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PONTLEVOY

systèmes appliqués pour obtenir cette dernière condition d'une façon absolue, dans toutes les positions du tablier, est le pont-levis àlaPoncelet (fig. 2799 (1); une grosse chaîne de Galle agit, par son poids, sur le tablier, en raison de sa position, c'est-à-dire qu'une partie d'autant plus grande de ce poids est soutenue par des points lixes, que le tablier approche davantage de la verticale.

. L'inconvénient de ce mécanisme est la hauteur exigée pour le point d'attache. Nous citerons encore le système Delile, dans lequel le tablier (fig. 2800) est soulevé à l'aide de deux barres de fer qui, par l'une de leurs extrémités,

Fig. 2S00.

embrassent un fort boulon fixé au tablier et, par l'autre, un essieu en fer terminé par deux cylindres qui descendent en roulant sur deux courbes a b tracées de telle manière que le système soit en équilibre dans toutes les positions du tablier.

Pontlevoy (Pierre de). — Calcaire lacustre, compact, qui provient des carrières de Pontlevoy, dans la commune de ce nom, près de Blois.

Cette pierre est homogène, dure et d'un blanc faiblement jaunâtre; elle porte de 0m,40 à 0m,50 de hauteur d'assise et pèse de 2,270 à 2,390 kilogr. le mètre cube ; la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 340 à 420 kilogr. par centimètre carré.

(1) Laboulaye, Dictionnaire des arts et manu factures.

Porche, s. m. — Portique ouvert ou fermé, en avant de la porte d'entrée d'un édifice et particulièrement d'une église chrétienne.

Dans les basiliques latines et suivant le rite de l'Église primitive, un porche extérieur ou narthex était destiné à mettre à l'abri des injures de l'air, mais en dehors de l'assemblée des fidèles, les catéchumènes et les pénitents. La suppression de ces rites a entraîné, à une plus ou moins longue distance et selon les localités, celle de la distribution qui y correspondait, de sorte que la présence d'un porche est un indice d'ancienneté ou de fidélité à la liturgie primitive.

Le porche des églises latines est un espace couvert par une charpente ordinairement apparente, appuyée sur la façade de l'édifice et supportée par une rangée de colonnes ou de piliers carrés établis parallèlement au mur de face, à une distance plus ou moins grande, en raison de l'étendue et du service du temple.

La charpente qui surmonte le porche soutient une couverture en tuiles. Le fond de ce portique était décoré de peintures et de mosaïques ; c'est là que s'ouvraient les trois portes de la basilique. Auprès de la porte principale étaient placées deux fontaines ou bassins destinés aux purifications.

Au-devant du porche était situé Y atrium, vaste cour carrée, entourée de murailles élevées ou de portiques. La porte de l'atrium était ouverte dans Taxe de la basilique et fréquemment accompagnée d'un avant-porche d'une forme analogue à celle que représente la figure 2801.

Un long voile pendant jusqu'à terre protégeait les pénitents contre les regards du public. Dans les basiliques privées d'atrium, des voiles étaient de même suspendus dans les entrecolonnements du grand porche.

A partir du vin8 siècle jusqu'au xne siècle, les porches ont ordinairement la forme de portiques tenant

comme précédemment toute la largeur

Fig. 2801.

de l'église, comme à Saint-Vincent de Rome (fig. 2802 ; néanmoins, on en

Fig. 2802.

trouve qui sont disposés sous une tour occupant le devant de la nef, comme à

l'église Sainte-Radegonde , à Poitiers

Quelques porches résultaient de l'étranglement produit dans le plan du portail par la base de deux clochers latéraux, comme on le voit à l'église de Montréale, en Sicile (fig. 2804 .

Avant le xu° siècle, les lois ecclésiastiques interdisant d'enterrer les morts à l'intérieur même des églises, certains

Fig. 2804.

personnages marquants recevaient la sépulture sous les porches ou vestibules des basiliques. Plus tard, ces abris furent même destinés à des usages qui n'avaient rien de sacré; les seigneurs y rendaient souvent la justice; c'était là aussi que s'accomplissaient certains actes authentiques.

C'est pour remédier à ces abus que, dès le commencement du xue siècle, les ordres de Cluny et de Cîteaux se mirent ta élever devant leurs églises des porches fermés, auxquels ils donnèrent dévastes dimensions et en firent des ant-églises souvent à deux étages (1).

Parmi les porches du moyen âge, nous citerons, comme l'un des plus remar-

quables, celui de l'église de Vézelay, dont la figure 2805 donne le plan, à

(1) Mollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

Téchelle de 0m,002 pour mètre. Il est divisé en trois travées principales; celle du milieu est surmontée d'une tribune au-dessus de l'ancienne porte de la nef; cette tribune est close par une balustrade A ; les collatéraux forment galerie au premier étage.

Pendant les xnie, xive et xvc siècles, un grand nombre de porches, en forme de portiques et d'appentis, ont été établis devant les façades d'églises paroissiales. Ces constructions sont très simples ; ce sont de petits piliers de pierre ou des poteaux de bois qui soutiennent un comble à une seule pente et reposent eux-mêmes sur un mur bahut. Ces porches étaient destinés à mettre à l'abri les personnes qui assistaient aux enterrements effectués dans les cimetières attenants à ces églises.

Outre les porches ainsi fermés sur les côtés et totalement ou en partie sur le devant, les porches ouverts sur leurs trois faces extérieures se rencontrent fréquemment; la figure 2806 (1) représente, en plan, à l'échelle de 0m,004

Fig. 2806.

pour mètre, le porche de l'église de Paray-le-Monial, appartenant au xnc siècle; ce vestibule offre sur sa face à rezde-chaussée, trois arcades ouvertes et sur ses côtés deux arcades ; il est fermé, à sa partie supérieure, par des voûtes

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de V architecture française.

d'arête. Le remarquable porche de l'église Notre-Dame de Dijon a été construit suivant ces mêmes données.

A côté des porches ouverts ou fermés, il faut citer ceux qui étaient établis, à la même époque, à la base des clochers élevés sur la façade principale des églises. Ces vestibules sont tantôt fermés latéralement, tantôt ouverts sur trois faces.

Les porches établis devant les entrées latérales des églises datent du xnie siècle et devinrent très fréquents pendant les xive et xve siècles ; on peut les considérer comme des constructions annexes ne faisant pas corps avec l'édifice. Certaines façades présentent même des porches de ce genre, par exemple celle de Saint-Germain l'Auxerrois, à Paris.

Quelques églises de la Renaissance offrent des porches qui, par leurs dispositions générales, rappellent ceux du moyen âge, avec un caractère plus élégant peut-être, mais moins monumental et moins profondément religieux.

Depuis deux siècles, on a établi à Paris, au devant de certaines églises, des porches ou péristyles d'un aspect plus grandiose, mais ne satisfaisant pas à cette condition essentielle d'offrir un abri véritable contre le vent et la pluie. Nous citerons ici le porche latéral de l'église

de la Sorbonne et le porche ou péristyle de Saint-Sulpice, représenté en plan par la figure 2807 ; il conduit, de chaque côté , dans deux sanctuaires fermés qui, par leurs murs épais, soutiennent les angles de la façade ainsi que les tours.

Les constructions civiles, édifices publics ou hôtels privés, offrent des exemples deporches placés devant leur entrée.

Au moyen âge, ces abris étaient souvent combinés avec les degrés principaux des palais et châteaux. Les maisons n'avaient pas de porches en avant de leur façade, mais des portiques continus, des saillies en encorbellement ou des auvents (voy. ce mot). Dans les constructions civiles, hospices, maladreries, maisons de réunion pour les bourgeois, la forme générale des porches était la suivante : des murs bas supportaient de petits piliers qui servaient eux-mêmes de soutiens à une couverture à deux pentes.

Aujourd'hui , on voit des porches à l'entrée des vestibules dans certains hôtels privés ; nous citerons (fig. 2808) celui que M. Henri Labrouste a construit

à Paris pour l'hôtel Fould. Cette annexe est percée de trois côtés, de façon que les voitures puissent entrer par les arcades latérales pour déposer les visiteurs cà l'abri de la pluie.

Porcherie, s. f. - Local destiné à Télevage et à l'engraissement des animaux de l'espèce porcine.

Ordinairement, les porcs sont renfermés dans des loges ou compartiments qui, par leur réunion, forment la porcherie. Il est rare que l'on mette ces animaux en commun, par exemple clans une cour autour de laquelle sont disposés des abris.

L'exposition au midi est celle qui vaut le mieux pour une porcherie.

Parmi les conditions générales qu'exige l'établissement des porcheries, il faut mettre au premier rang l'uniformité de température. Le porc souffre également des extrêmes de chaud et de froid ; il importe donc de le tenir chaudement, en hiver, par une abondante litière sèche et une bonne disposition de son habitation, et fraîchement, en été, par l'ombrage d'un toit et les courants d'une bonne ventilation.

A cause de l'odeur désagréable que dégage une porcherie, on doit toujours la placer sous le vent qui règne le plus habituellement dans la localité, de manière que l'odeur ne soit pas portée sur les autres bâtiments de la ferme.

Quant à l'espace que doit occuper l'habitation des porcs, il dépend de plusieurs conditions. Tout d'abord, il faut pouvoir séparer les animaux suivant le sexe et l'âge, et aussi d'après leur destination, la reproduction ou l'engraissement. Les verrats, les truies, les mères, les gorets en sevrage et les porcs d'engrais exigent des logements séparés et de dispositions différentes. Les porcs d'élevage doivent pouvoir passer au grand air la plus grande partie de leur temps ; aussi, leur faut-il une loge spacieuse et une cour attenante, la loge ne devant servir que d'abri pour la nuit ou pour les temps de pluie et d'orage en été, et pendant une partie seulement du jour en hiver. On peut faire des loges ou hangars communs à un certain nombre de jeunes truies ou de gorets : « Il faudra, dit M. Grand voinet, dans Y Encyclopédie de l agriculteur, compter alors pour chacun environ 0^,60 de surface, et pour la cour une surface

triple ou lm,80. La loge d'une truie portière ou nourrice devra avoir au moins

2 mètres sur lm,75, soit 3m,50. Celle d'un verrat sera suffisante, ayant 2 mètres de longueur sur lm,20 à lm,50 de largeur, suivant la race (2m2 à 3m2). Les cours devront avoir ordinairement de

3 mètres à 3m,50 de longueur et la même largeur que les loges ; ces chiffres n'ont rien d'absolu et dépendent des circonstances d'emplacement. »

Les porcs d'engrais se placent dans des loges peu éclairées, n'ayant que 1 mètre à lm,30 de longueur sur 0m,75 à 0m,90 de largeur, c'est-à-dire les dimensions strictement nécessaires pour que l'animal puisse se coucher commodément.

Une porcherie d'une certaine importance doit avoir, comme annexe, une chambre d'alimentation renfermant un fourneau pour la cuisson des aliments : viande, pommes de terre ; des cuves de mélange pour les aliments solides et des réservoirs pour les liquides.

Quant à ce qui concerne les dispositions diverses qu'il convient de donner aux porcheries, on divise ces abris en plusieurs classes , suivant qu'ils sont destinés à l'habitation de 4 ou 5 porcs ou d'un nombre qui varie entre 5 et 30 au plus. On distingue aussi les porcheries faites pour l'élevage et celles destinées, tout à la fois, à l'élevage et à l'engraissement.

Les petites porcheries d'engrais reçoivent le nom de toits à porcs. Ce sont de simples couvertures en appentis, recouvrant une enceinte en maçonnerie, souvent même en planches. Les porcs prennent leur nourriture dans des auges placées en dehors, en passant la tête par des trous espacés de manière à ce que les animaux ne puissent se disputer la nourriture.

Dans les exploitations importantes, on fait souvent des porcheries doubles, isolées des autres bâtiments où les porcs sont placés tête à tête ou dos à dos. Dans le premier cas, on établit deux

porcheries simples du premier système, accolées avec un couloir commun qui permet de faire le service des auges.

Dans le second cas, les deux porcheries simples sont accolées en sens inverse ; les appentis s'appuient sur une cloison commune et les auges sont en dehors.

Les porcheries d'élevage consistent, pour chaque animal ou pour chaque groupe d'animaux, en une loge couverte et une petite cour.

Les porcheries mixtes, c'est-à-dire celles qui sont à la fois destinées à l'engrais et à l'élevage, doivent être disposées de la manière la plus commode possible et comprendre les bâtiments divers propres à l'engrais et à l'élevage.

On peut classer, de la manière suivante, les dispositions d'ensemble des porcheries : 1° porcheries d'un seul rang ou porcheries simples ; 2° porcheries de deux rangs accolés ou ^orc7^n>s doubles; 3° porcheries de deux rangs simples parallèles ; 4° porcheries de deux rangs simples, d'équerre ; 5° porcheries de deux rangs doubles, parallèles ; 6° porcheries de deux rangs doubles, placées d'équerre ; 7° porcheries de trois rangs simples, disposées en fer à cheval ; 8° porcheries de quatre rangs simples, en carré ou en carré long. M. Grandvoinet, à qui est due cette classification, la complète par les dispositions mixtes qui comprennent : 1° un très long rang double, à auges intérieures sur couloir, et coupé en deux par une cuisine placée au milieu de la longueur ; 2° trois ou quatre rangs doubles, à couloir et auges à l'intérieur, placés d'équerre sur trois ou quatre côtés d'une cuisine commune ; 3° rangs simples parallèles, ayant la même exposition.

Au-dessus de l'auge est pratiquée dans le mur extérieur des loges l'ouverture qui permet de nettoyer cette auge et de la remplir d'aliments, sans pénétrer dans l'intérieur du toit à porc. Cette ouverture est fermée par un volet, au moyen d'un verrou qui a son crampon scellé sur le bord extérieur de l'auge.

Pour faire le service de l'auge, on pousse le volet à l'intérieur, et il est maintenu dans sa nouvelle position par le même verrou, qui retombe de lui-môme sur l'autre bord de l'auge.

Si nous passons aux dispositions particulières des éléments qui constituent les porcheries, nous ferons observer que la construction du sol même de ces abris est une des questions les plus importantes de leur établissement. On y procède suivant deux modes différents :

on fait un sol imperméable, couvert de litière, qui se transforme en fumier par son mélange avec les déjections des animaux. Moins fréquemment, on fait un sol perméable : un grillage en bois laisse tomber les excréments liquides et solides dans une sorte de fosse ouverte où ils s'accumulent et d'où on les relire à des intervalles plus ou moins rapprochés.

Le pavage de grès ou de calcaire, le carrelage en briques, le bétonnage sont les procédés ordinairement employés pour former les sols imperméables. Le chêne ou l'acacia, ou tout autre bois, pourvu qu'il ait été trempé préalablement et pendant plusieurs jours dans une dissolution assez faible de sulfate de cuivre, fournissent, coupés en petits parallélipipèdes, le meilleur plancher pour les loges à porcs ; les sols autrement construits sont trop froids, surtout pour les jeunes animaux.

Les planchers à claire-voie sont formés avec de fortes lattes, placées l'une à côté de l'autre sans se toucher. Ils offrent sur les sols imperméables un certain nombre d'avantages qui tendent à les faire adopter : économie de litière ; économie de main-d'œuvre pour l'élevage et l'entretien des animaux; suppression des transports de fumier aux tas et réduction du transport aux champs; condition plus favorable pour les animaux d'engrais, qui, ne pouvant se mouvoir que difficilement sur un tel plancher, sont forcés de partager leur temps entre le sommeil et les repas.

L'objection la plus sérieuse qu'on ait faite à ce genre de planchers, c'est que si l'on n'emploie aucune matière fixante, les gaz de la fosse montent et forment une atmosphère viciée que les animaux ne cessent de respirer; on peut faire observer que ce défaut est commun aux porcheries, aux boxes à l'engrais, aux étables flamandes, etc., et que les agriculteurs ne se plaignent pas de ces dispositions.

On établit un plancher à claire-voie en posant les barres sur des lambourdes ou poutrelles, avec un écartement qui varie de 0m,0254 à 0m,0317. Il y a avantage à employer des barres plates posées de champ ; on dépense ainsi moins de bois pour un même poids et les ouvertures sont plus nombreuses. On peut se servir de barres de chêne ayant 0m,08 sur 0m,04. Ces planchers doivent être élevés au-dessus de la fosse de 0m,60 à 1 mètre.

Dans tous les cas, les sols imperméables doivent être inclinés de 0m,03 par mètre et pourvus d'une rigole destinée à faciliter l'écoulement des liquides.

Nous avons vu que les aliments sont donnés aux porcs dans des auges ou mangeoires dont la forme est assez variée. Voici une disposition appliquée dans certains abattoirs, celui de Bourges, par exemple : entre deux étables

Fig. 2809.

(fig. 2809) est disposé un couloir qui permet de déposer la nourriture de chaque animal dans sa mangeoire, sans entrer dans l'étable; chacune de ces crèches est pourvue, du côté du passage, comme on le voit en coupe

(fig. 2810), d'un coffre en bois qui isole les animaux de la personne chargée de leur donner la nourriture ; au fond des

sée à l'un des murs libres des autres

Fig. 2810.

mangeoires est un petit canal qui permet aux liquides de s'écouler dans un ruisseau ménagé sur le sol du passage.

Un autre système commode a été décrit plus haut et est représenté en

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