NOMBRE
par
mètre carré
de toiture.
lo,l.o 18,52 22,32
POIDS
du mètre carré
compris
le lattis.
PENTE Minimum d'inc'inaison sur l'horizontale par mètre de portée.
TUILE
TUILE
Outre les tuiles que nous venons d'énumérer, il y a les tuiles faîtières, les tuiles de rive, etc. (voy. ces mots).
Fabrication des tuiles. Les qualités que doivent présenter ces matériaux sont les suivantes : imperméabilité, légèreté, sonorité, résistance suffisante pour supporter le poids d'un homme, forme telle que l'eau n'y puisse séjourner, substance inattaquable à la gelée.
Le mode de préparation des terres pour la fabrication des tuiles est le même que pour les briques ; cette opération demande seulement beaucoup de soin. Le façonnage s'exécute à la main ou à la machine.
Le moulage à la main se pratique encore fréquemment pour la fabrication des tuiles communes ou simples plaques rectangulaires, munies d'un talon ou crochet qui sert à les retenir aux lattes de la couverture. Le mouleur découpe la terre préparée en tranches minces, auxquelles il donne la dimension voulue, à l'aide d'un moule ou châssis rectangulaire en bois ou en métal. La galette ainsi formée passe entre les mains d'un ouvrier ployeur, qui lui donne la forme légèrement convexe qu'elle doit avoir, au moyen d'un autre moule, dont le fond présente la courbure nécessaire.
Dans un trou dont ce fond est muni, la terre est refoulée et forme le crochet. La tuile est ensuite portée au séchoir, puis rebattue et dressée avant la dessiccation complète.
Le moulage à la main, qui ne pourrait, d'ailleurs, s'appliquer aux tuiles dites à emboîtement, est remplacé, dans toute usine importante, parle façonnage à la machine. Les procédés mécaniques sont basés sur deux modes de fabrication : le moulage en terre molle et le moulage en terre dure.
Dans le moulage en terre molle, la terre, soumise à un travail préparatoire très soigné , est comprimée dans un moule en plâtre ou en métal, posée sur une planchette à claire-voie, puis portée au séchoir. Parmi les engins les plus
usités pour effectuer le travail en terre molle, il faut citer la presse à vis : dans cette machine, la terre, mise en plaque sur un moule en plâtre, est comprimée par un contre-moule fixé à la partie inférieure d'une vis qui reçoit son mouvement de rotation dans un sens ou dans l'autre d'un levier à deux branches. Il suffit de donner deux ou trois coups de balancier. Cet appareil permet de mouler de 15 à 1,800 tuiles par jour en trois coups de balancier. Une machine à tuiles en terre molle très estimée est celle de MM. Schmerber frères, constructeurs à Talyoscheim, près Mulhouse. L'élément principal de cet appareil est un porte-moules à cinq faces animé d'un mouvement de rotation intermittent et dans lequel s'effectue la compression des plaques de terre préparée.
Le moulage en terre dure ne date que de l'introduction des movens mécani-
Kl
ques dans le façonnage des produits céramiques. Le développement qu'il a pris est dû à plusieurs causes ; la première, c'est que, par exemple, pour les produits estampés, il permet l'emploi de moules métalliques qui leur donnent des formes très nettes, très régulières, des surfaces unies et souvent un peu glacées par le fait de l'interposition du corps gras nécessaire pour le démoulage. La forte adhérence de l'argile sur les métaux dans le moulage en terre molle nécessite l'emploi de moules en plâtre, naturellement peu résistants et qui exigent de fréquents remplacements.
Le deuxième avantage de la fabrication en terre dure est la manipulation plus facile de produits presque secs, rigides aussitôt que fabriqués et ne demandant qu'un seul ébarbage, qui peut s'effectuer immédiatement. En outre, il y a organisation plus simple et moins dispendieuse des usines, les opérations préliminaires telles que le séchage de l'argile extraite, le concassage, le trempage, étant supprimées et la dessiccation des produits moulés s'effectuant plus vite. Enfin,
TUILE
TUILE
l'opinion généralement répandue est que ce produit peut résister autant que si l'argile avait été mise en pâte. Nous ferons cependant observer que cette argile, dans l'état actuel des procédés, est plus ou moins feuilletée, plus ou moins poreuse et de la texture des ardoises, ce qu'il est facile de distinguer au moyen de la loupe. En effet, quels que soient les moyens et les machines employés, on arrive difficilement à produire des pâtes aussi homogènes, aussi compactes que celles faites à Laide du trempage avec l'eau; bien plus, quand il s'agit de former une pâte avec des terres de nature et de couleurs différentes, on se borne généralement à des mélanges grossiers par couches alternées avant le passage par des cylindres et des malaxeurs. D'autres fois, le mélange et la trituration se font par de nombreux passages entre des cylindres, cannelés ou non, suivis ou non de malaxeurs, avant l'effet de la machine de compression qui sert à façonner les galettes. Dans d'autres cas aussi, l'on divise, par des cylindres cannelés ou unis, ou d'autres appareils, les diverses argiles, avant de les mélanger et de les triturer entre de nouveaux cylindres précédant le malaxeur et la galetière.
L'emploi des cylindres granulateurs Dumont a constitué un progrès sous le rapport de l'intimité des mélanges et de la trituration. Ces cylindres sont formés de segments ou plaques de fonte, ayant 0m,04 d'épaisseur et percés d'une infinité de petits trous coniques de 0m,006 de diamètre à la partie extérieure et 0m,010 environ à la partie intérieure.
La terre, jetée dans une trémie, passe d'abord entre les cylindres unis en fonte qui l'écrasent , puis tombe entre les deux cylindres troués, qui se touchent presque et la forcent à passer par les trous dont ils sont percés, pour en sortir et tomber dans l'intérieur à l'état vermiculaire. On obtient ainsi une division très grande de la masse et une grande rapidité dans le travail de mé-
lange et de malaxage. La terre granulée tombe de chaque côté des cylindres par des intervalles ménagés à cet effet et peut être portée à la galetière. M. Mûller, pour obtenir un mélange encore plus intime et une trituration qui assure aux produits le plus de qualités possibles comme homogénéité, soumet les argiles à une série d'opérations pour lesquelles il se sert d'appareils groupés ainsi qu'il suit : les argiles sont passées dans la tailleuse, soit toutes mélangées, soit jetées successivement dans les proportions indiquées par l'expérience; la tailleuse, en coupant, déchirant, séparant toutes les parties de ces terres, opère un deuxième mélange ; au sortir de ces engins, les argiles menues tombent entre les cvlindres granulateurs Dumont, ou dans tout autre appareil remplissant le même but. Les grains d'argile, ainsi mélangés parfaitement, sont, quand le temps et les locaux le permettent, abandonnés en tas, autant que possible dans une cave ou dans un atelier à l'abri des courants d'air, afin de se maintenir dans un état d'humidité égal et que l'habitude permet de déterminer au moment des mélanges. C'est seulement ensuite que ces terres, bien divisées et triturées, sont livrées aux cvlindres cannelés ou non et successifs, puis aux malaxeurs, à la galetière, enfin aux presses ou tous autres appareils de moulage.
Parmi les meilleures machines propres à effectuer le moulage en terre dure, nous citerons celle de MM. Boulet frères. C'est une machine analogue à celles à briques creuses, sans couvercles des boîtes, et où la conduite des pistons est effectuée par un excentrique. La terre sort de la filière en galettes très dures, que l'on coupe à la longueur nécessaire pour former les tuiles. Cet engin peut produire quotidiennement 6.000 tuiles. Les galettes sont portées à la presse, où elles sont comprimées dans des moules portés par des chariots qui glissent sur des rails et
TUILE
TUILE
sont amenés sous un plateau qu'an excentrique fait descendre et qu'un contrepoids relève. Les tuiles retirées des moules sont ébarbées et transportées aux séchoirs.
Les fours voûtés peuvent être utilisés pour la cuisson des tuiles ; mais cette opération demande les soins les plus attentifs, à cause des défauts qui se produisent sur les tuiles selon qu'elles ont subi une trop faible ou trop forte cuisson. Pour éviter le dernier inconvénient, il ne faut pas, dans l'enfournement , placer les tuiles directement au-dessus du foyer ; on les en sépare par des rangs de briques. Dans les fours annulaires et, en général, dans les fours du système Hoffmann, où Ton enfourne souvent la moitié ou les trois quarts en tuiles, et le reste en briques, il est facile de garantir la tuile contre les effets fâcheux de la trop grande proximité du combustible en incandescence. Si Ton veut cuire exclusivement de la tuile dans les appareils de ce genre, on peut construire des puits de chauffage fixes en briques réfractaires, et fermer ces puits, de manière à mettre complètement les tuiles à l'abri contre les coups de feu. On peut aussi avoir à cuire des tuiles qui prennent de mauvaises nuances par l'effet des cendres volatiles ou des gaz de combustion, et ce défaut se présente souvent lorsque l'enfumage ayant lieu uniquement sous l'influence de la chaleur développée par les gaz et fumées issues du foyer, la buée mélangée auxdits gaz peut se précipiter, se condenser et s'attacher à la surface des produits fraîchement enfournés. Cela arrive notamment lorsque ces derniers produits sont froids et que ceux précédemment enfournés contiennent encore beaucoup d'humidité, leur enfumage n'ayant pas été suffisamment effectué.
Pour éviter cet inconvénient, on a imaginé de prendre l'air chaud en excès qui s'échappe des produits déjà cuits et en refroidissement, pour enfumer et sécher les produits enfournés les derniers. Cet
air chaud est amené par des carneaux dits d'enfumage, établis dans le haut et dans le bas des compartiments récemment enfournés. Dans le four annulaire, le carneau d'enfumage du haut est un canal parallèle à la grande galerie, placé sur la paroi inférieure du four, et pouvant être mis en communication avec chaque partie de l'appareil, de telle sorte qu'il est aisé d'établir un courant d'air chaud du compartiment en refroidissement au compartiment à enfumer.
Les carneaux d'enfumage du bas sont situés en dessous des murs extérieurs du four ou même en dehors du four, mais toujours en contre-bas du sol, et ils ont une ouverture à chaque porte d'enfournement. Ces ouvertures restent fermées, sauf les deux qui doivent servir à mettre en communication le compartiment d'où l'on retire la chaleur et celui qui doit la recevoir. On bouche ensuite, à l'extérieur, ces deux portes d'enfournement, et le courant d'air chaud est établi par le carneau du haut. Quant à ce qui concerne les différentes sortes de fours employés pour la cuisson des tuiles, nous renvoyons le lecteur aux détails que nous avons donnés à l'occasion de la cuisson des briques (xox.Four). Nous dirons seulement ici quelques mots du mode de chauffage par les gaz combustibles, que son prix rend onéreux pour la cuisson des produits ordinaires, mais qui peut être avantageux pour des produits plus chers, tels que la tuile. Ce système repose sur le principe suivant : la combustion n'étant autre chose que la combinaison de corps combustibles avec l'oxygène de l'air, cette combinaison ne peut être complète que lorsqu'il y a contact entre toutes les molécules de ces corps. Partant de là, M. Muller reprit, en 1869, l'étude de cette question, qui avait déjà été entreprise auparavant, mais qui n'avait pas donné des résultats satisfaisants. A cet effet, il réduisit le combustible solide en oxyde de carbone, dans un gazogène séparé du four et fit arriver ce gaz là où
TUILE
TUILE
il devait être brûlé en présence de l'air; il suffisait de régler la proportion des deux éléments pour obtenir un mélange parfait et une combustion complète.
Dans les divers essais qu'il exécuta, M. Muller fit tantôt traverser à la tuile un écran de gaz brûlant, tantôt mouvoir, au contraire, un écran de feu dans un four formé d'un canal horizontal, et donnant à la zone brûlante une vitesse variable, suivant les produits à cuire.
Avec ce dernier système notamment, les résultats ont été bons. Nous avons vu que les Allemands se sont engagés aussi dans cette voie du chauffage au gaz, qui est bien le mode de cuisson par excellence, mais qui est coûteux, dangereux même, et n'a pas encore suffisamment fait ses preuves.
Tuiles entaillées, vernissées. Une des meilleures garanties de faible entretien et de longue durée pour les couvertures en terre cuite est l'emploi de tuiles vernissées , c'est-à-dire revêtues d'une couche vitreuse conservatrice et que l'on colore diversement en blanc, en jaune, en brun, en vert, en bleu, etc., afin de pouvoir en former, au besoin, de riches mosaïques.
Au moyen âge, le goût des belles etbrillantes couleurs, aussi bien pour les toitures que pour les murailles et pour les meubles, fit adopter l'usage des tuiles vernissées.
Ces tuiles offrent divers avantages sur les tuiles ordinaires ; les neiges et les pluies y glissent plus facilement ; elles sont moins perméables et, par conséquent, plus résistantes. De plus, au contraire de la tuile commune, qui se couvre à la longue de mousses et de végétaux parasites, aggravant tous ses défauts , L'émail des tuiles vernissées brille du plus vif éclat lorsque la surface en a été lavée par la neige, et les pluies.
On remarquera que les couleurs employées pour ce genre de décoration présentent généralement des tons francs, simples, énergiques. Le bleu et le blanc
sont, d'ordinaire, évités, et le vert est la seule couleur composée qui soit admise.
De nos jours, le vernissage des tuiles est très usité en Bavière ; les émaux choisis sont fins et les couleurs douces. En France, cet usage tend à se généraliser. Il y a une vingtaine d'années , M. Richomme, fabricant, lui a donné une vive impulsion, en produisant des tuiles semblables de forme aux tuiles bavaroises et, comme elles, diversement colorées en blanc, en jaune, en brun, en vert, en bleu, etc.
La fabrication de ces produits exige de très grands soins ; la préparation de l'argile en est surtout la partie importante. D'après les expériences faites à Munich, voici deux mélanges très usités pour la composition de la pâte : 1° terre glaise, 1 volume ; argile rouge, 4/2 volume ; sable de quartz, 1 volume ; 2° marne, 1 volume ; sable de quartz,
1 volume.
Un émail qui convient parfaitement à des argiles ainsi préparées est le suivant, les proportions étant indiquées en poids : cendre de plomb, 12 parties ; litharge, 4 parties; sable de quartz, 3 parties; alumine blanche, 4 parties ; sel marin,
2 parties; verre pilé, 3 parties; nitre, 1 partie.
Le mélange intime des éléments est la première des conditions de la préparation de ces argiles. A cet effet, on les pulvérise, à l'état sec, par le battage ou mieux par le broyage à l'aide de cylindres, puis on les passe au tamis fin, enfin on les délaye dans l'eau pour obtenir un mélange plus parfait.
A Munich, on emploie généralement des tuiles plates, qu'on appelle queues de castor; on les façonne dans des moules à la manière ordinaire, on les dessèche avec précaution et on les calcine fortement. Pour affranchir leur surface des impuretés qui ont pu s'y déposer pendant le séchage et la cuisson et aussi pour savoir si elles contiennent de la chaux, on les plonge dans l'eau pendant un ou deux jours; la chaux, s'il
TUILE
TUILE
y en a, s'éteint et crevasse la tuile, ce qui, après l'application de l'émail, serait très nuisible à ce dernier. Les éléments du vernis sont également passés au tamis et bien mélangés ensemble ; on les vitrifie ensuite par la fusion dans des creusets. Le verre obtenu est finement pulvérisé avec de l'eau sur des moulins à émail, et mis ainsi en état d'être appliqué.
La blancheur de ce verre peut être considérablement rehaussée, si, avant de transformer le plomb en cendre, on ajoute, pour 50 kilogr. de plomb, 10 à 12 kilogr. d'étain; on peut entin colorer diversement cet émail par l'addition des substances suivantes pour 10 kilogr. de pâte d'émail :
Pour le brun violet foncé, 1 /2 kilogr. de manganèse ;
Pour le violet, 1/4 kilogr. de manganèse ;
Pour le rouge, 3/8 kilogr. de manganèse;
Pour le vert, 1/4 kilogr. de cendre de cuivre ;
Pour le jaune d'or, 1/2 kilogr. d'antimoine ;
Pour le bleu clair, 30?r,5 d'oxyde de cobalt rouge ;
Pour le noir, 10 grammes de litharge et o grammes de manganèse.
On ne fond pas ces matières ; on les broie, on les tamise et on les moud finement sur le moulin à émail. L'intensité des tons obtenus dépend de la plus ou moins grande quantité de matières ajoutées ; on peut ainsi obtenir les nuances que l'on cherche. Du reste, avant de colorer l'émail dans toute sa masse, il est bon d'essayer la couleur, parce que les matières colorantes fournies par le commerce présentent un degré de pureté très variable. L'émail coloré s'applique au pinceau et, pour l'incorporer dans la tuile, on soumet celle-ci à une seconde cuisson, plus faible que la première. L'égalité de coloration dépend beaucoup du degré de chaleur auquel les produits sont portés ;
l'expérience seule peut ici servir de guide.
A Paris, l'usage des tuiles vernissées commence à se répandre ; la gare du Champ de Mars, construite à l'occasion de l'Exposition universelle de 1878, offre un curieux spécimen de ce genre de couverture.
Outre la terre cuite, les métaux tels que le zinc, la tôle et le plomb ont été parfois employés pour la fabrication de tuiles.
Comme tuile en zinc , nous citerons :
1° La tuile Le Bobe, rectangulaire et à joint vertical continu, présentant une surface découverte de 0m,41 sur 0m,28, portant à droite un ourlet et à gauche un relief, s'agrafant avec les tuiles voisines dans le sens vertical et dans le sens horizontal ; l'usage de cette tuile a été abandonné pour celui de la couverture en zinc à grandes feuilles ;
2° La tuile Chibon , rectangulaire aussi et à joint vertical continu, portant à droite un relief et à gauche un couvrejoint, ayant la face ornée de nervures estampées, très peu saillantes ; cette tuile, inférieure à la précédente, n'a guère été employée que pour couvrir des hangars.
La tuile Rabatel est une tuile en tôle zinguée, de forme losangique, à angles presque droits, bordée de plis sur les quatre côtés, ceux du bas en dessous, ceux du haut en dessus, pour former des agrafures plates, par assemblage.
Nous ferons observer, en passant, que l'emploi du zinc, sous forme de tuiles, exige des toits rapides à cause de l'infiltration possible des pluies par les joints nombreux qu'il présente ; il vaut mieux alors couvrir en ardoises ou en terre cuite.
Les tuiles en plomb, ayant la forme de tuiles plates, sont taillées comme des ardoises. On n'en a fait usage que sur des flèches aiguës, sur des dômes de petites dimensions et dans d'autres circonstances analogues.