MANQUER À, MANQUER DE
On manque à faire ce qu'on doit faire ordinal' rement , ce qui constitue un devoir général.
A cause qu'elle manque à parler Vaugelas. Mou flc Je serai fidèle au roi que les dieux m'ont donné; j'aimerais mieux qu'il me fît mourir que de manquer à le défendre. 3> FÉir. -<• On manque de faire une action précise , unique , qu'on oublie ou qu'on omet effectivement de faire à telle époque déterminée, a Ne manquer pas de voua trouver au rendez-vous. 3> ACAD.
« Périandre commanda à quatre jeunes gens de se promener par un certain chemin détourné , et de ne pas manquer à tuer l'homme qu'ils rencontreraient; lui-même ne manqua pas de s'y trouver à l'heure qu'il fallait. » FéN.
Autrefois , on disait oublier à et oublier de; aujourd'hui , on n'emploie plus guère que le dernier. Mais la différence qui existe entre ces deux expressions n'en subsiste pas moins , et elle est absolument la même que celle qui se trouve dans les expressions synonymiques du même genre. On oublie à faire des séries entières d'actions dont on avait l'habitude : on oublie à chanter, à danser; c'est le contraire d'apprendre à. « Prions afin que les peuples oublient à faire la guerre. » F^n. « Cela me fait presque résoudre d'oublier tout à fait^ écrire et de n'étudier jamais plus que pour moimême. » Desc. On oublie de faire une action unique et bien précise. « Vous avez oublié de venir ce matin. J'avais oublié de vous dire telle chose. « Aca.d. a Je vous prie de m'excuser , j'ai oublié de donner une commission à mon valet; je reviens tout à l'heure. » Mol. <tToubUais de vous parler de Cornélie.» Volt. «Il oubïtc de boire pendant tout le dîner.» Labr. — « Oublier à, perdre une facilité acquise ; oublier de , omettre par oubli. » Mark.
On dit également prêt à et prêt de , et ces deux expressions , comparées l'une à l'autre , nous montrent toujours , quoiqu'il s'agisse ici d'un adjectif, les deux prépositions à et de imprimant au mot qu'elles suivent la même modification. On est prêt à faire ce qu'on est disposé à faire, sans que le temps où l'on fera et celui où l'on finira de faire soit nullement spécifié. On est prêt de faire ce qu'on est sur le point de faire , ce qu'on va faire à l'instant. Mme de Sévigné dit que , quand on apprit à la cour la mort de Turenne, on était prêt d'aller se divertir à Fontainebleau. Aujourd'hui, au lieu df prêt de, on écrit près de. Cependant, prêt de pourrait être conservé avec un sens propre qui participerait de celui de prit à et de celui de près de , conformément k la valeur des deux prépositions. Il signifierait une disposition comme prêt à , mais une disposition plus décidée et pla^
SYNONYMES QUI ONT LB MÊME RADICAL
pttlAfaM, ^ ètt fflftuitê ou|»ré« de se j^iàllftr. Cest ce qui semble résulter des phrases suiTtniei : cU n'y avait point de services que les peuples et les rois ne fVusent prêté de rendre pour obtenir le titre de leurs alliés. » Moittbsq.
Je me wDMpréi, s*il Teat, de lui donner la Tle. Rac. Usm de Idlmer vos pleurs , je suis prêt de pleurer.
Qâ'oinmtle mon llls : qu'il tienne me parler, . H wàêfrà dm l'enlendre.
lUfl. (Thésée, dms PlUdn)»
« ÏÏs oralier qui se sent bien monté et bien armé est prù de tout entreprendre. > Mal. «Gondé reçdt la nouvelle de sa mort comme un ordre du del, auquel il est prêt (f obéir. » Bourd. «Seigneor , vous ranimâtes autrefois des os arides pour en former une armée toute prête de combattre pour votre gloire. > Mass. «Mon père est prêt â$ m'accorder , 9 dit une jeune fille dans Lafontaîne; et. par ces mots , elle exprime tout à la fois que son père consent , est disposé à l'accorder, et qu'il n réaliser cette disposition.
CEW A VOOS A , CE8T A VOCS DE.
Cat à wnu de parler signifie , suivant l'Acsr demie et tous les grammairiens qui ont examiné cette locution , c'est à vous qu'il appartient, qu'il conTÎâit de parler; et c^est à wmt à parler veut dire, Totre tour de parler est venu.
Cette explication ne saurait être plus fausse; OOQS mettrons quelque soin à le démontrer.
D'abord , i^est à vous à ne signifie pas c'est votre tour dt , car on lit dans l'Académie : c (fest ait juge à prononcer , c'est au juge qu'appartient le droit de prononcer, » et, « eut à vous A voir qu'il ne lui manque rien , vous devez veiller à ce qixll ne lui manque rien. » Pourquoi ne pas traduire ces deux phrases par : c'est le tour du juge, c^est votre tour de? Le véritable sens à dcamer à ces deux locutions synonymiques dépend de la valeur constante des deux prépositions âetâe.
Cest à vous à indique une convenance générale, absolue, essentielle, un devoir, une attribution légale ou naturelle ; c*est à vous de , une canenance de fait, relative, un rôle particulier, un tour, une part, en opposition à ce qui est réser?é à d'autres ou à ce que d'autres font. Cest à vous à, c'est-à-dire il vous convient ou appartient en soi, sans condition, sans rapport, sans oppoâtion avec ce qui appartient à im autre ou à d'autres. Cest à vous de , c'est-à-dire telle chose «yant été faite , ou telles personnes faisant , ayant i&it, ou devant faire telle chose, vous, de votre cAté, avez telle chose à flsiire. A cet égard , l'usage impartialement consulté ne peut laisser subsister Fombre d'un doute.
c Cest au9 femmes à décider des modes.» Mal. « Cest aus stwants et aux docteurs à produire leurs pensées et à s'expliquer. a> Bourd. « C'est use parole digne de Caîn que de dire : Ce n^est ^ à moi à garder mon frère.» Boss. « 0 monde B fragile et insensé 1 Est-u à toi à t'en faire accrtttie 7 > FÉN. « Quant à l'éducation de votre fille , e'ert à vous à gouverner et â rectifier ; c'est votre àtfoir, 9 SÉv.
i'^ce oMx rois A garder cette lente Justice ? Rac.
< CeHhim àvousy iallme que vous Mes, d voa« loir faire Thomiïie d'impojtance i » Moi*. « Cest au conquérant à réparer une partie des maux qu'il a liaits. 9 MoNTBSQ. « Ce n*est pas à nous à donner à Dieu les attributs humains. » Volt^ <c Cest au9 époux à s'assortir. » J. J. « Cett au poète à faire de la poésie, et ou musicien à faire de la musique.» In. ^En cas de partage , if était à Va^rche^ vêque à décider l'élection. » Marm. 9. Est-ce à Vamiowr à se mêler d'un mariage de convenance ? 9 In.
« Cett à Dieu d'ordonner, et à nous d'obéir. » Booan. FiH. c Dieu seul sait le secret des mystères ; et <^est d twus de les rendre utiles et salutaires pour nous.» Boas, k Ces personnes s'imaginent être des âmes privilégiées; elles prétendent que f^est à elles seules de pénétrer les mystères du royaume de Dieu. » Feu. « Je vous ai donné un voyage, c'est à vous de le placer. » Sâv. a Que les impies pleurent , s'ert à nous de chanter. » Rac. c Le ciel nous ofire ici l'occasion de nous venger) <fest à nous d'en profiter. » Mol. « Comme vous devea rendre compte de votre état , <fest à vous de le choisir. » Montbsq. (Lettre à son fils dans la-
r telle il se défend de lui imposer un état). « Cest vous de juger, et à moi de me taire. » VoLt. «Vous attaque-t-on sur le style, ne répondea pas; <fest à votre ouvrage de i^pondre » In. « Je vous ai dit mes raisons de douter et de croire; maintenant (fest à vous de Juger. » J. J. a Cest à moi de répondre à ces deux rivaux ; mais c'est à toi de dicter mes réponses. » Marm. « Demeurez, if est à moi de m'éloigner. » Les. « On tira au sort pour savoir en quel rang elles parleraient : ce ftU à Palaêiane de haranguer la première. » Laf.
C'est à vous à se dit donc d'une manière absolue; eX^est à vous de, d'une manière relative. Cest à vous à parler ou d jouer signifie , c'est votre devoir ou votre droit de parler ou de jouer , la parole ou le jeu vous appartient dans la règle. L'Académie le dit elle*-même : a Dans la règle, t^est à lui à vous prévenir. » Cest à votif de parler ou de jouer est , au contraire , la seule phrase qui convienne , quand il s'agit de marquer votre tour ou votre part, c'est-A-dire votre droit ou votre devoir par rapport à ce que d'autres ont dit ou fait , disent ou font , doivent dire ou faire.