PREMIÈRE PARTIE
seulement en niion des biens des contrîbnables , mais en raison composée de la différence de leurs conditions et du superflu de leurs biens. » I. J.
Les choses départies sont de purs dons, des grâces; elles sont sans relation par conséquent aux titres de ceux qui les obtiennent ; en cela tout à fait différentes des choses répa/iii9i qui ne sont assignées qu'en raison el en proportion de ce que chacun est en droit d'attendre. Un bienfaiteur laisse une somine pour être départie attx paurres d'une commune ; le maire la répwrtU selon les besoins des uns et des autres et le degré d'intérêt qu'ils doivent inspirer.
Ifailleurs, les choses d^MUttet sont toujours des biens ou des avantages, parce que ce sont toujours des dons; au lieu que les choses répara tiee peuvent être des charges* des taxes, des pertes.
DÉTENIR f RETElflR* Ne pas S6 dessaisir d'une chose, la garder; ou ne pas laisser aller une personne , la fiûre demeurer*
Mais dans les deux sens détenir reçoit de sa particule initiale un tel caractère de détermination , qu'il n'est usité que dans le langage de la jurisprudence. Détenir une chose se dit au barreau pour la retenir injustement, contre le droit; et ditmfr quelqu'un, c'est le retenir en prison.
PRfiFIXES DÉ BT COn.
Déférer^ conférer.
DÈPËRIR, œnFÉBEE. Donner des dignités ou dee honneurs.
On défère par défénnee , parce qu'on veut bien considérer le mérite personnel; on confère suivant un rite et avec les cérémonies d'usage.
Déférer se dit plutôt d'honneurs extraordinaires , et indique que , pour les rendre , il fout déroger à la coutume , et sortir du droit commun : « On déf^a à César des honneurs excessifs. » Mortisq. « Les Romains ont déféré les honneurs divins aux empereurs. » Gomd. « Hérode écoute avec complaisance des applaudissements qui semblent lui déférer des honneurs divins. » Mass. c La couronne obsidionale était le plus grand honneur qui pût être déféré à un citoyen. » Roll. « Les réveltés chassèrent leurs officiers du camp, et d'une voix imanime, déférèrent le commandement à deux simples soldats. » In« « Crassus fut élu consul, et on déféra la même dignité à Pompée, quoiqu'il ne fût que simple chevalier, qu'il n'eût pas été seulement questeur, et qu'à peine il eût trentequatre ans. > Ybrt. c Saint Louis ne s'attribuait pis l'honneur d'être le médiateur de tous les rois : il lui était déféré par un libre consentement de tous les princes ses voisins. » Botritn. « L'hôtel de ville de Paris défHa à Louis XIT le nom de Grand: il fut aussi déféré tn eut Pierre par les Jhats de Russie. » You.
Conférer s'emploie plutôt en parlaot des charges et des privilèges légalement et régulièrement accordés par qui de droit, c Sa charge est annuelle , et lui est conférée par l'assemblée générale de la nation. » Bartb. Le roi de Pologne conférait tous les honneurs (Yolt.) , toutes les charges (GoMB.). « Ea suède, le roi eonfkt U dignité
épiscopale. » Gohb. hee eacrements sont eonférég par les prêtres (Bonan., Yolt.). « Les pasteurs doivent exercer le ministère et le conférer à leurs successeurs. » FâN. «Le droit de l'empereur était de conférer tous'les fiefs d'Allemagne , quand ils vaquaient faute d'héritiers. » Yolt. , Coin>. « Le pape donne des buUes de tous les évèchés , et s'exprime dans ses bulles comme s'il conférait ces dignités de sa seule ptdssance. * YoLt. « Chez les Romains , c'était le peuple qui , par ses suffrages , conférait toutes les charges et toutes les dignités. 9 RoLL. c A Oarthage on achetait par des présents lee sufiragee de ceux qui conféraient les chargea. » lo.
PRÉFIXE E <m ex.
Chauffer^ échauffer. Changer ^ échanger. Lever ^ élwer. Se lancer, s* élancer» Mowooir^ énum^ voir. Branler , ébranler.
Deux considérations doivent guider dans la recherche des différences cachées sous la synonymie apparente dont il s'agit i^. La première concerne le rapport naturellement établi entra deux mots synonymes , l'un simple , l'autre composé; la seconde regarde la valeur propre de la prépositive ijoutéo au simpls pour former la composé.
Qu'un mot soit le radical par qui entre comme élément dans un autre conmiençant par une préposition , c'est déjà une ciroonstanoe & remarquer: elle doit produire quelque effet sur le sens, et empêcher les mots d'équivaloir. On aperçoit effeotivement, au premier coup d'œil, que le simple se dit plutôt au propre , et le composé au figuré. Gela doit être. Le simple a pour fonction d'exprimer l'idée commune , telle qu'elle est en soi , radicalement, essentiellement, originellement; an lieu que le composé Jouit d'une plus grande latitude , et se prête davantage aux acceptions lointaines et détournées. Mais , dans l'examen des synonymes , il ne faut pas attacher trop de prix à cette première différence, car elle se montre d'elle-même, et les dictionnaires la signalent d'ordinaire avec une suffisante exactitude.
Une autre , qui mérite plus d'attention sous le rapport synonymique , consiste en ce que le simple se prend dans un sens général et abstrait, indépendamment de tout rapport , de toute idée accessoire, tandis que le composé a plus d'aptitude à devenir technique , à recevoir une acception spéciale et spécificative, une destination particulière, qui le détermine & signifier telle espèce d'action dans le genre plus étendu marqué par le simple. Ainsi , pour ne citer qu'un exemple , le mot échange ne se dit guère qu'en termes d'économie industrielle et commerciale.
Cette seconde remarque mène à vne troisième plus importante encore. S'il était besoin de prouver que le simple est l'expression absolue et ordmaire, il suffirait de rappeler qu'il s'emploie souvent et seul dans le sens neutre et intransitif : le four chamffe; un homme change à vue d'œil ; telle plante commence à Jeeer; à un certain ftga les dents èranJenl ; et de même en latin , laborare , P^mH n'admettent pas de oompléaient , et signi-
STNONTMES QfJl ONT LE MSMB RADICAL.
itl
Int (roMiOMr et pêèhêT^ sans indiquer, comme fjiiorore et eaepiseari , ce sur quoi Ton travaille d ce qu'on prend à la p6che. Or , pour ne pas s'en leoir i Teipression générale et ordinaire , à celle gui exprime Vidée simplement, pour lui préférer une expression relative , il faut avoir des raisons. Ces nisoss s« réduisent à deux. On se propose d exprimer en pareil cas , ou une manière d'agir Temaïqmble par les efforts, le soin ou l'ardeur du sajêt, ea raison souvent des obstacles qu'il rencontre, ou une action remarquable par son GQstav, sa durée, ses détails | ses degrés, sa progression, sa penection, son achèvement. En d astres termes , le simple se borne à énoncer un cemin genre d'action , comme elle se passe d'ordiDiire; le composé ajoute à cette idée celle d'effort ra de violence , d'attention , de précaution , ibxele, d'intention plus marquée, et partant, • d'une plus grande difficulté à vaincre. D'un autre côte , an lieu d'être formel et lustrait comme k simple, le composé est matériel, concret, descriptif, complétif ; il montre l'action du commencement à la fin , passant par différentes phases depuis le point de départ jusqu'au but, et s'esherant entièrement.
De aorte que , en résumé , les verbes simples se distingoeot par quatre caractères des verbes qui en sont formés, moyennant l'adjonction d'une pvticnle initiale : ils s'emploient de préférence SQ propre, d'une manière générale, sans rien annoncer de particulier ou de remarquable dans ragent ni daiis l'action. Les composés , au contnire, conviexment mieux au figuré, se disent soaveBt pour exprimer une espèce particulière d'action, dans le genre signifié par le simple, et de plus, ils ajoutent à l'idée du simple de deux fixons, soit en attribuant au sujet plus d'effort oe de soin, soit en peignant l'action pendant SCO exécution , dans sa prolongation , dans ses deuils, et comme arrivant à un développement comi^i.
Ces quatre distinctions , ou du moins plusieurs d'entre elles « paraissent s'appliquer à la fois à teos les verbes simples , synonymes de verbes composés qui les ont pour radicaux et commencent par une prépositive ^ Mais , ensuite , il faut