‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 28 sur 255 · I -UU · texte numérisé non relu

I -UU

Fig. 2886.

double en profondeur (fig. 2886), ont été réunis et mesurés avec soin par M. Uchard. L'entablement reposait-il sur les colonnes, comme l'ont supposé quelques auteurs, ou bien était-il séparé de celles-ci par une architrave en

PORTIQUE

bois, ainsi que le montre la figure 2887?

Fig. 2887.

Celle dernière opinion est la plus probable.

Les cours intérieures des riches habitations furent également pourvues de portiques auxquels on donnait diverses expositions pour changer de température.

Pendant le moyen âge, les galeries couvertes qui entouraient certaines cours des monastères et formaient les cloîtres étaient de véritables portiques. Les façades des maisons particulières reposaient souvent sur des piliers de pierre ou de bois, de façon qu'elles étaient précédées, à rez-de-chaussée, d'abris dont la suite formait, dans une même rue, des allées couvertes où circulaient les passants.

Les portiques occupent une place moins importante dans les édifices modernes que dans l'architecture antique, soit en raison du changement qui s'est accompli dans les mœurs, soit à cause du climat plus rigoureux que présentent les régions moyennes et septentrionales de l'Europe. En Italie, on peut citer, comme Tune des plus remarquables, parmi les constructions modernes

PORTIQUE

PORTOR

de ce genre, le double portique demicirculaire à quatre rangs de colonnes qui décore la place Saint-Pierre de Rome.

D'ailleurs, chez les modernes, le mot portique n'exprime pas, aussi spécialement qu'il semble l'avoir fait souvent chez les anciens, un genre d'édifice ou de monument à part, détaché de toute autre construction, ayant ses usages, ses propriétés et d'une destination particulière. Le mot portique représenterait plutôt, dans la langue actuelle de l'architecture, une ordonnance qui serait composée d'arcades et de piedsdroits, et l'on emploierait ce terme en opposition avec celui de colonnade.

On a été conduit alors à faire varier les proportions et les ornements des portiques de la même manière que ceux des portes, et l'on a distingué le portique dorique, le portique ionique et le portique corinthien.

Un grand nombre d'édifices modernes, des églises en particulier, sont construits en portiques, c'est-à-dire sur des arcades soutenues par des pieds-droits ornés de pilastres.

Les palais de l'Italie nous montrent l'emploi, devenu presque général, des portiques, considérés comme galeries ou promenoirs. Il y a même des édifices où l'on voit deux rangs de portiques superposés. Telle est la cour du palais de la Chancellerie, à Rome, qui possède deux rangs de portiques en arcades élégantes, reposant sur des colonnes de marbre.

On place au rang des ouvrages classiques en ce genre, l'intérieur de la cour du palais Farnèse.

L'usage des portiques fut moins répandu, en France, dans les habitations particulières ; cela tient aux habitudes provenant du climat et à la cherté des terrains.

Cependant on voit, à Paris, des portiques dans certains monuments ; nous citerons comme exemple la grande et magnifique cour de l'hôtel des Invalides, à deux rangs de portiques l'un sur

l'autre, qui dégagent toutes les parties du corps de bâtiment. Dans la même ville, l'ancienne place Royale, aujourd'hui place des Vosges, est entourée de portiques, suivant un usage fréquemment adopté pour les places dans les villes d'Italie. On voit même à Turin, par exemple , le rez-de-chaussée des maisons, dans certaines rues, transformé en portiques continus formant abri pour les piétons. Une semblable disposition se remarque, à Paris, dans la rue de Rivoli.

Dans la même ville, on cite encore, comme portiques remarquables, les colonnades du Louvre, de la place de la Concorde , de la Madeleine et de la Rourse, etc.

Il est important, clans des constructions de ce genre, si l'on veut en faire, non pas seulement une décoration plus ou moins somptueuse, mais un abri réel, de leur donner une certaine profondeur.

Dans les ordres, Vitruve recommande, pour profondeur du portique, la hauteur même des colonnes, de sorte que la pluie et les rayons solaires ne rencontrent le pied du mur que sous une inclinaison de 45°.

Porto (Granit rouge de). — Granit rouge très dur, susceptible de poli, que l'on tire de la carrière d'Aja-Campana, dans la commune d'Ota, près d'Ajaccio.

La hauteur d'assise de cette pierre est de toutes dimensions.

Portor, s. m. — Nom que l'on donne à certains marbres noirs à veines jaunes.

Le portor antique est un magnifique marbre à fond noir et veines jaunes, quelquefois brillantes comme de l'or, et il semble que cet aspect soit l'origine du nom qu'on lui a donné. Il se tirait du port de Luna, aujourd'hui Luni, près de Carrare.

Ce marbre s'altère malheureusement à l'air d'une façon assez rapide, et sa couleur noire devient grisâtre.

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