sans trouble et ains agitation. Un homme tout à fait incrédule e peut se procurer le repos de l'esprit, se mettre ans une situation qui rend un esprit calme et *anquille (Bûurd.). « Un général doibt estre proident et bien advisé , et par ainsi rassis , froid , osé, eslongné de toute témérité et précipitaon. » CUARR.
!• Tranquille^ calme. Qui est dans un état tempt de trouble et d'agitùlion.
Tranquille est absolu j calme, relatif : ce qui
est frangutife Test par nature, essentiellement, toujours; ce qui est calme Test accidentellement, dans une oecasion particulière. La mer Tranquille (la mer de la Nouvelle-Zemble) est ainsi appelée , parce qu'elle n'est point sujette aux tempêtes; une m«r est calme dans le eas où il lui arrive de n'éprouver point de tempêtes. De mtaw, an figuré , on a naturellement l'&me franquâlle (J. J.), on est tranquille et contemplatif par tempérament (In.), il y a des caractères doux et tranquilles, comme il yen a de Tîolents (Id«) , on a un naturel tranquille et modéré (Volt.) ; maié on a l'esprit ealme dans «ne certaine sitoation. « Ne eroyez pas qu'un expédient si violent en apparence soit le fruit du> désespoir, j'ai l'esprit très-calme en ce moment. » J. J. « J'ai oom" mencé par des propos galants. Je m'attendais aux communes alarmes, aux oris perçants, à la colère, aux larmes; mais qu'ai-je vu? la fermeté, rhonneur , l'air indigné , mais colme avec grandeur. » Volt. « On mène une vie Irofi^tlle, et non pas calme ; calme ne s'applique point à un état durable. -- « Au milieu de ce f raicas , et des fanfares et des tambours, notre ami Freind avait repris la ffOfiqfftilil^ que vous lui connaisses. Il était cakne comme l'air dans un beau jour après un orage. » Volt.
7fan9«»lle est absolu; calme, relatif: on est tranqmlie en soi; on est ealme relativement à quelque cho^ , dans an péril , par exemple. Un général a un courage tranq«vlle(VoLT.), simplement ; et un courage inaltérable et calme au milieu du carnage (In.). On dira bien absolument que les Anglais sont plus Irangutllef que les Italiens; et, d'une manière particulière, en ayant égard à la diversité des impressions que la musique foit sur eux : « La même musique produit des eflbts si diflérents sur les deux nations , l'une est si calme, et l'autre si transportée, que cela parait inconcevable. • Montbsq.
Tranquille, faisant considérer la personne indépendamment de toute relation , est propre à lui attribuer un défaut d'activité ; calme , par la raison contraire, la représente comme manquant de sensibilité, comme impassible. Un homme tranquille signifie quelquefbis l'opposé d'un homme remuant, turbulent, inquiet; tenez-vous tranquilVe, c'est-a-dire gardez-vous ou abstenez-, vous d'agir. Un homme calme est inaccessible aux impressions; a la difiereoce de l'homme (ronqutlte qui ne s'émeut pas, il ne se laisse pas émouvoir. « Autant que le premier Denys avait été vif et entreprenant , autant le second était^îl paisible et tranquille, » Roll.
moniai, parmi les flots de ce torrent rapide, S^avsnee d'un pas grave et non moins intrépide; faicapable à la fois de crainte et de focear. Sourd au bruit des canons, cabne an sein de l'hor-
D'un ail ferme et stoîque il regarde la guerre
Comme un fléau du dei , afl^eux , mais nécessaire.
Voit.
2* Posé, rassis. Qui pense et agit d'une manière exempte de trouble et d'agitation.
Posé , qui va posément, sans précipitation, a surtout rapport à l'extérieur. On dit un air posé (Mol., DesT., Hàrm.), un ton posé (J. J.)«