SERGENT
SERPENTINE
bride en métal, un support appelé patte ou mentonnet mobile. A l'extrémité de cette tige vers laquelle est tourné le dessus du support est fixée, à angle droit, une traverse de même largeur et de même épaisseur , dont la saillie est égale à celle du support mobile. Cette traverse, qui forme un mentonnet fixe, est percée d'un trou taraudé dans lequel tourne une vis que l'on meut avec la main parallèlement à la crémaillère.
Placé dans une position horizontale, cet outil serre les planches contre son sup-
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Fig. 3093.
port par la pression qu'exerce sa vis. La même figure montre un sergent en bois avec vis en fer. Elle présente également le sergent en fer, tige carrée dont l'extrémité se retourne à angle droit. Cette petite branche est munie dune douille taraudée dans laquelle passe une vis en fer que l'on fait tourner au moyen d'une manivelle. Cette vis presse une patte mobile qui serre les planches contre un second mentonnet, que l'on peut également faire marcher en donnant sur sa douille quelques coups de marteau.
Cette dernière patte prend une position oblique parce qu'elle peut avancer par
le haut, tandis que les planches l'empêchent d'avancer par le bas. La vive arête interne dans la douille s'abaisse du côté de la vis, presse la face supérieure de la tige du sergent et. comme cette face n'est pas polie, le frottement de cette partie anguleuse de la douille suffit pour maintenir en place la patte et, par conséquent, les deux planches que cette patte rapproche par sa partie inférieure.
Série, s. f. — Série de prix : tarif des prix appliqués aux travaux de bâtiment : on s'en sert pour régler les mémoires et pour dresser les devis.
A Paris, il est d'usage de prendre pour tarif celui qui est employé au règlement des travaux faits pour le compte de l'administration départementale de la Seine ,
Il y a aussi des séries dressées parles chambres syndicales et qui sont fréquemment utilisées.
Serpe, s. f. — Plomberie. Outil composé d'une lame de fer aciérée, courbe et tranchante d'un côté, pourvue d'un long manche en bois et qui sert à couper les tables de plomb.
Treillage. Outil formé d'une lame recourbée vers le haut, affûtée des deux côtés et que les treillageurs emploient pour les ouvrages communs.
Serpentine, s. f. — Minéral qui appartient à la catégorie des roches serpentineases, pierres se rapprochant des marbres par leurs caractères physiques, mais de composition toute différente :
ce sont des hydrosilicates de magnésie.
Ces roches, dont la plus dure est la serpentine proprement dite, qui ne dépasse cependant pas le calcaire pour la dureté, sont faciles à tailler, à couper et même à travailler sur le tour.
On appelle ophicalces les serpentines les plus employées dans les constructions et dans la marbrerie. Elles sont formées de fragments de serpentine
SERPENTINE
SERPENTINE
pure, dont la couleur est généralement foncée, verte, brune ou rouge, réunis par de nombreux filons de carbonate de chaux, ordinairement de couleur blanche.
La serpentine pure s'emploie fréquemment dans la décoration intérieure; à l'air, en effet, elle a l'inconvénient de s'altérer.
Cette roche est généralement verte; mais elle peut présenter des nuances qui varient du brun marron au rouge vif. Elle prend un très beau poli; mais elle est très fragile, résiste mal aux chocs et s'écrase facilement. Le poids du mètre cube varie de 2,756 à 2,957 kilogr.
Parmi les roches serpentineases employées le plus fréquemment dans la marbrerie et la décoration, nous citerons les suivantes :
1° La. serpentine de Saint- Ver an (Hautes-Alpes), qui est une des plus belles serpentines connues ; elle est formée de fragments de serpentine pure reliés par une gangue de carbonate de chaux de couleur verte; on en distingue deux variétés : l'une composée de fragments de serpentine vert-noirâtre avec filons de chaux carbonatée vert-clair et dont la teinte rappelle celle du porphyre vert antique ; l'autre, de couleur foncée , tirant sur le noir-verdàtre et quelquefois traversée par des veines de carbonate de chaux blanc et spathique ; la serpentine de Saint-Véran s'emploie dans la décoration et dans la marqueterie ;
2° La serpentine de Maurins, qui se tire également du département des Hautes- Alpes; cette roche est traversée dans tous les sens par des filons de chaux carbonatée spathique , à nuance tantôt blanche, tantôt vert-clair ou vert céladon; on en extrait des blocs qui ont jusqu'à 3m,50 de longueur et qui peuvent servir à faire des colonnes ;
3° La serpentine du Pech-Cardillac (Lot), qui a une couleur vert olive, vert pistache ou vert noirâtre ; on peut 1 employer comme tables , dessus de
meubles, etc.; on s'en est servi pour la décoration des églises élevées aux environs de cette carrière ;
4° La serpentine de Véru, dans le même département, qui se laisse facilement travailler sur le tour ;
5° La serpentine de Burinco (Corse), qui est connue dans la marbrerie sous le nom de vert de mer ; sa couleur est verte plus ou moins foncée; elle est traversée par de nombreuses veines vert clair ou vert émeraude qui se croisent dans tous les sens et qui sont formées de chaux carbonatée colorée 'par une espèce d'amiante ; cette serpentine prend un très beau poli et produit un très bel effet ; la carrière a fourni des blocs qui ont jusqu'à 4 et 5 mètres de longueur (1) ;
6° La serpentine de Suze (Italie), dite vert de Suze ;
7° La serpentine du val Sésia (Italie), dont quelques échantillons, de couleur vert émeraude, ressemblent à la roche serpentineuse connue sous le nom de vert antique ;
8° La serpentine du Prato (Toscane), de couleur sombre, quelquefois traversée par des veines de serpentine pure de couleur claire, verdâtre ou blanchâtre ; elle brille peu sous le poli, mais se laisse très facilement travailler et peut, par conséquent, servir à l'exécution des sculptures les plus délicates ; la cathédrale de Florence, le campanile de Giotto , l'église Saint-Jean offrent de nombreuses applications de son emploi ; une variété de serpentine du Prato, de couleur vert-foncé, est la plus estimée;
9° La serpentine de Gênes ou vert de Gênes, formée de fragments verts, verts noirâtres, quelquefois rouges ou bruns et d'un ciment de chaux carbonatée blanche ou verdâtre ;
10° La serpentine de Saint-Jean (Grenade), renfermant un grand nombre de parties calcaires formées par de la chaux carbonatée cristallisée et colorée
(1) Th. Château, Technologie du bâtiment.
SERRE
SERRE
en verl clair ; les parties serpentineuses forment des veines d'an vert foncé, quelquefois noirâtre ; cette roche, qui n'est surpassée par aucune autre pour sa belle couleur verte, est très propre à la décoration et a été employée par les Maures à l'Alhambra ;
11° La serpentine de la Haute-Egypte, dite pierre de Baram, qui a été exploitée par les anciens.
Serpentin, s. m. — On donne ce nom à des tuyaux de fer étiré ou de cuivre rouge, employés dans le chauffage à l'eau chaude, au gaz ou à la vapeur.
Tantôt, comme dans le chauffage à l'eau chaude ou à la vapeur, les serpentins sont enfermés dans des poêles ou récipients de métal et employés comme surfaces rayonnantes ; tantôt, comme dans le chauffage au gaz, ils sont percés de petits trous fournissant chacun un jet de gaz; on les enferme clans des poêles dont les parois sont en verre uni, dépoli, ou sont formées par une série de tubes en verre placés les uns à côté des autres.
Serragio (Pierre -marbre de). — Calcaire cristallin, saccharoïde , assez dur, provenant de la commune de Serragio, dans l'arrondissement de Corte (Corse).
C'est une pierre de couleur bleu turquin, analogue au marbre de Corte.
Sa hauteur d'assise varie de 0m,70 à lm,40.
Serre, s. f. — Rfitiment où l'on réunit, pour les garantir contre les rigueurs de l'hiver, les arbrisseaux ou les plantes qui ne sauraient résister au froid.
On distingue la serre froide, la serre tempérée, la serre chaude et les aquariums .
1° La serre froide est celle où la température peut descendre, à la rigueur, jusqu'au0, mais jamais au-dessous. On donne généralement à ces serres le nom d'orangeries, parce que les plus com-
munes sont celles destinées à recevoir les orangers pendant l'hiver.
Toute salle recevant le jour par de grandes et larges baies ouvertes au midi peut être transformée en serre froide ; il suffit d'empêcher la gelée d'y pénétrer et de donner de l'air depuis le matin jusqu'à trois heures de l'aprèsmidi.
2° La serre tempérée peut être construite à un ou deux versants, de forme bombée ou de toute autre forme, selon les circonstances locales.
La température doit y être de 15 à 20 degrés le jour et de 12 à 15 la nuit, ce qui permet d'y cultiver un grand nombre de plantes intertropicales.
Quelle que soit sa forme, la serre tempérée est toujours précédée d'un vestibule vitré servant d'antichambre, afin que l'air extérieur ne soit jamais introduit directement dans l'intérieur de la serre.
Comme conditions essentielles de la santé des plantes, une serre tempérée doit présenter un renouvellement d'air et un arrosage faciles.
Pour obtenir la première de ces conditions, on établit, dans le bas, des tuyaux communiquant avec le dehors et disposés de manière à se trouver en contact avec les tuyaux de chaleur par lesquels la serre est chauffée. L'air s'échauffe donc au contact de ces tuyaux et ne parvient aux plantes qu'après avoir acquis une température égale ou supérieure à celle de l'atmosphère de la serre.
L'eau d'arrosage est amenée dans un bassin ou réservoir en maçonnerie, placé autant que possible au centre de la serre tempérée. L'eau y séjourne, acquiert la température de la serre et peut alors être mise en contact avec les racines des plantes.
La figure 3094 représente la coupe d'une serre à un seul versant, de forme bombée et dans laquelle on voit un massif central sur lequel sont cultivées les plantes en pleine terre, et autour
SERRE
SERRE
duquel on peut circuler ; à gauche sont établis les tuyaux de chaleur. Des consoles fixées sur des tringles suspendues à la toiture supportent des tablettes en fer où Ton place des pots de fleurs.
Comme toutes les serres doivent l'être, celle-ci est exposée au midi et garnie de
Fig. 3094.
larges
vitraux. Des châssis ouvrants permettent de faire pénétrer l'air parle haut et le bas du vitrage. Un chemin de surveillance, établi avec garde-fou à la partie supérieure de la toiture, permet, en outre, d'étendre les claies qui doivent protéger la serre contre les ardeurs du soleil.
La figure 3095 représente un système de claies employé au jardin botanique
et qui peuvent se rouler et se dérouler. On voit en A les tringles en partie roulées et déroulées avec la cordelette et la poulie qui en permet la manœuvre et en B l'assemblage de ces tringles.
Une double serre courbe est représentée en coupe par la figure 3096 (1). Dans la serre du bas se trouve le massif de terre soutenu par de petits murs et des consoles supportant les pots ; dans
de Gand. Ce sont des tringles de sapin réunies entre elles par des cordes minces
Fig. 3096.
celle du haut sont installées des étagères en métal qui reçoivent également des rangées de pots de dimensions différentes.
Nous donnons (fig. 3097), au quart
Fig. 3097.
d'exécution, le détail du balcon en fer qui sépare ces deux serres.
Un autre système d'étagères est représenté par la figure 3098 ; ce sont de simples gradins ménagés dans le sol; le terre-plein n'est plus dans le milieu,
(1) César Daly, Revue d'architecture, 1849-50.
SERRE
SERRE
occupé par le chemin de service ; deux nivaux suffisent à chauffer cette serre.
Fig. 3098.
Ces diverses dispositions peuvent être adoptées pour des serres dans lesquelles
la température est plus élevée. Souvent aussi, on donne à la serre de plus grandes dimensions, qui permettent d'y cultiver des plantes d'une certaine hauteur. La figure 3099 représente un modèle de serre qui avait été construit par M. Maury à l'Exposition universelle de 1867 et qui se composait d'un pavillon central et de deux ailes, le tout en vitrage porté sur un soubassement en briques.
3° La serre chaude est d'un usage plus restreint que les serres tempérées;
Fig. 3099.
elle est destinée à certaines familles de plantes, telles que les palmiers, les cycadées, les broméliacées et les gesnériacées. La température y est maintenue entre 25 et 30° ; souvent, elle fait partie d'une seule et même construction avec la serre tempérée, dont elle n'est séparée que par une cloison vitrée. Selon qu'on doit ou non surcharger d'humidité l'atmosphère de cette serre, on la nomme serre chaude humide ou serre chaude sèche. Ce dernier genre convient aux plantes que nous venons de citer.
La serre chaude humide est principalement destinée à la famille des orchi-
dées. La figure 3100 montre, en coupe, une serre d'orchidées du jardin botanique de Liège. Les terres sont placées au-'
Fig. 3100.
dessus du sol de la serre, et un système de circulation d'eau chaude à air libre fait régner dans ce local une at-
SERRE
SERRURE
mosphèrc à la fois chaude et humide, nécessaire à cette espèce de plantes.
La serre à forcer est une serre chaude sèche dans laquelle on obtient, au moyen de la chaleur artificielle, des fruits et des fleurs en dehors des époques naturelles de floraison et de fructification à l'air libre.
Ce genre de serres est ordinairement construit à un seul versant. Sur le mur du fond, on adosse des arbres fruitiers, tels que les pêchers et les abricotiers. Des pruniers et des cerisiers nains cultivés en pots, des groseillers, quelques ceps de vigne et des centaines de pots de fraisiers occupent la plus grande partie des étagères, sur lesquelles on place également les plantes rares dont on veut hâter la floraison.
Chez les horticulteurs de profession, les serres à forcer sont divisées en deux parties distinctes, Tune pour les fleurs, l'autre pour les fruits.
4° Enfin, les aquariums sont des serres destinées à la culture des plantes aquatiques. Ces plantes exigeant beaucoup de lumière, Yaquarium doit avoir une large toiture vitrée qui se rapproche le plus possible de la surface de l'eau.
Dans les grands aquariums, on amène l'eau à la température nécessaire au moyen de tuyaux placés au fond des réservoirs.
Au point de vue du chauffage de ces locaux, deux systèmes sont employés :
le chauffage à eau chaude et le chauffage à la vapeur. Nous ne nous prononcerons pas entre ces deux systèmes qui ont chacun leurs défenseurs parmi les horticulteurs ; nous dirons seulement ici quelques mots des conduits dont on se sert. Ce sont des tuyaux de fonte ou de cuivre ; la jonction de ces tuyaux exige certaines précautions à cause de la dilatation du métal. Au jardin botanique de Gand, on emploie le mode de réunion suivant : les tuyaux sont en cuivre et n ont que 0m,07 de diamètre. La figure 3101 représente la disposition employée : deux systèmes de quatre
tubes, au lieu de se prolonger sur toute la longueur de la serre, aboutissent à
Pig. 3101.
des cylindres qui sont eux-mêmes reliés par des tubes à double courbure. La disposition adoptée dans les angles est
Fiff. 3102.
représentée par la figure 3102 : un tube h triple courbure relie le système inférieur au système supérieur.
Dans les grands jardins, la serre, objet d'agrément, peut servir de promenade ou de refuge contre l'intempérie des saisons. On doit donc y ménager des allées et des lieux de repos.
Serre-joint, s.
gent.
Vov. Ser-
Serrure, s. f. — Mécanisme en fer et quelquefois en cuivre que l'on emploie pour fermer les portes, les vantaux d'armoire, les coffres, tiroirs et meubles de tous genres.
Cet appareil se compose de trois parties distinctes : 1° la serrure proprement dite, bâti de fer qui renferme le pêne ou verrou de la serrure ; 2° la clef qui le fait mouvoir; 3° la gâche, pièce de fer dans laquelle ce pêne va se loger et qui est fixée au moyen de vis ou scellée sur le chambranle de la porte.
La boîte rectangulaire qui renferme
SERRURE
SERRURE
le mécanisme se compose d'un fond ou plaque de tôle rectangulaire appelé palustre et de quatre côtés dont l'un, plus saillant, est le rebord, la tête ou têtière, à travers lequel passe le pêne, les trois autres formant la cloison. Ces pièces sont maintenues ensemble de la manière suivante : deux étoquiaux ou petites tiges de fer, à section carrée, de 0m,002 à 0m,003 d'épaisseur sont rivés à la fois sur le palastre et sur la cloison ; ces deux pièces sont, de plus, unies à la lime et au bout de la cloison ; de chaque côté est ménagé un petit tenon qui se taille à queue d'aronde et assemble cette pièce avec le rebord. Celuici, suivant les serrures, est percé de deux trous pour laisser passer les vis qui doivent le fixer sur l'épaisseur de la porte. Dans le même but, le palastre est percé aussi de deux, trois ou quatre trous qui reçoivent des vis d'attache.
La figure 3103 représente une boîte de serrure ainsi composée, le mécanisme intérieur étant enlevé : A le palastre, R la cloison, C le rebord, tête ou têtière, percé d'un trou rectangulaire pour le passage du pêne et de deux trous circulaires pour les vis, puis les étoquiaux et les trous faits au palastre.
Fig. 3103.
C'est sur ce dernier que sont montées, au moyen d'étoquiaux, d'arrêts et de vis, les pièces du mécanisme : pênes à demi-tour, pênes dormants, gros pênes, pênes à verrous de nuit, grands ressorts à gorge, équerres, picolets, foliots, ressorts à boudin, planches (voy. ces mots).
La boîte de la serrure est fermée par une couverture ou foncet, feuille de tôle
mince dont les dimensions sont celles de l'intérieur de la boîte. On lui ménage (fig. 3104), du côté du rebord, deux petits tenons qui entrent dans ce rebord et affleurent extérieurement ; les étoquiaux de la cloison le soutiennent et, sur la partie de la cloison opposée au
Fig. 3104.
rebord, on rive un petit tenon dans lequel on taraude un pas pour la vis qui traverse en cet endroit la couverture et la rend solide. Le foncet porte Ventrée et, dans les serrures à broche, le canon, qu'on y fixe par une embase ou par des pattes rivées ou brasées.
Les pièces extérieures de la serrure sont : le cache-entrée (voy. ce mot) ; le faux fond, sorte d'embase fixée en dehors du palastre par deux ou trois vis à tête fraisée à l'intérieur ; (c'est dans le faux fond que la broche est ajustée, rivée et brasée) ; le bouton de coulisse, le bouton coudé.
Nous allons décrire les serrures les plus habituellement employées :
1° Les serrures dites becs-de-cane (voy. ce mot) sont celles qui fonctionnent à l'aide de boutons ou de béquilles.
2° Les serrures tour et demi représentent l'espèce la plus répandue et servent pour portes d'armoires et portes de logements.
La figure 3105 représente une serrure d'armoire à tour et demi. On voit en A une vue de face de l'intérieur de cette serrure, le foncet R étant enlevé, et en C une coupe horizontale faite sur l'axe du pêne a; celui-ci est muni de barbes et est maintenu dans son mouvement de glissement par un arrêt c. Derrière le pêne a est une gorge en cuivre dont
SERRURE
SERRURE
Tune des branches , recourbée , est pourvue, à son extrémité, d'un œil qui permet de la fixer, à l'aide d'une vis, sur le palastre. La clef, qui est forée, est guidée par le canon D et la bouterolle e; le panneton est fendu parallèlement à la tige pour donner passage au rouet ou garniture demi-circulaire dont on voit la projection sur la figure. Dans la position représentée ici, la tête du pêne est en partie sortie de la boîte et engagée dans la gâche, il suffit d'un demi-tour de la clef accrochant la barbe du pêne la plus rapprochée du rebord pour faire rentrer la tête du pêne dans la boite et ouvrir la porte. Si, au con-
oNLk
C H g=JJ
Fig. 3105.
traire, en considérant toujours la position représentée par la figure, on fait tourner la clef dans l'autre sens, celleci soulève la gorge, dont on voit le bord inférieur en dessous du pêne; le petit tenon ou cran d'arrêt, qui est fixé à la partie supérieure de la gorge et qui entre dans une des deux encoches pratiquées sur le dos du pêne, se soulève également ; la clef, continuant sa rotation, pousse la barbe du pêne non plus en avant, comme dans le mouvement précédent, mais en arrière, et la tête du pêne sort tout entière pour entrer dans la gâche; en même temps, le ressort pousse la gorge, dont le tenon retombe dans la seconde encoche faite sur le dos du pêne et forme arrêt pour ce dernier ;
la fermeture est alors aussi complète que peut le donner ce genre de serrure. Pour ouvrir, il faut alors un tour et demi de clef. Au premier demi-tour, la clef soulève la gorge, la retire de l'encoche où elle forme arrêt, accroche la seconde barbe du pêne et lui donne un mouvement de glissement en arrière ; elle continue sa rotation, fait un tour entier et accroche la première barbe, de manière à ouvrir comme nous l'avons vu plus haut. Le talon indiqué en d sert à fixer le foncet.
La figure 3106 montre, à moitié d'exécution, l'intérieur d'une serrure d'armoire à tour et demi, où les pièces sont disposées un peu différemment : le ressort est fixé à la partie inférieure du
Fig. 3106.
palastre; la gorge au contraire a son œil placé dans le haut; le rouet formant la garniture est plus rapproché de la bouterolle; le talon du foncet est à mi-hauteur de la cloison. Le mouvement est exactement le même.
Ces appareils de fermeture sont en-
Fig. 3107.
core appelés serrures encioisonnées à
SERRURE
SERRURE
cai)on. On en fait qui sont encloisonnées également, mais sans canon, et d'autres qui sont dites à entailler, c'est-à-dire que Ton entaille le vantail pour les loger : la figure 3107 représente une serrure de ce genre demi-grand eur à canon, avec une planche comme garniture, gorge et ressort à pincette.
Nous donnons encore (fig. 3108) une serrure à tour et demi en supposant le pêne rentré intérieurement et, par conséquent, la porte ouverte. Cette position est amenée lorsque le panneton de la clef , après un demi-tour , appuie , d'avant en arrière, contre la première barbe du pêne, lui ayant fait parcourir toute sa course dans ce sens, et soulève en même temps la gorge, dont le cran d'arrêt est sorti de la première encoche. La figure que nous donnons ici représente la clef dans la position indiquée, la tige étant coupée. Cette serrure est,
fîr^~:=~~~=:=^z.
Fig. 3108.
de plus, à clef bénarde ; elle n'a pas de bouterolle. La virole qui se voit sur le pêne sert à maintenir une vis qui correspond, à l'extérieur du palastre, à un bouton dit bouton de coulisse, au moyen duquel on peut faire glisser le pêne sans le secours de la clef quand la serrure n'est pas fermée à tour et demi. Cette serrure est dite aussi serrure bénarde, parce qu'elle est sans broche et a une ouverture des deux côtés pour la clef, de sorte que l'on peut ouvrir et fermer en dedans comme en dehors avec la même clef.
3° La serrure à deux pênes, pêne dormant demi-tour et bouton double, est très employée pour les portes inté-
rieures d'appartement. Elle renferme (fig. 3109) deux pênes, dont un pêne dormant a, qu'une clef bénarde ouvre à demi-tour en soulevant la gorge h sur
Fig. 3109.
laquelle agit un ressort en lame d'acier placé au-dessus ; il y a souvent une planche comme garniture ; le pêne coulant c se meut au moyen d'un foliot d, dans lequel passe un bouton double.
Ce genre de serrure est construit sur différents modèles ; il y a entre autres : les serrures pêne dormant et demi-tour façon Jacquemart, les serrures pêne
Fig. 3110.
dormant et demi-tour à traînette, les serrures pêne dormant et demi-tour avec verrou de nuit, comme celle que représente la figure 3110.
4° La serrure à pêne dormant, un seul pêne, deux tours, est employée pour les portes de cave, avec ou sans garniture et clef bénarde.
Nous donnons (fig. 3111) une serrure de ce genre, système à gorge. Sur le pêne, dont la tête carrée est de forte dimension, sont montés la gorge à deux crans d'arrêt et le ressort qui est une simple lame d'acier un peu courbée
SERRURE
SERRURE
pour appuyer sur la gorge par son ex-
rwVl
Fig. 3111.
trémité libre. Une planche forme garniture.
o° Les serrures de sûreté qui sont les plus communément employées sont celles que nous allons maintenant décrire :
La serrure tour et demi, clef forée, comme celle que représente la figure 3112 , est à svstème Rricard , mar-
Fig. 3112.
quée ST et avec verrou de nuit. On emploie ce système pour la fermeture des chambres de domestiques et des portes d'entrée de petits logements.
La serrure de sûreté à deux tours et demi, clef forée (fig. 3113), est armée de deux pênes indépendants A et R, ce dernier en bec de cane pour le demitour, l'autre, qui est carré au bout, pour les deux tours. Pour ouvrir le premier, on fait tourner la clef de manière qu'elle attaque le bras C d'un levier coudé dont le centre de rotation est sur le pêne dormant À; l'autre bras, qui a son extrémité engagée dans le pêne R, fait alors rentrer celui-ci dans le palaslre. Aussitôt que la clef cesse d'agir, le ressort D pousse le pêne et le fait saillir au
dehors. Si maintenant on tourne la clef en sens contraire, le panneton de celleci soulève la gorge placée derrière le pêne et à laquelle est fixée la gâchette E, et attaque la première barbe du pêne.
L'extrémité recourbée de la gâchette se trouve ainsi dégagée de son encoche, et le pêne entre d'un cran dans la gâche. La clef ayant achevé son tour et n'agissant plus sur l'ancre ni sur la barbe, l'extrémité de la gâchette tombe dans l'encoche suivante sous la pression du ressort fixé en haut du palastre. En même temps que le pêne auquel elle est liée, l'équerre marche aussi en avant et
Fig. 3113.
d'une quantité telle que son bras C ne peut plus être rencontré par la clef.
Enfin, un second tour de clef fait encore avancer le pêne A et amène la troisième encoche sous l'extrémité de la gâchette. Pour ouvrir la porte, il suffit d'exécuter la même opération en sens inverse. Le pêne A rentre dans la boîte, l'équerre revient à sa position primitive, et un troisième tour de clef, en attaquant le bras C, fait rentrer le bec-de-cane. Ce dernier peut aussi être poussé en arrière au moyen d'un bouton de coulisse P. Ces serrures sont toujours munies de gardes et sont à clefs forées.
Les serrures de sûreté à gorges mobiles ont quatre ou six gorges ; ces gorges sont de petites plaques de cuivre comme celle qui est représentée par la figure 3114 ; elles sont superposées et toutes percées d'un œil que traverse un éloquiau. Ces gorges sont découpées, à leur partie inférieure, suivant des profils différents, et pourvues d'encoches
SERRURE
SERRURE
et de crans d'arrêt qui servent à régler la marche du pêne ; elles sont soulevées par la clef, dont le panneton est entaillé à cet effet ; un tenon fixé sur le pêne passe, à chaque tour de clef, entre les
Fig. 3114.
redents des gorges pour tomber successivement dans les encoches voisines. De petites lames d'acier fixées aux gorges par entailles et formant ressort favorisent ce mouvement.
La figure 31 lo représente une serrure de sûreté à six gorges et à bouton coudé ; ce dernier est soumis à l'action d'un ressort enroulé autour de sa tige. Les gorges, munies de trois encoches, per-
Fig. 3115.
mettent de faire manœuvrer le pêne en deux tours de clef et une équerre, mue par un demi-tour, agit sur le pêne coulant comme dans la serrure précédente.
Les anciennes serrures de sûreté se distinguent surtout des nouvelles par la complication des garnitures.
Les serrures de sûreté avec ou sans gorge peuvent être à foliot pour le demitour. Celle que représente la figure 3116 est ainsi disposée et reçoit le nom de
serrure en large , parce qu'elle est plus haute que large, pour être posée
Fig. 3116.
sur des parties étroites ; les autres sont des serrures en long.
La serrure de sûreté à pompe, dont la clef a des fentes parallèles à la tige (voy. Clef) fonctionne comme le piston d'une pompe.
Outre les serrures que nous venons de décrire et dont le pêne sort de la boîte pour s'engager dans une gâche, on fait aussi des serrures dont le pêne reste toujours renfermé. Alors, la pièce qui sert de gâche porte un anneau plat nommé auberon, qui pénètre dans le palastre par une ouverture pratiquée à cet effet. Les serrures de malles et les cadenas ordinaires appartiennent à cette catégorie.
Les serrures sont dites poussées lorsqu'elles ne sont que blanchies extérieurement; les autres sont noires ou polies] on en fait même qui sont moirées.
A Paris, on distingue les serrures en serrures ordinaires et serrures marquées ou estampillées.
L'estampille indique la provenance de la serrure ; la plus estimée est la serrure Bricard, marquée ST ; ensuite, on compte les marques JP M, FT, A G, T, Union des quincailliers, etc.
Il nous reste à dire quelques mots des serrures dites de précision, à secret ou à combinaisons.
Les serrures à secret sont ainsi nommées parce que quand elles sont fer-
SERRURE
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mées on ne peut les ouvrir que d'une certaine manière. Leur ouverture est presque toujours munie d'un cacheentrée, dont la disposition peut varier à l'infini et qu'il faut nécessairement déplacer pour introduire la clef.
Les serrures à combinaisons sont formées d'un mécanisme composé de pièces qu'il faut placer dans un certain ordre pour qu'on puisse obtenir leur ouverture. Les unes s'ouvrent sans clef, dès que ces pièces ont été mises dans la position voulue ; les autres s'ouvrent avec une clef d'une construction particulière.
Parmi ces dernières serrures qui sont très anciennes, on compte la serrure égyptienne, qui était généralement employée plus de dix siècles avant notre ère et dont l'usage est encore aujourd'hui très répandu dans l'Orient. La construction de cette serrure repose sur le principe qui consiste à mettre des obstacles au mouvement du pêne. Ce principe a été appliqué en 1784 par l'Anglais Bramak, pour sa serrure à pompe.
La serrure de ce dernier genre a servi de type à un grand nombre d'appareils analogues, parmi lesquels nous citerons:
la serrure à gorge et à délateur de Chubbs (le délateur est une petite pièce qui tombe dans une encoche du pêne lorsque les gorges sont soulevées par une clef étrangère et qui empêche l'ouverture de l'instrument ; dans ce cas, la clef même de la serrure ne peut plus ouvrir, ce qui dévoile l'introduction de la clef étrangère) ; la serrure à clef changeante de Rochefort et la serrure à permutation de Day et Newel.
Ces serrures, bien que n'étant pas incrochetables, exigent beaucoup de temps pour être ouvertes.
Les serrures qui s'ouvrent sans clef sont formées de plusieurs viroles portant des lettres, des chiffres ou des signes quelconques , susceptibles de prendre un très grand nombre de positions différentes, et il n'y a, pour chaque virole , qu'une position qui permette l'ouverture de la serrure.
Historique. On ne saurait assigner une origine certaine h l'usage du mode de fermeture au moyen de serrures; mais il paraît fort ancien.
M. de Vogué a tout récemment rapporté de Jérusalem une serrure en bronze , trouvée dans les fouilles exécutées sur l'emplacement de l'ancien
Fie 3117.
temple de Salomon. Le principe sur lequel est basée la construction de cet appareil est le même que celui des
serrures en bois actuellement en usage chez les Égyptiens, et cette découverte semblerait confirmer l'authenticité du
SERRURE
SERRURERIE
récit de Denon, qui dit avoir vu sur les bas-reliefs du grand temple de Karnac une image identique à celle des serrures modernes du pays. La serrure trouvée à Jérusalem est formée d'une boîte dans laquelle glisse un pêne quadrangulaire mû par une clef pourvue de goujons, qui entrent dans des trous ménagés dans le pêne. D'ailleurs, la figure 3117, qui représente, vue sur ses deux faces, une serrure égyptienne en bois, fera mieux comprendre notre explication. Pour ouvrir, la clef munie de goujons repousse les pointes que Ton voit sur la face interne du coulisseau et qui en tombant arrêtent le pêne. La serrure hébraïque diffère de celle-ci en ce que la clef, au lieu d'être en prolongement du pêne, est introduite perpendiculairement.
On ne sait pas si les Grecs employaient les serrures ; les auteurs anciens parlent souvent de clefs ; mais on ne peut affirmer qu'elles n'avaient pas pour office de faire mouvoir des verrous, des cadenas ou un système quelconque de fermeture. On manque, en effet, à cet égard, de documents certains. On a cependant trouvé des serrures à Pompéi, ville d'origine grecque ; mais leur présence dans cette ville, au moment de la catastrophe qui la détruisit, n'étaitelle pas déjà due à l'influence romaine ? On ne saurait trancher cette question dans l'état actuel de la science archéologique.
Les portes romaines se fermaient, en effet, à l'aide d'un mécanisme qui nécessitait l'emploi d'une ou de plusieurs clefs, dont la forme et la disposition variaient à l'infini, ce qui démontre que la serrure romaine devait présenter une complication de mécanisme aussi grande que celle des serrures modernes. Le mot latin sera ne s'appliquait pas aux serrures fixes, mais aux serrures mobiles, telles que les cadenas, et l'on pourrait croire, si l'on s'en rapportait aux textes des auteurs anciens, que le.s Romains n'avaient pas de serrures fixes ; mais on a trouvé sur divers points de
véritables serrures fixes avec leurs pênes, leur palastre, leur foncet, leur cloisonnement, le tout en bronze.
Serrurerie, s. f. — Art qui tire son nom de la fabrication des serrures, mais qui embrasse toutes les applications du fer à la construction des machines, des instruments et outils et des édifices de toute espèce.
Considéré comme une branche de la construction proprement dite, cet art comprend l'exécution :
1° Des gros ouvrages en fer tels que poutres, solives, combles, pans de fer, ponts métalliques, serres, etc. ;
2° Des ouvrages dits de forges, tels que grilles, rampes et balcons, chaînes d'écartement , potences , corbeaux , étriers, pentures, pivots de grandes portes et autres, et tous les gros fers qui se livrent au poids ;
3° Des ouvrages tirés de fabriques, serrures , verrous , targettes, paumelles, charnières et autres,. servant à la fermeture des portes et qui sont compris sous le nom de quincaillerie.
L'emploi du fer dans la construction des édifices est fort ancien : les Romains en faisaient usage comme agrafes, crampons, goujons, chevillettes , boulons à clavettes, queues-de-carpes, équerres, étriers, etc.
La période qui suivit la chute de l'empire romain fut une époque de décadence pour l'art de la serrurerie.
Au moyen âge, à partir du xne siècle, l'industrie des fers forgés commença à progresser notablement ; toutefois , la ferronnerie ou grosse serrurerie resta, faute de moyens puissants comme ceux que nous possédons actuellement, dans un degré d'infériorité complète par rapport à la serrurerie fine, qui s'éleva, au contraire, à la hauteur d'un art véritable, aussi bien dans sa forme que dans ses moyens d'exécution.
On admire aujourd'hui les magnifiques ouvrages, grilles, croix, reliquaires, portes de tabernacles, pupitres,