‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 433 sur 444 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

pie, d'un siècle, da monde, lesquels peuvent lire considérés comme étant arrîTés à tel ou tel état sous le rapport des mœurs. Auguste était un prince vicieux, qui régnait dans un ftge déjà corrompu et dépravé (Cono.). J. J. Rousseau soutient que rhomme n'est pas naturellement rtdeux, mais il représente comme corrompu et dépravé le monde tel que l'a fait la ciTîlisation.

Corrompu et dépravé ne signifient pas une altération du même genre. Corrompu , de corrumpère, rompre intérieurement ou tout à fait, marque un changement de la substance , des éléments, une dissolution des parties. P^prav^, de depravare , contourner « rendre torlu , faire aller de travers , indique un dérèglement , un écart de la droite ligne , du droit chemin , de l'ordre , du modèle. Il faut purifier ce qui est corrompu; il faut redresser ce qui est dépravé. Un cœur corrompu est comme de l'eau qui n'est pas saine ou pure, comme un fruit gâlé, qui est en proie à un travail intérieur de décomposition. Mais une raison dépravée , un jugement ou un goût dépravé sont dérangés, désordonnés, faux, tout de travers. Des mœurs corrompues manquent de pureté, d'innocence, d'intégrité, de sainteté; des mœurs dépravées manquent de perfection, de rectitude, de droiture, de régularité. La corruption est plutôt interne e1 attaque le fond, les sentiments ; et la dépravation est plutôt externe , relative à la forme , aux mœurs , à la conduite. « Les doutes sur les devoirs naissent de la corrupiiùn de nos cœurs.... Ces amas pénibles de décisions (sur les cas de conscience) sont les tristes fruits de la dépravation des mœurs. » V Ass. « Le plus sûr moyen de dépraver la multitude, c*est de corrompre en elle cette espèce d'instinct moral. » Mark. « Le Français est le seul peuple dont les mœurs peuvent se dépraver sans que le fond du cœur se corrompe, » Docl.

FerverSy de perversus, renversé, tourné sens dessus dessous, désigne , comme vicieux, un penchant naturel. Mais il s'en distingue, ainsi que de corrompu et de dépravé , par les deux caractère^ suivants. Quelquefois il est théorique , il regarde la spéculation plutôt que les sentiments, les idées plutôt que les dispositions à agir : doctrine, erreur , opinion perverse ; perversité de principes, a Quand il se rencontre dans la poésie des maximes perverses ou des sentiments «ictetw.... » Lah. Outre cela, c'est un terme de morale sociale, il donne l'idée de la conduite qu'on tient à l'égard des autres. Ltomme vicieux^ corrompu on dépravé ne tient pas une conduite estimable , n'est rien moins qu'homme de bien; l'homme pervers n'est rien moins qu'honnête homme , c'est un méchant, il fait le mal qui nuit à autrui et que punit la société. « L'incrédulité (sur ce qui concerne la conscience) ne fut jamais que le raffinement d'une vanité sophistique dans des esprits qui voulaient être tranquillement vicieux, ou impunément pervers: » Mark.

Je verni dans cette plaiderie Si les hommes auront assez d'effronterie^ Seront assez méchants, scélérat-; et perçerg. Pour me faire injustice aux yr jx de runlvert.

Mol.

Des citoyent perrert (Voir), des coaploUpff. rert (Id.).

y rouiTÉ , TEtTAGE. Etet d'ane personne i^ a été mariée , et qui a perdu son conjoint

Par sa terminaison , viduité exprime qnelq» chose d^abstrait et de général, un état absolu ;n lieu que la terminaison verbale de veuvage agifie une action particulière ou le résultat d'-ii» action particulière , et annonce par eoDséqcc:: un état relatif. On dit la viduité, simpkmeit « Des trois espèces de chasteté, savoir eelle de ii virginité, celle de la viduité et celle da marage, la chasteté conjugale est la plus difficile. >Bo:î!i. « La viduité est regardée parmi nous, non pici comme un état de désolation, maiseomaei! état désirable. » Boss. « Les deox époux peansS être alors séparés, mais à condition de Tirre. chacun, jusqu'à la mort de l'autre, diosmétt de viduité^ qui n'aura ni l'attrait ni kaièX' tiens du divorce. » Marm. < Malheureux de larvivre à celle dont l'amitié lui aurait adoocitoaia les peines de la vieillesse, dans cet état de siitude , qui est la viduité de l'âme , d'Akol^rt avoue que son courage ne suffit point i sn oui* heur. > lo. Mais on dit, en parlant d'oae personne en particulier, son veuvage, «EDeir:^ réformé sa maison pendant son t««ra^. > Ia « C'était surtout depuis son veHvagt qu *cœur me semblait flétri. » Marm. « Elle mi: d: goût pour la grande représentatioD, li oa^ cence et le jeu , qui l'avaient suirie à Paris iscs son veuvage. » S. S. « Dans son «racole. Cornélie, mère des Gracques, perdit presqoetffu ses enfants. » Koll.

La viduité est on étot idéal, qu'on eoosidè:* en soi, comme étant tel ou tel indépendanuDât des temps et des personnes. Le vewite,vivr^ traire, est un état effectif, féUt d'ane ceruis' personne qui y reste un certain temps. La r«ii'' est un état de désolation (Boss.). « Poor éteorr sa douleur et consoler son veuvage, e'étiieott^ les jours (dans la maison de Sylla) de graoèt: somptueux repas. » Roll. « La virginité es: t3 état angélique. La viduité la suit de près. Le caractère d'une veuve chrétienne est de faire ta-' 1er tout son amour yen Jésus-Christ coDune^^ un époux, mais un époux absent, qui, toatîr vant qu'il est, est néanmoins comme mortp^^' son épouse , et la laisse dans un ecvro^ <F' finira qu'avec le monde. » Boss.

Que si quelquefois viduité se rapporte ii^^ une personne, au moins ce mot n*a aucnotn>^ tion au temps : il fait concevoir une «Im^'*;' non un événement , des circonstances agrw» ou pénibles où se trouve quelqu'un, et dos (< qui lui arrive, c Tonte l'figlise est veure: tf* veuves chrétiennes , qui ont porté dans tetf *** nage la figure de l'union de ÏÈgWse arec Je*»; Christ, portent encore dans leur cwtiv'f**'^ sa viduité, » Boss.

VIEUX, ANGlKf, AimQDB. Qui existe dep^»

longtemps. •

Vieux se rapporte à l'âge, et se dit de «M^ vit. Ancien a rapport au temps, et se àix^ , qui date de plus ou moins loin. rirts«st opp à jeune : a Tous n'axes de votre vie été a J«^

STNOimm À RADICAUX BIVERS.

lots

qu« TOUS êtes, et Je toU des gens de vingt^inq ans qui sont plus vieux que vous. » Mol. Mais ancien est opposé à moderne : « Vandensie Grèce et la Grèce moderne. » Acad. Ce qui est vieux est avancé en âge; ce qui est aficten est d'une origine qui remonte haut. Vieilletse donne l'idée d'un grand âge;' anctVnnel^, celle d'une origine éloignée, d'une grande antériorité {ancien a été formé du latin onte, avant). On appelle vieux les hommes , les arbres et tout ce qui Yît ; on appelle anciennes les villes, les coutumes, les familles, les liaisons d'amitié ou les haines, toutes les choses en un mot qui ont une date , qui ont pris naissance plus ou moins longtemps avant l'époque présente.— Lorsque par extension vieux s'applique aussi aux choses qui ne vivent pas proprement , il les représente comme n'ayant plus les qualités de la jeunesse; le vin vieux n'a plus de verdeur; un vieil œuf n'est plus frais. Un vieux bâtiment est comme un vieillard^ il est caduc ou ruineux; un ancien bâtiment a été sonstruit bien avant le temps où nous vivons. Un vneux livre est un bouquin ; un ancien livre est de ceux qui ont été composés par nos ancêtre t. De vieilles histoires sont insipides à force d'être rebattues ; d'anctennes histoires se racontaient déjà il y a longtemps. Vieux est donc qualificatif, significatif d'une qualité bonne ou mauvaise ; mais ancien est purement chronologique.

Antique enchérit sur vieux, c Là on voit une vaste forêt de cèdres antiques ^ qui paraissent aussi «t'eus que la terre où ils sont plantés. » FéN. Ce mot se dit par exagération et en plaisantant d'une personne ou d'une chose très-vteii^ et par conséquent très-surannée, qui n'est plus du tout de mode ou de saison. < Uqe femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s*y était oubliée trente ans. » Mostbsq. « Il semble que chez la plupart des peuples les lois soient précisément comme les meubles antiques et précieux que l'on conserve avec soin , mais dont il y aurait du ridicule de se servir. » YoSt.

L'adjectif antique enchérit également sur ancien : l'Académie le définit par fort ancien , et elle décide que Y antiquité est une ancienneté reculée, a La littérature romantique a ses racines dans notre propre sol; elle rappelle dotre histoire; son origine est ancienne, mais non antique. 9 Mme db Stabl. Les Chinois sont un peuple rigide observateur de toutes ses anciennes lois , et qui se pique d'une antiquité extraordinaire (Fin.), s De là vient l'aversion des grands d'Espagne à observer entre eux aucun rang d'ancienneté..,. Ils croient se trouver, mieux de la confusion : tous veulent faire croire l'origine de leur dignité obscure par une antiquité reculée. » S. S. « Plus une nation est antique , plus elle a une religion ancienne. » Yolt. « Moïse ne nous a pas dit un seul mot des anctens monuments de V£gypte, des mœurs, des lois, de la religion, des usages d'an peuple si antique et autrefois si renommé. » In.

1° VIUPENDER, TTMPAlflSER; — 2* SIFFLER, BERNER, BAFOUER; — 8* HONNIR, CONSPUER.

Maltraiter en paroles. Tous mots faoûliers.

STH. riAHÇ.

Ft7tpefider et tympamiser marquent décri; eiffler^ berner et bafouer, dérision; honnir et eofiffmer, réprobation. On vilipende et on tympanisSy parce qu'on a envie de rabaisser, et en parlant mal, en publiant du mal d'une personne; on siffle f on berne et on bafoue, parce qu'on trouve sot , impertinent , et en faisant d'une personne son jouet, en la tournant en ridicule; oa honnit et on oonipiie , parce qu'on trouve bas , honteux , indigne , et en couvrant d'opprobre, en livrant à l'anathème, en représentant comme inrâme. Vilipendé et tympanisé , on est un objet de bruits fâcheux; sifflé, berné, bafouéy un objet de raillerie, un plastron; liofim' ou conspua, un objet de mépris. Vilipendé par Fréron (Volt.) , Voltaire berna et fit bafouer Fréron (In.); il dit même dans une de ses lettres à d'Alembert : « Il me semble que tous ceux qui ont écrit contre les philosophes sont punis dans ce monde : Fréron a été honni suc tous les théâtres , et Yernet sera pilorié. »

1* Vilipet^der, tympaniser. Maltraiter en paroles une personne, s'attacher à mal parler d'elle, la poursuivre de ses médisances.

Ftitpender, latin viiipendere, mépriser, estimer vil , n'est pas aussi exclusivement familier que tympaniser, verbe tout français, quoique formé d'un mot venu du latin, tympan , de lympanum , tambour. « Je ressens de la consolation de voir l'autorité de saint Augustin, autrefois tant vilipendée par certaines gens , si liautement rétablie. » Boss. « Les philosophes continueront à être vilipendés et persécutés. » D'Al. « Je conserve l'esprit de charité jusqu'à ce qu'on me dise des injures , ou qu'on me joue quelque mauvais tour. Car l'homme est fait de façon qu'il n'aime point du tout à être vUipendé et vexé. » Yolt. Vilipender est un terme littéraire, et c'est surtout dans ses écrits qu'on vilipende. L'abbé Gotin a été vili^ndé par Boileau (o'Al.). « Tantôt J. J. Rousseau a justifié certains prêtres contre l'Eiicydopédie, et tantôt il les a vilipendés,* Yolt. c Ces nuances délicates échappent ou sont regardées avec dégoût , d'où il arrive que le pauvre auteur est justement vilipendé par les Fréron , sans que personne prenne le parti du pauvre diable. » lo. « A l'égard de la nation allemande , que cet auteur vilipende et qu'il traite d'imbécile ea termes équivalents, cela nous pa ait ingrat et injuste ; ce n'est pas tout de se tromper , il faut être poli. » Id.

On tympanisé, au contraire, Bfir des propos qu'on répand dans le monde , en disant du mal hautement et de tous côtés , comme au son du tambour, dans tous les quartiers, à tous les coins de rues.

Comme sur les maris accusés de souinitnce De tout temps votre langue a daubé d'importance , Qu'on vous a vu contre eux un diable déchaîné, Yous devez marcher droit pour n*èire point berné ; Gare qu'aux carrefours on ne vous tfmmanite.

(Chrysaldo à Arnolphe , dans VÉe<de det femmes). Mol.

ISABBLLB.

ft On va me tympaniser par la ville (pour s'être séparée d'avec son mari) , et je vais donner la comédie à tout Paris. »

lEUxifiME T/acm

ciBbl madame, c'est tom éteniser qae.de finra* un eonp d^étet oonuoe eelai-ftàl.» iRsoh. « Jaa'oiennsiptseer wr ces béenflèaaces! sansme faà»'tympanisêr car la ville. <> Dm. « Il fiUait qnava difiamattoa fût nniTereelKe. Ibne tolfisait pas de la répandre daas les oereies etpaimi la bonne eompagnie ; il fallait qu'elle e'élendtt parmi tout le peuple et dans les plus lias létages. liais ^affectation de me iympamur ainsi 4 mon insu pouvait scandaliser les simplas. * J. 1. cCela feraiiun procès; ce procèeferait du bruit.... On'nîa diéjà qoe trop êympaniâé ma dévotion. » Yoi/r.

La Force (MUe de) est enfin eondsnuiée.

Ser le bitde son hyménée

On vieai de la tjrmfauUer, Lss.

l*' Siffler, berner, bafeuer.

Haltraiter en paroles une personne , sevoquer d'aile , rimmoler à la risée.

Un pton muait : un geai prit son phmisge. Quelqu'un le reconnut : il se vit ha/hué,

Berne, sifjlèy .moqué, Joué. ' Laf.

*lfons tifflùne , comme connaisseurs et comme juges, ce qu'on nous présente, ou quand on nous présente quelque chose dans Tespérance d'obtenir notre approbation. C'est ainsi qu'on siffle un acteur, c'est'à'Kiire un bomme qui a la prétention et qui t&che de se faire applaudir. « Dans une compagnie de fleuristes, ayant voulu m'éverfuer à mon tour et hasarder de m'eztasier à la vue d'une tulipe dont la couleur me parut vive et la forme élégante, je fus moqué, hné, sifflé de tous les eavants. » J. J, «M. le -cardinal de Bouilloii voulait qu'on mtt après l'énoncé des propositions que M. de Cambrai ne les avouait pas; ce qui fut sifflé par les cardinaux , si on ose employer ee terme.* Boss. «Quelle platitude (de oertains éditeurs de Boileau)/ Elle sera sifflée à Paris comme dans les collèges de l'Oratoire. » LAHrcSi vous faites oette proposition, on vous sifflera. » Acad.

'vBtmeret bofouer ont une tout autre* foroe : ce n'est pas seulement désapprouver des idées , des aentiments, des productions qu'on critique, c'est traiter la personne mémo d'une manière oflensanae -et humiliante, lui faire une avanie, l'iasulter. « Je fus arrêté par la frayeur d'être hué , sifflé , berné, m J. J.

'rtuvie bête I Fanvro ianoeenti tune les- voyais -pas (ces parasites) Te ehanaenaqi au sortir d'un repas, Syipcry herntr ta bénigne imprudence l Tolt.

Berner marque une action unique. « Socrate fut condamné à la ciguë , après avoir été berné par Aristophane. » Volt. «J'ai appris que Mme de Richelieu a berné -ex confondu publiquement un ignorant prédicateur de jésuite , qui s'est avisé de disputer contre elle sur l'attraction et sur le vide. » Id. « Je voudrais bien savoir si , quand on bernerait M.Boursault sur le tl.éitre, il serait assez heureux pour faire rire le monde. » Mol. « Marin avait dit qu'en le montrant au doigt f avMa inaulté la majesté du trône, berné le gouvernement et injurié la magistrature. • Bkauk. c Sandis I dit le Gascon , je croie que vous ma

befne%, Vn ainge jouer aux é^ces 1 9 1.25.-% bafouer parait être un fréquentatif et .ttrc une action multiple ou Hératlve : on est «^ m par font le monde -eu sans enee. >ûf;s]i mort du rci, jusqu'à an dennère efaute.^ obartrain était devenu un simolaere qt.-.» eessait de bafomer. » S. S. « Tonte cette tit u d'fipiearetut parmi ies anciens si géc<r:c£ èa/btt^.Kfne»... » Lab. « C*es& à Frér&nâa:.? tester, puisque je Pai rendu ridicule, ei^i l'ai fait M/bâer de Parts A Vienne. • Tnr. •% eherchez jamais à^employer l'auterité ii k i s'agit que de raison, ou consentez A être ix'-i dans' tons les siècles comme les plos ispefiia de loue les hommes.'» lo. «Un eeulCeiLii voulu- contredire Gonfnoius. et il a été vrs^> lement benfcmé^ » In. «t Une religion èaf^«- :u toute 1-Burope. » In. « On a Tendu i Pi'^ ^ mille illBaiiPta en un jour» et le pins orfse.*:: de tous les hommes (Maupertais) csttt:

bëfoHé. » Id.

3* (IFofMHr, eonapuer. Maltraiter en pr^tpersonne , la flétrir conune odieuse , lasi^r l'aversion des gens de bien.

Genjpifer, eompiiere , cracher sur, a Ï&.' ' plus d'énergie. « Cet ouvrage a été Ans i conapué. '» Acan.

Quand on est honni ^ on est sîmpleBCEt^t^ noré, sans gloire , ^^lertsM. ITojwtirs'î- ' (Rbcn. , l^afl.) ou une famille (Laf.), c'eà- -^* i l'honneur par un viol. « Je parus éêszyt-x! (à une représentation de Zatre) , et t^ist i ^terre me barttit des mains. Il est doaxeeif?; ' pas* Aonm dans son pays. » Volt. % Je «aj's» ces Grecs qui renonçaient à la cour da gni.: pour venir être honnis par le peuple d'àt:-«F.' Id. « Il est juste que le CeUHina de CrétU n ' honoré , et Je mien iionnt . » ^d. « Les beL<^e-i ressent un peu honnies, et le théâtre i!««t' Id.— Mais quand on est conspué, on estrp?c'comme quelque chose de détestable, d'hors aXa bulle Ifnt^entfna, disaient ses fecrtxs mal accueillie sans doute , et même eoespv • sa naissance, avait fini par être unantaecïreçue. » D'Al. « Ces systèmes absurdes secte*» spués avec horreur par le monde entier. • La Connaissez-vous certain rimeur obscur.

Sec et guindé, toujours (Toid, toujours év^ Chassé, balte, délesté pour ses crimes, ffomU , berné, conspue pour ses rimes ? Toix.

VfIXB, CITÉ. Assemblage d'un grand b.-s^ de maisons dans une mémo enceinte.

La vUle se considère sous le point de vue pi?sique, la ctl^-sous le point de rue politi^::^ « Les maisons font la ville , mais les eitcf^as font la cité. > J. J. On dit les mui^lles i k ville (Acad.), détruire une ville (UonrEK':-^ les lois de la dté (Lab.), gonvemer oae ok (MoirrasQ.). Deux hommes de la même 'vilie sibitent le mémo lieu ; deux hommes de la jaèst ciêé appartiennent au même corps politique, etf la même patrie. On détruit une vHU en la a> sant; on détruit une cité en abolissant aaooosotution. e Quelquefois lee >Romains aba^aient di , la subtilité des termes de leur langue : ils détruisirent Garthagt, disant «qu'ils avaient prans et

SYNONTHES À UADICAUX DIVERS.

conserver la cUé^ et non pas la ville. ^ Vokiesq. « Les réciauz faisaient des imprécations contre eiu-jr.âmes et contre leur cité y en cas qu'il leur arrivât d'en imposer. Ils répétaient ces protestations et cta serments, lorsqu'ils arriTaienl à la porte de la ville, > Coicn.

Cette différence déjà grande peut 'le devenir daiantage. Au lieu d'Indiquer la.mème chose jsous deux points de vue différents, vUle et cUé peuvent exprimer deux choses dififérentes. savoir vtZ^e une réunion d'habitations , et cité un petit Êlat , usa république , toute une contrée gouvernée par les mêmes lois, les mômes coutumes, les mêmes magistrats. Ainsi entendue, la cité comprend quelquefois plusieurs villest ou bien elle ne comprend que des vilkges, des provinces où il y a peu de maisons les unes à côté des autres, i C'est toujours un mal d'unir plusieurs villes en une seule cité. » J. J. César dit que toute la cité des Suisses consistait en quatie bourgs ou quatre cantons; il y avait cl^z les Germains beaucoup de cités et point de villes.

Mais , pour en revenir au cas où les deux mots se touchent de plus près, c'est-à-dire se réunissent sous ridée commune énoncée en ccmmen* çant, une autre différence provient de ce que cité est, la traduction exacte du latin civitas^ qui a môme signification, et que ville dérive de villa , qui veut dire autre chose , savoir une maison de campagne. Ville est le mot ordinaire ; cité convient mieux pour une tille antique, a Je quittai cette ville (Séville), et je gagnai la campa, gne qui conduit à l'ancienne cité de Carmowne. * Les. On appelle encore cité la partie la plus ancienne d'une ville y ce à quoi se réduisait autrefois toute la ville et ce qui se nommait civitas.

Cité se dira aussi plutôt pour une ville puissante, célèbre ou magnifique, a En Italie, quoique tout le monde habite les villes , elles sont entièrement désertes et dépeuplées : il semble qu'elles ne subsistent encore que pour marquer le lieu où étaient ces cités puissantes dont l'his- ;oire a tant parlé. » Vontesq. « Jésus tourna ses >as du côté de Jérusalem, cette viUe perfide )û il devait subir le dernier supplice.... Sitôt |U'il put découvrir cette dté^ il se mit à consitérer ses hautes et supetbes murailles, ses beaux it invincibles remparts, ses édifices si magni- [ques , et son temple la merveille du monde. » to&s. Plutarque ne voulut jamais quitter Chéoaée , la petite ville de Béotie où il avait pris aissance, pour aller se fixer dans quelqu'une e ces cités célèbres qui étaient un théâtre pour sa hommes supérieurs (Lab.).

Une montagne en mal d*enfant leudt une clameur si haute Que chacnn, au brait aceeunnt, ' Ont quelle Aotoackeratl mm Itele .D'une €ité pins grosse qne Paris :

Btte accoucha d'une souris. Ijv.

Ces lieux pour nos betgers onl peida k«s «pps,

La yilU a tout séduit.....,,.», ,,,.

Je I*ai vue A la Qn, ceUe grande âté : Quel éclat l mais, hélas ! quelle capaTOé !

J. B. Rovss.

Bnfln , cité s'emploie seul dans le style figuré 9 r£critare, et de préférence en poésit ainsi

que dans le style soutenu. Saint. Augustin a décrit la cité et non la viUe de Dieu, d Jésus-Christ nous a bâti dans le ciel une cité permanente. » Boss. « Par la culture l^ déserts sont devenus des/ct(é!f habitées 4)ar un peuple immense qui, circulant sans cesse, se répand de ces neotces jusqu'aux extrémités. «.Bujtf.

Mais du diseours enfin rharmoniense adresse Rassembla les humains dans les foréla épara» Enferma les cités de murs et de remparts. JBoil.

V4S-A-VIS, KNFACE, FACE A FACE, ÀL'OP- POSITE. Locutions prépositives qui marquent le même rapport de position que devant^ si «e .n'est que .devant rappelle et exclut le derrière et en général les autres aspects de la chose.

Vis-^-vis désigne le rapport de deux objets qui sont en vue ou en regard Tun de Tautre. c Je mettrai dans un recueil en deux colonnes , vis-à-vis l'un de l'autre, mon vrai texte et celui que vous m'imputez. » Fén. En facê suppose que l'objet , devant lequel un autre se trouve situé , a une face. « En [ace du palais est un parterre. » S. S. £tre placé dans un salon en face d'une glace {Laf,), On dit qu'une chose est vis-à-vis, et non pas en face, d'un trait ou des rayons du soleil. Un point n'est pas en face d'un autre , il est vis-à-vis , sur la même ligne. Pour enfiler une aiguille, il faut savoir bien placer le fil vis-à-vis du trou de l'aiguille , et non pas en face. Une maison est «û-di'û d'un arbre ; un arbre , en face d'une maison. ~ Vis-à-vis d'une personne , se dit sans qu'on ait égard à la face de cette personne , à la partie antérieure de sa tète où sont ses yeux et sa bouche : être placé, à table ou dans un quadrille, vis-à-vis de quelqu'un. Jfais en face signifie précisément dans ou devant la face, sous les yeux : regarder, dire ou soutenir quelque chose en face de quelqu'un. « Tous deux, en face l'un de

l'autre, soutenaient leur assertion, avec une égale constance. > MAaM.

Face à face , une face étant tournée vers l'autre , ne se dit que des personnes, et il est corré'* lalif , il indique un rapport mutuel , une correspondance.

Ue mettant face a/ace^ il me verra peut-être.

c Je ne tarderai pas de voir foM à face Sa Majesté prussienne. » Volt. « Dans le ciel Jésus- Christ se montrera à découvert, fa/ce à face,» Boss.

 V opposite ne s'emploie qu'en parlant des choses, et, parmi les choses, de celles qui sout opposées. Tune d'un, côté, l'autre de l'autre. « Le soleil qui se retire , qui se couche , est vu par quelques rayons qui restent sur les moniagnes à l*opposite. • Boss. « Charles XII porta quelques régiments sur le bord de la Bérézine, à V opposite de Borislou, comme s'il avait vou^u tenter le passage à la vue de l'ennemi. » Yojlt. La ville de Calais est à Vopposite de celle de Douvres, Tune en France, l'autre en Angleterre, l'uue en deçà de la Manche , l'autre au delà.

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