‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 43 sur 444 · DEMANDER RAISON, DEMANDER LA RAISON · texte numérisé non relu

DEMANDER RAISON, DEMANDER LA RAISON

Demander qu'on explique quelque chose.

Demander raison est une expression faite et consacrée , dans laquelle le mot raison exprime vaguement et confondue avec d'autres , l'idée qui , grftce à l'article, se trouve définie et détermina dans demander la raison. Demander la raison, c'est demander la cause pourquoi : on demande la raison d'un phénomène. Demander raison , c'est vouloir qu'on rende compte d'un procédé ou d'un propos , qu'on en dise le pourquoi et le comment , qu'on les expose de manière qu'ils paraissent raisonnables , faute de quoi on encourra une punition , ou l'on aura tout au moins à se repentir. Le confesseur demande au pénitent la raison de iesfàntes, afin de s'éclairer sur l'état de son

âme; un homme qui se prétend outragé raison de ses discours à celui dont il croit à se plaindre.

PAR FORCE, PAR LA FORCE. C'est-à-dire , non* seulement de force , mais , ce qui est beaucoup plus énergique et beaucoup plus expressif, «le vive force; non-seulement contre son gré, involontairement , invitus , mais absolument contraint .

Par force se prend plutôt au moral, pai-ce qu'il fait moins ressortir l'idée de force; et jMzr la force ne se prend qu'au physique , grâce à l'ajrticle qui donne à cette même idée savaleurstricte et rigoureuse. « Le mariage est une chalae oiï l'on ne doit jamais soumettre un coeurpor force. » MoL. On soumet un ennemi par la foru , c'est-^dire par les armes et en employant la violence proprement dite. — « Par là le Saint-Esprit Teut nous faire entendre qu'il y a un règne de fer , et c'est le règne de la justice rigoureuse qui assujettit par /V)rce les esprits rebelles , efi les contraignant de porter le poids d'une impitoyable vengeance. » Boss. « Un prince justement irrité se jette vers les terres de son ennemi , et se les assujettit par la force, » In.

ON, L'ON. Expressions presque équivalentes , employées dans les phrases générales. Toutes deux viennent du latin homo, homme.

Hais la première étant privée de l'article, a moins de précision que la seconde. On dit, homme dit, signifie il y en a qui disent , sans aucune détermination de nombre. Von dit , Vhomme dit , signifie positivement les hommes , les hommes en général , tous les hommes disent. On dit que vous avez été chez lui hier donne à entendre que ce n'est pas tout le monde qui le dit, mais quelqu'un qui ne doit pas être nonmié. Von dit se dit à propos d'un bruit généralement répandu. On commence une proposition particulière indéfinie , et ronune proposition générale définie. Aussi le premier est souvent employé lorsqu'il s'agit d'une ou de plusieurs personnes dont on a l'idée dans l'esprit et qu'on ne veut pas nommer. Une personne en colère dit à une autre : Il faudra bien qu'on m'obéisse, c'est-à-dire, que vous m'obéissiez. Un domestique vient-il annoncer à son maître qu'une ou plusieurs personnes désirent lui parler , il dira : On demande à vous parler. Certains écrivains religieux , tels que ceux de Port-Royal et Malebranche, évitant par esprit de piété l'emploi du mot je ou fnot, qui est toujours haïssable , suivant Pascal , se servent du mot on , en parlant d'eux-mêmes. On n'est pas des esclaves pour endurer de si durs traitements fAcAn.) , est bien une proposition particulière inoéfinie, et Von y serait tout à fait impropre; de même que si , en vous adressant à une féinme , au lieu de lui dire , on n'est pas plus jolie , vous lui disiez , Von n'est pas plus jolie. Le mot on convient seul dans tous ces cas, parce qu'il s'agit d*indiquer vaguement et en termes indirects une ou plusieurs personnes. Le mot Ton convient seul quand il s'agit d'exprimer rigoureusement la généralité des hommes : nous devons croire que nous mourrons , parce que Von est mort jusqu'ici. Cependant, comme il est rarement besoin de marquer expressément si on pensa à un nombrain-

SYNONYMES QUI ONT LE MfiHE RADICAL.

dâliii de personnes ou au genre humain tout enlier, au mot on , qui signifie proprement quelfaim ou des hommes , on fait signifier presque tDufours les hommes , et , dans les phrases mêmes de la plus grande généralité , on se met à la place de Fo». C'est un abus ;' il faudrait n'employer que Ton quand on veut marquer strietement la généralité des bomnaes.

A YRAI DIRE ou A DIRE TRAI, A DIRE LE TRAI. Sans mentir , à ne rien celer; espèces de locutioas adrerbiales dont on se sert pour attirer l'attention et obtenir créance.

ÂtnU dire est général, vague, indéterminé; c'est une sorte de remplissage , une expression peu rigoureuse qu'on emploie fréquemment par manière de parler , sans beaucoup de conséquence , sans bien peser la valeur des termes; mais à dire le vrai est plus expressif, plus fort , moins commun ; QQ ne s'en sert qu'à bon escient; il marque l'intentioD bienarrêtée de ne pas tromperet l'attention qa'on lait à ses paroles. A vrai dire se trouve à chaque instant dans nos conversations ; un témoin derût le juge dira plutôt d dire le vrai , pour donner de la force ou de l'autorité à sa déposition.— Avec ces caractères, à vrai dire se place naturellement au commencement de la phrase , comme certtM . en gioise de simple formule affirmative ; au lieu que à dite le vrai convient au milieu d'une phrase pour marquer une comsction ou une modification dans ce qu'on vient de dire , modification importante et qu'on ne hasarde pas sans y avoir bien réfléchi, c A dire vrai , l'art n'est jamais plus partit que lorsqu'il ressemble si fort à la nature, qu'on le prend pour la nature même. » Bon. cLes étrangers viendraient dans notre ville...; quoique , è dsre le vrot , sur beaucoup de fortes raisons , je regarde ce concours comme un inconvénient bien plus que comme un avantage. » J. J. — Du reste , cette différence qui provient de l'absence de l'article dans une dés deux phrases et de sa présence dans l'autre est plus considérable et plus frappante quand, non content de retrancher l'article dans la première, on place vrai arant dtre (d vrai dire) , et non dtre avant vrai Jd dtre vrai) , comme le fait Boileau. Aussi nous disons généralement aujourd'hui à vrai dire plut^ qu'd dtre vrai.

E?rrElfDRE RAILLERIE, ENTENDRE LA RAIL- LERIE. Ces deux expressions désignent la manière d'être , la disposition de quelqu'un par rapport i la raillerie.

Dans la première , le mot raillerie marque quelque chose d'indéterminé : entendre raillerie , c'est eotendre sans s'offenser une ou des railleries auxquelles on est en butte , quel qu'en soit le sujet , dans quelques circonstances qu'elles aient lieu.

Bé I mon Dieu I tout cela n'a rien dont il s'offense. D emiatd raillerie autant qu'homme de France ; Et de bien d'autres traits il s'est senti piquer, Sott que jamais sa gloire ait bit que s'en moquer.

HOL

« U duc de Yeragua enUndaU raillerie , jusqueli que ses amis l'appelaient familièrement don Pttroo.... Tout cela se passait en plaisanterie qu'il recevait le mieux du monde. » S. S. Dans flUeadre te raiUerie , dont te sens est , s'entendre

à railler, être entendu dans l'art de railler, le ihot raillerie a perdu toute indétermination; il ne s'agit plus d'une ou de plusieurs raiUeries quelconques , mais de la raillerie , art particulier d'amusement qui diflère de tout autre : on ep$end la raillerie , comme on entend la poésie ou le métier des armes. « Vous n'avez pas le talent d'entendre la plaisanterie, » Ddoeff. Voltaire écrit au roi de Prusse : « Vous savez vous moquer des gens mieux que personne; le neveu de Constantin , qui a ri et &it rire aux dépens des Césars, n'entendait pas la raillerie aussi bien que vous. » La première expression fait songer aux cas particuliers , mais ne les détermine pas; la seconde marque le genre et le détermine.

AVOIR INTENTION, DESSEIN, ENVIE; AVOIR L'INTENTION, LE DESSEIN, L'ENVIE. Vouloir &ire , se proposer de ùtire quelque chose et y tendre.

Les expressions sans l'article forment des locutions générales dans lesquelles les substantifs s'effacent en quelque sorte , perdent ce qu'ils ont de saillant et ne se font plus remarquer; elles signifient toutes une disposition incertaine , chancelante et molle , une simple velléité. Ces mêmes expressions avec l'article présentent les substantifs avec un caractère de détermination qui les signale et les met en relief : elles signifient une résolution bien arrêtée , pour l'exécution de laquelle , le lieu , le temps , les moyens , sont fixés , et pour l'exécution de laquelle on est près d'agir, et prêt à agir, dût-on avoir des obstacles à braver. On a intention^ etc. , de voyager, longtemps à l'avance, sans qu'on y ait réfléchi , sans qu'on sache si on changera d'avis , ni quelle direction on prendra. Lorsqu'on a rtntenlton , etc. , de voyager , le voyage est prochain , la résolution ferme , la direction certaine. On a tntentton, etc., de nuire à quelqu'un sitôt que l'occasion s'en présentera; on a Vintention , etc. , de lui nuire , quand on en a formé expresstoient le projet et qu'on cherche à le réaliser.

CONDAMNER A MORT, CONDAMNER A LA MORX. Condamner à mourir.

Condamner d la mort est une expression Dsdte et consacrée pour désigner une manière ordinaire ou habituelle de condamner à mourir , c'est-àdire Celle dont les tribunaux font usage en général contre certaines espèces de grands criminels : les assassins , les infanticides et les incendiaires sont condamnés à mort. Condamner à lamart se dit quand il est question d'un fait, d'une application de U loi ou de la coutume à un cas particulier : les juges , après avoir longtemps délibéré sur la peine à infliger à cet accusé, l'ont enfin condamné à la mort. Ou bien même condamner à la mort n'emporte l'idée d'aucune formalité légale et signifie une action unique, singulière, sans aucune analogie avec celle des tribunaux : un général , qui vient de prendre une ville d'assaut, condamne d la mort les hommes en état de porter les armes; une conspiration venant à manquer , on condamne d la mort tous les coQJurés. c J'avais élevé un jeune loup qui jusqu'à l'âge d'un an n'avait fût

14 PlUSWÈRi; PAETIK :

aucun mal; mais dès U seconda année il commit de rnutre, mettre à portée de faire quelque tant d'excès qu'il fallut le condamner à la mort, > chose.

circonstances toutes spéciales en met en relief et a peme trois ou quatre fois dans sa vie Voccal'idée de la mort. De même , des infitrumeAts de non d'observer ceux de Taliénation mentale. mort sont tels par leur nature, par leur destina- ^ D'autre part, on trouve occasion quand l'occasion tion : telles sont l'épéa et les armes à feu; mais ^ a lieu par hasard, se présente d'elle-même , et on l'instrument de la mort se dira d'un objet parti-^ . trouve V occasion quand on cherche l'occasion , culier, d'un bâton, par exemple, qui aura serri qu'on la désire. On trouve occasion de faire ce àdonnerlamort dans uncas particulier. De même qu'on a intention de faire , et V occasion de faire aussi haïr à mort se dit plutôt en général que ce qu'on a VintenXion de Caire. Un écolier trouhaïr à la moH^ et fst dans une eirconstanoe vont occasion de vendre ses livres, est tenté par donnée une expression moins énergique.— Enfin, l'appât du gain. Je suis obligé de retarder la pour oe qui concerne condamner à more el con- , vente de ces livres , jusqu'à ce que j e trouve Vocdamner d Uk mort, on peut être condamné d mort coMixm de le faire avantageusement. Il en est de sans que la mort s'ensuive , soit parce qu'on ne se même de ùfnvMX ou fournir occasion â l'égard de trouve pas dans le pays, soit parce qu'on s'évade, { donner ou fournir V occasion. Dans le premier cas , soit parce qu'on obtient une commutation de l'occasion n'est pas , et , dans le second, elle est peine; mais quiconque est condamné à la mort déterminée du côté de celui qui la donne ou la ne peut manquer de mourir, | fournit comme du côté de celui à qui elle est

AVOIR DROIT, AVOIR LE DROIT. Avoir U per- ^ donnée ou fournie , c'est-à-dire que , dans le pre* mission , la faculté de faire quelque chose , pou- mier cas , celui qui la donne le fait involontairevoir la faire comme chose juste, y être autorisé, xoent, par hasard, sans le savoir, et que celui 4

U s'agit dans la première expression d'un droit ^ qui elle est donnée ne la voulait pas , ne la désivague , mal défini , commun , d'une application ^ rait ni ne la cherchait , n'y pensait même pas ; éventuelle et incertaine, dont on ne peut pas se tandis que la seconde expression emporte des acprévaloir en toute rigueur, et, dans la seconde, ' cessoires tout contraires. Votre étourderie m'a d'un droit précis et rigoureux. Une preuve que ce donné occasion de remarquer votre défaut princidouble sens résulte bien de l'absence de l'article pal. Vous recevrez plus souvent de mes lettres , dans l'une , et de sa présence dans l'autre, c'est si les vôtres , devenant plus fréquentes , me dxm^ qu'on dit avec d, préposition qui marque gêné- ' nent plus souvent l'occasion de vous écrire, ralité et indétermination, avoir droit à réclamer j a TRAVERS , AU TRAVERS, Au milieu , par quelque chose , et avec de , préposition qui ex- le milieu.

prime des rapports précis et particuliers , avoir le i travers est une locution générale, dans ladroit de réclamer quelque chose. On a droit à des quelle le mot travers a perdu de sa valeur et égards, à là reconnaissance de quelqu'un; ona^ n'attire plus l'attention* Dans au travers on U droit de comn^nder, de voter, de vendre une' in3iste, pour ainsi dire, sur le travers dont on propriété. L'eniant qui se conduit bien a droit à ' parle , on le tire de l'indétermination , on le demander des récompenses; à la fin du jour, le ' fait remarquer. Si bien qu'à travers s'emploie journalier a le droit de demander son salaire. — \ quand on veut simplement marquer l'action d*al- Q^ distinguerait d'une manière semblable , avoir 1er au delà en passant par un milieu , et au tratort et avoir le tort , prendre soin et prendre le vers quand on veut appeler l'attention sur ce «Wi. j pûlieu lui-même. A travers votre porte vous aper-#

AVOIR COUTUME, AVOIR LA COUTUME de (aire cevrez quelqu'un venir vers vous; mais vous quelque chose. l«a faire fréquemment , d'ordinaire, aurez bien da la peine à distinguer une personne

Avoir la coutume se dit en parlant d'une ma- au traA:ers des ténèbres de la nuit. Ce qui frappa nière d'agir, non pas générale et commune, mais en général l'esprit dans le milieu traversé, c'est

singulière, et remarquable par cela même, sur laquelle on vout arrêter particulièrement l'attention. De sorte qu'ici l'article 2f , {a , joue le xfxèm^ rôle que son primitif latin , Ule , illa , celui-ci , celle-ci ; il est démonstratif, il sert à &ire remarquer telle

la résistance qu'il oppose ou le danger qu'on court en le traversant. De là vient que presque toujours ce à travers quoi on passe laisse un passage, une ouverture, un jour; tandis qu'il faut se faire im passage , une ouverture , un jour

ou telle chose en particulier : ille Bomerus , le fa- ' dans ce au travers de quoi on passe. On passe à meux Homère. On a cotUume de mentir , de se le- ' travers les champs , on passe son épée au travers ver matin , de faire des promenades à cheval. ! du corps. l£ fil passe à travers l'aiguille qui est s Les Anglais , dit Voltaire, ont la coutume de ' percée; l'aiguille passe ou travers de l'étofie ou finir presque tous leurs actes par une comparai- de la peau qu'elle perce. Certains grains passent 4 ion. » « Il y a des pays où les femmes ont la cou- ' travers un crible (Boss.) ; un soldat perce au irafume de se percer le nez pour y pendre des ' vers d'un bataillon (Acau.). Les objets s'aperçoijoyaux. » {Hist. des Voyages.) 1 vent à travers un verre (Boss. , J. J.) , à travers

AVOIR, TROUVER, DONNER, FOURNIR OGCA- des vitres (FiN. S. S.); mais des impuretés emglON; AVOIR, TROUVER, DONNER, FOURNIR pèchent la lumière de pénétrer au (rat;ers d'un L'ûGCAMON^ C'est, d'une part, être ou venir, | verre fort épais (Dk$c.). ^ «L'eau des rivières

STNOIfTMES i)UI OflT JUS VSME RADICAL.

M ^éÊmià pM lùn, «ft filtrant 4 Irov^rt les terres. » Buff. « Il est aMé d£ conceToir qu'étant a subtils •! si agités , les esprits animaux passent dirsven les pores. > Boss. < 4 troverf les arbres fsi eatieni 09 palais d'où 11 sortait de la fumée. » Fax. « Il était aisé , à travers ses beaux diseoms, de décoQYm ce qu^il pensait. 9 Roll. Jm trmfenéim périls nu gjraad cour «e fait jour. Bac. « Se bue jour cm troioen de tons les obstacles, s» Bo9B]». «Nooa paiw^meg «u (ra«irs des écueils. * Fés. ffSa mira a^ait passé au (r49««rr de la flasHe et s^était saorée. » Séy. • C'est ou traven ds tontes cas épines que j'espôre parfenir à la jme de tous recavoir. » Id.« Je vois «»* travers de tant de nvag^ qnelqi^ rayon de U grandeur diTÎae. a Boaa. « J'ai cru apercevoir, au travers ée ces nuages, qu'o^ vous es^xne cpmme pn le doit » ToLT.

A DÉFAITT, AU DÊrAUTf Telle personne ou le&e chose m^qaant, à la place de telle personne oa de telle cbosa.

Au défoMU esl plus précis. C'est pourquoi il eeofieal mieux ea parlant des personnes, s Ariatôle aniait rapporté cet oiseau au j^nre verdier; c'est ce qu'a fiait M. Brisson au défaut dArislota. » Boff. « Au difavlt des auteurs euDDos, Perrin produit pour toutes preuves quelques vieux livres des Yaudois. » Boss, C'est encore i cause de ce caractère de précision qu'au 4éfQ,ut se dit de préférence par rapport SQ passé et an présent, qui sont déterminés et certains. < Expressions brutales, qu'au défaut ée réquité et d« la raison une bonne éducation iurait supprimées. » Boss. « Au juge de Thonaeur a été remis le droit de la justice éclatante , e» déffful de la justice personnelle et sanglante que la loi proscrit, a» Bj^aum. A défaui , au contraire , est plutôt de mise quand il s'agit des choses de l'avenir. « Ce roi de Castille rappela ses petits-lUs aînés à leurs droits , et à défaut de leur race, appela à s^ couronne celle de saint I/Miis. s S. S. ^ Si , d défaut de payer les annates , le pape refuse des bulles, Duaren conseille à Itglise gallicane d'imiter celle de l'Espagne. » ▼oLT. c Si la poule n'a pas ses propres œufs , elle courera ceux d'une autre poule , et , d défaut de ceux-là, ceux d'une femelle d'une autre espèce. 9 BwF. « A défaut d'autre crime , on veut vous feire passer pour émigré. » Beaux. Ainsi au ééfoMt signifie telle personne ou telle chose ayant manqué ou pianquant; et à défai^t , si par hasard une chose vient ou venait à manquer. — Toutefois au défaut se dirait bien aussi relativement ss futur, mais relativement à un futur fixe et indid>itable , et non pas vague ou douteux : à dé- (to de vin , nous l^oirons de l'eau , voilà l'expression ordinaire; mais si on est sûr que le vin fera dé&at, on dm mPipi ; au défciilU de vin, nçus boirons de l'eaiit

TOirr, TOC/T U, Cm 4«vz expressiofis mar^* <pant mia totalité. {

Mais aetu totalité n'est pas la «éme, tant s*ea bot , comme en peut le voir par les deux pbnses : f ouf hùmme est mortql , et , tout Vkomme est mortel. Toj$t ^4n5 V&i^iclQ U indique la totalité des iq4iyid||â 4fs l'^P^t m^ Pe 4ôsigQe

pas «a particulier celui-ci ou celui-là. foift le exprime la totalité, non des individus de l'espèce, mais des parties intégrantes qui constituent l'individu , pris pour type du genre. Dans tout homme , le mot homme est vague , manque de précision; c'est un homme quelconque. Tout homme est capable d'un pareil effort. La vérité , tout homm^ est mortel , parce qu'elle ne concerne en particulier , ni celui-ci , ni celui-là , donne à réfléchir à chacun, et peut avoir sur la conduite des homme une influence utile. Dans tout l'hom^fne , le mot homme a un sens précis et bien dé^; c'est l'homme distinct de tout ce qui n'est pas lui , tel que nous le concevons en lui-même ; et , s'il était vrai que tout Vhomme fût mortel , il n'y aurait, vu la^ parfaite détermination de l'être dont il s'agit , aucun doute sur le sort de toutes les parties de nous-mêmes après cette vie , quel que dût être celui des autres créatures. Ainsi, dans l'une de ces expressions, le mot homme n'est pas défini , dans l'autre il l'est : dans la première , il est indéterminément distributif , c'es}-à-dire relatif aux individus qu'il ne détermine pas; dans la seconde, il est générique défini, c'est-àrdire significatif d'un geore parÈiitement circonscrit ft délimité.

s* SjflPmjf^iftie des noms sans article fuffee ces mimei noms précédés 4e l'article composé, du, de le, dS la, des.

I^s derniers, outre qu'ils sont plus précis et plus déterminés, ont touiours et es3entiellen)ent moins de généraiité que les premier;;.

AYOIlt PKINE, PITIÉ, HOBREUK, HONTE; AVOIR m U PEINE, DE U PITIÉ, DE L'HOR- REUR, DE LA HONTE. Bprouver des sentiments exprimés par les mots petne, pitié , etc.

Les mêmes distinctions devant s'appliquer 4 tous ces synonymes, nous nous bornerons 4 traiter anoir peine , et avoir de lapeine. Ils signifient trouver ^ difficultés , des obstacles à faire et à dire quelqua chose, ou bien y répugner. Avoir peine est une expression générale indéfinie , une formule toute faite ; le mot peine n'y a qu'un sens vagua et ipdésis sur lequel l'esprit ne se porte point; il ^'est ep quelque sorte fondu avec le verbe avoif , ce qui lui a ôié une partie de sa force.

Vous marches d'un tel pas, qu'on a/ietne à vous suivre.

Avoir 4e la peine implique deux idées accessoires qui lui viennent de Tarticle et de la prénosition de. D'abord , il indique une peine réelle, une difficulté, ou une répqgnance plus expressément marquéis, sur laquelle il arrête davantage l'esprit, «c f aurai de la peine à vaincre l'amour que j'ai pour vous. » Mol. Dans cette phrase ; deux amspices, disait Qicéron, ont peine à se regarder sans rire, le mot peine n'a pas , à beaucoup prés ^ la même précision que dans cette autre, m'otr de la peine à parler, à respirer, à marcher. Avoir peine signifie que ce n*est pas smu peine , que ce n'est pas aisément qu'on lait une chose; et at7oir de la peine ^ que c'est avec UQS véritable peine , avec une véritable difficulté, en souffrant ou en s'efibrçant. On a peine à reççni^^itre upe personne OfQh • I^K9ff*)i

Page 1