‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 24 sur 255 · I -"V-^-ir- -v ' : ijll · texte numérisé non relu

I -"V-^-ir- -v ' : ijll

Fig. 2811.

coupe par la figure 2811 ; la figure 2812 en donne le détail perspectif; seulement, il est bon de donner au volet une courbure destinée à laisser à la tête du porc le plus de place possible.

La couverture des porcheries se fait de différentes manières, suivant les divers cas. Quand la porcherie est ados-

Fig. 2812.

bâtiments, les combles se font en appentis, et la toiture peut être formée de chevrons reposant, d'une part, sur une panne faîtière encastrée de quelques centimètres dans le mur de support, soulagée par des corbeaux en fer scellés dans la maçonnerie, et, d'autre part, sur une sablière, pièce de bois plate posée sur le mur de face de la porcherie ou assemblée avec les poteaux du pan de bois qui remplace quelquefois ce mur.

Si la porcherie est double à deux rangs adossés, la couverture peut encore être faite avec de simples chevrons, dont les abouts supérieurs reposent sur un faîte, assemblé à tenon et mortaise avec les poteaux prolongés de la cloison qui sépare les deux rangs de loges adossées.

Quand la porcherie est double par deux rangs de loges tête h tête, c'est-àdire avec couloir au milieu, on la couvre à laide de petites fermes composées soit de planches, soit de petits bois de charpente.

La couverture doit être peu conductrice de la chaleur. L'ardoise est, sous ce rapport, un peu plus conductrice que la tuile, mais elle est d'un bon usage, étant doublée par le voligeage sur lequel on la pose. Dans les pays où les hivers sont longs et très froids, un plafonnage serait très utile pour des loges à engrais

ou destinées à des mères et à leurs jeunes.

L'établissement des portes doit être fait dans certaines conditions : ces baies doivent laisser passer une personne sans trop de gêne, et avoir, par exemple, lm,80 sur 0m,G0. L'une des portes les

plus usitées est celle que représente la figure 2813; elle est divisée en deux parties, dont Tune ta un seul vantail et l'autre à deux vantaux; une imposte éclaire l'intérieur (1).

S'il y a une cour, il faut que les portes qui donnent sur cette cour s'ouvrent par une simple poussée d'un côté ou de l'autre et se referment d'elles-mêmes, de manière que les porcs puissent, à volonté, passer de la loge dans la cour et réciproquement.

Les fenêtres servent à procurer aux porcheries une clarlé suffisante pour le service et à ventiler l'intérieur, c'est-àdire à remplacer Pair vicié par de l'air pur. Ces baies sont de simples ouvertures que l'on bouche, au besoin, avec de la paille ou de la toile grossière. Dans les grandes porcheries, on établit soit des fenêtres demi-circulaires ou cintrées, comme pour les écuries, soit des impostes au-dessus des portes.

Ce mode de ventilation naturelle pré-

(1) Bouchard, Constructions mrnles.

sente un défaut capital ; il produit des courants d'air nuisibles à la santé des animaux qui, habitués à un air chaud et humide, reçoivent subitement les atteintes de l'air froid. Une ventilation continue est préférable. Le principe sur lequel ce système est basé est le suivant : ménager à l'air chaud et vicié une sortie à la partie la plus haute de la loge; faire entrer à la partie la plus basse, par de petites ouvertures appelées ventouses, Pair froid de l'extérieur, qui est alors appelé naturellement par le vide que produit le courant ascensionnel d'air chaud. Ces ventouses sont des trous carrés de 0m,10 à 0m,12 de côté, placés à 0m,60 au-dessous du sol et garnis d'une plaque de tôle percée de trous, ou d'un petit grillage ou même d'une planche percée. Afin que l'on puisse rester absolument maître de la ventilation, c'est-à-dire régler la sortie de l'air chaud, la modérer ou l'activer, on a soin de munir l'ouverture supérieure d'un registre ou de tout autre moyen de fermeture progressive.

Les séparations entre deux loges attenantes ont au moins lm,25 de haut et se font en maçonnerie ou en bois ; dans ce dernier cas, on emploie des planches posées de champ ou verticalement.

Quant à l'espace à réserver à chaque animal, M. Rouchard estime que 6 mètres carrés sont suffisants pour une truie avec ses porcelets, pour trois ou quatre jeunes porcs ou pour un porc à l'engrais. La hauteur des loges peut n'être que de lm,80.

Des bassins doivent être ménagés dans lesquels les porcs puissent se rafraîchir et se laver.

Nous donnerons (fig. 2814) une disposition de porcherie avec cour attenante, l'auge étant placée dans la loge ou encastrée dans le mur extérieur de la cour. On en fait aussi de doubles avec ou sans couloir, comme nous l'avons indiqué plus haut.

Comme disposition générale, on éta-

PORPHYRE

Fig. 2814.

blit souvent une porcherie (flg. 2815) en loges simples, avec ou sans couloir, autour d'une cour pourvue d'un abreuvoir.

Au milieu ou à l'une des extrémités est

rrnri

HT o O HT

Il il

Fig. 2815.

une cuisine A pour la préparation des aliments, avec une cave ou cellier pour le dépôt des provisions. Dans la cour est ménagée une fosse à fumier avec une petite fosse à purin.

Les cours annexées aux loges doivent être un peu plus grandes que les loges. Elles doivent être imperméables aux liquides, ce qui s'obtient à bas prix, au moyen d'un corroi d'argile ou un bétonnage en pierres cassées et terre franche argileuse, un pavage ou bôtonnage en mortier hydraulique. Une pente assez forte est ménagée pour faciliter l'écoulement des liquides vers des rigoles d'où on les dirige sur des fosses à purin. Les séparations entre ces cours sont faites au moyen de treillages ordinaires ou de murs de faible épaisseur.

On donne à ces séparations lm,20 de hauteur.

Porphyre, s. m. — Roche d'origine ignée, formée d'une pâte homogène feldspathique, dans laquelle sont disséminés des cristaux de feldspath.

La pâte est ordinairement de Yalbite, tandis que les cristaux sont de Yorthose, ces deux matières étant des variétés de feldspath.

La dureté du porphyre qui est plus grande que celle du granit en rend la taille très difficile.

Le beau poli que cette pierre peut prendre l'a souvent fait classer parmi les marbres durs.

On distingue, comme variétés de porphyres :

Le porphyre rouge, qui présente un fond rouge, parsemé de petites taches blanches formées par des cristaux de feldspath ;

Le porphyre bran-rouge, présentant des cristaux d'orthose et un peu de quartz et dont la pâte est d'un brun sombre, quelquefois même noirâtre; cette dernière variété est appelée mélaphyre ;

Le porphyre rosâtre, dont la pâte rose-pâle contient de nombreux cristaux de quartz ;

Le porphyre molaire, dont la pâte, qui est d'un violâtre sale, présente des cristaux d'orthose blanchâtre, rosâtre ou verdâtre ;

Le porphyre granitoïde, dont le nom est dû à l'aspect que lui donnent les cristaux, de dimensions très variables, dont la pâte est semée ;

Le porphyre vert, dont la pâte verdâtre renferme des cristaux d'orthose verdâtre d'une teinte plus pâle.

De toutes ces roches, les variétés communes sont bonnes pour l'entretien des routes, pour les pavages ; celles aux couleurs vives et variées sont recherchées pour les objets de luxe ; mais la plus estimée et celle que les anciens ont le plus employée en architecture est la première de celles que nous venons d'énumérer, et qui est dite porplnjre rouge antique. Le nom même de

PORPHYRE

PORPHYRE

cette roche, que l'on lirait de la Haute- Égypte,vient du grec porphura (pourpre).

A quelle époque les Égyptiens exploitèrent-ils les carrières de porphyre et à quels ouvrages employèrent-ils cette pierre? c'est ce qu'il est impossible de préciser. Il paraît toutefois certain que cette matière n'entra jamais dans leurs constructions, et il semble qu'ils ne s'en soient jamais servi que pour les sarcophages. Ils employaient, d'ailleurs, outre le porphyre rouge, le granit rose, la syénite et la diorite. Les Grecs eux-mêmes n'auraient guère employé le porphyre; ce sont surtout les Romains qui ont exploité cette matière en Egypte dans un but architectural ; ils en ont fait des colonnes qui furent, à des époques diverses, transportées en Italie particulièrement et de là dans d'autres pays. C'est ainsi que l'église Sainte-Sophie, à Constantinople, possède dix colonnes de porphyre dont la hauteur serait de 13 à 14 mètres; l'église de Saint-Marc , à Venise, est également ornée d'un grand nombre de colonnes de porphyre.

En observant les ouvrages de cette matière, le goût de leurs sculptures et la nature des sujets, on reconnaît que le porphyre a été exploité en Egypte, plus particulièrement dans les derniers siècles de l'empire romain. La dureté de cette matière, son beau poli et, sans doute aussi, sa rareté et sa cherté le firent rechercher par les opulentes familles de Rome. Pline rapporte que, sous le règne de Claude, un certain Vitrasius Pollio fit voir, pour la première fois, à Rome, des statues de porphyre rouge, appelé alors leptopsephos (marqué de petits points blancs). L'historien latin ajoute que cette nouveauté n'eut pas de succès; mais il est certain que, depuis cette époque, le porphyre rouge fut employé pour les portraits et les statues.

Le porphyre rouge antique peut recevoir un très beau poli ; sa texture est uniforme dans toute la masse, la cohé-

sion égale dans toutes les parties. La dureté de cette pierre surpasse celle de l'acier et en rend le travail très difficile. On raconte qu'à l'époque des Médicis on trouva le secret de tremper l'acier et de lui donner une dureté telle qu'on parvint à fabriquer des outils qui taillaient facilement le porphyre. François del Tadda Ferucci, sculpteur, coutemporain du grand-duc de Toscane Cosme Ier, tira d'un bloc énorme de porphyre une grande vasque que l'on admire au palais Pitti ; il exécuta aussi un certain nombre de statues représentant des personnages ou des figures d'animaux.

La ténacité du porphyre est considérable, et il résiste, en quelque sorte, indéfiniment aux influences atmosphériques; ce sont ces qualités qui le font encore rechercher de nos jours pour l'appliquer aux mêmes usages que les anciens ; mais on ne le tire plus de l'Egypte, car on trouve en France de nombreuses carrières qui renferment diverses variétés de porphyres. C'est ainsi qu'on trouve des porphyres rouges dans la Corse, la Loire, la Lozère, le Puy-de-Dôme, le Var, les Vosges et la Nièvre ; des porphyres noirs dans la Corse et le Puy-de-Dôme ; des porphyres verts ou ophites dans les Hautes- Alpes, l'Aveyron, la Corse, les Côtesdu-Nord , le Lot, la Lozère et les Vosges ; des porphyres bruns ou feuillemorte dans les Hautes-Alpes, la Corrèze, la Corse, la Loire, la Lozère et le Puy-de-Dôme ; des porphyres violets dans la Loire-Inférieure et le Var ; des porphyres bleus dans le Var ; des porphyres jaunes dans la Corse; des porphyres gris dans la Corse, la Loire et la Lozère.

On trouve également du porphyre en Espagne et en Suède ; c'est peut-être cette dernière contrée qui en fournit actuellement le plus.

Le poids du mètre cube de porphyre varie entre 2,756 et 2,927 kilogr.

Par extension, on appelle quelquefois

PORT

PORT

porphyre une pierre dure et polissable présentant, au milieu d'une pâte d'une certaine couleur, des cristaux dont la teinte blanche tranche avec celle du fond.

Port, s. m. — Point d'un littoral où la mer, s'enfonçant dans les terres, offre aux navires un abri contre les vents et les tempêtes.

On distingue :

4° Les ports naturels, qui sont entourés par la nature d'une vaste ceinture de hautes terres, coupée seulement par le passage des eaux appelé généralement goulet; tel est le port de Brest ;

2° Les ports artificiels, où il a fallu tout créer de main d'homme.

Les ports, suivant leur destination, se divisent en ports militaires ou ports de guerre, ports marchands ou ports de commerce. Dans les premiers, qui ne sont pas seulement des lieux de refuge et d'abri, se trouvent réunis les ateliers et les divers établissements nécessaires à l'entretien d'une flotte et spécialement à la construction, au radoub et à l'armement des vaisseaux.

Afin de rendre les ports propres à servir d'abri aux navires, on construit des môles et des jetées (voy. ces mots). Quelquefois, on établit deux jetées parallèles qui s'avancent de plusieurs centaines de mètres jusqu'à la ligne de retrait des eaux, de manière à former un canal mettant la mer en communication avec l'intérieur du port. Dans les localités peu importantes, on remplace les jetées par de simples estacades.

Les ports soumis à l'action du flux et du reflux sont pourvus de bassins de retenue ou d'écluses de chasse dans lesquels on rassemble et l'on retient les eaux à la marée montante ; lorsque la mer se retire, on ouvre les bassins et les eaux, se lançant avec toute la vitesse due à la différence de niveau, balayant et creusant les chenaux , brisent les bancs qui obstruent l'entrée et frayent le passage aux navires.

Dans les ports où le niveau de la mer ne change pas, on est obligé de draguer.

Les ports à marées, où la mer, en se retirant, laisse les navires à sec, reçoivent le nom de ports d'échouage. Il peut en résulter des avaries pour certains bâtiments ; aussi, a-t-on dû créer des bassins à flot, qui sont munis de portes que l'on ouvre pendant le tlux et qu'on ferme au moment du reflux. Dans ces bassins, les bâtiments entrent avec le flux et y sont maintenus à flot quand la mer, en se retirant, laisse à sec le port proprement dit. Celui-ci se nomme, dans ce cas, avant-port.

Les grands ports, et particulièrement les ports militaires, contiennent des ouvrages intérieurs qui servent, soit au chargement et au déchargement des marchandises, soit à la construction, au radoub et au stationnement des navires.

Les premiers sont les quais et les débarcadères ; les seconds sont les cales de construction ou plates-formes de maçonnerie, sur lesquelles on place le navire,

Fig. 2816.

pendant qu'on le construit et auxquelles

PORTAIL

PORTAIL

on donne une légère pente douce pour faciliter le lancement ; les unes sont en plein air, les autres sont surmontées d'une toiture soutenue par des piliers; tels sont les bassins de radoub.

Les Grecs et les Romains paraissent avoir construit leurs ports sur le même plan. Ils y plaçaient un bassin extérieur, avec un ou plusieurs bassins intérieurs, enfermés dans les terres et réunis par un chenal à Lavant-port. L'entrée du port est défendue contre l'action de la mer par un brise-lames en tête de la jetée, qui portait un phare et des tours fortifiées. La jetée était construite en arcades pour s'opposer à l'envahissement des bassins par les galets et le sable. La ville d'Eleusis présentait des jetées ainsi disposées. Le port d'Ostie (fig. 2816). près de Rome, était construit d'après les données que nous venons d'indiquer.

Portail, s. m. — Il y a tout lieu de croire que ce mot, qui n'est qu'un augmentatif du mot porte, fut employé fort anciennement pour désigner les entrées principales des églises, des palais et des monuments publics. De même que, chez les anciens, la porte donna son nom à l'ensemble dans lequel elle se trouvait comprise, c'est-à-dire au portique, au moyen âge elle donna son nom à cet ensemble formé, dans les édifices sacrés ou profanes, par les entrées accompagnées de gables, de colonnettes et de sculptures diverses.

De nos jours, le mot portail est resté affecté aux frontispices des églises. En effet, les colonnades qui précèdent l'intérieur des temples grecs et romains sont des portiques, des péristyles (voy. ces mots) et non pas des portails, tandis que l'on comprend, sous celte dernière désignation, dans les temples chrétiens, les voussures, tympans, galeries, roses, tours, etc., qui encadrent et surmontent les portes.

Il ne faut pas non plus confondre le sens de ce mot avec celui de porche, qui

s'applique à un avant-corps se détachant des lignes principales dune façade.

Dans les premières basiliques chrétiennes, on se contentait de placer en avant de l'entrée un petit portique ne tenant en rien à l'ordonnance générale.

Quelquefois, la peinture et la mosaïque étaient employées à orner la façade antérieure du corps de bâtiment, lequel, formant la nef, s'élevait au-dessus des parties appelées, pour cette raison, bascôtés. Il n'y avait point alors de ces ensembles qui marquent les façades des églises ou en raccordent les parties et que Ton appelle portails.

Dans les édifices religieux du moyen âge, les portails comprennent généralement trois entrées, celle du milieu correspondant à la nef et ornée d'une rose, deux tours plus ou moins élevées, des clochetons, des pyramides , et, dans les églises importantes, une innombrable quantité de figures, de reliefs, de sculptures et d'ornements.

La figure 2817 représente un portail

IMM1

Fig. 2817.

de style plus récent, celui de l'église Saint-Gervais, a Paris, qui se compose d'un mur percé d'une baie principale et orné de huit colonnes accouplées deux à deux, dont quatre sont isolées et forment un simulacre de portique et dont les quatre autres sont adhérentes au

PORTAIL. -

mur et présentent, entre elles et les premières, un espace pour les portes latérales, le tout basé sur un socle saillant, auquel on monte par un perron de quatre marches, qui n'est pas indiqué sur la figure ta cause de la petitesse de Téchelle. Nous avons choisi cet exemple comme étant l'un de ceux qui offrent le plus manifestement l'application rigoureuse du système de Vignole; l'ordre du rez-de-chaussée est dorique et surmonté d'acrotères sur lesquels s'élève, en diminuant de diamètre, l'ordre ionique, également complet, avec archivolte à la baie au-dessus de la porte du rez-dechaussée, impostes régnant sur le mur et niches ornées, répondant aux portes latérales ; sur cette seconde partie reposent d'autres acrotères décorés de balustrades au milieu et portant des groupes de figures aux extrémités; enfin, sur cette base s'élève un ordre corinthien complet, également orné d'impostes et d'archivoltes à sa baie et que termine un fronton circulaire surmonté d'une croix.

Comme portail adapté de même au corps d'une église déjà existante, nous pouvons citer celui de Saint-Sulpice, à Paris. Ce portail ne se relie à l'édifice que dans son plan, au moyen de trois entrées, la principale donnant dans la nef du milieu et les deux autres dégageant les bas-côtés. Il offre un péristyle ou porche (voy. ce mot) orné de colonnes doriques et flanqué de deux sanctuaires fermés. Au-dessus s'élève une galerie à jour d'ordonnance ionique. Ce dernier ordre est surmonté d'acrotères avec balustrades sur lesquels s'élèvent deux tours à plan carré, circulaires à leur partie supérieure.

Dans un sens plus restreint, on désigne aussi par le nom de portail les ébrasements ménagés extérieurement en avant des portes principales des églises pour former un abri. Ces portails sont, dans les grandes églises, ornés de nombreuses statues, de figures et de bas-reliefs placés sur les pieds-

— PORTE

droits en ébrasement, sur les voussures et clans les tympans au-dessus des portes (voy. ce mot).

Porte, s. f. — Mot qui désigne, à la fois, l'ouverture pratiquée dans une enceinte pour lui servir d'issue et l'assemblage mobile de bois ou de métal qui sert à clore cette ouverture.

Toute porte se compose de deux jambages ou pieds-droits, qui en sont les parties latérales, d'un linteau ou d'un cintre, qui forme la partie supérieure, et d'un seuil, qui en est la partie inférieure, que le pied foule en entrant. Les jambages comprennent un tableau et une feuillure qui reçoit les parties mobiles composant la clôture.

Les formes adoptées pour les portes sont très variables, mais peuvent se ramener à deux groupes principaux :

tantôt la baie est terminée, à sa partie supérieure, par un linteau ou par une plate-bande, et, dans ce cas, elle est rectangulaire ; tantôt elle est fermée par une courbe continue ou brisée passant par toutes les formes de Yarc (voy. ce mot).

Les portes terminées à leur sommet par des triangles, comme les portes de l'enceinte cyclopéenne d'Alée, en Arca-

Fig. 2818.

die (fig. 2818), par des assises en encorbellement, comme celle de l'antique Phigalée (fig. 2819), ou encore par des trapèzes, ainsi que l'on en voit dans les murs étrusques de Circeji (fig. 2820), ne sont que des acheminements successifs vers les formes typiques que nous avons citées.

Les dimensions des portes varient

Fig. 2819.

suivant leur destination , dans des limites assez éloignées, mais non pas

Fig. 2820.

tout à fait arbitraires ; la proportion la plus généralement adoptée est celle où la hauteur est comprise entre une fois et demie et deux fois et demie la largeur de l'ouverture.

Les systèmes de décoration des portes sont également très divers et dépendent du style des édifices auxquels ces ouvertures appartiennent ; nous allons présenter quelques exemples pris dans l'architecture des différents peuples.

Les portes appartenant aux monuments de l'antique Egypte sont rectangulaires et se composent de deux montants et d'un linteau, lisses ou ornés d'hiéroglyphes.

La figure 2821 représente, à l'échelle de 0m,003 pour mètre, là porte du grand temple d'Edfou ; son chambrale, recouvert de sculptures, est couronné d'une corniche à profil égyptien, ornée du

— PORTE

globe à serpents ailés. Cette porte se distingue des autres entrées principales des temples de cette région en ce qu'elle

Fig. 2821.

possède deux consoles, à droite et à gauche de la traverse supérieure, dont la fonction n'est pas encore parfaitement déterminée.

Une autre forme de porte égyptienne est indiquée par la figure 2822 qui donne , à la même échelle , la porte

Fig. 2822.

d'entrée de la seconde cour ou pronaos du temple que nous venons de citer ; le linteau est supprimé.

PORTE

PORTE

Les maisons des anciens habitants de l'Egypte étaient pourvues de portes qui, parleur forme, se rapprochaient plus ou moins de celle qui servait d'entrée aux édifices religieux, mais étaient d'une décoration beaucoup plus simple. On remarquait sur le linteau, soit le nom du propriétaire ou de la personne qui habitait la maison, soit une sentence hospitalière. Ces portes étaient munies de vantaux qui s'ouvraient en dedans et se fermaient à L'aide de verrous et de loquets. Quelques-unes avaient des serrures en bois, comme on en voit encore de nos jours en Egypte. La plupart des portes intérieures n'étaient fermées que par une simple tenture.

La forme quadrangulaire de la porte égyptienne est celle que l'on retrouve dans l'architecture grecque ; cette forme, ainsi que nous l'avons montré précédemment, n'a été que le résultat des tentatives faites par les populations primitives de l'Hellade.

Nous donnerons ici deux exemples de portes tirés des monuments pélasgiques et dans lesquels deux jambages supportent un linteau.

Fig. 2823.

Le premier exemple (fig. 2823) est la porte dite des Lions à Mycènes, qui se

compose de deux pierres formant piedsdroits, hautes de 5m,oo environ et surmontées d'un linteau ayant une longueur de 4m,50, une hauteur de lm,30 et de lm,20 d'épaisseur. Cette porte est surtout remarquable par le bas-relief qui la couronne et qui est la plus ancienne sculpture européenne connue ; il est encastré dans une ouverture triangulaire et se compose d'un pilier central

Fig. 2S2Î.

semi-circulaire reposant sur un soubassement formé de deux plinthes séparées par une scotie. De chaque côté de cette colonne se dressent deux animaux à corps de lionnes, mais dont les têtes sont détruites et qui ont leurs pattes de devant appuyées sur le soubassement du pilier, tandis que leurs pattes de derrière reposent sur le linteau de la baie.

Le second exemple (fig. 2824) est la

PORTE. — 95

dortc du trésor d'Atrée dans la même ville. Elle est formée de deux jambages inclinés sur lesquels est placé un énorme linteau formé de deux pierres superposées. La plus grande a 8'a,lo de longueur sur 6m,50 de largeur, et lm,22 d'épaisseur ; le second linteau est de la même hauteur et sans doute de la même largeur. La porte a 3m,l" à sa base, 2m,32 au sommet et 6m,30 de hauteur ; mais cette dernière dimension devrait être plus considérable. La face du linteau est ornée de deux moulures parallèles qui se continuent sur les jambages. Au-dessus de cette baie est une ouverture triangulaire qui servait sans doute à aérer L'intérieur et à soulager les linteaux.

Le principe du rétrécissement des portes, admis dans les constructions pélasgiques, fut également observé dans les édifices de Fart grec ; c'est de là qu'est venu le nom de porte atticurge donné aux baies qui ont cette forme.

On rencontre, en Sicile, plusieurs

Fie. 2825.

exemples de portes de style grec fort

ancien. Le temple de Diane, à Cefalu, présente deux portes (1), Tune extérieure (fig. 2825), l'autre intérieure (fig. 2826), qui sont très remarquables : la première est pourvue d'un linteau largement profilé soutenu par des piedsdroits en forme de pilastres ornés de chapiteaux; la seconde est accompagnée

Fig. 2826.

d'un chambranle à crossettes, offrant ceci de particulier que les moulures qui dessinent le linteau et les pieds-droits sont en retraite, au lieu d'être en saillie sur le nu du mur ; de plus, le linteau, qui a 0m,76 de hauteur, est de beaucoup plus large que les montants ; au-dessus du chambranle court une corniche composée de quelques moulures.

Nous ne pouvons omettre ici la porte dorique du petit temple tétrastyle d'Agrigente, connu sous le nom de chapelle de Phalaris. La figure 2827 donne l'élévation de cette porte, qui présente à peu près le même caractère que les précédentes, mais dans laquelle le couronnement repose directement sur le chambranle horizontal.

1 P. Chabat. Fragments d'architecture.

PORTE

Fi g. 2827.

pour la proportion et la décoration des baies par la célèbre porte ionique de

mMm£mM^m!mmmr'

Fig. 2S28.

rÉrecblbéion, qui s'ouvre dans le portique nord et que représente la ligure

PORTE

On peut encore juger du goût grec

2828 (1). L'ouverture a 2m,44 à la base et 2m,35 au sommet ; la hauteur est de 5m,21, y compris le seuil. Le rétrécissement est plus modéré, l'ornementation, plus riche que dans les exemples que nous avons déjà cilés.Lesjambagesetle linteau sont décorés de rosaces dont les boutons, en bronze doré, étaient scellés dans des cylindres en bois de cèdre. La corniche est ornée de palmettes et soutenue, à ses extrémités, par des consoles placées en dehors des montants du chambranle. Ce dernier est sans crossettes.

Remarquons, du reste, que les crossettes, qui sont de tradition grecque, et qui se retrouvent dans certains monuments de FËtrurie, par exemple dans

îrTTnT

(ri

Fig. 2829.

les portes figurées sur les pierres tumulaires de la vallée de Norchia, près Viterbe (fig. 2829), manquent généralement aux chambranles d'architecture romaine. Toutefois, on en rencontre dans les portes, comme celle du temple d'Hercule, à Cori (fig. 2830), qui appartiennent aux époques primitives où les peuples de l'Italie étaient encore indépendants de Rome, mais soumis à l'influence de leur origine grecque. La corniche qui couronne la porte que nous citons est soutenue, à ses extrémités, par deux consoles et décorée elle-même d'oves, de perles et de denticules (voy. Chambranle.)

L'influence grecque sur les édifices romains se reconnaît encore dans une

(1) Cli. Blanc, Grammaire des arts du dessin.

PORTE

PORTE

porte que l'on peut offrir comme type

Fig. 2830.

classique, la porte du temple d'Auguste, à Ancyre (fig. 2831). Il est à remarquer

Fig. 2831.

que les proportions de cette baie s'accordent parfaitement avec les règles posées à ce sujet par Vilruve.

L'architecte romain, qui n'a du reste en vue. en fixant la forme et l'ordonnance des portes, que celle des temples, en reconnaît trois genres : la porte dorique, la porte ionique, et la porte qu'il

nomme atticurge. Leurs différences consistent dans quelques variétés de mesures et de détails, les profils, les encadrements et les couronnements étant appropriés au caractère plus ou moins sévère de chacun des ordres auxquels appartiennent les édifices dont ces portes font partie. Ainsi, la porte dorique a ses montants et ses linteaux formés d'un bandeau simple; la porte ionique a ces deux parties plus moulurées et, en outre, elle possède un couronnement; la porte attique ou atticurge ressemble beaucoup à la précédente ; mais les jambages en sont un peu inclinés (voy.

Atticurge).

Comme portes d'architecture romaine proprement dite, la porte du temple de Vesla (fig. 2832) est un des exemples les

Fig. 2832.

plus anciens. La corniche qui en forme le couronnement ne repose pas directement sur le chambranle ; elle en est séparée par une frise.

Il en est de même pour la porte du Panthéon de Rome (fig. 2833), qui est un exemple des plus classiques.

Dans la première de ces deux baies, la partie plane du chambranle se divise

PORTE

PORTE

en deux bandes; elle comprend trois bandes dans la seconde.

Fig. 2S3:i.

Les portes des temples grecs étaient closes par des vantaux mobiles ordinairement en bronze. La disposition générale était toujours à peu près la même : un grand compartiment en bas et un plus petit en haut. Les ornements consistaient en clous dorés fixés sur les traverses et les montants; quelquefois, les panneaux étaient ornés de bucranes et de rosaces.

Les mômes dispositions se retrouvent chez les Romains; mais souvent les panneaux sont plus nombreux et une fenêtre grillée, hijpœthrum , est placée fréquemment au-dessus de la porte principale, comme le représente la figure 2834, qui donne la porte du temple d'Hercule, à Cori, avec ses vantaux et son hypèthre.

Il n'existe guère de renseignements sur les portes des habitations grecques. Il y a tout lieu de croire qu'elles étaient formées, comme celles des demeures pompéiennes, de panneaux de bois disposés en un ou deux vantaux, suivant fimportance de la maison.

Les Romains donnaient aux portes

extérieures le nom de janua et aux portes intérieures celai iïostium.

Fig. 2834.

Les premières, dans toutes les maisons découvertes à Pompéi, sont étroites, à peu près de même largeur et de même forme. La figure 2835 représente un exemple d'une porte des plus simples; F entablement et les chapiteaux ne sont indiqués que par masse ; l'architrave est en moellons, soutenus seulement par une planche ; ce procédé de construction, tout vicieux qu'il est, se trouve répété dans presque toutes les maisons de Pompéi. Les pilastres reposent sur une sorte de piédestal peint en noir.

Les deux battants de la porte, restaurés d'après une porte de marbre de la rue des Tombeaux, faite à l'imitation des panneaux de bois, tournaient sur des gonds avec crapaudines, comme le montre le plan ; chacun d'eux se fermait au moyen d'un verrou qui entrait dans des œillets creusés dans le seuil du travertin (1). Ces portes s'ouvraient, ainsi

(1) Mazois, Ruines de Pompéi.

PORTE

PORTE

qu'on le voit sur la ligure, de dehors en dedans.

Parmi les entrées d'habitations plus

quemmenl deux lions en marbre entre lesquels on rendait la justice.

Fig. 2835

somptueuses, nous citerons celle de la maison dite de Pansa à Pompéi dont la figure 2836 représente une vue de la restauration par Duban. On remarque, sur le seuil, l'inscription salve, qui signifie salut et qui accompagnait généralement l'entrée des demeures particulières.

Pendant la période qui suit l'empire, les portes des basiliques sont établies, d'après le système antique, avec un chambranle composé d'un linteau soutenu par deux montants. Les basiliques latines présentent des portes ainsi disposées : les encadrements sont formés de trois pièces de marbre de grande dimension, décorées de sculptures ; en avant de la porte principale, on voit fré-

La porte que représente la figure 283" appartient à l'église de Grotta-Ferrata:

elle est du xe siècle, mais sa forme est latine. Son riche chambranle est orné de moulures et de sculptures imitées de l'antique. Trois têtes de lion saillantes, sculptées sur le linteau, rappellent les lions placés à l'entrée des basiliques.

Une frise portant une inscription gravée sépare le linteau d'une large doucine très saillante qui forme couronnement et qui est ornée de sculptures. Les vantaux sont en bois et se divisent en panneaux ou compartiments carrés peu profonds et sans sculptures. Sur les montants et les traverses, de gros clous ï.'t des ornements en fer découpé 1 .

(i) Gailhabaud, Monuments anciens et modernes.

PORTE

PORTE

Cette porte était surmontée d'un. sujet

Fig. 2837.

religieux, suivant l'usage adopté dans les premiers siècles du christianisme.

H % £H>iïi^&) irï tfT^i

Fig. 2838.

Les églises de stvle bvzantin sont

encore pourvues déportes à linteaux de grande dimension , mais surmontés d'arcs plein cintre formant décharge, ainsi que le montre la figure 2838, qui représente la porte de la façade de la cathédrale d'Athènes. Cette entrée, précédée de deux marches, a ses jambages unis et son linteau sculpté de lions, de croix et de rosaces. Le cintre est entouré de moulures et son tympan, rempli par un ornement byzantin.

Les portes des édifices religieux, au moyen âge, se divisent en portes principales, placées généralement dans l'axe de la nef centrale et richement décorées de sculptures et en portes secondaires beaucoup moins ornées.

Pendant Père romane primitive, ces baies, formées de jambages et de linteaux, sont accompagnées d'une arcade

en saillie reposant sur de simples piedsdroits ou pilastres, plus rarement suides colonnes. Les tympans sont remplis

PORTE

de petits matériaux disposés en appareil ordinaire ou réticulé, ou par une pierre unie et sculptée d'un bas-relief représentant la croix ou un sujet religieux quelconque.

La figure 2839 représente l'entrée de l'église du Sauveur d'Aix, à l'échelle de 0m,02 pour mètre, un des spécimens les plus curieux qui, selon M. Revoil (1), appartienne à l'architecture carlovingienne. L'ordonnance de cette porte consiste dans une archivolte reposant sur deux colonnes isolées et décorée de moulures et de sculptures presque antiques.

Jusqu'au commencement du xie siècle, les portes conservent leur caractère de simplicité. C'est vers la fin de ce siècle et pendant le suivant que les archivoltes

Fig. 2810.

deviennent nombreuses, chargées d'ornements, et qu'à chaque voussure correspond une colonne de support, ainsi que le montre la figure 2840. représentant, à l'échelle de 0m,015 pour mètre,

(1) Revoit, Architecture romane.

le portail de l'église de Baux (Bouchesdu-Rhône), dans lequel les colonnes aujourd'hui disparues sont restituées. L'ornementation des archivoltes atïecte un grand nombre de combinaisons ; les formes géométriques y abondent. Les tympans, comme pendant l'ère romane primitive, sont tantôt unis, tantôt formés de pièces disposées symétriquement en échiquier ou bien ornés de bas-reliefs.

Dès la fin du xie et pendant le xne siècle, quelques portes sont divisées en deux baies. L'église Sainte-Marthe, à Tarascon (Bouches-du-Rhône), en offre

Fig. 2841.

un exemple, représenté, à l'échelle de 0m,01 pour mètre, par la figure 2841 (1). Ce portail parait dater de 1187, époque de l'invention des reliques de cette église.

Les portes secondaires, c'est-à-dire latérales ou intérieures, des édifices religieux de ce temps, présentent des

(1) Revoit, Architecture romane

PORTE

PORTE

caractères analogues, mais avec beaucoup plus de simplicité. Elles sont composées d'une baie rectangulaire, avec une ou deux voussures reposant sur des colonnettes, ou seulement de deux jambages surmontés d'un linteau avec arc en décharge.

Au xme siècle, l'ogive remplace le plein-cintre au-dessus des baies. Dans les églises peu ornées, les voussures des portes sont garnies simplement de tores et les parois latérales, de colonnes sans statues. La baie est souvent divisée en deux parties par un pilier ou trumeau central sur lequel reposent soit un linteau formé de deux pierres, avec tympan au-dessus, soit des arcades découpées

Fig. 2812,

dans le tympan même, qui, en outre, est parfois ajouré d'ouvertures à plusieurs lobes, trèfles, quatrefeuilles ou rosaces. Dans les grandes églises, le»

parois latérales des portes sont garnies de statues entées de colonnes; les voussures sont ornées de petites figures et des bas-reliefs plus ou moins compliqués décorent le tympan. Sur le pilier qui occupe souvent aussi la partie du milieu

est fréquemment sculptée soit une statue de la Vierge, comme on le voit à \a porte qui donne accès au collatéral nord de l'église Notre-Dame de Paris, soit une statue de saint ou d'évêque, ainsi que le montre (fig. 2842) la porte du croisillon septentrional du transept de la cathédrale de Reims. Dans les cathédrales, les portes se présentent ordinairement au nombre de trois sur la façade principale ; il y a, de plus, deux portes latérales ouvertes, l'une au nord et l'autre au midi.

Les portes du xiv8 siècle diffèrent peu de celles du xme; les moulures sont seulement plus nombreuses, mais plus maigres, les figures plus petites, les ornements plus confus. Les formes géométriques dominent la statuaire et lui enlèvent son rôle principal. Les frontons triangulaires qui les surmontent sont souvent découpés à jour.

L'un des beaux exemples que l'on puisse citer comme grandes portes d'églises élevées au commencement du xive siècle est l'une des deux portes de la cathédrale de Rouen. Cette entrée est partagée en deux baies par un trumeau qui portait autrefois une statue du Christ. Ce pilier sert d'appui aux extrémités des deux linteaux que surmonte le tympan, orné de sculptures qui représentent la Passion. Des statues d'apôtres occupent les niches des ébrasements. Le gable qui surmonte cette porte est plein dans sa partie basse jusqu'au niveau inférieur de -la galerie placée derrière et ajourée au-dessus.

Les portes du xve siècle rappellent, par leur aspect général, celles du siècle précédent ; elles n'en diffèrent que par le détail et le style ; les gables sont plus importants encore; les moulures et les voussures se multiplient ; la sculpture est étouffée par les lignes. Les tympans sont à claire-voie, les linteaux font place à des arcs surbaissés. Parfois, de chaque côté de la baie sont placés des pilastres divisés en plusieurs panneaux et surmontés d'aiguilles,

PORTE

PORTE

Les portes du commencement du wie siècle conservent encore leurs données principales : ébrasements, voussures, trumeaux, tympan ; mais les détails de sculpture et les profils sont modifiés.

Parmi \es portes secondaires dépendant d'édifices religieux du xiue au xvie siècle, se classent celles qui s'ouvrent soit sur les collatéraux, soit sur des dépendances, telles que cloîtres, sacristies^ salles capitulaires, etc. Ces portes sont de petites dimensions, dépourvues de trumeau central, simples ou richement décorées et fermées par un ou deux vantaux.

Nous donnerons seulement ici deux exemples de ces portes : Tune (fig. 2843), qui appartient à la cathédrale de Chartres et date du commencement du

Fig. 2SÎ3.

xme siècle, est d'une extrême simplicité, mais très belle de structure: l'autre (fig. 2844 . surmontée d'un arc aplati ou en ogive surbaissée, est décorée d'un encadrement en feuillages sculptés; elle s'ouvre dans le mur de l'ancienne sa-

cristie à la cathédrale de Clermont (1); cette porte est de la fin du xme siècle.

Au xve siècle, les arcades qui surmontent ces baies ont souvent leur extrados bordé de feuillages et de crochets.

Dans un grand nombre de ces ouvertures datant de la fin du xvc et du commencement du xvie siècle, les lignes de l'arcade, au lieu de produire une pointe mousse, par leur intersection diagonale, comme dans les ogives des xme et xive siècles, se relèvent au point de jonction, de manière à former une accolade. Les portes en arcs surbaissés appelés arcs Tudor (voy. Arc) se rencontrent fréquemment aussi à la même époque.

Les habitations du moyen âge sont pourvues de portes très simples au xic siècle, et souvent très ornées à partir du xue. Les jambages, unis ou accompagnés de colonnettes, sont surmontés de tympans couronnés d'archivoltes qui forment arcs de décharge.

(1) Mollet Le Duc. Dictionnaire raisonné de V architecture française.

PORTE

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Tantôt ces tympans sont soutenus par des linteaux (fig. 2845), tantôt par des arcs appareillés, comme à la porte du

jointives, reliées entre elles par d'autres

Fig. 2845.

Palais public, à Sienne (Italie), représentée par la figure 2846, à l'échelle de 0m,012 pour mètre.

Les châteaux, les palais ou les hôtels étaient généralement les seules demeures ayant des portes charretières. Dans ce cas, une poterne ou entrée pour les piétons accompagnait cette baie principale.

Jusqu'au xve siècle, les portes intérieures des habitations sont étroites et basses ; on les cache ordinairement sous des portières. Les linteaux sont rectilignes, en portions d'arcs de cercle ou en cintres surbaissés. Des corbeaux, pendant les xine etxive siècles, soulagent les linteaux de ces portes. Dans les demeures luxueuses, les linteaux sont surmontés de dessus de porte en menuiserie qui contribuaient à la décoration des appartements.

Les parties mobiles ou vantaux qui formaient la clôture des baies du moyen âge dont il vient d'être question ne sont d'abord que des ouvrages de menuiserie très simples, composés de planches

planches posées en travers et fixées par des clous sur les premières. Plus tard, un système de portes fréquemment employé pendant les xnie et xive siècles est celui qui avait été appliqué aux anciens vantaux de la porte de la Sainte-Chapelle haute de Paris et que représente la figure 2847 (1), à l'échelle de 0"\03 pour mètre. Chaque vantail est formé d'un châssis composé de deux montants, de trois traverses et de pièces en décharge, ainsi qu'on le voit sur le côté intérieur. Sur ce bâti sont clouées des

(1) Violtet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

PORTE. — 105

frises assemblées à grain d'orge et re-

PORTE

Fig. 2847.

liées, en outre, par trois traverses,

Fig. 2848.

comme le montre le côté extérieur. Sur

celte face est fixé avec pointes, en manière de placage, un gable avec son tiers-point, ses redents, ses crochets et ses colonnettes.

Cet emploi de pièces posées en décharge a été appliqué de nos jours à des portes d'édifices construits dans le même style, par exemple à la porte de la sacristie de l'église Notre-Dame de Paris, dont la figure 2848 représente le côté intérieur.

Un autre système, appliqué particulièrement aux portes d'église, est celui dans lequel les vantaux sont couverts de ferrures formant des enroulements et des dessins quelquefois très compliqués. Des clous à têtes saillantes maintiennent ces pentures. Un des plus remarquables exemples à citer est offert par les portes de Notre-Dame de Paris.

Dans les portes du xvc siècle et du

Fig. 2849.

commencement du xvie , on rencontre

PORTE

PORTE

. fréquemment un genre de décoration fort en vogue à cette époque et qui consiste dans des nervures figurant des parchemins plies, sculptées sur les panneaux pleins (fig. 2849).

L'époque de la Renaissance remit en honneur, pour les portes, comme pour les autres éléments des édifices, les formes de l'architecture grecque et romaine, mais, avec certaines adjonctions, telles, par exemple, que les frontons, les contre-chambranles , les corniches supérieures des fortes surmontées de consoles renversées ou de motifs de sculpture plus ou moins riches ou variés.

La figure 2850 (1) montre, à l'échelle de 0m,01o pour mètre, une porte assez simple appartenant à la Renaissance italienne et formant rentrée du petit

Fig-. 2850.

palais Massimi, à Rome; le dessin de cette porte est de Balthasar Peruzzi, l'un des architectes les plus éminents

du commencement du xvic siècle ; la

(1) L. Reynand, Traité d'architecture.

corniche est soutenue, à ses extrémités, par deux consoles que des contre-chambranles ou pilastres semblent supporter.

La Renaissance française, tout en revenant aux traditions antiques, conserve une plus grande originalité. Un certain nombre de portes d'édifices civils, dis-

Piff. 2851

posées, du reste, comme celles de plusieurs portes d'églises, sont surmontées d'un cintre dont l'extrados est couronné! de moulures qui s'élèvent encore en

PORTE

accolade, en réminiscence du xve siècle. Les pilastres sont également moulurés et les parties lisses sont ornées de rinceaux. La figure 2851, qui représente cette disposition, est tirée de Y Abécédaire d'archéologie de M. de Caumont.

Les portes avec couronnements en forme de consoles renversées sont fréquentes au xvii8 siècle. La figure 2852 en donne, à l'échelle de 0m,03 pour mètre, un exemple tiré d'une maison de Nantes, dont cette baie forme l'entrée.

Fïg. 2852.

La partie inférieure est très simple ; la décoration ne commence qu'à la naissance du plein-cintre, où des impostes en saillie supportent les pilastres que couronnent une architrave à deux faces,

une frise à triglyphes et une corniche finement moulurée ; ce dernier membre est lui-même surmonté de consoles renversées entre lesquelles est placé un piédouche soutenant une boule. Souvent, ces deux consoles sont séparées par un buste.

Les vantaux des portes sont quelquefois d'une grande richesse pendant la Renaissance. Nous donnons (fig. 2853) une porte provenant de Rouen qui est

Fig. 28.j3.

encadrée de menuiserie et couverte d'ornements sculptés ; la porte est divisée en quatre panneaux à tables saillantes dont deux sont arrondis par le haut.

Au xvne siècle et particulièrement sous le règne de Louis XIII, les vantaux de portes sont divisés en deux ou trois parties dans leur hauteur et en plusieurs

PORTE

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panneaux sur la largeur. La figure 2854 représente, à l'échelle de 0m,05 pour mètre, une porte de cette époque, dont

Fi g. 2834.

le vantail est composé de panneaux à tables saillantes maintenus par un bâti très simple et des montants intermédiaires moulurés.

Au siècle suivant, on voulut revenir à des formes plus délicates, plus élégantes que celles qui avaient marqué' la fin du siècle précédent, et Ton tomba dans la maigreur. La seconde moitié du xviii0 siècle fut signalée par un retour aux traditions de l'antiquité, puis on arriva a l'excessive variété qui domine de nos jours et qui a pour résultat l'absence de caractère spécial dans l'architecture de notre époque.

Dans les édifices d'architecture moderne où les ordres sont appliqués, on

a adopté certaines mesures pour les diverses portes qui appartiennent à ces ordres. Il est convenu, d'une manière générale, que dans l'ordre toscan, les portes en plein cintre doivent avoir en hauteur deux fois leur largeur ; dans l'ordre dorique, elles doivent avoir, en hauteur, deux fois et 1/6 de leur largeur ; dans l'ordre ionique, les portes de la même forme ont en hauteur deux fois et 1/4 leur largeur ; dans le corinthien, elles doivent avoir deux fois et 1/3 la mesure de leur largeur en hauteur. Quant aux portes à plate-bande, on a déterminé leurs proportions, en divisant- leur largeur en 12 parties, dont on a donné 23 à la hauteur de la porte appelée toscane, 24 à la porte dorique, 25 à la porte ionique, 26 à la porte corinthienne, et 25 1/2 à la porte composite. Ces mesures et proportions diverses ne sont que des règles générales, dont les applications peuvent être modifiées, suivant le goût de l'architecte et les convenances exigées par les édifices auxquels les portes appartiennent.

Nous ne saurions terminer cette étude des portes dans les édifices religieux et civils, anciens et modernes, sans indiquer par quelques exemples comment ces motifs sont traités dans l'architecture arabe. Simples ou richement décorées , les portes des mosquées sont établies sur un type que l'on retrouve dans la plupart des édifices de ce genre; la porte est fermée, à sa partie supérieure, par un cintre surbaissé ou une plate-bande qui soulage un arc en décharge ; au-dessus, se trouve toujours une baie généralement grillée et le tout est surmonté d'une arcade ou voussure à forte saillie qui forme, avec les murs qui lui servent de pieds-droits, une espèce de porche ; de chaque côté de l'entrée et adossées h ces murs, sont ménagées des assises de pierres qui servent de bancs. Deux colonnettes occupent presque toujours les angles intérieurs des jambages de l'arcade. La ligure 2855 représente une entrée de

PORTE

PORTE

mosquée des plus simples, à Constantinc, et dans laquelle on retrouve les

«-^A^rn

Fig. 2855.

dispositions que nous venons d'indiquer ; l'archivolte est en fer à cheval.

Dans les temples musulmans d'une plus grande richesse, des arabesques décorent le chambranle de la porte et les parties pleines qui surmontent l'arcade.

Celle-ci est souvent formée, suivant le goût mauresque, de pendentifs étages les uns au-dessus des autres ; quelquefois, elle est ogivale. Nous donnons (fig. 2856) (1) une porte dans laquelle on retrouve cette dernière forme et qui

(1) A. Coste, Architecture arabe.

appartient à un couvent de derviches au Caire.

Fig. 2856.

Les entrées des maisons particulières sont, en général, disposées, dans les villes, comme celle que représente, à l'échelle de 0m,01 pour mètre, la figure 2857. La porte est placée au centre de la façade et fermée, dans le haut, par un arc surbaissé. Au-dessus, on voit les fenêtres de l'entresol , réservé aux hommes. C'est au premier étage que se tiennent les femmes et que se trouve placé, sur le même axe que la porte, un balcon de chaque côté duquel sont disposées deux fenêlres grillées, ornées de vitraux de couleur. Le vantail de la porte est formé de planches jointives renforcées de plates-bandes en fer.

Souvent, une ouverture rectangulaire, percée dans une imposte ou partie dormante qui surmonte le vantail, est pourvue d'un fort grillage et sert à

PORTE

donner au vestibule ou porche de l'air et de. la lumière.

reils et compartiments autour de la baie (1).

Outre les portes qui forment une entrée directe et qui servent de communication dans les édifices religieux et civils, il faut citer aussi les grandes portes à arcades qui forment l'entrée des cours d'honneur dans les grands hôtels ou dans des enceintes d'une certaine importance. Nous en donnerons ici quelques exemples :

La figure 2859 représente, à l'échelle de 0m,01 pour mètre, une porte rustique du xvie siècle, qui forme façade sur la rue, à Fontainebleau ; de chaque côté

Fig. 2857.

Les portes des habitations de fellahs, dans les provinces, sont d'une simplicité

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Fig. 2858.

beaucoup plus grande (fig. 2858) ; leur construction est du reste faite ordinairement en briques cuites formant appa-

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de l'arcade en plein cintre sont disposées des colonnes engagées ; la corniche est surmontée d'un fronton interrompu, au centre duquel est placé un médaillon circulaire.

Le deuxième exemple que nous donnons (fig. 2860) est la porte de l'ancien château de Compiègne, qui date aussi du xvie siècle et qui sert aujourd'hui de prison ; deux colonnes engagées, auxquelles on a donné la forme de canons, ornent les côtés de la baie.

(1) A. Coste, Architecture arabe.

PORT

PORTE

Comme portes modernes, nous don-

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Fis. 2860,

nons (fig. 2861), à l'échelle de 0m,00o

Fig. 2S61

pour mètre, la porte de la maison d'ar-

rêt delà rue de la Santé, construite par M. Yaudremer. Cette ouverture est terminée par un arc plein cintre ; les vantaux de la porte sont en fer ; l'imposte est fermée par un grillage ; au-dessus de l'archivolte est une chambre formant corps de garde et éclairée par trois fenêtres munies de claustra.

Portes de villes ou de forteresses. Les portes pratiquées dans les enceintes des grandes villes prennent généralement un aspect monumental par les constructions dont on les a surmontées ou accompagnées en vue de la décoration ou de la défense.

C'est particulièrement dans ce genre de portes que, dès les temps les plus anciens, l'art de bâtir dut être employé avec le luxe de la solidité.

L'Egypte nous oiïre encore des ruines grandioses de portes de villes. Nous avons déjà cité, parmi les constructions pélasgiques, la porte de Mycènes (fig.

2823). La porte de l'Acropole d'Athènes était remarquable par le vestibule qui la précédait (voy. Propylées).

On trouve en Ëtrurie des vestiges de portes remontant à une très haute antiquité ; telle était la porte de Volterra que l'on trouve figurée sur un bas-relief étrusque dont elle fait le fond. Ce bas-

Fig. 2862.

relief représente un combat, et un guerrier est vu tombant du haut de cette porte, qu'on reconnaît aux trois têtes qui existent encore en relief, conservées sur la porte elle-même (fig. 2862); une

PORTE

PORTE

de ces têtes fait la clef de la voûte ; les deux autres ornent les jambages.

La porte de Paieries, située près du Tibre, possède aussi une tête en ronde bosse à la clef. Cette baie, représentée (fig. 2863) (1), à l'échelle de 0m,0075, est ouverte dans une enceinte qui date du vie siècle avant Jésus-Cbrist et qui est encore dans un bon état de conservation ; le style en est à la fois simple et remarquable ; elle est ornée d'une archivolte d'un profil simple , composé d'un talon surmonté d'un cavet et reposant sur une imposte formée d'une grande moulure en talon. Le cintre est appareillé en voussoirs extradossés et parfaitement réguliers. L'archivolte est

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Fier. 2863.

formée de pierres séparées, indépendantes de la construction même du mur. Des tours carrées élevées de chaque côté de la porte, à quelques mètres des tableaux, en défendent l'approche.

Dans l'épaisseur du tableau de cette porte, on voit une feuillure carrée qui a dû recevoir une fermeture en façon de herse. Cette porte est surtout remarquable par la pureté de son style, qui prouve en même temps le talent des artistes étrusques et la liaison intime qui existe entre leurs arts et ceux des Grecs primitifs, avec lesquels ils marchèrent de pair pendant longtemps.

(1) P. Chabat, Fiagments d'architecture.

La seule porte qui soit restée debout de l'ancienne cité de Periisia, aujourd'hui Pérouse, est plus monumentale que la précédente. C'est une arcade en plein cintre et d'une grande hauteur, qui est comprise entre deux tours carrées , comme le montre la figure 2864(1). Comme clans Importe de Faléries, Tare est appareillé en claveaux, mais sur une double rangée, et encadré d'une archivolte. Au-dessus, on remarque une petite ordonnance à pilastres ioniques avec des boucliers de forme grecque dans les intervalles. Un bandeau saillant, qui repose sur les chapiteaux de ces avant-corps, supporte deux grands pilastres, qui sont également d'ordre ionique et entre lesquels s'ouvre une arcade, dont le diamètre égale celui de la porte. Cette seconde baie servait, sans doute, à placer des défenseurs directement au-dessus de l'entrée. Les tours s'élevaient beaucoup plus haut qu'il ne semble au premier aspect, ainsi que l'indiquent les arrachements ruinés de tout l'étage.

Les enceintes romaines de certaines villes d'Italie et de la Gaule, telles que les portes de Vérone et d'Autun, ont quelque ressemblance avec des arcs de triomphe, mais ce qui distingue, en général, dans les ruines de l'antiquité, les portes de ville des monuments que nous venons de citer, c'est le nombre d'ouvertures ou arcades égales; en effet, les arcs de triomphe présentent une seule arcade destinée au passage du triomphateur avec son cortège, ou une arcade plus grande , avec deux arcades plus petites collatérales, tandis que les entrées des villes étaient pourvues de deux passages égaux qui étaient destinés, l'un à l'arrivée, l'autre à la sortie.

La figure 2865 représente le plan de la porte Saint-André à Autun : deux larges baies servent, l'une pour l'entrée, l'autre pour la sortie des chariots, et

(1) P. Chabat, Fragments d'architecture.

PORTE

PORTE

deux plus petites pour le passage des saillie prononcée, flanquent la porte et piétons; deux tours semi-circulaires, à la défendent.

Fig. 28G4.

Pendant les périodes mérovingienne et carlovingienne, où les populations des villes eurent à se défendre contre des invasions multipliées, les portes i\r> enceintes devinrent plus étroites: elles

cintrée exactement assez large pour laisser passer un char, peu élevée et flanquée de tours saillantes.

C'est sous le régime féodal, à partir du commencement du xne siècle que

présentaient L'aspect d'une ouverture les portes d'enceintes furent pourvues

PORTE

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de défenses très complètes. Des barba-

Fig. 2865.

canes placées en avant formèrent un premier ouvrage faisant obstacle aux progrès de l'ennemi. Chaque porte ellemême, fermée par deux herses et surmontée de mâchicoulis (voy. ces mots), s'ouvrait entre deux tours dont l'intervalle était occupé, au-dessus de la porte,

par la salle où l'on faisait manœuvrer les herses. Des escaliers, placés à l'intérieur, de chaque côté de l'entrée permettaient de monter sur le rempart, ainsi qu'on le voit aux portes d'Aigues- Mortes (fig. 2866).

L'usage des ponts-levis (voy. ce mot) semble postérieur au xnr siècle ; les

ponts qui accédaient aux portes pouvaient être coupés et, du reste, on les faisait généralement en bois, de manière à les enlever facilement.

Quelquefois, auxnie siècle, les entrées de villes ou de châteaux présentaient fréquemment une ouverture pratiquée dans un corps de bâtiment carré et flanquée de tourelles en encorbellement

Fig. 2867.

(fig. 2867) Un trou ménagé dans la voûte, entre les deux herses, permettait d'assommer avec des pierres l'ennemi qui aurait franchi la première de ces deux barrières mobiles.

Au siècle suivant, les portes sont presque constamment défendues par deux tours et surmontées d'une salle pour la manœuvre de la herse, mais elles sont pourvues de pont-levis à bascule, puis accompagnées souvent, pour le passage des piétons, d'une petite porte ou poterne avec son pont-levis particulier.

A mesure que les moyens d'attaque des places se perfectionnent, les entrées

PORTE

de ville deviennent moins basses, moins étroites, mais les ouvrages qui les flanquent ou qui en protègent les abords prennent plus d'importance.

L'emploi de l'artillerie à feu amena, dès le xve siècle, des modifications aux dispositions adoptées jusque-là pour les entrées des places fortes. Les fossés furent élargis, les barbacanes, les baies, les bretèches (voy. ces mots) formèrent, en avant des portes, autant d'obstacles que l'ennemi devait enlever successivement. L'attaque perfectionnant encore ses moyens, les ingénieurs militaires cachèrent les portes à la vue du dehors en les perçant dans des ravelins ou des demi-lunes et en couvrant leurs abords par des éperons.

Aujourd'hui, les portes des villes fortifiées sont percées dans les courtines et protégées en flanc par les bastions et en tête par des demi-lunes ( voy. ce mot).

Les villes non fortifiées sont pourvues de portes appelées barrières, destinées à faciliter la perception des droits d'oc-

troi sur les denrées. On en a fait de monumentales, comme celles qui ont été construites par Le Doux à Paris (voy. Propylées).

L'idée de l'arc de triomphe servant de porte a été appliquée, par les modernes, à des monuments purement honorifiques ; on peut citer, par exemple, la porte de Brandebourg à Berlin, la porte de San-Gallo à Florence, celte dernière étant un très bel arc de triomphe, élevé en l'honneur du grandduc François I" dans sa capitale.

Paris possédait encore, au siècle dernier, des portes ayant l'aspect d'arcs de triomphe; telles étaient les portes qui avaient reçu les noms de Saint-Antoine et de Saint-Bernard.

Dans la même ville, on voit encore, de nos jours, les portes Saint-Denis et Saint-Martin, véritables arcs de triomphe élevés en l'honneur de Louis XIV, à

! l'entrée des rues Saint-Denis et Saint-

! Martin.

Le premier de ces édifices, que re-

| présente la figure 2868, fut élevé,

Fi*. 28G8.

on 1673, par la ville de Paris, sous la direction de François Blondel. Il est percé d'un grand arc et de deux petites portes, pratiquées dans les piédestaux

accolés aux pieds-droits. Du côté de la ville, engagés sur la surface des piedsdroits jusqu'à la hauteur de l'entablement de l'édifice , s'élèvent des obé-

PORTE

lisques chargés de trophées. A leur pied, deux figures assises, sculptées d'après les dessins de Lebrun, représentent les Provinces-Unies, cet arc de triomphe ayant été élevé en mémoire de la conquête de la Hollande. Entre l'archivolte et l'entablement est placé un bas-relief qui représente Louis XIV commandant le passage du Rhin. Du côté du faubourg, on voit un autre basrelief qui représente l'entrée du même prince dans Maastricht. Dans la frise de l'entablement, on a inscrit, en lettres de bronze, les mots Ludovico magno. Le monument a 24m,65 de hauteur, 25 mètres de largeur, 5 mètres d'épaisseur.

L'arcade a 15m,35 sous clef et 8 mètres d'ouverture; les petites portes ontom,30 sur lm,70.

Parmi les 'portes modernes de l'Italie, traitées dans un style sévère, et dont l'apparence de solidité convient parfaitement à un monument lié aux remparts, on peut citer la porte élevée par Antonio de Sangallo, à l'époque où l'on s'occupait de réparer et d'agrandir les murs de la cité Léonine. Cet édifice, appelé porte de San Spirito, et qui est remarquable par la noble simplicité de la composition, l'heureuse proportion des diverses parties, la convenance et la beauté des profils, est malheureusement resté inachevé.

Menuiserie. Nous avons donné cidessus divers exemples de vantaux mobiles destinés à clore les portes dans les édifices anciens et modernes. Examinons ces ouvrages, au point de vue de leur structure même dans les constructions contemporaines.

Les portes les plus simples sont les portes pleines, qui sont entièrement planes sur les deux faces et qui sont composées de planches assemblées entre elles, à rainures et languettes avec clefs et emboîtées haut et bas dans des traverses ; les planches sont ordinairement en sapin et les traverses en chêne.

Parmi les portes moins simples de construction, on distingue, comme dans

les lambris, les portes à petits cadres et les portes ù grands cadres (voy. Cadre).

Les portes d'appartement ont presque toujours deux parements, c'est-à-dire deux surfaces apparentes, travaillées avec soin.

L'épaisseur des bâtis se règle ordinairement ainsi : 0m,032 à 0m,040 pour les portes de moins de 3 mètres de hauteur; 0m,040 à 0m,050 pour les portes de 3 à 4 mètres et 0m,0o2 à 0m,0o8 pour celles de 4 à o mètres. L'épaisseur des panneaux, qui varie de 0m,013 à 0m,034, est généralement de 0m,020 environ.

Ces portes sont presque toujours entourées de chambranles (voy. ce mot) ou encadrements de menuiserie plus ou moins moulurés.

On ne met parfois que deux grands panneaux dans les portes d'intérieur à un vantail; mais il est préférable, en

Fig. 2S69.

raison du bois, qui n'est pas généralement assez sec pour être employé en grandes surfaces, de placer deux grands

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panneaux haut et bas et un intermédiaire de moindre dimension (fig. 2869).

Les serrures se posent fréquemment dans l'épaisseur des portes, entre deux panneaux, sur une traverse placée à une hauteur qui ne soit pas incommode pour la mise en mouvement du vantail.

Dans les portes à deux vantaux, l'un de ceux-ci est fixé au sol de la pièce et dans la traverse du bâti au moyen de verrous (voy. ce mot).

Les portes cochères sont pourvues de.

forts bâtis, dont l'épaisseur est de 0m,10 pour les portes de 3m,90 de hauteur, de 0m,12 pour celles de 4m,90 et de 0m,16 pour les portes de om,90 de hauteur. La hauteur de chaque vantail est habituellement divisée en 3 panneaux; dans l'un de ces vantaux, les deux panneaux du bas appartiennent à un guichet ménagé pour les piétons (voy. Cocher e, Guichet).

Les portes d'entrée dites portes bâtardes doivent avoir, au minimum, 1 mètre de largeur.

On fait ordinairement les vantaux pleins en 3 panneaux, le panneau du haut fréquemment percé d'une ouverture grillagée qui éclaire le vestibule.

Parfois il n'y a que deux panneaux, celui du bas étant plein et l'autre vitré, avec panneau de fonte ou de fer forgé.

Les portes extérieures à un vantail doivent avoir au moins 1 mètre de largeur, afin que les gros meubles puissent y passer.

Ces portes, ainsi que les portes cochères, se manœuvrent au moyen de poignées de tirage en fer ou en cuivre (voy. Poignée).

Nous terminerons l'étude des portes en menuiserie par les portes ajourées formant barrières, dont nous donnerons quelques exemples.

La figure 2870 représente une porte à un vantail qui n'a que lm,30 de hauteur et qui est composée de deux parties, l'une pleine, formée de planches jointives maintenues par les montants, deux traverses et une écharpe et d'une partie

à claire-voie en bois découpé. Cette porte faisait partie d'une clôture appar-

Fig. 2870.

tenant à la section russe de l'Exposition de 1867.

La porte que nous donnons (fig. 2871), à l'échelle de 0m,025 pour mètre, est ajourée dans toute sa hauteur; elle est

à un vantail et forme la partie ouvrante d'une clôture de basse-cour; le vantail est grillagé dans le bas pour empêcher

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les animaux de passer entre les montants intermédiaires.

Enfin, la figure 2872 représente une porte-barrière à deux vantaux, dont la partie inférieure est garnie de bois dé-

Fig. 2872.

coupé et le haut disposé en grillage ; trois traverses horizontales et deux écharpes relient entre eux les battants de rive et les battants milieux.

On fait encore des clôtures mobiles de structures très diverses (voy. Barrière).

On fait aussi des portes roulantes pour fermer dans les halles à marchandises, du côté des cours, les baies contre lesquelles viennent se placer les voitures pour prendre leur chargement. Ces portes sont à un seul vantail ou à deux vantaux et glissent le long du mur, soil à l'intérieur, soit extérieurement. La figure 2873 représente une porte double placée à l'extérieur de la halle; les deux parties glissent en sens inverse au moyen de poulies à gorge auxquelles elles sont rattachées par des plates-bandes en fer et qui roulent sur un rail supporté par des corbeaux fixés à la charpente de la construction : deux galets, disposés à la

partie inférieure de chaque vantail, facilitent le mouvement. Ces portes sont

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Fig. 2873.

composées de planches jointives comprises dans des bâtis et renforcées par des croix de Saint-André.

Serrurerie. Outre les portes qui ferment souvent l'entrée des cours ou qui forment les parties ouvrantes d'une grille (voy. ce mot), on fait encore des portes pleines en tôle, pour obtenir une fermeture très solide ou clore hermétiquement une ouverture.

Nous donnons (fig. 2874) l'élévation d'une porte en fer pour étable, qui se compose de deux vantaux inégaux en largeur. Le plus grand est formé de deux panneaux mobiles se fermant de

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l'extérieur au moyen d'un loquet à bascule. Le panneau du haut peut s'ouvrir de l'intérieur à l'aide d'un fil de tirage qui s'enroule sur une poulie et qui fait manœuvrer, sur le parement extérieur, un autre loquet à bascule auquel il se

Fig. 2874.

rattache. Ces vantaux sont composés de tôles maintenues par des cornières, dont les unes forment les bâtis et les autres sont disposées en croix de Saint-André pour renforcer les panneaux.

Porte à pans : porte dont la partie supérieure n'est ni en ligne droite ni en arcade, mais se compose de trois parlies, dont l'une est horizontale et les deux autres rampantes.

Porte attique ou atticurge : celle dont le seuil est plus long que le linteau et qui a ses pieds-droits inclinés (voy.

Atticurge).

Porte biaise : porte dont les tableaux ne sont pas d'équerre avec le mur.

Porte bâtarde : porte qui ferme l'entrée d'une maison et qui est trop étroite pour que les voitures puissent passer.

Porte charretière : porte à deux vantaux, très simple et qui est suffisamment large pour le passage des chariots (voy. Charretière).

Porte enchère : porte qui, dans les grandes maisons, sert au passage des voitures (voy. Co chère).

Ces portes ont souvent des dimensions et particulièrement une hauteur que l'on réduit au moyen d'impostes pleines ou à jour, en bois ou en fer. L'emploi du métal comme clôture à la partie supé-

Fig. 2375.

Heure de ces baies donne lieu à des motifs de serrurerie assez variés ; nous en présenterons ici deux exemples ; le premier (fig. 287o) est un simple croisil-

Fig. 287C.

lonnement de treillis de fer quadrangu-

Fig. 2S77.

laire, dont le détail est représenté par

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la figure 2876 ; le second est un culot d'où partent des enroulements en fer forgé, fixés sur un cadre ou châssis demi-circulaire (fig. 2877).

Porte-croisée : porte qui est à la fois une croisée et une porte; les vantaux ont leur partie inférieure remplie par un panneau et touchent au sol de la pièce. Tantôt ces portes s'établissent à rez-dechaussée, tantôt elles donnent sur une terrasse ou sur un balcon.

Porte-per sienne : persienne qui ferme le devant d'une porte-croisée et qui, comme celle-ci, peut être pourvue d'un panneau par le bas.

Porte à jour ou à claire-voie : porte formée de barreaux de bois en tout ou en partie.

Porte-grille : porte dont le vantail ou les vantaux ont un parement par le bas et des barreaux en fer par le haut (voy. Grille).

Portes en enfilade : portes qui sont dans l'alignement les unes des autres.

Porte de dégagement : petite porte qui permet de sortir des appartements sans passer par les pièces principales.

Porte arasée : porte à parements unis, dépourvus de toute saillie.

Porte d'assemblage : porte dont le bâti renferme des cadres et des panneaux à un ou deux parements.

Porte à placard : porte d'assemblage décorée de moulures, avec ou sans chambranle au pourtour.

Porte collée et emboîtée : porte formée de planches debout, collées et chevillées, avec emboîtures par le haut et par le bas.

Porte vitrée : porte garnie de petits bois pour recevoir un vitrage comme une croisée.

Porte brisée : porte dont les vantaux sont formés de plusieurs parties qui se replient les unes sur les autres.

Porte coupée : porte qui ouvre en deux parties sur la hauteur.,

Porte double : se dit de deux portes ouvrant en sens inverse et placées de chaque côté de l'épaisseur d'une baie.

Porte feinte : ouvrage de menuiserie qui imite une porte, mais qui ne sert qu'à faire pendant à une porte vraie.

Porte à deux parements : porte sur les deux faces de laquelle les moulures sont différentes.

Porte en trois panneaux sur la hauteur : porte formée de trois parements encadrés de moulures, le panneau intermédiaire étant de petite dimension.

Porte ébrasée : porte dont les tableaux sont à pans coupés en dehors.

Porte dans l'angle : porte à pans coupés dans l'angle rentrant d'un bâtiment.

Porte en niche : porte dont le plan est circulaire et dont l'élévation a l'apparence d'une niche.

Porte en tour ronde : porte percée dans la partie convexe d'un mur circulaire.

Porte en tour creuse : celle qui est pratiquée dans la partie concave d'un mur circulaire.

Porte sur le coin : porte qui, ayant une trompe, est en pan coupé sous l'encoignure d'un bâtiment.

Porte rampante : porte dont la partie cintrée ou la plate-bande est rampante (voy. ce mot), comme dans un mur d'échiffre.

Porte d'écluse (voy. Écluse).

Législation. En vertu d'une décision du préfet de police du 15 février 1850, «il pourra être permis d'établir des chambranles autour des baies de portes d'allées et autour des baies de fenêtres. La saillie maximum de ces objets est fixée àOm,16 pour les chambranles des portes d'allées et àOm,06 pour les chambranles des fenêtres ».

L'article 87 de l'ordonnance de police du 25 juillet 1862 concernant la sûreté, la liberté et la commodité de la circulation, est ainsi conçu : « Il est défendu de faire développer des portes sur la voie publique »

Quant à l'emplacement des portes cochères, voici les prescriptions adoptées par la préfecture de la Seine :

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