‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 87 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

par le fondement. » Bosb. « Si Ton n'ocniri k fondement, on ne peut assurer Tédifice. > Pa8G. Basswrer exprime qu'il y a pins à craindre , et que la chose a déjà été endommagée ou ébranlée. « Il taMi rassurer cette muraille, elle menace ruine. > Acau. « Télémaque luttant contre Hippiaa le presse et Tattaque; il l'ébranlé, il ne lui laisse aucun moment pour se rassura* » Fin.

Au figuré, il en est à peu près de même. On assttre le finible , et on ratjwre le peureut : on atsure celui qui n'est pas ferme , résolu , qui manque de confiance ; on rassuré celui qui est déjà troublé, intimidé, en proie à la crainte ou à U terreur. Un homme ya subir une opération, tous Vassurex en lui donnant de la confiance ; quand arrive le moment, et qu'il tremble à la Vue des instruments et des apprêts, vous le rassurex. U faut , bien entendu , pour rassurer , plus d'efforts et plus de soins.

Du reste, asswrer^ dans le second sens, n'est guère employé que par les poètes.

Princesse, «iturtw^çuê^ Je les prends sous ma garde.

Bac.

.0 bonté qni m'acnifv aniant mi*eUe mlionore.

Esthêr a Aituinu. b.

OecQpé sealement de Tâpre Jalootie ,

Rien ne peut Ptuturer , de tout il se défie. Lav.

Et encore à propos de ces deux vers de Corneille :

Un orsde m*assurê, un songe me travaille.

(Dans Horam,) Et tâchoos ^tuturer la reine qni te craint.

( Dans Nicomède.)

Voltaire déclare expressément que le verbe oatii' rer n'est pas français dans cette acception. U est certain qu'il Ta été autrefois, c La compagnie orsure jusques aux enfants. » Moktaioit. « La.gbire •de mourir avec fermeté, l'espérance d'être regretté, etc., font, pour nous.attHfer, oe qu'une simple haie fait souvent à la guerre pour asswrtr ceux qui doivent approcher d'un lieu d'où l'on tire, s Laroch. c Mlle de Saldagne tremblait comme la feuille; Verville n'était guère plus assuré. » ScARR. a Je vois bien ce que c'est; vous voulez assurer les maris , afin que , n'ayant point de soupçon de vous, ils vous laissent faire vos recherches en toute liberté. > Malh. « Il ne faut pas tant de discours pour conduire les Ames selon les voies de Dieu. Quand vous m'avez exposé les choses , mon silence même vous assure. » Bose.

ASSEMBLER, RASSEMBLEE. Mettre ensemble, réunir des personnes ou des choses auparavant isolées.

RassewJbUf suppose plus de difficulté, dans ce sens que les choses auxquelles il s'applique sont plus éloignées , plus disséminées , plus éparses , en plus grand nombre , et qu'elles ne sont pas accoutumées à se trouver réunies, à aller ensemble. De sorte que, d'un côté, notu assenMùns les choses ou les personnes qui ne sont pas éloignées de nous, que nous avons sous la main, que nous savons où trouver; tandis que nous roiyembkm^ celles qui ne sont pas près de nous, que nous sommes obligés de faire venir de loin et à grand'peine. L'éloquence consiste à persuader des hommes anewbUs (J. J.); c'est la poésie qui a rwsembM Isa hommes daa fsrftu où ils étaient épan

et errants (Fin.). Rollin dit que, pendant que Antoine était allé k Brindes , Octave assewhla un corps de troupes , et , dans un autre endroit , qu'un général surpris n'eut pas le temps de nusembler ses soldats , qui étaient dispersés çà et là dans una parfaite sécurité. Ou bien nous assemhUms des choses analogues , et rassemblons des choses dissemblables. « Selon Aristote, dit Malebranche , le feu est un élément chaud et sec qui assemhU les choses de même nature ; l'eau est un élément froid et humide qui rasseiMe les choses de même et de différente nature. »

D'un autre cAté, OMsevMery en parlant des personnes, marque quelque chose d'ordinaire et qui se fait dans un lieu destiné à cet effet; tandis que rassevf^ler désigne une réunion irrégulière, inaccoutumée, improvisée. A la nouvelle de la fuite de Louis XVI , les membres, de la Convention , qui s'étaient assemblés le matin , se rossemhUreni k onze heures du soir. Un prince qui assemJble souvent ses troupes pour contempler ses forces, les rassemble quelquefob pour marcher contre l'ennemi. — Ce que rasserribler exprime d'extraordinaire ne porte pas seulement fxir le fait de la réunion, mais aussi sur son objet, comme on le voit par lee deux exemples précédents. « Constant aueniblait tous les jours de nouveaux conciles pour réformer les symboles. * B068. « Par combien de subtilités, de détours et d'équivoques les protestants ont t&ché de rassembler les membres épars de leur réforme désunie. > In.

iVEILLER, RÉVEILLER. Tirer du sommeil.

On réwiUe difficilement, brusquement, à une heure inaccoutumée , quand on n'a pas dormi suffisamment, d'un profond et pénible sommeil. aJR^mUer, dit Marmontel, est plus vif et plus prompt. » Ce verbe marque redoublement d'effort et de résistance, c Le lendemain, à l'heure marquée , il fallut r^eiller -d'un profond sommeil cet autre Alexandre. » Boss. « On remarque que le prince (de Condé) ayant tout réglé le soir, veille de la bataille (de Rocroi ) , s'endormit si profondément qu'il fallut le r<ft>etller pour combattre. On conte la même chose d'Alexandre.» Volt. Condé ayant battu le maréchal d'Hocqnincourt à Blénau , « le cardinal Mazarin, effrayé, courut à Gien, au milieu de la nuit , réveiller le roi qui dormait, pour lui apprendre cette nouvelle. » Volt.

Pour éveiUer celui qui a la eommeil tendre , le moindre bruit suffit. Quant à celui qui a le sommeil dur, il faut le r^stUer, c'est-à-dire s'y prendre à plusieurs fois, en le sollicitant , en le secouant. On réveMe et on n'A?etUe pas un mort, ou quelqu'un de sa léthargie, de son assoupissement, on s'éfjeiUe tard, et on se réveille en sursaut. Dans les Euménidcs d'Eschyle, Apollon est venu à bout d'endormir les Furies, cet leur sommeil est bien dur, car il se passe beaucoup de temps avant que Glytemnestre parvienne à les réveiUer. > Lah. « Ceux des Ëtoliens qui dor* maient erurent bien de la peine à se réveiller, » BoLL. On dit plutôt Réveiller ^ et être rHeiUé ou rtfoetUer les autres, car le réveil spontané est presque toujours facile , doux , naturel ; aa lieu qiw le lévail produit ptrdfaatres ou sur d'antres

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

eK foodaiB el ptoB ou moins yioltnt. « Il l'ett éteiUé ^ et m'a. réveillé^ criant au meurtre* »

SCIBS.

On éveiUe et on ^éveUU à l'heure ordinaire, quand il eat déjà grand jour, c Je m'éveille le matia aTte Que joie secrète de voir la lumière.»

KûHTESO.

U est, publeo» grand Joor. Déjà de leor ramage L«t coqt ont éveillé tout notre Tolsinage. Regh.

Mais on réuUU et on se réveille au milieu ou au commeoeeDient de son sommeil , ou bien de grand matin. < le fâcheux y entrant dans la chambre de son liai qoi commence à s'endormir , le réveille pour fentretenir de yains discours. » Labr. « Je Bc sis pas quel plaisir tous prenet à me réveiUer 2iiDilin.>MoL.

Mafebranolie distingue diflérentes sortes de senatioos^ les unes fortes et yiyes, qui, dit-il, éttnnent l'esprit et le réoeiUent avec force , comme lui étant fort agréables ou fort incommodes; faatres £ûble8 et languissantes, qui touchent peu rime, et qui par conséquent VéveillerU à peine, ne lui étant ni fort agréables ni fort in^ eonuuodcs.

Ensuite, réveiUer marque le rétablissement d^ état instantanément changé, c'est-à-dire qu'il sopfpose qu'on s'était éveillé déjà une fois, pnii rendormi : ceux qui s'étant éveillés n'ont pas soin de se lerer , courent risque de se rértUer fort tard. Ce caractère a bien plus d'importance an figuré qu'au propre. On éveille comme onoatiRe le courage, la haine, la colère, en les excitant dans le coeur d'un homme qui ne les a pas; on les réveUle , comme on les nmime , en les renoufelant dans le cœur d'un homme qui les a perdus ou qui les perd.

YÊTIR , REVÊTIR. Us se disent en parlant des habits dont <m se courre.

On revit ce dont on se couvre en second lieu , après s'être véiu , des habits qui se superposent aux Tètements. On est vêtu de ses habits ordinaires, de ceux qui sont faits pour le besoin et la commodité; on est revêtu d'habillements extraordinaires par-dessus les premiers, comme, par exemple , d'une annure , des insignes de la royauté, de la pourpre impériale, et en général des habillements faits pour distinguer les honneurs et les dignités.

Un éréque officiant est vêtu de sa soutane , et métu des habillements pontificaux. « L'évoque et i l'église avec son clergé, et ils sont dé^ ftvêtut. 9 Bobs. « Le grand prêtre Jaddus s'était STincé , revêtu de ses habits pontificaux , au-deimt d'Alexandre, avec tous les autres prêtres, mêtui aussi de leurs habits de cérémonies, et tous les lévites vêtus de blano. 9 Roll.

fiOUYENlR, RESSOUVENIR. Idée précédemment aoimie , puis oubliée, et ramenée enfin devant ks yeux de l'esprit.

Ce dont on se rssfoiieî^nl est d'un temps éloigné, et n'a laissé dans l'esprit que des traces obscures, qui ne peuvent être retrouvées qu'à forée de reoherdies et d'efforts. « On se ressot»- «iesi des choses passées et éloignées. » VAua, « Ta lettre nous a faft ressoikeenir d'une brouildontoD avait perdu la mémoire, tant elle

est absolument passéOi » Pasg. « Dieu enfin se ressouvint de tant de sanglants décrets du sénat contre les fidèles. » Boss.

<K Le ressouvenir, dit fort bien Roubaud, est le souvenir renouvelé d'une chose pluç ou moins éloignée, du moins de notre esprit, et difficile, soit à retrouver, soit à reconnaître. Le souvenir est plutât d'une chose plus ou moins présente k l'esprit y plus ou moins facile à rappelei', plus ou moins fidèlement représentée ; le ressouvenir est plutôt d'une chose plus ou moins oubliée , plus ou moins difficile à retrouver, plus ou moins imparfaitement retracée. »

«.Cypsèle avait tout oublié; mais Périandre le pressa tant, qu'à 1^ fin Cypsèle se ressouvint des dernières paroles que Proclée leur avait dites. » FÉN. « Télémaque croyait même se ressouvenir confusément d'avoir vu en Ulysse des traits de cette ressemblance. » In,

NOM, RENOM. Grande réputation.

Il y a dans renom l'idée de la répétition du nom, lequel s'est étendu en passant de bouche en bouche ; de sorte que renom est le superlatif de nom. Par le nom on est connu , distingué , tiré de l'obscurité; par le renom on fait du bruit, on a de la vogue , on jette de l'éclat. Avec un grand nom on est estimé ; avec un gnmd renom , on est célèbre , on occupe les cent bouches de la renommée.

On se fait un nom, un grand nom en littérature , dans la critique , au barreau , même dans les arts industriels ; le renom , comme la gloire , s'acquiert surtout par les armes, c Des chevaliers de haut renom. » Les. Don Sanche , à qui Chimène confie sa vengeance , est un guerrier sans renom ; ses mains n'ont point été rendues glorieuses par des exploits fameux. Lafontaine a dit au siget de Richelieu :

Que la noit d'aacun temps ne borne la carrière

De ce renom si beau, si grand, si glorieux.

EMDPORTER, REMPORTER. Ils se disent tous deux pour exprimer l'action d'obtenir un prix.

On emporte le prix qui n'est pas disputé ; on remporte celui qui est mis au concours. Pour emporter l'im, U suffit d'être fort; pour remporter l'autre V il faut être plus fort que les autres, il faut triompher de ses concurrents. La Fontaine dit au Dauphin', en lui dédiant ses fables, qu'il emportera le prix de son travail, s'il parvient à lui plaire. Le Cid, vainqueur de don Sanche, remporte le prix du combat; et ce prix est Chimène.

Emporter le prix, quoiqu'on le dise rarement, est néanmoins la seule expression convenable quand il ne s'agit pas d'un prix proposé à des \soncurrents et destiné à celui qui surpassera les autres, mais d'un avantage quelconque auquel on aspire. Charost voulait être fait duc et pair; le roi s'y refusait; Charost insista, et à la fin « il emporta le prix de sa persévérance. > S. S. «La sainteté est une vaste carrière où il y a toujours à courir pour emporter le prix. ' Bouan. « On en voit qui portent asseï bien la croix d'abord et qui se relâchent ensuite : ce n'est point à eux que la couronne est promise, et ce n'est point ainsi qu'on emporte le prix. » In*

Ii2

PREMIÈRE PARTDB

APETISSER, RAPETISSER. Rendre ou deyenir plus petit.

ILapetiuer enchérit sur apeUssefj et signifie apetisser d'une manière réitérée ; il exprime une action plus forte et un effet plus grand. Les jours apetissent quand la diminution est presque insensible ; ils rapetiiieni quand elle est considérable. Bapetùter marque même quelquefois une diminution excessive. « L'espèce humaine parait agreste , contrefaite et rapetUsée dans les climats glacés du Nord, v Buff. « Les Lapons, les Samoièdes, etc. , sont des hommes d'une nature ror ptiisséê , dégénérée. » Id.

Ou bien encore rapetisser est adversatif comme rabaisser y par exemple : il indique une réaction, un effort pour réprimer ce qui tend à s'agrandir, c Vous tendez au grand par la pente de votre cœur, et par l'habitude d'y tendre; mais Dieu veut vous rabaisser et vous rapetisser dans sa main. » Fén.

D'ailleurs, apetisser marque une diminution subite , en un seul coup , et rapetisser une diminution qui se fait lentement, successivement, par progrès. Une étoffe mise à l'eau une seule fois s^apetisse; elle se rapetisse quand la diminution a lieu à la suite de plusieurs immersions. — « Dans la diastole le cœur s'enfle et s'arrondit; dans la systole il s*apetisse et s'allonge. > Boss. Un vieillard rapetisse , parce que la diminution de taille qu'il subit s'opère par degrés. Boileau dit que la servitude est une espèce de prison où r&me décroit et se rapetisse , en quelque sorte.

ACCOURGIR, RACCOURCIR. Rendre ou devenir plus court.

Accourcir exprime une action modérée et un effet peu considérable. « Voulez-vous accourcir l'opération, ne l'interrompez pas. » Fsn. « Il faut lui accourcir un peu le temps de l'étude. » In. La ciguë accowcit de quelques jours la vie de Socrate (Yolt.). Sous ces deux rapports raccourcir enchérit sur le verbe simple. « Télémaque et Hippias sont aux prises : ils se raccourcissent , ils s'allongent, ils s'abaissent, ils se relèvent, ils s'élancent. » Fân. « La nature divine , sans bornes et sans limites, s'est comme raccourcie dans l'incarnation. » Boss. a Mon censeur assure que notre vie est fort raccourcie en comparaison de celle des corbeaux et des cerfs. » Volt.

Ensuite accourcir signifie plutôt réduire à de justes bornes. « Une phrase heureusement accourde. 9 Volt. « Je prie M. de Grignan de prendre soin à^accourcir les lignes que je veux de vous. » Sév. Au contraire, raccourcir^ c'est non-seulement accourcir beaucoup , mais souvent aussi accourcir trop. « Bien loin d'avoir augmenté sans nécessité la durée du temps , je l'ai peut-être beaucoup trop raccourcie, » Buff. « Les lunettes qui grossissent rétablissent peutrétre la véritable grandeur des objets que la figure de notre œil avait changée et raccourcie. » Pasg. — Buffon dit en parlant du roitelet que les Grecs appelaient d'un nom qui signiGe sabot ou toupie : « Cette dénomination est analogue à la forme de son corps aecourd et ramassé. » Et ailleurs, au sujet d'un colibri représenté dans une planche enluminée : « Le corps de l'oiseau y paraît un peu trop rae* \

courei. » — De même Voltaire dit à un jeune homme qui avait traduit une partie de V Iliade : «Je vous sais bon gré surtout d'avoir aecourd. » Et dans son Essai sur la poésie épique , citant un passage de riliade, il s'indigne contre Lamotte-Houdard qui, dans sa traduction, «étrangle ce beau passage et le raccourdt en deux vers. »

Enfin on aceourdt plutôt tout d'un coup. Les Parques , en faisant mourir un homme , aecourdsserU le fil de ces jours (Feu.). Mais raccourcir est plus propre à marquer une action successive. « L'esprit de l'homme s'étend et se rauoureU suivant l'application ou l'inapplication où il vit. » FiN. « L'air froid raccourdt le fer. » Montbsq.

ÉTRÉCIR , RÉTRÉCIR. Rendrer ou devenir plus étroit.

Étrédr signifie cette action simplement; rétrédr l'exprime avec une idée particulière d'intention , de réitération , de persévérance ou de force ; car rétrécir^ c'est étrédr et étrédr encore.— «Ce n'est point un paradoxe de dire que , dans l'état religieux , plus on élargit la route , plus on Yétrédt. 9 BouRD. On peut donc étrédr même sans le savoir ni le vouloir. « Ce chemin étroit qui mène au ciel parut encore trop large à sainte Thérèse , et toute sa vie elle s'étudia à le rétrédr autant qu'il lui fut possible. » Bourd.— Malebranche et Buffon disent que la prunelle de l'œil s'étrédt sous l'impression des rayons du soleil; c'est une action douce et faible. Mais « les muscles , en se resserrant excessivement, rétrécissent la peau, font dresser les cheveux et causent ce mouvement qu'on appelle horreur. » Boss.

D'autre part , rétrédr marque plus proprement ou plus fortement l'excès. Si on ôte à un habit ce qu'il a de trop en largeur, on Vétrédt; on le retrédt en le rendant si étroit qu'il n'est plus possible de le mettre : BagoHn , dans la comédie de Lafontaine qui porte ce nom , essaye vainement de mettre l'habit que La Rancune a eu la malice de lui rétrédr pendant son sommeil :

Mais que vois-je? aorait-on rétréci mon pourpoint? Rétrédr l'esprit dit plus que Vétrédr, de toutes les manières.

TARDER, RETARDER. Remettre à faire en un temps plus éloigné ce qu'on devrait faire- sur-lechamp.

Mais tarder ne désigne que le fait de ne pas exécuter assez tôt; retarder annonce une résolution de la volonté. Pour tarder à partir, il suffit de ne pas partir, et, pour retarder son départ, il faut volontairement et sciemment le fixer à une époque postérieure à celle où il avait été fixé d'abord.— De là une seconde différence, ilefarder suppose quelque difficulté surven\ie , qui force de contrevenir à ce qui avait été réglé , déterminé ; de manière que celui qui tarde n'agit pas en temps convenable et que celui qui reta/rde n'agit pas en temps convenu. Un paresseux tarde à partir ; un homme qui n'avait pas prévu la longueur de certaines affaires , se voit contraint de changer sa résolution et retarde son départ.

D'ailleurs ta/rder s'emploie toi^'ours avec à ou de suivi d'un infinitif, au lieu que retarder veut toujours après lui un substantif sans préposition : tarder d ou de faire une chose; retarder

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

ii3

«n départ, son mariage, ^ conclusion d'une ifiire. c On relarde autant l'œuvre de Dieu, fB'ou tarde à se mettre dans cette disposition, s Bûss.

AHOLLIK, RAMOLLIR. Rendre mou ou moins dur, an propre et au figuré.

On a«otttl ce qui est dur; on ramollit ce qui

est trop on très-dur . La chaleur du soleil amoUit la

are ; lefeo ramoUit le fer . — c La langue humecte

et OÊMtiit les yiandes. > Boss. « Les caiUoux les

plus dm le décomposent à Tair : peu à peu toute

kor sahstance se ramollit et se convertit en terre

upieast.» BuTF. < Dieu touche le cosur du pé-

cbeor pour leromoUtr , parce qu'il est dur comme

k nariire. * Boss.

As figuré , ramolUr exprime plutdt un excès. âmolUr les cœurs ou les âmes , c'est les porter i b doQceur. « Roideur de caractère que rien ifneUil. > J. J. < Amollir l'humeur d'un honmie d'eprit, le rendre plus doux et plus sociable.» Ubi.

Au accents dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres mmolUs dépouillaient leur andace. Bon..

Isnojiir les ccears ou les &mes , c'est les énerver, c Cette musique, qu'il fait mépriser comme capable de ramollir les courages , était sans doute cette musique molle et efféminée , qui n'inspire que ks plaisirs et une fausse tendresse. » Boss. — Quand les deux mots marquent un défout ou un excès , il est plus grand exprimé par ramollir , ou présenté en opposition avec un état antérieur d'où ce rerbe annonce qu'on a été tiré. « Les Toscans élaiat amottis par leurs richesses et par leur hue. » MoHTKSQ. « Les Mèdes , autrefois si laborieox et si guerriers, mais à la fin ramoUû par leur abondance. » Boss.

iDOCŒ, RADOUOR. Rendre doux , au propre^ •t au figuré.

Jtodoiictr se dit de choses plus rudes, ou plus aigres, ou plus^ùres : « on rodouctl les métaux par une fonte réitérée » Agad. ; ou bien des choses qm, étant douces, ont été changées et qu'on ra- Bène à leur état primitif de douceur : «la pluie a radoHdk temps. » Acài>. Mais, on dira d'une manière générale avec l'Académie , la pluie adoucit k temps.

Il en est de même au moral. On radoucit un homme qui est fort en colère.— Ensuite , on adour ôt lliameur de celui qui l'a naturellement rude , «ton radomeit l'humeur de celui qui l'ayant natareUement douce , en a changé tout à coup.

nGHÉRIH, RENCHÉRIR. C'est figurément , par apport à une chose , à ce qu'on a fait ou dit , y ajouter, ûdre ou dire plus.

Mais rendiérir marque un enehériuement difficile ou extraordinaire , parce que la chose était ^ forte ou portée à un haut degré. Aussi dit-on mtthérir encore (J. J., S. S.), renchérir m4me

Page 1