‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 99 sur 444 · PRÉFIXES AD ET CON · texte numérisé non relu

PRÉFIXES AD ET CON

Adjuration , conjuration. Assentiment , consentement. Affirmer, confirmer. Attrister, contrister, Atirition , contrition. Attention , contention.

ADJURATION, GOUJCRATION. Ils signifient , en termes de liturgie , les paroles dont on se sert pour exorciser*

Maie le root à'adjuration ne présente que la direction d'une action , c'est-à-dire une sommation de Dieu au démon par le ministère du prêtre. L'idée qui domine dans la conjuration , c'est de se fhire d'une manière complète , avec les cérémonies d'usage, selon le rite, et parfois avec pompe. Autrefois, quand un malade paraissait possédé du démon , et avait vainement reçu les soins de la médecine , on avait recours à l'adjuration; alors un prêtre venait conju/rer Vesprit malin.

D'autre part, et toujours conformément à la valeur des deux préfixes, l'adjurofton n'exprime qu'un commencement d'action, et la eonjuToHon désigne une action qui s'achève , qui par elle-même est complète. Souvent, en effet, Vadjwraêion consiste en un commandement (ait au déHMn, de la part de Dieu, de faire ou de déelarer quelque chose; et il en est de même hors du style religieux : on adjure une personne 6B la sommant au nom d'une chose sacrée, comme la patrie , d'agir ou de parler de telle ou tells manière; canjurnr le démon, c'est simplement le chasser, et non le forcer de faire luimême telle ou telle chose. Cette nuance se conserte au figuré : on sonjure l'orage ou la colère oéleste «n lef^détootmant, et il ne reste plus rien

ASSENTIMENT, GONSBVIÏMBNT.

ment , action par laquelle on conforme soiy liment à d'autres ou à ui» autrOt

L'un est pour l'esprit, l'autre pour là volonté^ l'un concerne la vérité, l'autre la bonté deechoses4 Cela doit être en effet. Le mot assêntêmamn ne marque qju'une direction , une tendance ou uni^ adjonction; vous donne» votre assentiment à, vaa», cboeeiaite, établie, existant déjà îndépendamK ment de votre voix que vous ajoutez. Le motcontentement marque concours et annooee' qu'enmêlant votre sentiment à d'autres, voua cosnplè-' tez quelque chose d'inachevé , qui attendait l'aocession de votre volonté pour se faire ou s'établir. Vous êtes frappé de la vérité d'une propoeitioB ; vous y donnes votre assentiment , maia par là vous ne la complétez point. Vous donnes voira consentement au mariage de votre fils, et il se forme de votre sentimeni et de celui des< aiiirea comme un tout auquel il ne manque rien»

D'ailleurs, en soi Vassentimen^ est un aoquieecement plus partiel que le oonseniement; il ne va pas au delà. de la théorie; de la oonception; ou bien, dans tous les cas, il n'est pas aussi déclaré. o( Il faut , non pas VaseentÀmenl tacite , mais la consentement formel de la nation, pour légitiiiMt les impôts. » MAaii,

Si coneenfement se dit bien aussi quelqiH0ais par rapport à une opinion , c'est qaaaé il a*agit , non d'une opinion faite à laquelle on se jointe maie d'une opinion établie ou constituée par le fsiti même qu'exprime consentement, « L'exieteno» éef Dieu est attestée par le eonesnlernsn^ de tova lœ peuples. » Bàrth.

AFFIRMER , GOI^PIRWER. Présenter ir fotlqu'un une chose ou une proposKioncomme vrûia.

Ces deux mots ont pour radical centtiun fHtma^e^ aesurer , établir quelque chose par la parole. Da&» le premier, ad n'est point addidf ai signe de pi»* ralité , mais augmentatif, en ce sens qu'il marque la fermeté de l'assertion , caf à< cet égard il» ne lé cède point à oonfitnmer : on emploie d'ordinaire' le serment pour affirmer. Mais confirmer renehérât pourtant sur son synonyme , en ce qu'il exprime une réunion, un concours d'assertions , une sorte de renfort opposée au doute et dont on appuie oe qu'on veut persuader.

Quand uno chose est affirmée^ on n'a pour la croire que l'autorité de la parole de celui qui V affirme , qui l'énonce avec assurance. « Dans la magie, il y a des faits embarrassants, affermés par des hommes graves qui les ont vue. > Labk. <( Lorsqu'il faut que nous comparaissions , dit le quaker , devant les magistrats pour les affairée de» autres , nous affirmons la vérité par oui oa par non , et les juges noua en croient sur notre simple parole. » Volt. « Il me parait que M. P. prétend et affirme sans aucun fondement qu'en général tous les Américains étaient destitués de force,» Bu FF. Mais quand une chose est eonjllrm^, sa crédibilité se trouve pour ainsi dire acoompUe, portée au comble par de nouveUes raisons ou par un ensemble de témoignages. « Vous ditaa d'ua grand , qu'il est prévenant , officieux , et voua le confirmeM par un long détail de tout ce qu'il e fait en une aAdre où U a se; que ¥0ua praoiea

SYNONYMES QUI OUT LE MÊUE RADICAL

\Mi > Ubb. < Ce bruit €5t iauz et ne se cotir | iw poiat. > lo.

Oa. dooe ElTire a su oea DouTelles «eméet, Eidnneui don Looialefl tfouve confirmées^ Mmm ( Toilà ce que je vous écrivais il y a huit jours^ etijoe je vous confirme, s J. J. c Voilà, ce qu'il ae diut ce qu'il me confirmok par ce passage de ^nt Augustia. > Pa$c.

ifllnar ne suppose poinl^ comme conpmMTy une asseniM aotôrieiire, à Tappui de laquelle il anooBcttpidque clLOse, preuve ou assertion nou«* Telle; ei de plus^ il ne se dit que des personnes, paroefsH n'y a que les personnes qui puissent ésûQttf me pensée avec assurance. L'actîpn de Ms/inur s'attribue également bien djnx p^rsûn^ Des et 201 choses. « J'admire la faiblesse de nu^n «Eir à douter d'une trahison que tant d'appa* 'escgsjnecon/Srmattfn^ a Kol. c Les monuments k Roffle aiaieat une magnificence qui paraîtrait nnoyahle, ù elle n'était attestée par tous les iustorieos, et eonfinnée par les restes que nous eBn);oQs.a Boss.

inauTER, CONTRISTER. Ren4re triste, cauf a un certain déplaisir. ^^^ ,

t^AUrisU désigne un déplaisir plus apparent qoÊ ^oad, et qui ne liait qu'effleurer le cœur. Coalrtfimacque une personne plus touchée et dei mm plu» grands ou plus prochains. On est ot^rif/f d'une maladie . populaire, d'une continua- Hfio de nuuTais temps, des accidents qui arri- ^t sûus DOS yeux, quoiqu'à d«s personnes in^ diSkentes : on est cantriué d'une maladie gé- Ctfale, des ravages que fait autour de nous une siUdie contagieuse , de. voir ses p«x>iets manques «ttflutes ses espérances évannuies.. » Gin. Cate différence réelle, la même q^i existe en 'itn entre les synonymes analogues approhare et ofapro&are, approuver; amplecti et eompUcU, BB^ser; appelkXK et eompeUere, adresser la P^nie, résulte de la valeur comparative des particalflaadet «m r l'une n'est qu'aiigBMiiiatoe, n l'autre est complétive. Au reste, dads atlrisUrf ^ exprime moins la force de la tristesse que la P^ qu'on prend à la chose affligeante : on y pense, on s'y intéresse, on y est tout au plus attacU. Mais conirUter indique la plénitude, l'éi^doe du sentiment, et aussi son intimité; car eo latjfl dm qu ^on a souvent ce dernier sens, ^ par exemple, dans les mots commemini, «o- J^ûonr, contemnere, c'est-à-dire memini^ not' ^, (maere seçum ou tnf ra ontmum.

Oq dit plutôt un visage attriité et une âme ^^^^tfiiiée. c Le sage observe le désordre public ^Bontie sur soa visage attristé la douleur qu'il ai canse. » J. J. « Si votre mari est digne de ^ »wu, son &me en sera contristée, » In, — ( l'allonge les visages de ceux qui cUtristaieut le Ei«L » Volt. « Vous me faites enrager, monsiear : j'avais résolu de rire de tout, et vous me ^trisUs, * 1d.

ATmiTION, CONTRITION. Termes de dévoUoA «de théologie, qui servent à exprimer la dou- ^w qu'on ressent d'avoir offensé Dieu.

Us ressemblent de tout point aux deux précé- <^, et diffèrent de même. La contrition est la ^Gulsor profoade q;a*un cceui ressent d'a^roir

commis le péché, en tant qu'il offense Die». Le mot attriUotk désigne une couttitiom impai&iAe, inspiré» pav lai difToirnité môme du péché ou par la ccaiate des peîAea de l'enfer, aj^ec- ou sane oomoittDoeiBent d'amour de. Dieu. Dans la z^ de sea LHtreê à un promnci^^ Pascal reproobe aux jésuites d'avoir easeigné que Tafirtlioit^ mAm« sans quelque amour de Dieu, suffit pour mériter au péobeur \» pardon de see fautes»

« Si mon regret ne. va paaiusque^ià, il ne peut être suCfisanâ, et dàa lors je ne suis point dans l'état d'une vraie contrition y m même de eette atlrition parfeite, néeeaaaûre au sacrement de pénit^ce. 9 Bovnn.

AirrEHiTION, GONTEIfTION. Action de l'eapiit qui se porte vers ou sur tel ou tel objet.

Le premier de ces mots est relatif et petni ki tentioHf ou la tension de rintelligenne par tapi* port à la chose vevs laquelle on la dirige ; iJi pré^ sea^e le sujet sortant de lui-même. Le secoopd est intensif; il désigne la tension comme forte^, eonma achevée, et montre le sujet se repliant, se oonceatrant sur lui-môrae. On donne ou ont fait, noa conànUiony nms attention à un objet. Oii div» donc, en ayant égard à l'objet, qu'il demande 4» Vattew4ion pour être compris ou connu, a Ou ne peut rien déooavrir sans att«nlteft. » Aiai.. • L^âMer choisit l'objet qui lut pialt pour en faire Ho mj/àt de son attention. » Boes. Mais, en se bornant à, considérer le sujet, on dira que la coalmliaBdo fatigue. «^ Cette contention do l'&me trop bandéeeft trop tendue à son entreprise, la met aia roueft^ k remptet l'empêche^ » Montaigne. « Faire de lentes cont^AtteMS d'esprit et de corps* s Boi «La oonlentton du travail » Hibm^ « Laissons aux érudits la contention et la fatigue de téftOi » Lah. « Vous pourrez ainsi persévérer dans Peraisott sans trop de aontriUioa et de gène. » Fén.

L'intensité, Tintimité et l'énergie distinguent si bien la coaf^nh'on, que ce mot signifie propattr ment eSbct de toute- sorte, ou iateUectuel ou icblontaire^ « On fait pareilles choses avec diveoa efforts et difiEéreate cwitention de volonté» xMûiir- TALQU. « L'esprit des Orientaux n'est capable d'aucune action, d'aucun cûort, d'aucune oon* tmtion. 9 MoNTESQ. < Il faut qu'on puisse veusr lire sans ennui , aussi bien que sans eooientiMK 9 BuFF. ContenHon ne se prend guère dans le sens. spécial d*attention QuequaAd on Le détermûteem ajoutant d'^rprtl (Boubd.) ou de tête (FiN.). Alert il exprime une al r«nl ton forte , opiniâtre, mèiae fatigante et pénible, qui suppose dans lama^rei* sans s'y rapporter aussi expressément qu'oIlM^*. lton,de la complication et de grandes difficultés.

Page 1