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pile, entre deux arches, se nomment tympans; c'est en ces points que l'on ouvre quelquefois des arches supplémentaires, destinées à augmenter la section offerte à l'écoulement des eaux. Le pont antique Fabricius (fig. 2767), joignant l'île du Tibre à la rive gauche du fleuve, offrait un exemple de cette disposition, que Ton a abandonnée à cause de son peu d'efficacité.
Les tympans laissés pleins peuvent être occupés, à leur surface, par des bas-reliefs, par des pilastres portant des dés, au-dessus desquels s'élèvent des
Fig. 2768.
candélabres ou des statues (fig. 2768), ou par le prolongement des becs saillants, qui atteignent quelquefois le niveau des trottoirs du pont et sont disposés en lieux d'abri et de repos pour les passants.
Lorsque les tympans et les têtes, c'està-dire les remplissages au-dessus des
voussoirs. sont terminés, on pose la chape (voy. ce mot), puis les corniches de couronnement, les garde-corps, et l'on exécute la chaussée pavée. Si le pont a une grande longueur, il faut ménager des orifices ou gargouilles pour l'écoulement des eaux. Ces gargouilles sont formées de tuyaux en fonte qui traversent toute l'épaisseur de la voûte et débouchent vers les reins.
Ponts en charpente. Ce système convient seulement, lorsque la circulation n'est pas importante, dans les pays où le bois est peu coûteux, et lorsqu'on n'a pas à craindre de fortes crues ou des débâcles de glaces. On n'y a plus guère recours que dans des terrains sans consistance, dans les terrains tourbeux, par exemple.
On fait reposer les tabliers sur des palées (voy. ce mot), que Ton protège
Fig. 2769.
souvent par des brise-glaces. Ces ponts sont dits à tracées. La figure 2769 re-
Fijr. 2770.
présente un ouvrage de ce genre ; les
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poutres sont soutenues par des souspoutres maintenues par des contre-fiches qui s'appuient sur les palées et qui sont reliées au-dessus avec les poutres, au moyen de moises pendantes. La coupe de ce pont est donnée par la figure 2770.
Cette combinaison peut être adoptée pour une portée d'une vingtaine de mètres entre les palées. Sur lés travées, on pose des poutres sur lesquelles on fixe les madriers qui doivent former le plancher du pont. Si le passage des voitures doit être fréquent, on empêche le tablier de s'user rapidement en établissant sur les madriers une couche de sable, puis un pavage ordinaire.
Les ponts mixtes à tablier en charpente, avec piles et culées en maçonnerie, sont plus fréquemment employés.
Pour les ponts de ce genre qui sont peu importants, on fait les culées en maçonnerie assez épaisse pour résister à la pression des terres ; une pile ou deux occupent les intervalles des culées ; des poutrelles, posées sur ces appuis, à 0m,50 les unes des autres et dont l'écartement est maintenu par des boulons, reçoivent le tablier, formé de madriers, épais de 0m,05 à 0m,06 et placés transversalement. On établit au-dessus un faux plancher qui empêche l'usure du tablier et que l'on enlève au besoin pour le remplacer.
Dans les ponts de plus grande importance, on donne aux arches la forme de cintres composés de pièces de bois
courbes, solidement reliées entre elles.
Il ne faut pas dépasser, pour la flèche des arcs, 1/8 de l'ouverture. Le pont
d'Ivry, sur la Seine, a des arches de 22m,50 d'ouverture pour 3m.48 de flèche et qui sont formées de pièces de bois cintrées, ainsi que le représente la figure 2771, à l'échelle de 0m,002 pour mètre. Ces pièces sont reliées, d'une part, au moyen d'étriers en fer. et, de l'autre, par des moises pendantes dont la double fonction est de serrer les bois courbes et de leur transmettre le poids du tablier. Au-dessus et au-dessous de l'arc, ces moises s'assemblent avec des longrines qui relient les fermes transversalement. En outre, des consoles, fixées aux piles et aux culées par des tirants en fer, reçoivent aussi une partie du poids du tablier et sont elles-mêmes soutenues par des jambes de force. Le tablier est formé de poutres longitudinales, supportées par le sommet de l'arc, les moises et les consoles ; de pièces transversales reposant sur les premières poutres, et enfin de madriers qui reçoivent immédiatement le poids des voitures.
Lorsque la circulation est importante, il vaut mieux établir une chaussée en pavés ou en matériaux plus résistants que le bois de chêne. Au lieu de pièces courbes, difficiles à ployer, on peut employer, pour composer les cintres, des madriers de 0m,0o à 0m,06 d'épaisseur, qui reçoivent plus facilement la forme qu'on veut leur donner. On les relie entre eux au moyen d'étriers et de chevilles que l'on serre avec des coins. Les longrines sont remplacées par des entretoises qui maintiennent l'écartement des fermes et par des tirants en fer résistant mieux à la traction.
Quelle que soit la disposition que l'on adopte, il faut faire reposer l'about des arcs sur des coussinets en fonte aménagés de façon à permettre à l'air de circuler et éviter le séjour de l'eau. De plus, il convient de revêtir les bois d'une couche de peinture et de surmonter le pont de garde-corps en fer qui présentent une grande légèreté.
Ponts en métal. Les ponts que nous
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venons d'examiner offrent divers inconvénients : ceux qui sont en maçonnerie exigent, en raison de leur poids considérable, des fondations très massives et des arches d'une assez faible ouverture ; en outre, leur établissement est fort coûteux. Dans les ponts en charpente, c'est l'entretien qui est dispendieux et qui nécessite, au bout de peu d'années, la reconstruction complète de ces ouvrages. Aussi, emploie-t-on maintenant, de préférence, le métal, qui permet de donner plus de légèreté et plus d'ouverture aux arches, en môme temps qu'il exige moins d'entretien.
Dans ces sortes d'ouvrages, les piles sont faites en maçonnerie ou en fonte, et le pont môme est composé de fermes en métal. Ces fermes peuvent être exécutées : 1° en fer ou en fonte; 2° avec ces deux métaux réunis ; 3° avec ces deux, métaux combinés séparément ou ensemble avec le bois.
La fonte ne doit être employée dans les fermes des ponts métalliques que pour supporter des efforts de pression.
Les arcs en fonte sont faits de deux manières différentes, suivant l'intervalle des points d'appui. Lorsque l'ouverture est faible, on les compose soit de deux
Pig. 2772.
pièces cintrées rigides, qui s'assemblent au sommet de la voûte, à l'aide de boulons et de plaques, soit d'une pièce pleine formant clef et se reliant à deux sommiers évidés, au moyen de plaques boulonnées, comme le montre la figure
Si l'ouverture est considérable, les arches sont formées tantôt de voussoirs en fonte évidés et assemblés entre eux,
comme au pont d'Austerlitz, à l'aide d'équerres en fer que l'on place dans des rainures ménagées à cet effet dans la fonte, tantôt de portions d'arcs en fonte évidées boulonnées entre elles et réunies par des croix de Saint-André, également en fonte, qui supportent le tablier.
Dans les ponts métalliques en arcs, une des parties les plus délicates de l'ouvrage est le remplissage des tympans; au pont du Carrousel, à Paris, ceux-ci sont remplis par des cercles en fonte dont le diamètre va en décroissant depuis la pile jusqu'au sommet et sur lesquels sont posés les longerons qui soutiennent le tablier du pont. Chacun de ces cercles, n'ayant avec l'arc et le longeron supérieur qu'un seul point de contact, se comporte comme une barre droite comprimée et transmet, en un seul point de l'arc, les pressions dues aux surcharges en mouvement; de là des déformations dans les arcs qui produisent des vibrations considérables.
Afin de relier d'une façon rigide l'arc au tablier et de transmettre en beaucoup de points de l'arc les pressions accidentelles, il est bon de composer les tympans de croisillons métalliques, qui sont attachés, d'une part, au longeron supérieur, de l'autre, en différents points de Tare et qui, se trouvant, de plus, reliés entre eux, donnent de la rigidité à tout le système et atténuent considérablement les vibrations. Le pont de Solférino, à Paris, est construit dans ces conditions.
Au-dessus des tympans sont disposées des voûtes en briques qui supportent la chaussée en empierrement.
Dans les ponts en arcs, le fer travaille principalement à la compression et c'est en vertu des conditions de résistance de la fonte à des efforts de cette nature que l'on doit calculer les dimensions de la section des arcs.
Le montage des ponts ainsi disposés nécessite, en général, l'établissement de palées avec cintres; on peut les éviter
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pour les faibles portées, en employant des arcs articulés aux naissances et à la clef; on peut ainsi prendre chaque partie de Parc, l'appuyer par ses coussinets aux naissances et la faire tourner sur son tourillon, jusqu'à ce que les coussinets de clef puissent se rejoindre sur leur tourillon commun, que l'on présente au moment de la jonction.
Lorsque rétablissement des points d'appui est difficile et coûteux, il convient d'en diminuer le nombre et la section et, par suite, de n'exercer sur eux que des actions verticales. On a donc été conduit à adopter des systèmes que l'on peut classer en deux groupes principaux : celui des poutres armées et celui des poutres droites.
Les poutres armées consistent principalement en un arc soumis à la compression et dont les extrémités sont réunies par un entrait soumis à la traction : ces deux pièces sont rattachées entre elles par des liens et des croisillons qui
Fig. 2773.
transmettent les efforts résultant des charges. La figure 2773 représente le système Brunel appliqué au pont de Windsor, qui se compose d'un arc, et d'un entrait ; ce dernier étant au niveau du tablier est rattaché à la première pièce par des croisillons munis de ten-
deurs ; mais le vrai type de la poutre armée a été appliqué au pont de Chepston (fig. 2774) et consiste en un tablier suspendu en deux points de l'arc, armé lui-même de poinçons et de tirants dont la tension est réglée par des tendeurs.
Les ponts à poutres droites sont à petite ou à grande portée.
Les premiers se composent ordinairement (fig. 2775) de solives en fer dont Pécartement est maintenu par des entretoises et qui supportent le tablier du pont en madriers. Dans le cas que nous
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Fig. 2775.
présentons ici, les garde-corps sont très légers et sont soutenus par deux solives, sur la semelle inférieure desquelles viennent s'appuyer les madriers du plancher par leurs extrémités.
Les ponts de chemins de fer à petite portée sont composés de poutres en tôle placées, tantôt sous les rails, tantôt en dehors, et réunies entre elles par des entretoises pleines ou évidées.
La figure 2776 représente, en coupe, à l'échelle de 0m,05 pour mètre, le détail des poutres et entretoises d'un tablier de pont de chemin de fer porté par six poutres, dont quatre placées directement sous les rails. Les poutres de rives sont de dimensions très réduites, parce qu'elles n'ont à porter qu'une charge très minime. Les entretoises sont rendues également très légères par des évidements.
Nous donnons, à la même échelle et
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dans les mêmes conditions (fig. 2777),
Fi g. 2776.
le détail d'un tablier porté par six poutres dont quatre en dehors des voies.
Les rails sont soutenus, dans toute leur longueur , par des longrines en bois boulonnées sur les entretoises le plus
Fig. 2777.
près possible des poutres en tôle, afin que la surcharge agisse en un point très rapproché de rattache des entretoises et fatigue moins celle-ci. Les tabliers de ce système sont très fréquemment employés.
Les ponts à grande portée ont leurs tabliers formés généralement de longrines placées sous les rails et s'assemblanl avec des entretoises réunies ellesmêmes aux poutres principales qui supportent finalement toutes les charges. Le choix du nombre des poutres résulte des conditions de stabilité, de débouché et d'économie.
On voit, par ce qui précède, que la section des poutres en tôle est le plus souvent en double T ; la tige et les nervures sont formées de plaques de tôle, le tout relié par des cornières en fer.
Les poutres en tôle ayant une grande hauteur, le niveau de leur face supérieure est ordinairement au-dessus de celui du plancher; elles servent assez souvent de parapet, et les deux voies de chemin de fer sont séparées par une poutre intermédiaire. Comme les poutres de tête ne sont chargées que d'un côté, on évite leur torsion en les reliant solidement par des entretoises, auxquelles on donne une certaine hauteur et, par suite, une grande rigidité qui s'oppose à cette torsion. Sous ce rapport, il est avantageux, si la hauteur le permet, de placer le plancher sur les poutres, qui peuvent alors être en plus grand nombre, de moindre section et plus maniables.
Parmi les nombreux systèmes en usage , nous pourrons donc en citer quelques-uns que nous regarderons comme se rattachant à trois types principaux : 1° les ponts qui ont leur tablier placé à la partie supérieure des poutres ; 2° ceux où ce tablier est posé dans la région moyenne ; 3° les ponts dans lesquels il occupe la partie inférieure.
Le pont sur l'Aar, à Berne (Suisse), offre un exemple du premier système ; l'espace qui sépare les poutres est, de plus, utilisé comme pont tubulaire pour
Fig. 2778.
les piétons. La figure 2778 (1) est une coupe de cet ouvrage, faite à l'échelle de 0m,0066 pour mètre. Cette disposition
(1) Oppermann, Nouvelles annales de la Construction, 1865.
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permet de placer le garde-corps à l'extérieur de la semelle supérieure et de donner plus de largeur à la voie.
Le deuxième système est représenté par une coupe faite à la même échelle (lig. 2779) ; l'exemple choisi est le pont de Langon sur la Garonne. Le tablier,
Pig. 2779.
ainsi placé au milieu de la hauteur des poutres, forme à lui seul le contreventement; des goussets verticaux saisissent ces pièces et les raidissent sur tout l'intervalle des semelles.
Nous donnons (fig. 2780), à l'échelle de 0m,007o pour mètre, une coupe du pont d'Orival sur la Seine, qui est un exemple du troisième système. Cette disposition n'est pas seulement applicable aux ouvrages comme celui que nous citons, où les poutres formant
Fig-. 2780.
garde-corps n'ont que 2m,95 de haut, mais aussi et surtout aux ponts où l'intervalle entre la semelle supérieure et le tablier est d'au moins 4m,o0 ; on peut alors contreventer par la partie supérieure ; c'est là la solution qui est généralement adoptée pour les grandes
portées et qui fournit des ponts tubulaires.
Au point de vue de la construction des pièces principales qui entrent dans la composition de ces ouvrages, nous remarquerons que les parties horizontales des poutres sont toujours formées d'une ou plusieurs tôles plates et pleines rivées entre elles et assemblées avec les parois verticales au moyen de cornières rivées. Les parois verticales sont tantôt pleines et, par suite, économiques comme emploi de matières, main-d'œuvre, transport et montage, mais d'un aspect peu satisfaisant ; tantôt à jour et disposées diversement. Le système en
Fig. 2781.
treillis est fréquemment usité ; c'est ainsi que sont faites les parois verticales du pont de Breslé dont nous donnons (fig. 2781), à l'échelle de 0m.003 pour mètre, une pile avec deux amorces du tablier. Cette pile est fondée sur caisson rempli de béton; des enrochements sont échoués au pourtour. La partie métallique de l'ouvrage est formée de deux poutres de rive en forme de double T, avec âme en treillis renforcés par des montants verticaux au droit desquels s'attachent les poutrelles qui supportent le plancher en bois.
La figure 2782 (1 ) représente un second
(1) Oppermann, Nouvelles annales de la Construction, 1864.
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exemple de pont en treillis construit sur la Seine, à Argenteuil, pour le passage de la ligne de Paris à Dieppe. Le tablier
Fig. 2782.
est composé de deux grandes poutres formées chacune (fig. 2783) d'une âme, de 3m,40 de hauteur, en partie pleine et en partie treillis, et de deux semelles de 0m,60 de largeur. Au droit des points d'appui, Tâme est entièrement pleine.
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Fig. 2783.
Ces poutres sont reliées par des entretoises ou pièces de pont en tôle pleine, de 0m,80 de hauteur. Ce qui distingue surtout cet ouvrage des précédents, ce sont les points d'appui sur lesquels porte le tablier. Celui-ci repose, par ses
extrémités, sur des culées en maçonnerie et, dans l'intervalle, sur quatre piles tabulaires. Chacune de ces piles est
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Fig. 2784.
composée, comme le montre la figure 2784, de deux colonnes cylindriques en fonte, espacées de 8m,80 d'axe en axe, remplies de béton et reliées, à leur partie supérieure, par des entretoises. Ces colonnes sont formées d'anneaux cylindriques en fonte, de 1 mètre de hauteur, portant à leurs extrémités des brides intérieures qui servent à les réunir au moyen de boulons.
Ponts suspendus. Ces ouvrages se composent (fig. 2785) de câbles ou chaînes en fer tendues d'une rive à l'autre, et supportant, au moyen de liges de suspension, un tablier qui donne passage aux piétons et aux voitures.
Les chaînes, plus employées en Angleterre qu'en France, sont des barres de fer forgé reliées entre elles par des
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boulons ; mais le moindre défaut dans le forgeage de lune de ces pièces peut en
amener la rupture ; il faut donc que le fer forgé qu'on y emploie soit de pre-
Fig. 2785.
mière qualité : il faut, en outre, que l'exécution soit des plus soignées.
En France, les cables en fil de fer sont employés comme offrant une exécution plus facile et une plus grande sécurité. Les fils sont enroulés en écheveaux autour dune croupière et serrés, de distance en distance, au moyen de ligatures en fils recuits : on leur donne ordinairement de 0m,0027o à 0m, 00308 de diamètre. Les bouts de fils ont environ loO mètres de longueur. En le mettant en câble, il faut opérer sur le fil une traction constante, suffisante pour faire disparaître les ondulations qu'il a prises par suite de la disposition en couronne qu'on lui donne pour le livrer au commerce. Quand un fil est placé sur le cable, on relie son extrémité à un autre bout, afin que le cable terminé soit comme formé d'un seul fil. On réunit les extrémités de deux fils en les croisant sur une longueur de 0m,10 et sur 0m,07 de ce croisement, on les serre avec un fil recuit, dont onmetles spires en contact. Avant de mettre les fils en écbeveau et pour préserver les câbles de l'oxydation, on fait passer les fils, à deux ou trois reprises, dans un bain d'huile de lin bouillante, rendue siccative à l'aide de litharge ; puis, quand le câble est fabriqué et relié, de mètre en mètre, par des ligatures provisoires, on y applique une nouvelle couche d'huile de lin, rendue siccative, comme pour les couches appliquées par immersion.
Les tiges de suspension qui supportent le tablier sont en fer forgé ou en fil de fer. Dans le premier cas, ces barres
sont reliées aux pièces transversales ou pièces de pont, au moyen d'un écrou ou d'un étrier en fer. Il faut ici que les boulons de jonction et l'œil qui les reçoit aient exactement le même diamètre. Si les câbles sont en fil de fer, on peut également employer le fil de fer , et, dans ce cas, les tiges sont elles-mêmes prolongées de manière à former collier autour des pièces de pont ; mais ordinairement on fait ces tiges en fer ; leur fabrication est plus facile et l'on est plus maître d'en régler la longueur, de manière à donner un bombement convenable au plancher lors de la pose.
Le tablier est composé (fig. 2786) de poutres transversales soutenues directement par les tiges de suspension et espacées de lm,2o à lm,o0. Ces pièces sont reliées entre elles par les longrines formant le trottoir. Le plancher est fait de madriers épais placés dans le sens perpendiculaire à celui des pièces de pont et espacés entre eux de 0m.0o à
Fig-. 2786.
0m,08 ; les planches qui composent le sol sur lequel circulent les voitures sont posées dans le sens transversal. Le trottoir est formé de madriers placés en exhaussement de la chaussée sur les longrines qui relient les poutrelles ; il est, en outre, bordé d'un garde-corps en charpente. Les garde-corps en bois sont, en effet, les meilleurs : ils don-
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nent de la rigidité au plancher ; on les forme d'une suite de croix de Saint- André, et leur hauteur varie de 0m,90 à 1 mètre.
La largeur d'un pont suspendu dépasse rarement 8 mètres, parce qu'audelà de cette dimension, les poutres qui forment le plancher exigent de trop forts équarrissages. Sur ces 8 mètres, on prend 4m,80 pour la chaussée, largeur nécessaire pour le passage de deux voitures qui se croisent, et le reste est affecté aux trottoirs. Si le pont est peu fréquenté et de faible longueur, on ne donne au passage des voitures que de 2m,20 à 2m,40 de largeur et de 1 mètre à lm,10 à chaque trottoir.
Les culées se font en maçonnerie et doivent, par leur poids, contrebalancer la traction à laquelle elles sont soumises.
Les amarrages des câbles sont établis dans des puits où Ton doit pouvoir toujours descendre afin de les visiter.
Avant d'atteindre le sol pour s'y fixer, les chaînes ou câbles reposent sur des piles, par l'intermédiaire de supports fixes ou de supports mobiles. Dans le premier cas, ces supports sont des portiques en maçonnerie ou des piliers en fonte, et les câbles posent sur des rou-
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Fig. 2787.
leaux appelés secteurs oscillants (fi g.
2787) qui reposent eux-mêmes sur une surface plane. Cette disposition empêche la rupture que pourrait causer l'inégalité de tension entre deux portions consécutives du câble. Les supports mobiles sont des colonnes ou de
grandes bielles en fonte (fig. 2788) reposant sur des points d'appui fixes, par l'intermédiaire d'une arête arrondie.
Dans ces conditions, le support obéit aux mouvements du câble et prend la position de la bissectrice de l'angle
Fig. 2788.
formé par les deux brins, position qui est celle de la résultante des tensions égales exercées sur le câble dans ces deux directions. Pour éviter le renversement des supports, on les réunit à leur sommet, au moyen de haubans, soit entre eux, soit à des amarrages.
On a cherché à diminuer la mobilité de ces ouvrages, en formant , par exemple, le tablier de poutres en treillis amarrées elles-mêmes par des haubans.
En résumé, le système des ponts suspendus est le plus économique de tous.
Il fait travailler tout le métal, dans toute la section mise en œuvre, à la traction; il permet de franchir les plus grandes portées et donne aux cours d'eau le débouché le plus large. Mais les ouvrages de ce genre présentent le grave inconvénient de n'être pas rigides et, dans ce cas, la solution du problème est encore à trouver.
Ponts-canaux. Ces ouvrages s'exécutent lorsqu'on a à faire la traversée de cours d'eau importants ou de rivières
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traversant le fond d'une vallée, quand on veut faire passer le canal d'un versant sur le versant opposé. Ce sont des ponts ordinaires, sur lesquels on établit une cuvette dont la section est réduite à celle qui est nécessaire pour le passage d'un seul bateau, mais qui est toutefois un peu plus grande que celle des écluses.
Les voûtes, les piles et culées d'un pont- canal sont établies d'après les mêmes principes que celles des ponts fixes ordinaires, mais en tenant compte d'une pression beaucoup pi as considérable.
De chaque côté du canal sont disposées des banquettes de halage (fig.
2789) avec parapet ou garde-corps. La
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FiK- 2789.
largeur de ces banquettes varie de lm,30 à ï»,90.
La question importante, dans ces sortes d'ouvrages, est l'étanchéité de la cuvette, difficile à obtenir à cause des dilatations et contractions successives auxquelles les mortiers et les pierres elles - mêmes sont soumis. On peut alors employer, comme enduit, une matière douée d'une certaine élasticité, le bitume. On fait encore des cuvettes en bois, qui durent peu et sont d'un entretien coûteux et des cuvettes en tôle ou en fonte, dont l'inconvénient est d'être d'un prix élevé.
II. Ponts mobiles. Il n'est pas toujours possible d'employer des ponts fixes sur les rivières ou sur les canaux,
soit par suite de la disposition des rives, soit en raison des besoins de la navigation.
Pont de bateaux. Un ouvrage de ce genre est composé de bateaux amarrés à une certaine distance les uns des autres, reliés entre eux par des poutrelles, sur lesquelles on établit un plancher avec garde-corps. Pour donner passage aux navires, on fait dériver sur le côté un ou deux bateaux que l'on replace ensuite. Le tablier s'élève et s'abaisse avec le niveau de la rivière et, par conséquent, le plan incliné qui y donne accès est mobile.
Pont-levis (voy. ce mot).
Ponts roulants. Ces ouvrages, utilisés sur les canaux, sont formés d'un tablier mobile sur des rouleaux en fonte, qui se retire en arrière par un mouvement de translation horizontale. L'inconvénient de ce système est d'occuper beaucoup de place et d'exiger, pour les rouleaux, un grand entretien.
Ponts tournants. Ce sont les ponts mobiles les plus employés sur les canaux et dans les ports. On les fait en bois ou en fonte, en une seule partie ou en deux portions. Dans le premier cas, le tablier exécute son évolution à l'aide d'un axe de rotation vertical placé sur un massif de maçonnerie que l'on a établi à une distance de la berge égale à la moitié de la largeur du pont .
Le pivot est en fer aciéré et s'emboîte clans une crapaudine fixée au pont. Autour de ce pivot est un chariot qui sert 1 à empêcher le déversement, quand il y a déplacement dans le centre de gravité : il est composé de deux cercles concentriques, reliés par des bras et munis de galets qui se meuvent sur un cercle en fonte scellé dans la maçonnerie. Les poutres horizontales qui forment le tablier ont leur portée diminuée par des haubans en fer se rattachant à deux colonnes en fonte placées de chaque côté du pont. Ces colonnes sont fixées sur une forte traverse placée sur le châssis qui repose
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immédiatement sur le pivot. Le tablier étant composé de deux travées inégales, puisque le point de rotation n'est pas au milieu de l'ouverture, on rétablit l'équilibre au moyen de contrepoids.
Lorsque le pont a une assez grande ouverture, on le divise en deux parties mobiles qui viennent s'ajuster l'une contre l'autre. La figure 2790 représente un exemple de cette dernière espèce d'ouvrage, le pont tournant de
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Fig. 2790.
Brest, dû à l'ingénieur Oudry. Le tablier est composé de deux parties pouvant pivoter facilement sur deux pilestours au moyen d'un mécanisme particulier. La grande volée est équilibrée par la petite, additionnée d'une charge disposée dans une caisse à parois pleines.
Historique. Les ponts les plus anciens dont il soit fait mention dans l'histoire
sont attribués à Menés, roi d'Egypte, qui, selon Hérodote, en fit construire un sur le Nil et à Sémiramis, qui fit bâtir un pont sur l'Eupbrate, à Babylone.
Les Grecs semblent avoir édifié des ponts où les piles étaient en pierre ; mais ce sont surtout les Romains qui, les premiers , employant les arches voûtées, donnèrent à ces ouvrages un
Fig 2791
caractère monumental et y déployèrent, en même temps, une grande habileté d'exécution.
Les ponts romains étaient toujours très étroits. La chaussée était pavée de larges dalles et munie de trottoirs de
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chaque côté. Quelquefois, à chacune des extrémités du pont, était érigée une porte monumentale, qui décorait la construction et pouvait servir aussi à intercepter le passage. Le pont de Saint- Chamas (Bouches-du-Rhône), que représente la figure 2791 , offre un exemple de cette disposition.
Le fameux pont du Gard montre sur quelles dimensions colossales étaient quelquefois conçues ces sortes d'ouvrages.
A l'époque des invasions des Barbares, la plupart des ponts romains furent renversés, et Ton ne franchit plus les rivières que sur des baleaux ou des bacs. Charlemagne fit établir des ponts de bois sur le Rhin.
Les architectes du moyen âge se bornèrent d'abord à copier les ponts romains ; ce n'est que plus tard qu'ils en modifièrent les dispositions ; ils continuèrent toutefois à les faire très étroits, mais en ménageant, au-dessus des piles, des enfoncements qui servaient de refuge aux passants, lorsque la chaussée était encombrée de voitures. Quant aux arches, ils les firent circulaires ou ogivales, suivant les époques, et de dimen-
sions presque toujours inégales, l'arche
du milieu, dite marinière, étant beaucoup plus haute et plus large que les autres, ce qui donnait à la construction une forme en dos d'âne très prononcée.
En outre, des tours fortifiées défendaient souvent chacune des extrémités du pont et parfois même une troisième tour semblable surmontait une des piles centrales. Le pont Valendé, sur le Lot, à Cahors (fig. 2792), est le plus grand pont fortifié, encore existant, qui date de cette époque.
Plus tard, on bâtit aussi des maisons sur les ponts eux-mêmes. La figure 2793 montre, en coupe, le pont dit Ponte- Vecchio, qui possédait, de chaque côté,
Fig. 2793.
des boutiques à arcades, dont l'élévation est donnée par la figure 2794. Ces dessins sont reproduits d'après la restaura- Lion qu'en présente M. Rohault de
Fig. 2794.
Fleury dans Y Architecture toscane. Les façades extérieures avaient un aspect des plus sévères ; les fenêtres mêmes y