PREMIÈRE PARTIE
vos auteurs. BPAflc. — De même avoir altenlton à faire une chose annonce une attention habituelle ou générale plutôt que forte ou vive. « Les Romains avaient attention à ne recevoir dans la milice que des gens assez riches. » Montbsq. Au contraire, avoir attention pour faire quelque chose implique une attention peu commune, c Ayez de plus en plus attention pour ne vous relâcher jamais et pour éviter la dissipation. » FÂN. Un roi doit avoir attention à ne choisir que des ministres capables et fidèles (Mass.), et une attention suivie pour redresser tout ce qui en a besoin (Fân.).
Pareillement, fermeté à faire quelque chose est l'expression courante ou communément usitée, c Je regarde ces prospérités comme les récompenses éclatantes de la fermeté et de la force de Votre Majesté à réprimer Thérésie , à exterminer Terreur, d abolir le schisme. » Bourd. a Une autre qualité caractérisait encore davantage Fabius , c'était une fermeté à se tenir au parti qu'il avait pris sur de bonnes raisons, s Roll. Mais on dira plutôt fermeté pour ^ s'il s'agit d'une fermeté singulière ou qu'on veut faire renuirquer sous quelque rapport. « Notre roi s'est acquis beaucoup d'estime par sa fermeté pour régler les finances, pour discipliner les troupes, pour réprimer les abus. » Fin. « Andronic Comnène avait une fermeté admirable pour empêcher les ii\justices et les vexations des grands. » Montbsq.
ATTACHE et ATTACHEMENT, quand ils sont suivis de à , signifient une afiection plus vague , plus faible ou moins profonde que quand ils sont suivis de pour.
C'est pourquoi on dit généralement oMache ou aXtacKement aux choses , d la vie (Boss., Flà:h.) , à la santé (Boss.) , aux biens de ce monde (Mass.) , aux choses sensibles (Mal.), à l'étude (Acad.); et aUathe ou aUachemeni pour les personnes : D'ailleurs jNwr cet enfant leur attache est visible. Rac. « Mon attachemeni pour vous. » Volt. , J. J. « Il a de VaUachement pour son maître. » Labr. ^* Que si on se permet quelquefois pour en parlant des choses , c'est afin de marquer un grand attachement , un attachement tel que celui qu'on a pour les personnes : « Peut-on avoir plus d'altochement pour ses devoirs? » SÂv. Et, d'autre part , VaXtache ou Vattachement à une personne doit être , en fait de sentiments , quelque chose de bien peu énergique , puisque c'est ce que nous éprouvons pour les choses : « L'attache sensible que les apôtres avaient à la personne de J. G. était un obstacle à l'amour spirituel. » Boss.
C'est de la même manière qu'il faut distinguer «ficZtfuUiofi à et pour^ et penchoiU d et pour.
Quand ces mots signifient des sentiments qui ont pour objet des personnes , c'est toujours pour qu'ils demandent après eux. « J'avais de Yindination pour ce jeune homme. > J. J.
La sincère Éliante a du penduuu pour youb. Mol.
Mais on peut dire avoir de VincUnatian ou du penchant d et pour certaines choses, comme on dit avoir de la pente ^ de l'aptttude, des ditipotitioni au« choses et pour les choses. Or, avec à on exprime , par rapport aux choses dont il s'agit , une puissaAe ou une capacité plus générale ou plus
commune. Nous avons tous de Vindination au mal (J. J.). Il y a des hommes qui ont de l'tncltnatton pour les lettres ou pour les armes : c'est une inclination à part, une vocation. L'homme a de rtnoltnotfon d toutes sortes de biens; mais « il a une inclination ou propension naturelle pour le bien suprême. » Fân. Chaque homme a une certaine indination à la vertu ; mais « d'ordinaire les princes et les grands naissent avec des indinations plus heureuses pour la vertu, que le peuple. » Mass. — On a peu ou on n'a pas de penchant à une chose; on a pour une chose un penchant plus ou moins fort et décidé. Et de même avec le verbe pencher on emploie ordinai^ rement à , mais on se sert de pour dans les cas remarquables : « Si cette lettre obtient une réponse favorable , je penche extrêmement pour en profiter. » J. J. — Nous avons tous une pente naturelle d faire le mal; mais un homme en particulier a besoin du secours de la prière, parce qu'il trouve en lui « une pente malheureuse pour faire le mal. » Mass. — « Ces matières nous décèlent leur nature commune par leur aptitude à se réduire immédiatement en verre. » Buff. « L'alouette huppée a une singulière aptitude pour apprendre en peu de temps à chanter un air qu'on lui aura montré. 9 Id. — « Helvétius affirme que tous les hommes sont nés avec les mêmes dispositione à tous les progrès de l'esprit. » Lab. c Ce sont là les causes occasionnelles du développement des difpottttonf particulières de Vaucanson pour la mécanique. > Id.
PROPRE, BON, UTILE, NÉCESSAIRE A et POUR ; PRÊT A et POUR ; IMPUISSANT , INDIF- FÉRENT A et POUR.
A fait partie de l'expression générale, commune , ordinaire , et on n'y substitue pour que dans les cas particuliers , extraordinaires , remarquables. Avec l'une de ces deux prépositions, comme avec l'auto , l'adjectif signifie dans le sujet une certaine aptitude ou disposition à certaines choses; mais il la signifie, d'un côté, comme générale, et, de l'autre, comme spéciale. — Comme générale, c'est-à-dire d'abord comme convenant à tout un genre , ou à un individu en tant qu'il fait partie de ce genre; comme spéciale , c'est-à-dire comme appartenant particulièrement à un individu ou à une espèce , et comme tenant aux dispositions de sa nature. Le bœuf est propre au labour; ce bœuf ou telle espèce de bœuf est très-propre pour le labour. Parmi les choses propres y "bonnes y ufîZee, nécessaires d la conservation de la vie, il y en a qui sont propret , etc. , pour la conservation de notre vie , savoir , celles qui peuvent nous guérir de nos maladies. — Comme générale, c'est-à-dire encore conmie s'appliquant à tout un genre de choses; comme spéciale , c'est-à-dire comme s'appliquant dans le genre à tel individu ou à telle espèce. On est propre d tout, prit à tout entreprendre, tmpuissant à faire quoi que ce soit, indifférent à tout ; on est propre ou indifférent pour telle chose , prit ou impuissant pour faire telle action. Le cheval est propre ou utile à la guerre, et pour U guerre de campagne. Un général est propre à la guerre, et propre pour la guerre d'escarmouche.
STNONTMBS QUI ONT LE M&n RADICAL.
Uphannaeien qui a des remèdes propret à guérir tintes sortes de maux, tous donne le remède ff^ pour guérir TOtre mal. La guerre est néamin a« militaire comme TouTrage à Tou- Trier; la guerre est nicettaire pour le militaire fai Teut arauoer en se distinguant par des acticns d'èckt. — A généralise , et pour spécialise le sens de Vadjectif d^me troisième manière fort importante. Avec d l'adjectif désigne une aptitadeTague, éloignée, peu prochaine, peu prononcée: et arec pour , au contraire , une aptitude louU puticulière , immédiate, qui peut se réaliser & rinstant ; à n'emporte que l'idée d'une simple todanoe yen un but placé dans Véloignemess, et pour donne celle d'une fin qu'on atteint sar-Ie-diamp. En conséquence , on est propre à va eoploi quand on a des talents relatifs à cet eoplfli, quûid, au besoin, on peut le remplir onfeDablement et encore moyennant quelques instmctiaos , le temps et la pratique; on est profrt pentr un emploi quand on a le talent même de cet emploi, quand on y est spécialement yrofK, destmé, préparé, de manière à pouvoir cemmencer sans retard de l'exercer. La môme diâerence sépare propre à de j>fopre pour, foand, au lieu de se dire des personnes, cet adjectif se dit des choses , comme bon , utile , néceuaire. De même , êtrepr^ à rendre service indiqae une disposition moins décidée qu'être prêt poer rendre tel service. — Une quatrième nuance distinctire dépend de la précédente , et est contsioe comme ^e dans l'opposition de la généralité i k spécialité ; elle consiste en ce que pour , qui détermine davantage l'aptitude, la détermine quelquefois an point de la rendre non-seulement dcmùiante dans le stget , mais encore exclusive. On est propre à plusieurs choses à la fois , et propre pour une seule : un cheval peut être propre é U guerre et au labour, mais non pas propre fo» b guerre et le travail des champs.— Ginquiè- ■ement, dire que à est général et pour spécial, c'est dire que le premier exprime le constant , FbabitQel, le naturel, et pour l'accidentel, le particulier. Je suis toujours prêt à vous servir*,, aie ToQà prit pour vous rendre tel service , par tel ]iK>jen. Le cheval est propre à la guerre, c'est cbîa lui une disposition naturelle , un état habituel, une qualité constante : tel cheval est propre pour la guerre , annonce , dans le cheval , me disposition acquise , une qualité accidentelle , Rsohant de l'exercice et conmie ajoutée à sa natue. c Les peu^Aes , dit Montesquieu , par la natiie et par l'éducation sont plus ou moins proprvf pour la guerre. > Otez de cette phrase par fédacoiûm, et rien n'y justifiera l'emploi de pÊT, Une plante bienfaisante de sa nature est itie et homne à la santé; une plante vénéneuse pot. entre les mains d'un pharmacien, devenir tfile et bonne pour la santé. <» Sixièmement, et eooaëquemment encore au caractère de généralité ée d et au caractère de spécialité de pour , à désgae plutôt une disposition d'esprit abstraite, idéale, morale, et pour une disposition physi- ^ Cest ce qui fait qu'il n'y a pas identité entre Hie prit à la mort et prit pour la mort, tout prél po«r le départ. — Enfin , à convient mieux à
l'égard des choses, et pour A l'égard des personnes : vous êtes indifférent aux avances d'une personne pour qui vous êtes indifférent.
Après les verbes , à et pour remplissent le même rôle, avec les mêmes nuances caractéristiques, qu'après les adjectifs , et ce rôle peut s'exprimer de la même manière : à généralise la signification du mot précédent, et pour la spécialise. Mais cette opposition n'étant ni simple ni facile à comprendre dans toute son étendue , des développements redeviennent nécessaires; d'autant plus que les différences entre à et pour , à la suite des adjectifs , ne sont pas les seules qui distinguent à eipouT à la suite des verbes; d'autant p]||^ aussi que ces différences ne se réalisent pas toutes à la fois à propos de chaque verbe , mais les unes uniquement ou principalement avec certains verbes , les autres avec d'autres , suivant le sens particulier ^des uns et des autres.
A généralise, et pour spécialise l'action du verbe. C'est pourquoi on dira : telle somme ne peut tuffire à mes dépenses , et d'une manière particulière : telle sonune ne peut tuffire pour un voyage , pour cette emplette. Si la raison tuffit à vous conduire, elle «w/lfira toujours pour vous faire éviter des fautes dans l'occasion. A la tête d'un chapitre de Montaigne on lit : « Des mauvais moyens employée à bonne fin , » et dans le coure du chapitre : « La faiblesse de notre condition nous pousse souvent à cette nécessité de nous terfiir de mauvais moyens pour une bonne fin. »
A est plus vague et suppose un but plus éloigné. On se prépare et l'on se dispose à une guerre éventuelle et possible, et pour la guerre qui va avoir lieu. On est porté à une chose par un penchant peu décidé , et pour une chose , quand le penchant est fort. De même, destiner, réserver, déterminer , employer à n'annoncent pas comme destiner, etc., pour, une destination, une fin prochaine , fixe , précise et bien arrêtée.
A s'emploie plutôt dans le sens abstrait , idéal , et pour dans le sens physique et rigoureux. Un prince est dettiné à instruire la terre , et un salon est dettiné pour la musique ou pour la comédie (Volt.). On est ditpoté à la mort , et ditpotépour un voyage : ditpoté au combat, animé, plein d'ardeur; ditpoté pour le combat, n'ayant plus de préparatifïs à faire. Se préparer à un voyage , c'est y disposer son esprit , et presque simplement y songer; te préparer pour un voyage suppose qu'on fait des préparatifs effectifs , réels. Sacrifier quelque chose à quelqu'un, se dit, dans un sens affaibli et peu rigoureux , en parlant de choses idéales, les intérêts, le repos, le ressentiment; et som/ler quelque chose pour quelqu'un annonce un sacrifice positif, considérable, comme celui de la vie , et dans une circonstance particulière.
L'une des manières dont se manifeste la spécialité propre à pour , consiste en ce qu'il indique un emploi ou une destination exclusive. Ce qu'on destine , réterve , détermine , ditpoté , pré* pare pour quelqu'un est mis de côté pour lui être appliqué à lui seul de préférence aux autres. « Le ciel nous a dettinét l'un pour l'autre. » Les. L'argent qu'on emploie pour bâtir n'aura pas
PRBMiEftE PARTIE
d'amre deftinstion. Coneowrir pour une place , c'est aspirer à posséder cette place seul , à Texclusion des autres ; au lieu que l'effet qu'on concourt à produire sera rapporté à tous ceux qui auront concouru à sa production. On est absolument porté à une chose pour laquelle on a do rincUnation , et relativement plus porté pour une chose que pour une autre. On i^intéreste à quelqu'un sans que cet intérêt nuise à celui qu'on porte à d'autres ;' mais dans une affaire où des concur* rents sont en présence, vous vous intérestex pour criui-ci ou pour celui-là.
Enfin , de la généralité inhérente à d et de la ^écialj^ qui caractérise pouf résulte , pour les locutions verbalee synonymiques dans lesquelles ils entrent comme seul élément de différence , un trait de grande importance. Pour rend l'action du verbe remarquable par l'effort , l'application ) le soin , l'attention qu'il exprime de la part du sujet. Cofupirtr , coneourtr à conviennent même en parlant de Faction des choses inanimées ; il n'en est pas ainsi de eompirer et de concourir pour. On travaille quelquefois à sa propre perte
sans le vouloir, même sans le savoir, sans s'en douter; on ne tra/oailk que pour un but qu'on se propose et qu'on s'efforce d'atteindre. Dans tous les cas , travailler à n'est que spontané et ne suppose qu'une application modérée : c'est ainsi qu'un bon fonctionnaire tta/vaillê au bien-être de son pays , tout en ne songeant peut-être qu'à ses propres intérêts. Tto^oailler pour est toujours volontaire et marque beaucoup de soin et d'effort Il en est de même de s'appliquer powr par rapport à s'appliquer d. On emploie une partie de son temps à faire telle ou telle chose , et tous ses efforts pour arriver au but de ses désirs. « S'o/*fêctimntr à , dit Marmontel , c'est s'attacher ; 6*affeeîionner powr , s'intéresser vivement ^ se passionner. » L'un consiste en un certain laisser-aller de sympathie, l'autre en une affection active. SHntéresMr" d, c'est n'être pas indifférent, se trouver touché en entendant un récit ou en voyant un spectacle; impression purement passive : quand on s^itUéresse pour , on déploie de l'activité , on se porte à des démarches. S'emprefter pour faire une chose marque bien plus d'empressement , de zèle ou d'ardeur que b'emprester 4 ou de la faire. (Voy. p. 60). « La fille d'un pauvre laboureur était belle comme le jour. Toute la jeunesse de son voisinage ^'empressait pour la voir , et chaque jeune homme eût cru assurer le bonheur de sa vie en l'épousant. » Pin. « Ces ambassadeurs athéniens, les philosophes Carnéade, Diogéne et GritolaÛs, furent extraordinairement accueillis à Rome. Ils parurent des hommes merveilleux , et les jeunes.gens s'emprestèrent pour les entendre. » Gond.
À n'est donc plus qu'indicatif du but lointain auquel tend l'action ; il est tout objectif. Pour , au contraire, est subjectif; il appelle l'attention vers l'agent , il fait remarquer la part considérable que celui-ci prend à l'action pour arriver à un but prochain et précis. C'est pourquoi à eet plutêt suivi d'un substantif significatif du but à atteindre, et pour, d'un infinitif marquant une action précise , à làira à l'instant.
Dans les boutions adverbiales, en apparei équivalentes, qui admettent, l'une d. Taui pour , ces deux prépositions produisent toujoi le même effet qu'après les substantifs et les verb
Rapporter un discours mot d mot, c'est rapporter à peu près tel qu'on l'a tenu. « Je % vous rapporter sa réponse presque mot d mot 1, J. « J'ai rendu les scènes anglaises presq mot à mot , malgré la difficulté de la rime Dbst. Rapporter un discours mot pour mot nu que plus de précision et de rigueur : c'est, no seulement n'y rien changer d'essentiel, le rend par des termes équivalents , mais pousser la fid lité jusqu'à rapporter les propres termes do s'est servie la personne qui a parlé. « Le chan( lier me dit mot pour mot ce que j'avais dit à Chapelle ; je convins qu'il n'y avait pas un m de changé. » S. S. « La mémoire des mots coi siste à réciter fidèlement et à rendre mot poi mot ce qu'on a appris par cœur. » Roll. Ourei bien ce qu'on rapporte mot à mot; on reprodu d'une manière parfaitement exacte ce qu'on ra| poite mol pour mot. On traduit mot à mot (Boss Volt.) \ une traduction n'est jamais qu'une copi plus ou moins approchante : mais apprendre pa cœur, c'est apprendre mol pour mot (Roll, FÉN.), et citer un passage ^ c'est le transcrii mol pour mot (Volt.).
Le rapport est le même entre d;amaû et pou jamais. A jamais est indéfini, vague, byperklj que; pour jamais est précis et positif : le premis permet encore , dans un avenir indéterminé, l'ei pérance d'un retour qu'exclut rigoureusement 1 second. C'est, d'une part, une expression qii convient au langage passioimé , et qui peut rec« voir des augmentatiDs : à tout jamais , au gran jamais; c'est, de l'autre, une expression d'aa valeur pleine et entière , laquelle appartient ai langage froid et exact de la philosophie. « Siea pie mémorable à jamaie* » J. J. « Jour à jami malheureux l » Bmith. « Sésostrts laissa l'Egyp^ riche à jamais, » Boss*
Moi , parler pour Valère 7 U flradrait être folie.
Que plutôt à jamais je perde la parole! Ru»'
« Le traité de Westphalie sera peut-être â;atnai parmi nous bi base du système politique. > J* ^ J'ai cru que celte nuit serait sa nuit dernière, St que je fenoeraie pourjtmais sa paupière. Ei^a
« Elle n'est plus. Mes yeux ont vu fermer le siens pour jamais, » J. J. « Sn sortant de g monde, je tombe pour jamais dans le néant oi dans les mains d'un Dieu irrité. » Pasc.
Une difiérence semblable a lieu aussi entr cilort et pour lors y expressions synonymiques comme signifiant, l'une et l'autre, en ce temps là. La première est l'expression ordinaire . con rante ^ usuelle ; elle rappelle une époque étendue pendant laquelle se faisait tout un genre ou tout une suite d'actions; elle s'emploie surtout ave un verbe à l'imparfait. « On pensait alors (au temp des rois de Home) dans les républiques d'Italie que les traités qu'elles avaient faits avec un ro ne les obligeaient point envers son successeur, i M0HTE80. « Les forces du Nord étaient toutes ei Orient, en Egypte, lonie, Grèce, seuls paysoi il y eAt oiort 0ora des empires d'Orient et d oc-
SYNONYMES QUI ONT LE HfiME RADICAL.
dloO qQdqoe coamuroe. » Ii». c La correspontees de Voltaire avec le prince royal de Pruâse àinit du bruit alors, » J. J. « Durant les tarâtes ehaleurs qu'il faisait don. » In. « Les ^wrres qu'il y ayait alors en Asie. » Fbn. « Solon àinsa là citoyens en trois différents ordres, sdum las lûeiis dont chaque particulier était alors enponenon. » In. Pour Ujts est l'expression remarqiuhke, de choix, celle qu'on préfère pour indiquer l'époque courte et précise à laquelle un éréi^iMDt particulier, unique, s'est passé : elle conviât surtout dans le récit d'un taii avec le par&tt défini. « Tout est changé, dit pour lors u^onne qui.... > Mohiesq. « Et comment, lui às-JB pour larMp... » In. « L'histoire moderne spBs fournît un exemple de ce qui arriva pour bn (tprés la mort de Lucrèce) à Rome. » In. (Je fis pour iars si peu d'attention à son langage fw....» J. J. « Pour lors il n'y eut plus moyen de fi's dédire. » In. « Cette fenune pour lors mounate. s In. « Platon avait quarante ans pour lors Çùn de son premier voyage en Sicile). » Fâa. < fleoieosement pour Platon , Annicéris de Gyrène tétant trouvé pour lors dans le pays, il l'acheta 10 prix de vingt mines. » lo. Montesquieu a parfûteneot observé cette distinction dans le passage soiuQt des Lettres persanes : c Monsieur , dit pwr loff un ecclésiastique, vous parlez là du loups le plue miraculeux de notre invincible mosarque : y a-t41 rien de si grand que ce qu'il Uïsait elcrs pour détruire l'hérésie? »
àO MOINS , POUR US MOINS. En mettant les choses au plus bas, au mtminiiiii, pour ne pas dire plue.
Four U «lotfw est plus précis et suppose une estimation rigoureuse. « Apprenez qu'il y a seize aos pour U moins que l'homme dont vous nous pariez périt sur mer. « Mol. au moins se dit approximativement , sans qu'on soit bien sûr de son calcuL « Un'tel livre doit donner au moins vingt Bille francs de profit au libraire. > 1. J. ^ A, EN.
A conserve eon caractère de généralité et de fagne par rapport à en dans les ^pressions syno- Dyniques induire à erreur et tndutre en erreur , détenniner la croyance à quelque chose de faux. Induire en erreur désigne une action doublement remarquable , et par la part qu'y prend le sujet , car elle est toujours volontaire, et par ce qu'elle a de précis , de décidé , de complet , car tndut're m erreur^ c'est mettre, établir dans rerreur. «H. l'intendant ne saurait se justifier d'avoir manqué de parole à l'Académie , et de l'avoir inéuiu en erreur par de fausses promesses. » MonnsQ. Induire à erreur peut signifier une action qui n'est paa volontaire , et , dans tous les cas , il Bgnifie seulement l'action de mettre sur la voie de twreur , de manière à n'ôtre que la cause éloignée de l'erreur. « Durant les temps d'ignorance , oe que l'ftme connaissait de sa dignité et de son immortalité l'^aduisatl le plus souvent à erreur, » Boss. c II y a bien, de la différence , dit Pascal , tBtae tenter et induire en erreur. Dieu tente, Bais n*induii point en erreur, a Tçnter , n'est-ce pas au moins tpidtftre à erreur ? Le même écrivain létand que , « quand mième les schismatiquas
feraient des miracles, ils n'tndutrottfnl point en erreur; » et l'avant prouvé, il conclut : donc le miracle d'un schismatique ne peut tndutre d Terreur. 9 Gomme si , fort de sa démonstration , il voulait dire qu'un tel miracle ne peut pas même causer indirectement l'erreur, y acheminer, y conduire.
De même , croire d n'équivaut pas , tant s'en faut , à croire en. Celui-ci marque une croyance plus intime , et accompagnée d'une grande confiance , d'une sorte d'abnégation : croire en Dieu , croire en J. C. « Il n'y a nulle raison de croire à l'Antéchrist qui ne soit à croire en J. G. ; mais il y en a à croire en J, G, qui ne sont point à croire à l'Antéchrist, s Pasc. — Bossuet a bien visiblement observé la même distinction entre espérer à et espérer en dans l'exemple qui suit, c II est bon à'eepérer en Dieu , et non pas ^espérer aux hommes , parce que V espérance que l'on a aux hommes ne nous montre que de fort loin la possession ; et, au contraire , l'esp^ance que l'on met en Dieu est un commencement de la jouissance. »
Enfin Bourdaloue , en employant à avec se fier et en avec se confier , donne à entendre que la différence entre d et en est analogue ou conforme à celle de te fier et se confier , comme cela est effectivement. .Voy. te /îer, te confier, a Fionsnous à la parole des saints , ou plutdt confionsnous en la parole de notre Dieu, s
A raison de , et en raiton de , forment deux locutions prépositives entre lesquelles les dictionnaires ne mettent pas de différence. Il y en a une pourtant , et c'est la suivante. A raison est plus vague ou moins .rigoureux et se dit plutôt par rapport à la qualité que par rapport à la quantité. « Il y a des gens capables d'adopter cette critique à raison de sa commodité. 9 J,J. En raison de y au contraire , est une expression plus stricte , plus exacte et presque toujours relative à la quantité, c L'imposition doit être faite en ratton des biens des contribuables. » J. J. On paya cet ouvrier à raison de l'ouvrage qu'il avait fait (Acad.) , suppose qu'on a voulu récompenser la qualité aussi bien que la quantité de l'ouvrage. Mais il faudra dire : on paya cet ouvrier en raison du temps qu'il avait mis à cet ouvrage (Acad.) , le temps ne pouvant être considéré que sous le rapport de la quantité. Cette distinction est si vraie , qu'en raison de est seul usité en termes de science où il est besoin d'une grande exactitude , et que dans cette locution le mot raison peut recevoir des déterminatifs : en raison directe , inverse , réciproque. — Toutefois, à raison de se dit aussi, comme en ratton de , en parlant de quantité ou de nombre. Alors s'il n'est pas plus vague , il est plus général qu'en ratton de : il suppose une estimation, non pas spéciale et pour la circonstance , mais faite pour tous les cas : Il lui doit le change de dix mille francs, d raison de tant pour cent (Acad.). On dirait bien , d'un autre cdté : vous aurez part aux bénéfices en raison de votre mise.
Même différence entre à proportion de et en proportion de. A proportion de est plus vague et implioue une simple approximation , une mesure peu rigoureuse. « Je suis sensible aux bontés de
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M. de Buflbn à proportion du respect et d^ Testime que j'ai pour lui. » J. J. « Les professions ne paraissent ridicules qu*d|>roporfton du sérieux qu'on 7 met. > Montbsq. c Un de nos amis que TOUS aimez d proportion des soins qu'il a de moi. » SÉY. En proportion de signifie suivant telle mesure exacte , et a rapport uniquement à la quantité. Il ne dépense pas en proportion de son re- Tenu (et non pas à proportion de son revenu , comme le dit à tort l'Académie). « La critique exige du talent en proportion de oe qu'il peut. » Lab.
On a dit à comparaison avant de dire en comparaison : c'est une preuTe entre mille que les langues deTiennent de plus en plus précises. « La hauteur d'un puits et d'une tour est fort petite à comparaison du diamètre de la terre. » Dbsc. On disait aussi autrefob au mime temps pour en mime temps,