‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 75 sur 444 · A , VERS · texte numérisé non relu

A , VERS

Que la préposition à ait pour caractère ordinaire bi généralité, le Tagtte et l'indétermination, c'est ce que démontre tout ce qui a été dit jusqu'ici dans ce chapitre. Toutefois , ce caractère ne lui convient que quand, élevée au plus haut degré de l'abstraction , elle s'emploie comme une sorte d'auxiliaire à la suite des verbes et des adjectifs qu'elle joint à leur régime. Hors de là , considérée quant à sa valeur originelle et relativement au rapport qu'elle exprime proprement , elle a un sens précis , et c'est par cette précision même qu'elle se distingue d'autres prépositions , de vers , par exemple.

A et vers servent également à distinguer l'endroit où est une chose ou bien où aboutit une action; mais vers ne le désigne qu'à peu près. Cette étoile est située vers le nord signifie qu'elle est plutêt dans cette partie du ciel que dans une autre , qu'elle est aux environs du nord. Quand on dit qu'elle est située au nord, le nord est considéré , non plus comme une grande division du ciel , mais comme un point fixe tout près duquel est l'étoile en question. Yiens vers moi , veut dire seulement viens de mon côté , et ne va pas d'un autre , approche-toi de moi. Yiens à moi , indique la personne qui parle comme un terme ou un point précis sur lequel elle commande de se diriger.

Tes deux prépositions appliquées au temps diffèrent de même. I^es historiens font remonter sa naissance vers l'année 1500, c'est-à-dire à peu près d cette année , environ l'année 1600 , conune on disait autrefois. A notre heure dernière , indique un moment trop court et trop bien déterminé pour qu'on puisse y substituer , dans aucun cas , vers .notre heure dernière.

A, ad, indique le point , mais le point fixe , précis , circonscrit , où l'on tend.' Vers , de versus , tourné du côté de , ou simplement du côté de , exprime plutôt la situation où le côté par rapport à un autre ou à d'autres côtés qu'il exclut : ce qui est vers l'orient n'est point du côté de l'occident, du midi ni du nord, sans plus de détermination. C'est pourquoi vers s'emploie particulièrement bien quand il s'agit d'un lieu qui , dans l'usage ordinaire , est opposé à d'autres *. vers l'orient, vers l'occident, etc.; voyez ce passage dans tel livre , vers le commencement , rers le milieu. Vers contient toi;gours cette idée d'opposition à d'autres côtés ou à d'autres directions , et à , jamais ; celui ci est absolu. Un médecin ou un marchand, en concurrence avec d'autres, dira : Yenez vers moi. Mais on dira à un honune qui n'a de secours à attendre d'aucune part : Yenez à moi; ce qui ne supposera pas , comme

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

tel le cas préoédffiat, la défense d'aller d'autre flfté. Un Taîsseau se dirige vers l'orient , parce fB'ainsi il arrivera plus tôt au terme de sa course fie s'il allait ven l'occident , etc. On se dirige à sa tien, par des raisons tirées du tenue luimême : un vaisseau Ta aie nord , Tautre au midi , parce qu'ils espèrent tirer de plus grands avantages de leur commerce , Tun avec le nord , l'autre avec le midi. On lève les yeux ou les mains vers te del toutes les fois qu'on a quelque raison pour ne jMs les abaisser fjeri la terre ; on lève les yeux ou les iDuns au ciel pour implorer l'assistance de Dieu,* pour adresser au ciel quelque prière. Après SToir considéré les divers éléments , pour eD tirer des preuves de l'existence de Dieu , Fé- MiiHi continue en disant : c II est temps de lever ws yeux ters le ciel. » « Tout près de là était un bocuDe qui , élevant les yeux au ciel , disait : Dieu bénisse les projets de nos ministres! » X05TESQ. « Que de voix plaintives s'élèvent au ckJ contre ces hommes t » Mass.

La distance est si grande entre à et vers dans â la fin et vers la fin , qu'on peut mettre entre deux une autre préposition, sur : sur la fin. Oaand on est d la fin de quelque chose, on a fini, on n'a plus rien à faire; quand on est tspn la fin , on est déjà loin du commencement , oa a même passé le milieu, mais rien de plus; qusd on est sur la fin , ou va finir , on voit le tenue tout près de soi , on y touche , on est presque dessus. Une discussion s'élève vers Is fin d'un repas; c'est une vive querelle sur la fin du repas; et, d la fin du repas c'est une rixe, on nrt de table pour se battre. « Elle me prie à la fia de son billet de lui renvoyer ce livre , s J. J. , implique qu'après cette prière le billet ne contîeat phis rien. « J'avais fait , vers la fin de 1'^nife, une sortie contre cette cruauté , » J. J. , indique seulement que cette sortie se trouve dans la dernière partie de l'ouvrage , et non pas dans h première ni dans celle du milieu. « Vous me reprochez de n'avoir pas Ikit changer de système i Wolmar sur la fin du roman , * J. J. , c'est-àdire au moment ou sur le point de le finir , quand le nHuan approche du terme. — D'ailleurs sur a cela de particulier , qu'il désigne , non pas la sitaatioo comme les deux autres , mais l'approximatioD ou l'action d'approcher : il n'est applicable qiu'aux choses qui se font et non aux choses qoi sont. Ainsi on ne dit pas sur le milieu d'un champ ou du ciel, comme on dit au milieu ou wrîle milieu d'un champ ou du ciel. ^ la fin ou f«n la fin d'un livre se trouve telle chose ; sur la fia d'un Uvre , l'auteur fait telle chose , l'action change ou se modifie de telle manière. Il est sur Wi départ , et non à ou vers son départ , parce ^'il s'agit ici d'une action pure et non d'une chose.

r 2>£ et ÂYBC, DE et POUR, DE et SUR.

CompaTativement l'une à l'autre , les deux prépositions d et de sont , celle-ci plus déterminatîv«. celle-là plus générale. Hais à l'égard des prépositions spécificativesproprement dites , c'est- Mire de toutes les autres, elles ont un sens «Cstement vague et indéfini. Ainsi , d et de sont ^ k même rapport relativement à par; et

la même différence trouvée entre d et avec y entre d et pour, entre à et sur , se retrouve entre de et avec , entre de et pour , entre de et sur. Quelques exemples suffiront pour le démontrer.

De et avec , comme d et avec , désignent également l'instrument ou la matière dont on se sert pour faire quelque chose. Frapper du pied ou avec le pied , lancer de la main ou avec la main , payer de ses deniers ou avec ses deniers , combler un fossé de pierres ou avec des pierres. De est pour l'ordinaire, l'habituel; avec y pour les cas particuliers, singuliers, remarquables : on frappe du pied la terre , et avec le pied un objet qu'on rencontre, une béte venimeuse, le haut d'une chaise ou d'une table ; on comble un fossé de pierres , de décombres , et quelquefois , pendant la guerre , on comble les fossés avec des cadavres. Ou bien encore on se sert d'avec pour spécifier , dans le genre d'instrument et de matière généralement employés , l'espèce ou l'individu qu'on emploie dans un cas particulier, c S'il avait eu une fronde , le sauvage lancerait-il de la main une pierre avec tant de roideur ? » J. J. Nous lançons mieux des pierres avec la main droite qu'avec la main gauche. On paye de ses deniers , et avec les premiers deniers de sa recette. On distingue les choses les unes des autres , comme on les compare les unes aux autres , sans grand effort, sans attention, sans difficulté, à première vue ; et on les distingue les unes d'avec les autres expressément, en démêlant, en déterminant, en marquant fortement leurs traits caractéristiques; c'est la difiérence de l'homme qui voit et représente aux autres ses perceptions , à l'homme qui regarde et rend compte aux autres de ses observations.

D'un autre c6té, de et pour y dans moyen de parvenir et moyen pour parvenir , sont entre eux conune d et pour , dans les expressions synonynûques ci-dessus examinées. Vous direz d'une manière toute générale : il ne néglige aucun moyen de parvenir ; et d'une manière particulière : c'est là un excellent moyen pour parvenir. On trouve un moyen de parvenir , on cherche un moyen pour pananir. Les mêmes nuances peuvent servir à distinguer occasion de et occasion pour , soin de et soin pour : le soin que prennent tous les peintres de placer leurs tableaux dans un jour avantageux ne contribue pas peu à les faire "valoir; Gicéron propose, à l'imitation de l'historien , pour la disposition des faits , « le soin qu'un homme de bon goût prend pour placer de bons tableaux dans un jour avantageux. » Fân.

En conversation on parle, on discourt de choses et d'autres, de nouvelles, de modes, de voyages : un orateur parle , dbcourt, sur tel ou tel sujet, un savant sur des matières plus ou moins difficiles. Faire un traité d'horticulture et un traité sur la culture du dahlia. « Tous ceux qui se sont mêlés d'écrire ou de la religion ou de la philosophie se sont servis d'Homère et de ses livres.» Montaion. Pour bien écrire sur la religion et sur la philosophie , il faut de longues études , une rare application et comme une vocation particulière. — Une assemblée est instituée pour déUbérer de telles ou telles choses , ou elle déU-

STV. rRAMÇ.

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