‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 88 sur 444 · AS · texte numérisé non relu

AS

On ehekérii sur quelque chose d'ordinaire , de faible, de simple, 4c naturel. « M. Vemes en- ^M partout sur le sens naturel des mots pour ne rendre plus coupabk. « J. J. « Une simple lé~ Sereté dans la bouche d'un souverain va faire de i^OOTeaox impies; on croit plaire, en enchérit- 9>*i, et des railleries devienuent d$9 blasphè*

8T1. F^AIIÇ.

mes. » Mass. « Bn fait de style , toute répétition qui n* enchérit pas doit être évitée. »Yolt.— Mais on renchérit y on renchérit encore sur quelque chose qui est déjà fort ,' violent ou excessif. « Renchérir sur l'indignation ou sur le zèle de quelqu'un. » J. J. , Boss. a Renchérir sur l'énergie de la poésie par celle dei'harmonie et du chant. « J. J. « Des ministres de J. G. non-seulement imitent les mœurs et les excès des mondains , mais renchériseent même sur eux. » Mass. « Dans les ac« cusations de Cicércm contre Verres, on voit le crime renchérir sur le crime, s Marm. «Diogëne perfectionna le cynisme, c'est-à-dire qu'il renchérit sur les excès de son maître, s Cond. « Ne rougissez-vous pas de rencfi^rtf en fait d'intérêt sur les plus infâmes subtilités qu'aient jamais inventées les plus célèbres usuriers? » Mol.

Au propre , la différence est à peu près la même.

ENFERMER, RENFERMER. Mettre une chose ou une personne dans un endroit clos.

Laveaux prétend avec raison que renfermer se dit d'une clôture plus étroite qu'enfermer. Le premier mot indique plus de précautions , et plus de danger que la chose ou la personne n'échappe ou qu'on n'arrive jusqu'à elle.

Enfermer , c'est simplement ne pas laisser aller librement dehors ou même seulement ne pas laisser dehors. « La petite maison de la Vierge Marie, transportée de Nazareth à Loretto, fut enfermée dans une église superbe. » Volt. « Que servirait , dit Montesquieu , d'en/ermer les femmes dans nos pays du Nord où leurs mœurs sont nmturellement bonnes? s Mais il dit ailleurs : « Dans les États despotiques , les princes ont plusieurs . femmes et mille conndérations les obligent de les renfermer, »

En effet, tous ces soins sont des chosea Infimes : Sommea*noas chex les Turcs pour rtnjérnw 1^

femmes ? Mol.

•« Il renferma sa femme avec tant de sévérité , qu'elle n'eut permission de voir qui que ce fût. » S. S. Harpagon , qui a peur d'être volé , « renferme toutes choses, et fait sentinelle jour et nuit.» Mol. 'Dans le Dépit amoureux y Mascarille pour échapper à la poursuite des ennemis de son maître , lui dit :

Ne noua obstiDons plus à rester dans la me ;

Allons noua renfermer. Mol.

On est enfermé dans sa loge au spectacle , dans sa chambre à la ville; on est renfermé dans une prison.

Renfermer désigne toujours une action volontaire, et ne pourrait, par conséquent, se substituer à enfermer dans une phrase telle que celleci : « Je Vois ces effroyables espaces de l'univers qui m'enferment, » Pasc.

Enfin renfermer peut aussi exprimer quelque chose de difficile. « Il n'y a qu'une profonde sagesse qui ait pu renfermer toute une grande plante dans une si petite graine. > Boss.

AMASSER, RAMASSER. Faire un. amas, un assemblage, réunir.

Ramatser a pour nuance de marquer les soins , la peine qu'on a eue à rassembler des choses diverses ou éparses. Amasser n'est relatif qu'à Tidé^ exprima P^ lo ra4ical,

FREHIËRE PilRTIB :

Boileau dit , en parlant d'âutentfe «n oourreox : Yons les terres bientAt , féconds en impostures , Amauêr eontre toqs des Tolomes d'ii^nres.

« Hithridate Aiit de ses Stats , et ramoisanl dans son chemin ce ({u'il tronTe de barbares , il parut dans le Bosphore. »'Montb8q. Dans le premier exemple , wmantT rappelle l'idée pure du radical , celle d'une grande quantité ; dans le second , ra- TMutw rappelle l'idée dés efforts de Mithridate pour réunir sous ses drapeaux des barbares dispersés, ce En Sgypte , faute de bois , on roxMuw soigneusement les excréments de tous les animaux. 9 BuFP. c II s'applique à famoMW tout oe que les anciens ont dit de plus curieux sur cette matière. ».ÂCiii>. — Les mâmes caractères distinctiùi sont peut-être encore, plus Tisibles dans les substantifs atMU et fwiMM,

Amasser de l'argent, t'est en acquérir , s'en former une certaine somme; enfafnasêer, c'est en recueillir ou en amasser péniblement ou de toutes parts. « Pleinœuf entra dans les vivres et les hôpitaux des armées où il amassa tant de trésors.... Les trésors immenses que sa femme ramassa de toutes parts iùt le moindre mal qu'elle fit. » S. S.

FOSER, RSP08BR. fitre appuyé, porter sur quelque chose.

Reposer est augmentatif et ma]:qii6 plus particulièrement la solidité. Poser se borne à indiquer l'objet qui sert d'appui. « L'esprit de Dieu était porté sur les eaux , ou posait sur elles. » Bâks. Une colonne pose sur son piédestal , et repose sur ses fondements. Une poutre iM»e sur une traverse , et repose sur le mur.

Au figuré , comme on veut exprimer généralement la solidité , la force , le crédit qu'une chose tient d'une autre , on préfère reposer: telle vérité repose sur tel principe. Cependant Montesquieu a dit que la grande distinction de la puissance

base sur laquelle pose la tranquillité des peuples; c'est qu'il a voulu faire connaître simplement ce qui assure cette tranquillité, plutôt qu'exprimer avec quelle solidité elle* se trouve maintenue et garantie.

ABÊTIR, RABÊTIR. Rendre ou devenir béte, stupide.

Éabétir indique une action pivLë forte , de la résistance à vaincre dans le suj^t. Un maître abêtit l'enfant qui lui est confié , quand il laisse ses facultés se développer sans direction; il lerahétit^ â , toutes les fois que la raison de l'enfant fait quelques progrès, il en comprime, en déprave, en interrompt l'exercice naturel. D'une part , les dispositions ne peuvent prospérer, faute d'être placées dans drâ circonstances favorables; de l'autre , elles sont combattues et repoussées aussitôt qu'elles prennent quelque développement.

On abêtit peu à peu , lentement , par une action insensible. « Un Jésuite m'enquinanda; Je fus novice , on m'abêtit pendant- deux ans , et ensuite on me fit régenter. » Yolt. On rabêtit en relançant, en nîrouant dans l'occasion toutes les fois qu'on essaye de montrer de l'esprit. « A qui confierai- je mes faiblesses (les fiibles tragédies de sa vieillesse) plutôt qu'à mon doyen , s'il dii«

^it m'encourager , au lieu de me raibêtir , oomme il fiBiit toujours? 9 Yolt. «M. de Richelieu l'entendit un moment autrefois (un acteur) , et n'en jugea pas très-favorablement. Ce pauvre homme en fut tout rabiti. » In.

Forte comnfe elle l'est, l'action de rabêHr ne peut être faite que par les personnes. Mais on dit très-bien des choses qu'elles abêtissent.^ Trop et trop peu d'instruction abêtissent l'esprit* » Pasc. c Gela vous fera croire et vous abêtira, » In.

CONCILIER , RÉCONCILIER. Faire que des choses opposées cessent de l'être, aillent bien ensemble*

Rêcondlier ne suppose pas seulement opposition , mais lutte , mais guerre ouverte , tendance réciproque à se renverser, et c'est pourquoi primitivement ce mot ne se dit bien qu'en parlant des personnes. C'est en les personnifiant et «n les considérant oomme des ennemis que l'on dit rê" condUer la morale et la politique, le théâtre aveo la religion. «Imaginer une morale de bon goût, qui réconcilie J. G. avec BéUalé » Mass. « Réconcilier l'ambition avec la volupté, la grandeur avec rafiabilité , la vérité aveo les préjugés et les passions.» In. «Un Néron, un Domitien : leur attirer de la gloire, réconcilier l'honneur aveo eux , c'est une entreprise impossible. » Bœe.

LÂCHER , RELÂCHER. Détendre , desserrer quelque chose, ou bien, laisser aller, laisser échapper quelqu'un , un prisonnier.

On lâche ce qui est tendu; on reUUhé oe qui est trop ou très-tendu. Relâcher ^ c'est réparer un excès, rétablir une chose en la lâchant un peu; c'est , non pas détruire , mais seulemmt diminuer la tension. Quand on lâche la bride, elle flotte; quand on lâche prise ou pied , quand on lâche un coup de fbsil, toute tension, tonte action cesse; mais , quand on relâche une corde , eUe est seulement moins tendue.

ecclésiastique et de la puissance séculière est la En parlant des prisonniers qu'on laisse aller,

les lâcher, o'est leur donner la liberté; les rsldcher , c%st la leur rendre. Lâcher marque simplement qu'on ne les retient plus, et relâcher qu'on les rétablit dans un état où ils étaient , et dans lequel ils rentrent. On lâche un oiseau qui a toujours vécu en cage, et on relâche celui qu'on avait pris et privé de sa liberté.

CONFORTER, RECONFORTER. Fortifier, corroborer.

Ce qui réconforte donne plus de fbroe, produit un efiet plus considérable que ce qui conforte simplement. Ou bien oe qui réconforte rétablit des forces qu'on avait perdues. Le vin conforte l'estomac ; et , quand par le travail on s'est aiÉûbli l'estomac, le vin le réconforte, — «Le flairement réjouit le cerveau , le délecte et conforte, » Cuamm* c Je me réconforte dans mes disgrftces en buvant de meilleur vin que le Ix» homme Loth. » Yolt* — c Le Seigneur sera auprès de moi , dans mo| pour me seconder et me conforter, 9 Booan. « Je lui dis que son état ne devait pas lai faire de peine « et ^ me mis doucement à le réconforter, p 8. 3.

ECHAPPER , RÉCHAPPER. Se sauver de quel* que péril.

Réchapper ne se dit qu^n parlant d'un grand péril et presque tenqimr* d'où cae de isovt. « Ja

SYNONYMES QUI ONT LE HËÉA RADICAL

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ne dédis de ma parole si tu réchappes , » dit Gérante à Scapin à qni il pardonne et qu'on croit ikssé mortellement. « Notre chat est réchappé dejnis peu d'an saut qu'il fît du liaut de la maison dans la rue. > Mol. On échappe , au contraire , à toute sorte de dangers. Les compagnons d*tJlysse furent changés en animaux par Giroé; le seul Ulysse en échappa , dit Lafontaina.

On dit ordinairement réchapper d'une maladie. d^me maladie mortelle. On aura tort néanmdos de Tooloir avec Bouhours réduire le mot à cette onique application : il convient toutes les fois qnll s'agit d'un péril de mort. « Cloyis , étant dans un grand danger à la bataille de Tol- U3£. fit TGsa , dit-ôn, de se faire chrétien s'il en richappaii. » Volt.

LEVER , BELEYER. Mettre haut ou plus haut, oa simplement dans une position verticale.

Hilever marque un rétablissement , le rétablissement de l'état antérieur convenable ou naturel. On nièce ses bas qui tombent;, on relève la tête quand on l'a trop baissée ou trop inclinée , tandis qa'on Ime la tête pour contempler le ciel , par exemple. On lève un enfant qu'on met sur pied au lieu de le laisser couché , seconde position naturelle pour lui comme la première; on le relève lorsqa'Û tombe. On lève un pont-levis; dire qu'on le reUf», ce serait supposer que sa destination a'est pas d'être abaissé.

TBODSSER, RETROCSSBK. Replier, relever.

Be^euster^ c'est trousser beaucoup, relever bien haut ou avec vivacité. *« Un palefrenier tesant don Quichotte serré entre ses bras, quelques pages retroussèrent sa chemise jusque sur sa tète et lui appliquèrent plus de mille claques. » Las.

Mais, en outre, retrousser marquant une action plus forte que l'orditiaire , se dit seul aussi des choses qu'on n'a pas coutume de troi^^er , comme la moustache , les cheveux , le chapeau , les manches.

D'autre part, trousser est pour l'habituel, et ritrfyusser pour les cas particuliers et remarquables, c Je savais trousser ma soutane et mon manteau de façon que je laissais voir ma jambe. > Les. « M. de Nantes parut la soutane retroussée soos le bras gauche et l'épée nue à la main droite, s Sév. — a Les robes de nos Indiennes , inTentêes pour être troussées , marquent un génie bien supérieur. » Volt. « Dans la fameuse procession de la Ligue on vit le prieur des chartreux , suiri de tous ses moines, l'habit retroussé^ un casque en tête. » In. — On dit un nez retroussé, U queue retroussée d'un chien , parce que ce n'est pas l'ordinaire de ces choses d'être tournées ainsi. < Il y a une sorte de per&rix qui retrousse la queue en courant. » Bupf.

TIRER, RETIRER. Oter, on faire sortir une personne de quelque endroit, l'éloigner de quelque chose.

tMirer marque un rétablissement , indique que Ton avait été mis dans une position où Ton ne ^it plus rester. On retire un enfant du collège, une garnison d'une place , des papiers de chez un afoaé, et on le tait par précaution, avec soin. On dira, au contraire , sans ces idées accessoires :

on ne saurait tirer cet homme de son cabinet; on l'a tiré de la charrue pour le mettre & cette place éminente. On tire un homme d'un danger quelconque; on le retire d'un grand péril dans lequel il est beaucoup engagé , ou dans lequel on l'a mis soi-même. « Si Dieu a livré les gentils à l'aveuglement de leur cœur, s'ensuit-il qu'il j livre encore les églises qu'il en a retirées avee tant de soin?» Boss. Si les dangers sont de peu d'importance , on se sert de tirer seulement : tirer d'inquiétude , de souci , d'erreur. Ttrer un homme de prison , c'est l'en faire sortir; l'en retirer mar> que plus de soin , plus d'empressement et aussi plus de difficultés. « Après avoir fait tant d'efforts pour retirer J. G. des mains de ses ennemis , Pi-* late enfin le livre ^ux Juifs. » Bonan.

Tirer et retirer signifient aussi tous deux , recueillir, en parlant du profit ou des avantages qui reviennent d'une place , d'une propriété , etc. Retirer marqueun calcul antérieur , quelque chose de prévu, des avantages qu'on s'était proposés, et tirer est dépouillé de cette nuance. On retire de forts intérêts de l'argent que l'on place, et Ton tife de grands services d'tm ami, une grande instruction de l'histoire, beaucoup de fruit de ses fautes. Théotime : « S'imaginer cela , c'est pri« ver le Créateur de la gloire qu'il tirera éternellement de ses créatures. » Ariste : « Gomment , Théotime? Est-ce que Dieu a créé le monde à cause de la gloire qu'il en devait retirer?» Mal.

TENIR , RETENIR» Faire demeurer en un cer-* tain état.

Retenir suppose ou un danger ou df la résistance , et par conséquent dans le sujet de l'action plus d'efibrt. On tient Téchelle à celui qui monte, de peur d'accident ; on retient l'échelle qui branle ou qui va tomber. On tient dans l'obéissance un peuple qu'on gouverne paisiblement; on retient dans l'obéissance celui qui remue , qui fait effort pour secouer le joug. « Des lois simplement écrites et en petit nombre tenaient les peuples dans le devoir.» Boss. «Les Espagnols désespérant de retenir les nations vaincues dans la fidélité , prirent le parti de les exterminer. » Mon- TBSQ. « On craignait que les Cretois et les Tarentins ne combattissent les uns contre les autres; on avait bien de la peine à les retenir au dedans du camp , où ils étaient gardés de près. »

FÉN

ÉLEVÉ et RELEVÉ sont des épithètes également applicables à plusieurs choses dont elles servent à exprimer la grandeur ou la noblesse : condition, fonctions , expressions élevées , ou relevées; emploi, esprit, sentiments élevés ou relevés.

Mais relevé est par rapport à élevé un superlatif, il marque un degré de plus d'élévation, il approche plus de sublime. « On ne peut disconvenir que J. G. n'eût un esprit très-grand et iThs-reUvé. » Pasc. a Sofal est le phénix des esprits relevés, » Boil. « Le ministère des âmes est celui de tous le plus délicat et le plus suBlime; et ils se croient nés* pour un emploi si relevé, si difficile I » Labr. a Ce langage si relevé et si sublime. » Bourd. « Ce qu'il y a dans le christianisme de plus sublime et de plus relevé, » In. < La sainteté de Marie , cette sainteté iublime et rekvée, » Id. « Alots le ton

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