V:?ue à la précédente dans d peine et avec peine, À
pnite , latin vix , est une locution absolue et très-
Cèaérale , dans laquelle l'idée de peine s'est telle-
BSQt afiaîblie et idéalisée , qu'U n'en reste point de
tn^. Â peine signifie presque pas , ou presque pas
sieore : cela est d peine esquissé, d peine le
Kiiel est-Q levé. Mais avec peine , en latin «grè ,
ss one expression spécificative dans laquelle le
Bct peine conserve toute sa valeur originelle.
hsc peine, c'est-Â-dire avec fatigue, douleur ou
xfsSnace : enfanter avec peine, séparer des com-
iattaots on repousser des ennemis avec peine,
fàr, sacrifier 9 accorder ou céder quelque chose
met peine, « Mme de Sévignè écrit sans effort
ces bagatelles , mieux que Voiture ne les écrivait
flBKwme. » Volt. - — Toutefois on emploie aussi
à pems i<««* le sens de difficilement : d peine
Tûit«i à se conduire. Mais alors même cette lo*
cution rappelle très-fiLÎblement l'idée de peine , reproduite à la rigueur par avec peine, A peine , c'est-à-dire difficilement , relativement aux objets et aux obstacles qui en naissent; avec peine, c'est-à-dire avec douleur ou souffrance du sujet, selon la signification essentiellement subjective de Théine. On peut d peine marcher dans un mauvais chemin; on marche avec peine, quand on ne marche pas sans peine , sans effort , sans fatigue et douleur, et ce peut être par faiblesse ou parce qu'on a les jambes mauvaises.
4» À, poun,
A et pour sont synonymes en tant qu'ils mar* quent tous deux la destination , l'usage des choses : bois d brûler, bois pour brûler; table d jouer, table pour jouer, etc. Mais d exprime une destination naturelle ou habituelle , et pour une destination tout accidentelle et subordonnée à des exigences passagères. Au milieu d'un hiver très-rigoureux, si Ton manquait tout à fait de bois d brûler , on pourrait faire de divers instruments en bois , des bancs , des tables , etc. , du bois pour brûler. Si, dans une réunion, les joueurs arrivent en très-grand nombre , et qu'on manque de tables à jouer, on pourra faire de tables d écrire des tables pour jouer. — A et pour sont également synonymes, en tant que tous deux marquent la fin, le but qu'on cherche à atteindre en agissant. Mais ils se distinguent par une différence analogue à la précédente : d s'emploie dans les phrases où le sens est général, pour dans celles où il est particulier. Hercule cherchait des monstres d combattre , et le lion de Némée pour le combattre. Il faut employer tous ses soins d servir ses amis; il emploie tout le monde pour obtenir cette place.
U en est de pour comme d'a«ec. tl a pour valeur propre d'exprimer un certain rapport que désigne aussi quelquefois d, à cause de l'indétermination et de la fiexibilité de cette dernière préposition , si commune , si usuelle ; mais comme ai>ec il reprend sa fonction et sa place , il se substitue à la préposition d, toutes les fois que le rapport qu'il signifie proprement n'est point ordinaire, mais spécial, remarquable. De là la règle à suivre dans le choix que l'on doit faire entre deux expressions synonymiques , qui ne diflèrent qu'en ce qu'elles renferment, l'une la préposition d, l'autre la préposition pour. Ces expressions sont les unes substantives , les autres adjectives , les autres verbales , et quelques-unes adverbiales. Quoique soumises à la même distinction , elles méritent d'être examinées séparément.
ATrENnoN A et POUR tme chose; attention à faire et pour faire une chose.
On emploie attention avec d quand on ne veut exprimer qu'une attention ordinaire ou même médiocre : avoir attention à ce qu'on fait, d ce qu'on dit (ACAD.); c'est un homme qui n'a attention A rien (Acad.). Mais pour doit être mis après attenr tion , toutes les fois qu'il s'agît d'une attention particulière , sérieuse ou constante. « On découvre dans les abeilles la plus soigneuse attention pour les plaisirs de leur reine. > Buff. « Cette connaissance engage à avoir plus à*attention pour