‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 226 sur 255 · TUF · texte numérisé non relu

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d'une manière générale, à des cylindres creux en plomb, en verre, en fer étiré, que l'on emploie à différents usages, par exemple à fabriquer des tuyaux de distribution d'eau ou de gaz.

On appelle tubes acoustiques des tubes en cuivre ou en fer, terminés, à leurs extrémités, par des tuyaux en caoutchouc et qui servent à faire communiquer entre elles des personnes habitant des pièces éloignées les unes des autres ou placées à des étages différents. Les tubes élastiques sont munis d'un portevoix armé d'un sifflet, et la communication s'établit ainsi : on enlève le sifflet et l'on souffle dans le porte-voix; l'autre sifflet se fait entendre et appelle l'attention du correspondant. Celui-ci applique son oreille au porte-voix et perçoit distinctement les paroles prononcées à l'autre porte-voix; il répond s'il y a lieu et la conversation peut se continuer sans que les interlocuteurs aient besoin de changer de place.

Tubulure, s. f. — Ouverture ménagée dans un récipient, un tuyau, une enveloppe quelconque, pour recevoir le raccordement d'un tube.

Tudor [Arc). — Voy. Arc.

Tuf, s. m. — Carbonate de chaux qui provient de l'évaporation des eaux calcaires.

Cette roche est très tendre, mais elle acquiert de la dureté à l'air ; on l'emploie dans les constructions en Wurtemberg, en Autriche, en Italie, etc.

Il y a des tufs calcaires siliceux qui sont le résultat de l'évaporation spontanée d'eaux minérales qui renferment, avec le carbonate de chaux, une certaine quantité de silice.

On donne le nom de tufs volcaniques à des dépôts formés par les déjections volcaniques, les cendres, rapillis, ponces, détritus de laves, réunis par des ciments de diverses natures. Ces tufs sont employés depuis fort longtemps, à cause

de leur solidité et de leur légèreté. Le tuf de Rome est le pépérin (voy. ce | mot).

Tuf f eau , s. m. — Calcaire à structure tantôt grossière ou grésiforme, tantôt arénacée, et que sa consistance permet d'employer dans les constructions.

Tuile, s. f. — Ce mot, qui vient du latin tegula, dérivant lui-même de tego, qui signifie couvrir, sert à désigner aujourd'hui une tablette de terre cuite employée à la couverture des édifices. Or, il est certain que le mot tegula doit être pris dans un sens plus général que celui qu'on entend de nos jours par le nom de tuile, c'est-à-dire un carreau d'argile d'une épaisseur quelconque, pétrie, séchée et cuite au four à la manière des briques.

C'est ainsi que les Grecs recherchèrent pour la couverture de leurs temples une matière moins fragile que la terre cuite. D'ailleurs, les murs de ces édifices et les colonnes étant de marbre, il dut sembler que l'argile produirait aux yeux un contraste trop violent. Aussi, Pausanias nous apprend-il qu'un certain Bizès de Naxos avait obtenu les honneurs d'une statue, pour avoir imaginé d'employer le marbre pentélique en tuiles propres à servir à la couverture des édifices. Les tuiles de marbre, ainsi utilisées, avaient des proportions bien supérieures à celles de nos ardoises.

Ces tuiles étaient de véritables dalles et, au moyen des entailles qui les réunissaient les unes aux autres, elles devaient produire des couvertures capables d'opposer à la violence des vents la plus forte résistance.

Bien avant l'usage des tuiles de marbre en Grèce, les peuples de l'Asie employaient, pour la couverture des monuments, les tuiles en terre cuite émaillée. Cette coutume a laissé des traces nombreuses dans les pays situés au pied du Caucase et dans la Babylo-

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nie, c'est-à-dire dans ces antiques contrées où, plus de dix siècles avant notre ère, l'art céramique avait atteint le plus haut degré de perfection.

Chez les Grecs et chez les Romains, les tuiles étaient les unes plates, les autres courbes. Les premières se divisaient en deux classes : les tuiles plates proprement dites, appelées en Italie simplement tegulœ, et les tuiles à rebord, appelées tegulœ humatœ. Les premières avaient tantôt la forme d'un carré, tantôt celle d'un rectangle ; leurs dimensions étaient variables et leur épaisseur se trouvait comprise entre 0m,025 et 0m,04. Les tuiles à rebords étaient rectangulaires ; la forme trapézoïdale, admise par un grand nombre

Fig. 3399.

d'auteurs, parmi lesquels Rondelet et le colonel Émy, est excessivement rare.

Les dimensions de ces tuiles variaient de 0m,34 à 0m,40 de longueur sur 0m,23 à 0m,27 de largeur. Toutefois, on en a trouvé, à Rome, qui ont jusqu'à 0m,55 sur 0m,70 et pèsent 27 kilogr., avec des rebords de 0m,33 de hauteur.

La figure 3399 représente un spécimen de ces tuiles qui appartient au musée céramique de Sèvres.

Les tuiles creuses ou imbrices avaient

Fi g. 3i00.

la forme de dos- d'une ou de demi- cy-

lindres. Quelques-unes, mais en très petit nombre, sont trapézoïdales; encore, les tuiles de ce genre, dont la figure 3400 représente un spécimen, servaient- elles particulièrement à la construction de conduites d'eau.

Nous donnons ( fig. 3401 ) une vue perspective d'une partie de couverture romaine composée de tegulœ humatœ et imbrices. Ainsi qu'on le voit, les rebords

Fig. 3401.

saillants des premières sont dirigés dans le sens de la pente du toit, et chacune d'elles est placée à recouvrement sur celle qui lui est immédiatement inférieure ; leurs joints montants étaient

fermés par les secondes, qui se recouvraient également les unes les autres; chaque rangée de tuiles creuses était ordinairement arrêtée, à sa partie infé-

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rieure,parune tuile un peu plus grande que les autres appelée antéfixe (voy.ce mot) et qui, solidement fixée sur la corniche, était fermée sur sa face inférieure. Quelquefois , ces antéfixes étaient supprimées et remplacées par un chéneau (fig. 3402) exécuté en terre cuite, et plus ou moins orné. Ce chéneau portail, dans l'axe de chaque rangée de tuiles plates, une tête de lion saillante, dont la gueule ouverte rejetait au dehors les eaux pluviales.

Dans la couverture des grands édifices, les tuiles à rebords étaient exécutées en marbre et taillées suivant des dispositions plus ou moins compliquées.

Le système romain, c'est-à-dire la toiture en tuiles plates rectangulaires , avec tuiles creuses de recouvrement, se retrouve dans le midi de la France, pendant les premiers siècles du moyen âge. Mais la fabrication de ces pièces était absolument défectueuse, et, dès le xic siècle, on renonça à la forme rectangulaire pour adopter la forme trapézoïdale. Comme l'indique la figure 3403, les tuiles s'emboîtaient l'une dans l'au-

Fig. 3403.

tre , sans encoche et par l'introduction du petit côté dans le plus grand.

On appliqua ce système dans le Languedoc et la Provence ; il présentait un inconvénient particulier : la difficulté de fixer les tuiles destinées à recouvrir les arêtiers. Il semble, en effet, que ces tuiles ne pouvaient être maintenues qu'à grand renfort de mortier, mauvaise garantie contre les mouvements inévita-

bles des charpentes et les efforts du vent. Les architectes du moyen âge, surtout dans les constructions soignées, savaient parer au mal : si les édifices étaient voûtés, des arêtiers en pierre, avec rebords de recouvrement, étaient placés à la rencontre des pans de couverture, et leurs joints étaient simplement garnis de ciment ; les tuiles approches étaient coupées obliquement et se logeaient sous les rebords. Dans le cas de toitures reposant sur des charpentes sous voûtes sous-jacentes, les arêtiers étaient formés de tuiles spéciales, munies d'oreillons, qui s'emboîtaient sur les tuiles couvre-joints des pans de combles.

Dans les provinces du midi et de l'ouest de la France, aux xie et xne siècles, les constructions ordinaires étaient pourvues de tuiles gouttières, posées à la base des couvertures pour recevoir les eaux pluviales. Ces tuiles , d'une

grande longueur (on en a trouvé qui mesurent 0m,65), étaient plus étroites à une extrémité qu'à l'autre, de manière à former emboîtement (fig. 3404), et, de plus, elles étaient munies d'un rebord qui permettait de les sceller sous L'égout du toit.

Offrant trop de prise aux intempéries de l'atmosphère, les tuiles romaines à recouvrement avaient été abandonnées, dans les provinces du nord de la France, pour le système de couvertures en tuiles plates. Ces dernières étaient, à cette époque, pourvues, à la partie supérieure (fig. 3405), d'un rebord formant un crochet continu, que retenaient des lattes clouées sur les chevrons.

Le faîtage des combles de la période

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romane était composé soit de pierres pleines ou ajourées, soit de tuiles de grande dimension posées jointives et souvent accompagnées d'ornements qui formaient, à la partie supérieure du toit, une crête ou décoration continue.

L'extrémité de la ligne faîtière, dans les couvertures en tuiles, était occupée par un autre motif d'ornementation, auquel

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des tégole et des canali est de 0m,41 ; la largeur des premiers est de 0m,33 au

on a donné le nom d'épi, et qui enveloppait l'about supérieur du poinçon.

Toutefois , la fragilité de ces objets ayant amené leur destruction rapide, nous n'en possédons pas qui datent de l'époque romane ; c'est à peine si l'on retrouve quelques traces de ces accessoires dans les bas-reliefs et les manuscrits.

De nos jours, les divers systèmes de couverture que nous venons de décrire sont encore utilisés en Italie. Sur les chevrons espacés de 0m,32 environ d'axe en axe , on pose ( fig.

3406) de grandes briques en dalles de terre cuite de 0m,0i28 dépaisseur avec joints garnis de mortier. On forme ainsi une espèce de carrelage sur lequel on range des tuiles plates appelées tégole plus larges par le haut que par le bas et se recouvrant d'environ 0,u,08. Les rangées contiguës sont séparées l'une de l'autre par un intervalle d'environ 0"\ 03 qui est recouvert, ainsi que les rebords, par des tuiles creuses appelées canali également posées à recouvrement. Les rangées inférieures et quelquefois toutes les tuiles sont maçonnées par le carrelage, de manière à former un ensemble des plus solides. A Rome, la longueur

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sommet, 0m,25 à la partie inférieure ; les canali ont 0m,175 de diamètre au sommet et 0m,24 à la base.

Dans quelques provinces du centre de la France, telles que le Nivernais, le

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Fig. 3407.

Poitou, on fabriquait des tuiles en forme d'écaillés dès le commencement du xiue siècle. Dans les Flandres, à partir

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du xve siècle, les tuiles en S, dites tuiles flamandes, encore en usage de nos jours, étaient généralement employées. Ces tuiles sont à double courbure, en forme d'S aplatie ; elles ont environ 0m,3o de côté sur 0m,016 d'épaisseur , et sont munies , par le haut , d'un talon au moyen duquel on les accroche sur un lattis (fig. 3407), ce qui permet de donner au toit une forte inclinaison ; leurs joints sont ordinairement garnis de mortier. Il en faut 15 4/4 par mètre carré.

Dans tout le Midi, à partir du xnr siècle, le système de couverture en tuiles

Fig. 3408.

creuses a été appliqué; dans ce système,

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Fig. 3109.

les tuiles canal étaient simplement des

tuiles couvre-joints retournées. Cette coutume subsiste encore. Nous donnons {lig. 3408 et 3409) deux spécimens de ce genre de toiture.

Ces tuiles, qui n'ont pas moins de 0m,3o de longueur, se posent sur un plancher continu cloué sur les chevrons; il faut donc que la couverture soit peu inclinée pour qu'il n'y ait pas glissement. L'angle du toit avec l'horizon est maintenu entre lo° et 27°. Les angles saillants et rentrants sont exécutés en tuiles de même forme, mais de plus grande dimension et posées à bain de mortier.

Actuellement, en France, les tuiles employées le plus fréquemment peuvent se diviser en deux catégories : les tuiles plates et les tuiles à emboîtement.

Les tuiles plates, dites de Bourgogne, ont la forme de rectangles un peu bombés (fig. 3410). On distingue, dans cette classe, deux échantillons : le grand moule, qui a 0m,31 de longueur sur 0m,2o de largeur et 0m,015 d'épaisseur,

Fig. 3410.

le mille pesant 2,000 kilogr. ; et le petit moule , qui a 0m,25 de longueur sur 0m,18 de largeur et 0m,014 d'épaisseur, le mille pesant 1,300 kilogr. Les tuiles de Bourgogne ont une teinte pâle, rendent au choc un son clair et présentent une grande résistance.

Dans les couvertures, on pose ces tuiles sur des lattes qui ont ordinairement 0m,0034 d'épaisseur sur 0m,041 et 0m,04o de largeur, que l'on cloue sur les chevrons et qui sont espacées du

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tiers de la longueur des tuiles. Une rangée de celles-ci s'accroche, au moyen du tenon qui garnit Tun des petits côtés, sur un rang de lattes, de manière que

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Fig. 3411.

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