PRENDRE EMPIRE, PRENDRE DE L'EMPIRE
Acquérir de l'ascendant , arriver à pouvoir moralement plus ou moins sur l'esprit de quelqu'un.
Prendre empire se dit en général, vaguement et sans restriction; prendre de l'empire ^ c'est en prendre par degrés et jusqu'à un certain degré , mais cette part d'empire est plus pressante , se fait mieux sentir. Prendre empire marque un empire plus étendu , mais moins foft , moins spécial , moins particulier , moins extraordinaire. Il y a tels ménages dans lesquels il est bon que le mari prenne empire sur la femme ou la femme sur le mari. Qu'une mère laisse prendre de r empire sur elle à son enfant, elle finira par lui céder presque en toutes choses. Il est naturel qu'un n^tre prenne empire sur son domestique; mais on voit quelquefois des domestiques prendre de Vempire
1. « Il y t une grande différence, disail Ménage, entre savoir l'italien ei savoir de V italien { et il ne se aeciait que dans la ieconde elute. » D'Al.
sur leurs maîtres, au point de les tyranniser, quand il s'agit des détaUs du service.
AVOIR AUTORITÉ, INFLUENCE, CREDIT ; AVOIR DE L'AUTORITÉ, DE L'INFLUENCE , DU CRÉDIT.
Jouir des avantages exprimés par les mots oufortl^, tft/luenee, crédit.
Toujours même distinction. Les premières expressions ont un caractère d'universalité vague ; les autres sont plus particulières, plus précises et plus significatives. Avoir influence dans une assemblée , c'est ne rester étranger à aucune de ses opératibns ; y avotr dertn/lueitee , c'est y exercer une influence particulière , y être très-iziflueDt. Les premières sont tellement indéterminées qu'on ne serait jamais intelligible, si on disait, sans rien ajouter, qu'un homme a autorité^ influence , crédit; au lieu qu'on dit bien qu'un homme a de Vautorité , de rtn/liienee , du crédit; ce qui signîfie , suivant les cas où on le dit , qu'il jouit de ces avantages, non pas vaguement, dans tous les temps , dans tous les lieux , et sous tous les rapports , mais dans le gouvernement , dans une société , dans une maison , et qu'il en jouit d'une façon particulière, c'est-A-dire à un haut degré.
3* Sjmonjrmie des noms prèeédès de l'article
le, U, avec ces mêmes noms précédés de Particlâ composé^ du, de le, de la.
Us sont précis et déterminés de part et d'autre quant à l'espèce ou au genre; mais dans la seconde expression ils se nq)portent à la quantité qu'ils marquent indéterminément.
FOURNIR LE SEL, FOURNIR DE SEL, FOURNOt DU SEL. Donner ou apporter de quoi saler les aliments.
La première expression est relative à l'espèce de la chose fournie et la définit nettement , le sel; la seconde est relative à la quantité de la chose, et ne la détermine pas, de sel; la troisième participe des deux autres, elle marque précisément l'espèce de la chose, mais elle en indique une quantité indéfinie. Paris tire ses provisions de plusieurs provinces : l'une Im four^ nt'l le sel , l'autre le blé , une autre le bois , etc. Il est plus ou moins difficile de la fournir de sel , suivant que sa population augmente ou diminue. Toutes les provmces de France concourent, chacune selon la nature et l'abondance de ses productions, à lui fournir celle-ci du cet , oelle-lA du vin , et ainsi des autres *.