TABERNACLE
TABLE
Tabatière, s. /". — 1° On donne ce nom à une rosace double en fonte ou en cuivre qui s'emploie habituellement pour orner un croisillon ou une croix de Saint-André.
2° Châssis à tabatière (voy. Châssis).
Taberna. — Mot latin duquel dérive le terme français taverne et qui désignait, à Rome, ce que nous appelons boutique.
Les boutiques primitives de cette ville étaient de simples échoppes adossées à la façade des maisons ou établies sous les colonnades qui entouraient les marchés. Plus tard , les tabemœ occupèrent le rez-de-chaussée des maisons munies ou privées de communication avecrintérieur de l'habitation, selon que le commerçant y avait ou non son logement.
La plupart des boutiques romaines étaient ainsi composées : une seule pièce avec devanture fermée par un mur à hauteur d'appui servant de comptoir, des volets de bois étant utilisés pour la fermeture de nuit ; quelquefois, une petite arrière - boutique et quelques autres dépendances.
On appelait taberna deversoria et meritoria ou simplement aussi taberna une sorte de cabaret que les propriétaires de vignobles voisins des grands chemins établissaient à l'extrémité de leur propriété et où ils faisaient débiter les produits de leurs domaines.
Tabernaele, s. m. — Terme qui vient du latin tabemaculum avant lui-
même pour origine le mot taberna, signifiant pauvre et chétive habitation.
Tabemaculum désignait encore la tente, qui était faite dans les camps en matériaux légers.
C'est sous une espèce de tente portative, construite en planches de bois de cèdre, que les Israélites placèrent d'abord les tables de la loi et les vases sacrés.
Plus tard, ils déposèrent ces objets dans ce qu'on appelait Y arche sainte, placée dans le lieu le plus retiré du temple, auquel on donna, par tradition, le nom de tabernacle.
Aujourd'hui, on désigne ainsi un édicule de marbre ou de menuiserie, de métal ou d'orfèvrerie, que Ton place au centre de l'autel chrétien pour y renfermer le ciboire et les hosties consacrées. Tantôt on fait les tabernacles isolés, tantôt on les assemble avec le retable et le contre-retable ; la forme en est très varée et l'art déploie souvent toutes ses ressources pour les construire et les décorer.
Cette application du mot tabernacle à ces édicules ne remonte pas au-delà de la fin du xvuc siècle, car autrefois les hosties étaient conservées dans le ciborium (voy. ce mot).
Le nom de tabernacle a même été donné, par extension, au baldaquin surmontant l'autel.
Table, s. f. — 1° Partie de maçonnerie, soit en pierre, soit en plâtre, de forme rectangulaire et qui sur le pare-
TABLE
TABLE
ment d'un mur est en saillie ou renforcée.
On appelle :
Tables à crossettes, celles qui sont cantonnées par des crossettes ;
Tables couronnées, celles qui sont surmontées d'une corniche (fig. 3226) et
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Fig. 3226.
sur lesquelles on taille quelquefois un bas-relief ;
Table d'attente, une partie de pierre laissée en bossage, dans la construction d'un édifice et sur laquelle on doit sculpter un bas-relief ou graver une inscription.
Dans les ravalements en crépi moucheté de mortier ou de plâtre, on nomme tables les panneaux qui sont encadrés de bandes d'enduit lisse.
Une table fouillée est celle qui est renfoncée dans le dé d'un piédestal ou ailleurs et qui est ordinairement encadrée d'une moulure.
On appelle table rustique celle que l'on pique pour que le parement en paraisse brut.
On emploie ces tables dans les édifices, tels que fontaines, grottes, etc., d'architecture dite rustique.
2° On a découvert dans l'atrium des maisons de Pompéi des dalles moulurées ou tables, dont on ne saurait préciser la destination. Ces tables se trouvaient placées sur l'un des côtés de l'impluvium et devaient sans doute recevoir des ustensiles domestiques.
Le plan représenté par la figure 3227
est celui d'un impluvium appartenant à la maison de Cornélius Rufus, presque
Fig. 3227.
à l'angle des rues de Stabre et d'Holeonius. La table en marbre, placée sur le
Fig. 3228.
bord du bassin, était supportée par deux pieds qui seuls existent encore et dont
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on voit les traces sur la même ligure. Entre ces supports, on remarque une ouverture circulaire, qui était probablement occupée par une fontaine. Nous donnons (fig. 32-28) un des pieds, vu de face, avec l'angle restauré de la table, d'après un dessin de M. Moyaux, publié par le Moniteur des architectes.
L'œuvre est due, sans doute, au ciseau d'un artiste grec, qui a su donner à ces supports une grande fermeté et beaucoup de noblesse de caractère.
3° Table d'autel : table de pierre élevée sur des piliers de pierre également ou sur un massif de maçonnerie, et sur laquelle on dit la messe. Ce peut être aussi une table en bois.
4° Sainte table : balustrade ou grille qui, dans les églises, sépare le chœur du sanctuaire, et où les fidèles viennent s'agenouiller pour recevoir la communion.
Cette balustrade recevait autrefois le nom de chancel (voy. ce mot).
o° Les plombiers donnent le nom de table à une sorte d'établi long, ayant des bords relevés formant cuvette et sur lesquels ils coulent le plomb.
Ils donnent aussi à cette table le nom de madrier (voy. ce mot).
Les feuilles de plomb, coulées ou faites au laminoir, sont également appelées tables.
Table d'école, table-banc. Dans les établissements d'instruction publique, les classes et les salles d'étude ont pour principal mobilier des tables avec bancs placés au-devant pour que les élèves puissent s'asseoir et travailler. Les architectes qui construisent les écoles communales , dont le nombre tend à s'accroître de jour en jour, ont à se préoccuper des meilleures dispositions à appliquer à ces sortes de meubles.
Bien des systèmes ont été employés jusqu'ici. On fait, par exemple, des tables en bois avec supports en bois ou en fer et bancs séparés ou libres ou fixés au sol.
On en fait également dans lesquelles
les bancs sont reliés aux tables par des
Fig. 3229.
traverses comme le montre la figure
La tablette même qui forme le dessus du meuble est légèrement inclinée et munie d'un rebord qui empêche de tomber crayons et porte-plumes.
Une tablette moins large, fixée audessous de la première, peut recevoir divers objets, cahiers, livres, etc. Sou-
Fig. 3230.
vent, cette tablette est remplacée par un véritable pupitre, comme le montre la figure 3230.
Comme exemple de table soutenue par des supports en fonte, nous donnerons (fig. 3231) le système Lenoir, adopté par les écoles de l'État et de la ville de Paris. Le banc est relié à la table même ; celle-ci est pourvue d'encriers, d'un porle-modèles de dessin et d'un pupitre.
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On fait encore des tables auxquelles est rattaché, non plus le banc qui leur
- 418 — TABLE
par une embase avec la traverse infé
Fig. 3231.
sert de siège, mais le banc de la table voisine.
Dans le système que représente la
figure 3232, ce siège est mobile comme un abatant.
Les deux genres de tables que nous venons de citer ont conduit naturellement à l'adoption, dans certains cas, du système que la figure 3233 représente et dans lequel deux tables et leurs bancs sont reliés ensemble.
On fait aussi de ces tables avec sièges isolés (fig. 3234), rattachés seulement
Fig. 3233.
rieure du meuble et, par conséquent,
Fig. 3234.
mobiles dans un sens parallèle à la table.
Bien d'autres systèmes sont appliqués au mobilier des écoles , mais qu'il n'entre pas dans notre cadre de passer en revue ; il nous suffit d'avoir indiqué par quelques exemples les progrès accomplis dans ce genre d'ouvrages.
Le règlement pour la construction et l'ameublement des maisons d'école, arrêté par le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, le 17 juin 1880, contient, relativement au mobilier des écoles, les prescriptions suivantes :
« Art. 90. Les tables-bancs seront à une ou deux places, mais de préférence à une place.
« Quatre types seront établis pour les écoles des communes dans lesquelles il n'existe pas de salle d'asile (écoles à classe unique) :
« Le type I pour les enfants dont la taille varie de 1 mètre a lm,10 ;
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« Le type II pour ceux de lm,ll à 1"\20;
<( Le type III pour ceux de lm,21 à lm,35;
« Le type IV pour ceux de lm,36 à lm,50.
« Trois types seulement, les types II , III et IV seront adoptés dans les écoles qui ne reçoivent les enfants qu'à six ans, c'est-à-dire au sortir de la salle d'asile (écoles à plusieurs classes).
« Un cinquième type pourra être
établi pour les enfants dont la taille excéderait lm,50.
« On inscrira sur chaque table-banc le numéro du type auquel elle appartient, avec indication de la taille correspondante. Exemple : III, lm,21 à lm,35.
« Les instituteurs devront mesurer leurs élèves, une fois par an, à l'époque de la rentrée des classes.
« Art. 91. La tablette à écrire aura au-dessus du plancher, mesures prises au bord de la table, les dimensions cidessous :
Hauteur au-dessus du sol
Largeur d'arrière en avant.
Longueur pour la table-banc à une seule place
Longueur par place d'enfant pour la table-banc à deux
places
Soit pour les deux places
TYPES
\ cr
« L'inclinaison variera de 15 à 18 degrés , sans être jamais inférieure à lo degrés.
« Art. 92. Le banc sera fixe, légèrement incliné en arrière et aura les dimensions ci-dessous :
Hauteur au - dessus du sol , prise au milieu du
banc
Largeur d'avant en arrière
Longueur (banc à une place)
Longueur (banc à deux places)
Soit pour le banc double
TYPES
] er
0ra,30
il 50
« Art. 93. Le dossier du banc à une seule place et du banc à deux places consistera en une traverse de 0m,10 de
largeur dressée droite avec arêtes abattues ; il aura les dimensions suivantes :
Hauteur de i'arètc supérieure au-dessus du siège, à . . . Longueur égale à celle du banc pour la table- banc à
une seule place
Et pour la table-banc à deux places
TYPES
jer
TABLE
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« Art. 94. Le banc et le dossier seront continus, toutes les arêtes seront abattues.
« La tablette à écrire peut être mobile ou fixe.
« Suivant qu'on fera emploi de l'une ou de l'autre , les règles cidessous énoncées devront être observées :
Table-banc à tablette mobile.
1° Situation où la tablette est rapprochée de l'enfant.
La verticale tombant de l'arête de la tablette devra rencontrer le banc à une distance du bord antérieur de ce banc égale à
L'intervalle entre l'arête de la tablette et le dossier sera de
TYPES
1er
'xe
2° Situation où la tablette est éloignée de l'enfant.
Entre ladite verticale et le bord antérieur du banc,
l'intervalle sera égal à.
TYPES
1er
/ée
0«VH
om,12
« Art. 95. La tablette dite à bascule, formée de deux parties se repliant l'une sur l'autre au moyen de charnières, est interdite.
Table-banc à tablette fixe.
« Art. 96. La distance entre le banc et la tablette sera nulle , c'est-à-dire que la verticale tombant de l'arête de la table rencontrera le bord antérieur du banc.
« Art. 97. Un casier pour les livres sera aménagé sous la tablette à écrire.
« Art. 98. Un encrier mobile de verre ou de porcelaine à orifice étroit sera adapté à la table et placé à la droite de chaque élève.
« Art. 99. Les traverses, barres d'attache, barres d'appui pour les pieds reposant les unes sur les autres sur le plancher, sont interdites.
« Art. 100. Une table avec tiroirs posée sur une estrade de 0m,30 à 0m,32 (hauteur de deux marches) servira de bureau pour le maître.
« Art. 102. Les tables des classes de dessin seront simples, les élèves devant
être placés sur une même ligne et recevoir le jour de gauche à droite.
« Elles seront à deux places ; elles auront lm,30 de longueur, 0m,6o de largeur et 0m,8o de hauteur (0m,75 seulement pour la taille inférieure). Elles seront horizontales, afin de pouvoir servir au dessin géométrique. Elles porteront au bord opposé à l'élève une tablette horizontale fixe et continue, d'une largeur de 0m,12 environ, et d'une élévation au-dessus de la table de 0m,07.
« Cette tablette est destinée à recevoir le matériel nécessaire au travail et permet à l'élève, suivant les besoins, d'incliner sa planche.
« Au milieu de la tablette et sur le bord antérieur, sera placée verticalement une planche de 0m,30 de largeur, sur 0m,48 de hauteur, ayant en avant une saillie circulaire de 0m,05 de rayon. Cette planche servira de support au modèle graphie pour le dessin géométrique, ou au bas-relief pour le dessin d'art. Elle sera soutenue à sa partie supérieure par une tige en fer fixée aux extrémités de la table.
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« Art. 103. Pour le dessin à main Levée, l'élève assis sur un tabouret posera Tune des extrémités du carton sur ses genoux , L'autre sur le bord de la table; il se trouvera ainsi à une distance convenable de l'objet à reproduire, distance qu'on évalue approximativement cà deux fois la plus grande dimension du modèle.
« Art. 104. Les tables devront être fixées au sol. Les tabourets seront au contraire mobiles et de trois hauteurs différentes : 0m,3o, 0m,4o pour le dessin d'art, 0m,70 pourle dessin géométrique. »
Tahrteau, s. m. — 1° Tableau de baie : partie de l'épaisseur du mur qui, dans l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre, se voit au dehors et qui est généralement d'équerre avec le parement.
2° On nomme aussi tableau le côté d'un pied-droit ou d'un jambage d'arcade sans fermeture.
3° Nom que l'on donne à une table de
bois noirci ou d'ardoise dont on fait
usage, dans les classes d'établissements
d'instruction, pour tracer des lettres ou des figures.
Ces tableaux peuvent être mobiles ou fixés au mur.
La figure 323o représente un tableau maintenu par deux pivots au milieu de sa hauteur, dans un châssis en bois.
Une clavette est fixée sur le côté pour permettre au tableau de tourner de manière à ce que l'on puisse tracer sur une face une figure, tout en conservant celle déjà tracée sur l'autre face. Une planchette fixée au-dessous du rebord inférieur du tableau reçoit les crayons blancs et l'éponge qui sert à effacer les caractères ou figures déjà tracés.
On fait des tableaux fixes, en sapin emboité en chêne ; la face du tableau est ardoisée ; au bas se trouve, comme dans le meuble précédemment décrit,
Fi g. .3236.
une petite planchette pour poser la craie et, dans le haut, un clou pour accrocher une éponge. Quelquefois, le tableau est soutenu par deux consoles en bois sans qu'il y ait de tablette (fig. 3236).
Nous dirons ici quelques mots d'un appareil comparable à un tableau, auquel son inventeur, M. Gémy, a donné le nom de mégagraphe et qui n'est autre chose qu'une planche verticale permettant de faire des dessins de grande dimension.
Cet appareil, destiné à remplacer la table ordinaire à dessin ou le tableau, est formé (fig. 3237) d'une planche à
TABLEAU
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dessiner verticale A établie contre un mur et articulée à sa partie supérieure B, de manière à prendre une inclinaison voulue. Deux rouleaux mobiles, l'un supérieur, l'autre inférieur, sont fixés par leurs extrémités sur le châssis qui encadre la planche. Le rouleau inférieur C, plombé, sert à mainte-
nir constamment tendu un papier toile couché sur cette planche ; le rouleau supérieur D supporte le papier toile G, et le fait mouvoir au moyen d'un cordon de tirage F. On peut ainsi, sans changer de position, faire un dessin continu, le descendre ou l'élever à volonté, pour juger de son effet. On peut
même fixer sur la toile, toujours suffisamment tendue, des papiers à dessiner quelconques, au moyen de cachets gommés préparés pour cet usage. En outre, pour le tracé des horizontales et des verticales, des règles graduées fixes H sont installées sur chaque côté de la planche et permettent de mesurer l'écartement
des lignes à tracer ; en effet, au moyen du cordon de tirage, on peut faire concorder le dessin avec les divisions des règles, ce qui dispense d'avoir toujours à la main une règle ou un double décimètre. De plus, une règle horizontale graduée K se meut verticalement dans des rainures et permet de tracer les