‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 191 sur 255 · THÉORIE · texte numérisé non relu

THÉORIE

aux quatre angles de la scène, et aux différents étages , ainsi que dans les couloirs et magasins divers ; ces lances, que l'ouverture d'un robinet suffit pour mettre en fonction immédiate, sont alimentées par une canalisation spéciale, branchée directement au dehors sur la conduite générale de la distribution d'eau, et par conséquent, maintenue en charge d'une manière permanente. Mais ce service ne peut ralentir que pendant quelques courts instants la propagation de l'incendie et permettre l'évacuation du personnel théâtral. La seconde partie du système, qui intervient alors, consiste en une seconde canalisation indépendante de la première et d'un beaucoup plus fort diamètre, également branchée sur la conduite générale de distribution d'eau.

Après avoir franchi le dessous du vestibule d'entrée des artistes, cette canalisation particulière pénètre dans le troisième dessous de la scène, pour se diviser à droite et à gauche, en longeant les murs de manière à gagner les angles de la scène. Quatre colonnes montantes en cuivre partent de ces angles, en s'élevant d'abord jusque sous le gril, où elles se transforment en couronne pourtournant horizontalement les quatre murs limitant la scène.

Avant d'arriver sous le gril, lesdites colonnes sont déjà reliées entre elles par un tuyaulage courant sous les corridors de service et le couloir de lointain, en passant aussi au-dessus de l'ouverture du rideau. Enfin, ce même tuyautage se poursuit encore au-dessus du gril pour, de là, aller courir sous toute la longueur du faîtage du comble. Sur la hauteur des quatre colonnes montantes , le développement des deux couronnes supérieures et le parcours sous comble, la canalisation est percée d'un très grand nombre d'orifices sur lesquels sont montés autant d'ajoutoirs dirigeant tous les jets dans des directions diverses pour couper la flamme ou préserver les parties fixes du maté-

riel. Au-dessus du rideau, les ajoutoirs placés en plus grand nombre sont disposés de manière à faire couler verticalement, entre la scène et la salle, une véritable nappe d'eau qui remplacerait avantageusement le rideau de fil de fer employé ordinairement à cet endroit.

Enfin, dans la partie au-dessus du gril, les ajoutoirs seraient, au contraire, établis pour lancer les jets de manière à faire ruisseler l'eau sur la surface intérieure des combles.

Toute cette canalisation, ayant son branchement spécial sur la conduite d'eau de la ville, serait alimentée par un seul robinet-vanne placé sur la voie publique. C'est donc en dehors du bâtiment que la manœuvre s'opère. En admettant une pression suffisante et une abondance d'eau comme pourraient en fournir, par exemple, les réservoirs très élevés de la ville de Rouen, on arriverait ainsi à produire instantanément dans toute l'étendue de la scène une véritable inondation, à laquelle il semble qu'aucun incendie ne pourrait résister.

Théorie, s. f. — Ensemble des connaissances d'un art acquises par l'étude ou que l'on reçoit de l'enseignement.

Quatremère de Quincy reconnaît trois degrés d'étude ou d'instruction théorique. Il distingue : la théorie des faits et des exemples ou théorie pratique; la théorie des règles et des préceptes, qu'il appelle théorie didactique ; enfin , la théorie des principes ou des raisons sur lesquelles reposent les règles ou théorie métaphysique.

Appliquée à l'architecture, la première de ces trois divisions comprend renseignement par lequel on apprend aux élèves à se régler sur les inventions et les ouvrages des prédécesseurs, à prendre pour modèles certains maîtres ou certains monuments, sans s'inquiéter des principes qui ont fait agir ceux dont on imite les œuvres.

La théorie des règles et des préceptes

THERMES

THERMES

ou théorie didactique est celle qui, par l'étude particulière ou par les leçons du maître ou de l'école, apprend à distinguer dans les ouvrages de l'art certains points communs où leurs auteurs se sont rencontrés, à comparer ces ouvrages entre eux, à s'efforcer d'établir les meilleurs rapports entre les formes, les proportions les mieux appropriées au caractère spécial de chaque ordonnance, les détails d'ornements sur lesquels se sont accordés les artistes les plus accrédités.

La théorie métaphysique, qui est en même temps la théorie véritable de l'art, remonte aux sources d'où émanent les règles ; elle analyse les préceptes, en pénètre l'esprit, s'appuyant comme base sur les lois mêmes de la nature, et sur les causes des impressions que nous font éprouver les œuvres d'art.

Thermes, s. m. pi. — Mot qui vient du grec thermal signifiant étuves, bains chauds, et qui servait à désigner, à l'origine, les bains d'eau chaude où la chaleur était empruntée à des sources thermales ou produite par des moyens artificiels. Dans la suite, on donna, par extension, le nom de thermes à des édifices qui renfermèrent tout ce qui composait un établissement de bains complet : bassins froids, bains de vapeur, bains d'eau chaude, etc. Enfin, sous les empereurs romains, les thermes devinrent une sorte d'agglomération d'établissements d'utilité et de plaisir, tels que bains, palestres, gymnases, sphœristères, exèdres, œystcs, éphébées (voy.

ces mots).

On ne saurait imaginer quel degré de luxe les Romains déployèrent dans la construction de ces édifices , destinés à la propreté et , pour employer un terme d'un sens plus général, à la salubrité publique. Ce luxe parait avoir date du règne des empereurs. Victor et Rufus comptèrent jusqu'à 800 bains, dont les principaux

étaient ceux de Paul-Émile, de Jules César, de Mécène, de Livie, de Salluste, d'Agrippine , etc. Mais tous ces établissements, élevés aux frais de particuliers, furent effacés par les bains ou thermes, construits sous les empereurs, et dont les plus célèbres sont, par ordre de date, ceux d'Agrippa, Néron, Vespasien, Titus, Domitien, Trajan, Adrien, Commode, Antonin Caracalla, Alexandre Sévère, Philippe, Dèce, Aurélien, Dioctétien, Constantin. On ne voit plus aujourd'hui, à Rome, que les restes des thermes de Titus, de Caracalla et de Dioclétien. Les thermes de Caracalla, dont nous donnons le plan restauré (fig. 3292), sont de tous ces monuments ceux qui se sont le mieux conservés et qui, parsuite, ontétél'objetdesplusnombreuses études. Construits par l'empereur dont ils portent le nom, ces thermes furent achevés dans la quatrième année de son règne, c'est-à-dire en l'an 217 de l'ère chrétienne. Selon Lamprinus, les portiques qui les entourent ont été ajoutés par Héliogabale et Alexandre Sévère. La forme générale est celle d'un rectangle ARCD. De chaque côté de l'entrée, placée en G, sont établies des cellules pour bains séparés, avec escaliers et portiques, le tout formant une suite de deux étages de berceaux. Chacune de ces cellules comprend une antisalle et une salle de bains pouvant contenir plusieurs personnes. L'entrée G donne accès dans une vaste cour divisée en jardins et promenoirs où s'élèvent en un seul groupe les services principaux de rétablissement : E le bain froid, appelé natatio, grand bassin découvert où l'on pouvait nager, qui est flanqué d'espaces couverts M où se tenaient ceux qui voulaient se jeter dans le bassin ou assister seulement aux exercices de natation ; des salles K dans lesquelles on quittait les vêtements ; des vestiaires L, apothjteria, où se trouvaient les esclaves chargés de veiller sur les habits des baigneurs ; des salles L destinées aux onctions et à la réserve du sable dont se

THERMES

servent les lutteurs ; des pièces N pour les personnes qui veulent se reposer ou converser. F, est le tepidarium ou salle tiède avec quatre bains d'eau chaude, alvei, dans les angles, et deux bassins circulaires, labra, sur les grands côtés du parallélogramme. OE, est le second tepidarium. servant de vestibule au bain d'eau chaude I, caldarium. Deux cours P contiennent les fourneaux et réser-

THERMES

voirs d'eau chaude. Le bain d'eau chaude est une grande salle circulaire recouverte d'une calotte hémisphérique, contenant un large bassin également circulaire et munie, sur ses parois, de renfoncements où sont établis des bassins plus petits à l'usage de ceux qui veulent prendre leur bain isolément. Cette salle est éclairée, au rez-dechaussée et à l'étage supérieur, par des

Fie. 3292.

ouvertures garnies de claires-voies vitrées. Attenantes au caldarium, des salles tièdes Q, avec bassin d'eau tiède, servent de transition entre la température du caldarium et celle de l'extérieur : viennent ensuite des salles froides R qui s'ouvrent sur les jardins. De là, on pénètre, par des salles découvertes servant aux exercices, dans les petites chambres tièdes qui précèdent le sudatorium .-£. Les pièces P',P' contiennent

des chaudières. De vastes péristyles T accompagnés d'exèdres sont destinés à ceux qui veulent se promener et écouter les rhéteurs. Des espaces U servent à l'instruction des élèves de gymnastique. Des bibliothèques avec vestibules particuliers occupent les divisions du plan marquées W, et les angles V sont occupés par des bassins d*eau froide pour ceux qui s'exercent dans le xyste X. Des gradins établis parallèlement à la

THERMES. — 498

longueur de ce dernier espace reçoivent les spectateurs des jeux. Le xyste est flanqué de palestres Z avec salles d'académie a et salles réservées aux discussions b. Un portique c circule derrière ces pièces. De petites salles d sont destinées aux conférences faites par les philosophes et les rhéteurs. Enfin, des réservoirs g sont alimentés par un aqueduc h.

Il n'y avait pas seulement à Rome des thermes publics, où la foule, admise d'abord moyennant une légère rétribution, le fut gratuitement à partir des Antonins ; les familles riches en faisaient aussi construire dans leurs palais ; mais c'est surtout dans les édifices ouverts à tous, comme celui que nous venons de décrire, que le plus grand luxe était déployé. Dans les thermes publics, tout était colossal et traité avec une richesse excessive. La façade des thermes de Caracalla s'étendait sur une longueur de 338 mètres ; le bâtiment principal avait 218 mètres de longueur sur 112 de profondeur. Le frigidarium ou bassin froid avait 52 mètres sur 27 mètres ; le tepidarium, 86 mètres sur 24 mètres ; le caldarium, 35 mètres de diamètre intérieur ; la retombée des voûtes était supportée par des colonnes de granit de 14 mètres de hauteur.

Nous avons, comme témoignages de la magnificence qui fut déployée dans cet édifice, non-seulement les nombreux débris qui en sont encore visibles, mais encore les chefs-d'œuvre de sculpture qui y ont été trouvés. Les plus remarquables sont l'Hercule de Glycon, le Torse antique, le Taureau dit Farnèse, la Flore, deux gladiateurs, les deux vasques de granit de la place Farnèse, les deux urnes de basalte vert qui sont dans la cour du musée du Vatican, diverses terres cuites et une infinité d'autres sculptures et objets d'art. L'entrée principale du monument, placée sur le côté le plus petit, s'annonce par un portique extérieur, composé de deux étages ou rangs d'arcades superposées,

THERMES

au nombre de cinquante-trois à chaque étage. Ces arcades qui ont leurs piedsdroits ornés de colonnes adossées , doriques au rez-de-chaussée, ioniques à l'étage supérieur, bordent une longue galerie, et les pieds-droits qui la forment, ornés de ces colonnes en dehors, le sont en dedans de pilastres correspondant à une rangée pareille de piedsdroits. Mais le luxe de l'architecture et de la décoration avaient été réservés pour les façades intérieures du monument , dont l'enceinte renfermait le corps de bâtiment le plus important par sa distribution comme par la magnificence de son ornementation. La construction des thermes de Caracalla est, comme la plupart des grandes constructions romaines, du genre nommé emplecton, c'est-à-dire en maçonnerie de blocage, revêtue de briques. Les murs étaient enduits de couches de ciment sur lesquelles on appliquait les stucs.

Les voûtes sont construites en blocage et, à l'intérieur, revêtues de briques carrées posées à plat. On observe que, dans quelques salies, ces briques sont doublées d'un autre rang de briques plus grandes, placées de la même manière et recouvertes d'une couche de ciment, destinée à recevoir les revêtements en marbre. La maçonnerie des canaux et des réservoirs qui fournissaient de l'eau pour tous les usages du monument est faite à bain de mortier. L'intérieur est recouvert d'une forte épaisseur de ciment ; tous les angles rentrants sont arrondis. Leur fond est une surface courbe, qui se raccorde avec les arrondissements le long des murs. Les parements des salles de l'enceinte sont en marbre blanc, celui de la salle circulaire ou rotonde est en marbres de diverses couleurs ; leurs compartiments reposent sur un blocage en maçonnerie. Les mosaïques qui revêtent le sol dans les salles où l'on voulait sans doute amener la chaleur, sont établies sur une construction qui se compose d'abord d'une première couche

THERMES

THERMES

de grandes briques posées sur un blocage ; ces briques sont surmontées de petits piliers carrés, qui portent un double rang de briques recouvertes d'une couche épaisse de ciment grossier, servant de base à un ciment plus lin, dans lequel sont incrustées les mo-

saïques. Le stuc, les incrustations en mosaïques, les colonnes en granit rouge, avaient été employés dans la décoration des façades. A l'intérieur, l'ensemble de l'ornementation se composait d'un revêtement de marbre jusqu'à la hauteur de la naissance des voûtes. Les

Pig.

parties supérieures, ainsi que les voûtes mêmes, étaient ornées de stucs et de mosaïques vitrifiées de diverses couleurs. Les colonnes étaient de granit rouge et gris, d'albâtre oriental, de porphyre et de jaune antique. Les revêtements étaient de porphyre rouge et

vert, de serpentin, de vert africain, de jaune antique, de blanc veiné de violet, d'albâtre et de marbre blanc.

Nous donnerons une faible idée de la magnificence de cet édifice, en présentant (fig. 3293) une coupe perspective faite sur le tepidarium, par Viollet Le

THERMES

THERMES

Duc, pour l'École spéciale d'architecture : on y voit une partie restaurée et l'autre disposée de manière à montrer la construction dans tous ses détails.

C'est ici le lieu d'insister précisément sur le mode de construction employé par les Romains pour couvrir de si vastes espaces et cela le plus économiquement possible. On remarque qu'il n'y a d'employés ici que la brique et le blocage, le second comme massif, la première comme revêtement. De dislance en distance, des arases de grandes briques sont espacées l'une de l'autre de lm,34. Des arcs de décharge en briques, noyés dans la construction, répartissent les poussées sur les points d'appui principaux. Quant aux voûtes, les arcs de tête sont en grandes bricfues quadrangulaires, posées ordinairement sur deux rangs, et les remplissages en béton composé de mortier et de pierre ponce. Deux rangs chevauchés de larges briques de plat, posés préalablement sur les couches des cintres, forment comme un carrelage cintré sous ces voûtes. On remarque dans ces thermes de grandes baies, qui étaient autrefois garnies de châssis de bronze sertissant des plaques de verre, d'albâtre ou simplement de claires-voies. Ces jours s'ouvraient vers les points de l'horizon les plus favorables, de manière à profiter de la chaleur du soleil, en évitant les expositions humides et froides.

Cet édifice nous fournit encore de précieux renseignements sur les dispositions spéciales adoptées par les Romains pour voûter les édifices : ils employaient l'ordonnance circulaire , fermée par une calotte sphérique et l'ordonnance par travées, comme le montre la figure 3293. Cette dernière disposition se retrouve encore dans les thermes de Titus, de Dioctétien et dans le monument connu sous le nom de basilique de Maxime ou de Constantin.

Ainsi donc, les Romains n'avaient inventé que deux genres de voûtes : la voûte hémisphérique et la voûte en ber-

ceau demi-cylindrique. La pénétration de deux berceaux à angle droit leur avait donné la voûte d'arête.

Des thermes étaient également élevés dans les diverses provinces de l'empire romain , sur des proportions moins vastes et avec une moins grande richesse que ceux de Rome, mais quelques-uns étaient cependant fort remarquables. Parmi ceux dont les ruines subsistent encore, nous citerons les thermes que Ton croit avoir été bâtis à Paris par l'empereur Constance, et qui furent habités par l'empereur Julien. On en voit encore aujourd'hui les ruines, que l'on appelle Thermes de Julien et qui ne sont que des débris du palais primitif. Une voie romaine, actuellement la rue Saint-Jacques, bordait d'un côté cet édifice, tandis que de l'autre s'étendaient des jardins. Derrière la grille qui donne sur le boulevard Saint- Michel, dit le Guide dans la France monumentale, est un fossé qui contient un aqueduc et des substructions parmi lesquelles sont deux petits escaliers de service qui conduisaient au sol d'un fourneau destiné à chauffer les bains. On arrive ensuite à un vaste emplacement découvert que des niches, alternativement carrées et rondes, font reconnaître pour une salle de bains chauds ou tepidarium, dont la voûte écroulée a disparu. De là, on entre dans une pièce qui sert de vestibule à une vaste salle (grande salle du Musée des Thermes); elle recevait directement les eaux d'Arcueil par un aqueduc dont les ruines se suivent jusqu'à 16 kilomètres de Paris, aux belles sources de Rungis. Distribuée dans les baignoires et dans le bassin qui occupe le nord, cette eau, dont on retrouve tous les conduits, était dirigée aussi dans les vases qui surmontaient l'hypocauste ou fourneau. La position culminante qu'occupe la grande salle, relativement à toutes les ruines qui l'entourent, démontre que, recevant directement les eaux froides de l'aqueduc, elle ne devait offrir que des bains froids ;

THUYA

THUYA

c'était donc la cella frigidaria de Vitruve ; de plus, elle est trop ouverte de toutes parts, pour qu'on y ait jamais pris des bains chauds. Varron qualifie de balneum un bain privé et de thermœ, les bains consacrés au public; la dénomination de thermes, conservée à ces ruines, par tradition, est donc une raison de croire que le bain fut livré aux Parisiens; sa grande étendue peut faire supposer qu'il était plus que suffisant aux besoins du palais, et un motif encore plus déterminant pour y reconnaître un bain public, est la présence, dans la grande salle, de huit proues de navire , placées à la retombée des voûtes, où elles font l'office de chapiteaux ; elles étaient l'emblème du commerce de la ville, et par cet attribut de Paris, qui s'est conservé jusqu'à nos jours, on voulut peut-être consacrer un lieu livré aux commerçants par eau. Ces ruines sont au-dessus du sol ; des souterrains, non moins curieux, commencent au vestibule ; ils offrent, sous la grande salle, quatre pièces, un aqueduc qui, après le service des bains, conduisait les eaux à la Seine, puis une large galerie, de l'ouest à l'est ; ces souterrains se prolongent jusque sous l'hôtel de Cluny, qui est bâti aux dépens du palais.

Thoiry {Pierre de). — Calcaire compact, très dur, provenant des carrières d'Allemagne , dans la commune de Thoiry, près de Gex (Ain).

Cette pierre, de couleur clair-verdâtre, est à pâte fine et susceptible de poli ; elle présente une hauteur d'assise de 0m,40 à 0m,80, pèse 2,710 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 990 kilogr. par centimètre carré.

Tholus. — Nom qui vient du grec tholos. Les Grecs et les Romains désignaient ainsi ce que nous appelons coupole (voy. ce mot).

Thuya, s. m. — Arbre de la Chine,

appartenant à la famille des cupressinées et qui est très employé en ébénisterie, en raison de ses coupes très veinées.

Son poids spécifique est de 0,557 à 0,571.

Cet arbre exotique, dont on compte dix espèces, atteint une hauteur de 8 à 10 mètres. Sa verdure étant perpétuelle, on le plante en bosquets d'hiver.

Théophraste parle d'une variété de thuya qui croissait naturellement aux environs du temple de Jupiter Ammon et dans la Cyrénaïque. C'était un arbre de grande taille, ressemblant au cyprès sauvage et dont le bois, de très longue durée, servait à faire des poutres, des statues et divers ouvrages d'un grand prix. Les Romains le connaissaient sous le nom de citrus, mot que l'on a inexactement traduit tantôt par cèdre, tantôt par citronnier.

Le thuya est très abondamment répandu dans les trois provinces d'Algérie, principalement dans celle d'Oran, depuis les bords de la mer jusqu'aux côtes les plus élevées de l'Atlas. En raison des propriétés résineuses de cet arbre, les Arabes le confondent, sous le nom d'arar, avec le genévrier, le cèdre, le pistachier, etc., que les ébénistes emploient aussi sous la dénomination inexacte de thuya. C'est principalement la racine de cette essence qui est recherchée par l'ébénisterie pour ses loupes, dues probablement à l'action immédiate et souvent répétée des vents du sud.

La couleur du thuya est franche, variée de mille nuances d'un ton chaud, brillant et doux. Ses teintes restent immuables, tandis que celles du bois de rose pâlissent et que celles de l'acajou brunissent. Le dessin présente, par ses racines, ses nœuds , ses gerbes , les divers aspects de la moucheture, de la moire, de la chenille, tantôt seules, tantôt combinées sur un fond où domine soit le rouge, soit le noir. Le grain, fin, serré, non poreux, est sus-

Page 1