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PRISME

Presse à coller : outil qui a la forme indiquée par la figure 2930 et que les

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Fig. 2930.

menuisiers emploient pour coller les assemblages ; en a est la presse ordinaire, en b la presse renforcée.

Prêt, s. m. — Avance faite par le patron à l'ouvrier sur le salaire de la journée.

On dit faire le prêt.

Prétoire, s. m. — Mot qui, chez les Romains, désignait plusieurs sortes de bâtiments destinés à divers usages :

1° Dans les camps, le général ayant le nom de préteur, la tente qu'il occupait était le prétoire ;

2° Habitation ou palais du préteur, c'est-à-dire du gouverneur d'une province ;

3° Lieu où les magistrats rendaient la justice ;

4° Place où étaient logées les gardes prétoriennes;

5° Habitation du maître dans une villa somptueuse.

Prie-Dieu, s. m. — Meuble sur lequel on s'agenouille pour prier et qui se place dans une église, dans un oratoire ou dans une chambre à coucher.

La ligure 2931 représente, en coupe et en élévation , un prie-Dieu formé d'une caisse ou socle sur lequel on s'agenouille et d'un accoudoir ou pupitre

supporté par une cloison et deux consoles. Sous l'accoudoir est ménagé un

Fig. 2931.

tiroir dans lequel se place le livre de prières.

Au xvie siècle, on a fait des prie-Dieu en menuiserie fort élégants et décorés de sculptures très délicates. On les adossait souvent contre un mur et on les surmontait d'un retable à volets, formant ce qu'on appelait un autel domestique.

Aujourd'hui, le prie-Dieu n'est fréquemment qu'une chaise basse surmontée d'une tablette inclinée à hauteur d'appui.

Prieuré, s. m. — Monastère dépendant d'une abbaye et dont le chef était nommé par l'abbé ou à l'ancienneté, au lieu d'être élu par les moines (voy.

Abbaye, Monastère).

Primaire, adj. — Voy. École.

Prise, s. f. — Action d'une substance qui se coagule et se solidifie.

Le plâtre, le ciment font prise.

Prisme, .s\ m. — Solide compris sous plusieurs plans parallélogrammes, et terminés de part et d'autre par deux plans polygonaux égaux et parallèles.

Les briques et les pierres de taille qui forment des assises horizontales dans les constructions sont des prismes a

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base rectangulaire, qu'on nomme spécialemenl parattélipipèdes rectangles.

Le prisme est droit si les arêtes sont perpendiculaires au plan de la base ; il est oblique dans le cas contraire.

Prison, s. f. — Lieu clos et muré où l'on enferme les accusés et les condamnés.

Dés l'origine, les sociétés eurent à pourvoir à leur propre conservation au moyen de lois répressives. L'application de ces lois exigea des jugements et, par suite, rendit nécessaires les prisons pour s'assurer de la personne des prévenus et pour y enfermer ceux qui étaient condamnés à la peine de la détention.

Chez les Romains, il y avait des prisons publiques, carceres et des prisons privées, ergastula.

Le carcer était divisé en trois étages, ainsi qu'on a pu s'en assurer dans la prison d'Herculanum, lorsqu'on la retrouva en faisant des fouilles Le premier étage était (fig. 2932) un sombre cachot souterrain voûté, où l'on ne pénétrait que par une petite ouverture pratiquée dans le plancher de la division supé-

Fig. 2032.

rieure et qui servait, non pas à la détention, mais aux exécutions. L'étage du milieu était de niveau avec le sol et n'avait, comme le précédent, qu'une ouverture dans le plafond. Dans cet étage on enfermait, jusqu'à l'expiration de leur peine, ceux qui étaient condamnés aux fers et ceux qui devaient être

exécutés, jusqu'au moment du supplice.

L'étage supérieur était destiné à ceux qui s'étaient rendus coupables de délits moins graves et qui n'étaient condamnés qu'à un emprisonnement d'une durée ordinaire.

Vergastulum était une sorte de prison et de maison de correction attachée aux fermes et aux villas romaines ; on y enfermait ceux des esclaves qui étaient condamnés aux fers et qu'on y forçait à travailler avec leurs chaînes.

Au moyen âge, les châteaux, les abbayes, les palais épiscopaux, les beffrois des villes, les chapitres possédaient dans leur enceinte des prisons, qui n'étaient autre chose que des cellules, des cachots et même des culs de bassefosse. Il n'y avait pas d'établissements spéciaux pour les prisonniers. Ces lieux de détention étaient composés de cellules tantôt groupées, comme on le voit encore par ce qui reste des prisons établies à l'offlcialité de Sens, tantôt isolées, comme dans la plupart des châteaux.

Dans ce dernier cas , on adoptait fréquemment une disposition indiquée par la figure 2933 (1), représentant, en coupe, à l'échelle de 0m,00o pour mètre, une des prisons établies dans les tours du château de Pierrefonds ; on y voit deux chambres, dont l'une, supérieure, qui constitue la prison ordinaire, et l'autre, inférieure, qui est le cachot. La première, placée immédiatement audessus dû niveau de la cour, est circulaire, éclairée par deux meurtrières et munie d'un cabinet d'aisances. Au centre de cette salle est percé un trou qui donne accès dans le cachot, absolument dépourvu de lumière, voûté et pourvu seulement d'un siège d'aisances.

Le trou d'accès percé dans la voûte était fermé par une dalle de pierre et une barre cadenassée.

A partir du xvie siècle, on commenea

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonne de r architecture française.

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à s'occuper d'améliorer le sort des prisonniers : un édit de Henri II, datant de lo57, autorisa les magistrats à veiller, par eux-mêmes, à ce qu'ils fussent

Fig. 2933.

traités plus humainement ; une ordonnance de 1560 proscrivit même les cachots souterrains, en défendant de loger les détenus au-dessous du rez-dechaussée.

Quoi qu'il en soit, on peut dire que jusqu'au xvne siècle, les prisons, considérées seulement comme destinées à punir et à séquestrer les individus, devaient seulement, dans l'esprit du temps, offrir un obstacle efficace aux évasions, et alors, quels que fussent le local et sa destination première, ce local servait de prison, s'il présentait ceLte condition, jugée la seule indispensable.

Les prévenus et les coupables étaient donc entassés pêle-mêle dans des lieux secs ou humides, assujettis à des tra-

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vaux pénibles et exposés à toutes sortes de mauvais traitements de la part des geôliers.

Il y avait alors les prisons ordinaires, servant aux individus n'appartenant à aucune juridiction spéciale ; les prisons d'État, où l'on renfermait ceux qui avaient conspiré contre la sûreté de l'État et plus souvent des malheureux, victimes de la haine de personnages puissants ; les prisons des officialités ou tribunaux ecclésiastiques ; les prisons militaires et les prisons pour dettes.

Au xviie siècle, saint Charles Borromée et saint Vincent de Paul, inspirés par la religion , se consacrèrent au soulagement des captifs. Des sentiments philanthropiques firent naître en Allemagne, en Hollande et en Danemark des établissements dans lesquels on s'efforça d'inspirer aux détenus l'habitude du travail.

Au siècle suivant, la maison pénitentiaire de Saint-Michel, à Rome, puis les prisons de Milan et de Gand furent construites de façon à permettre l'isolement complet des prisonniers, pendant la nuit et leur réunion silencieuse, pendant le jour, pour le travail.

A la fin du xvine siècle, Howard, Beccaria, Bentham poursuivirent la réforme de ces établissements et le dernier fit ressortir les avantages du ylmpanoptique, c'est-à-dire d'une disposition de cellules qui est telle que l'inspecteur peut toujours, sans être vu lui-même, voir chaque prisonnier dans sa cellule.

Enfin , les Étals-Unis d'Amérique , après leur émancipation, s'occupèrent de résoudre le problème dans le sens le plus efficace au point de vue humanitaire et moral.

Deux systèmes sont aujourd'hui en vigueur aux États-Unis, le système d'Anburn, ou emprisonnement cellulaire de nuit, et le système de Philadelphie, ou emprisonnement cellulaire de jour el de nuit. Dans le premier cas, les condamnés sont réunis, pendant le jour, dans des ateliers où ils sont tenus de travail-

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1er silencieusement, sous la surveillance incessante de gardiens et, pendant la nuit, ils sont enfermés chacun dans une cellule. Dans le second cas, l'isolement est absolu de jour et de nuit; le condamné reste dans sa cellule dont il sort rarement et ne voit jamais ses codétenus.

L'un et l'autre de ces systèmes présentent des inconvénients. Les critiques très fondées auxquelles a donné lieu l'application en France du système circulaire ravonnant, basé sur l'isolement complet des détenus, ont fait renoncer, pour les longues réclusions, à ce mode d'incarcération ; on ne l'applique plus aujourd'hui que pour les détentions préventives et la mise au secret. Le système d'Àuburn, critiquable également à plusieurs points de vue, n'a pas été adopté en France, où l'on s'est arrêté à un système mixte, en vigueur aujourd'hui dans les maisons de correction, et qui consiste en travaux obligatoires dans des ateliers, sous la condition du silence pendant la durée du travail et les heures des repas.

On distingue actuellement les prisons civiles et les prisons militaires. Les premières, qui sont les seules dont nous nous occuperons ici, comprennent les prisons préventives elles maisons de force ou de correction.

Dans les prisons préventives, on classe : les maisons d'arrêt, qui relèvent du tribunal de police correctionnelle, et les maisons de justice, qui sont affectées à la détention des prévenus relevant de la cour d'assises. Dans les premiers de ces établissements , les prévenus et les condamnés correctionnels restent jusqu'à ce qu'ils soient dirigés sur le lieu de détention qui leur est assigné; dans les seconds sont enfermés les accusés jugés par les cours d'assises et ceux qui se sont pourvus en appel ou en cassation en attendant leur transfèrement.

Les maisons de correction sont destinées à la détention des individus con-

damnés, en vertu d'un jugement, à un emprisonnement de plus d'un an. On y enferme également les condamnés à la réclusion, les forçats âgés de plus de soixante-dix ans et les femmes condamnées aux travaux forcés.

Ces diverses prisons peuvent être réunies dans un môme établissement ; mais chaque catégorie de détenus doit être séparée et occuper un quartier distinct.

Nous citerons comme exemple et nous décrirons succinctement la maison d'arrêt et de correction récemment construite à Paris, rue de la Santé, par M. Vaudremer. L'ensemble des bâtiments que comprend cet édifice forme; quatre parties : 1° l'administration et les dépendances; 2° le quartier des prévenus; 3° le bâtiment de l'infirmerie des condamnés; 4° le quartier des condamnés.

Le plan général, présenté'par la figure 2934, montre l'ensemble de ces dispositions. L'entrée de la prison est située rue de la Santé. Les bâtiments d'administration sont construits au pourtour de la cour d'entrée, et les dépendances sont en bordure sur la voie publique, comprenant, l'une, les cuisines et magasins, l'autre le corps de garde et les dépôts. Ces dépendances sont desservies par deux cours triangulaires qui donnent accès aux chemins de ronde par lesquels se fait le service des ateliers et des vidanges. Dans la cour d'entrée, on trouve d'abord, au rez-de-chaussée, à droite et à gauche, le guichet, une salle d'attente pour les visiteurs, la chambre de l'officier de service. Le bâtiment d'administration proprement dit, qui occupe le fond de la cour, en face l'entrée, comprend, à rez-de-chaussée, un vestibule, le greffe, le cabinet du directeur, un cabinet pour la fouilleuse, le dépôt provisoire cellulaire pour les prévenus, le dépôt provisoire en commun pour les condamnés, le cabinet du juge d'instruction, un dépôt de literie, etc. Des escaliers communiquant avec le vestibule desservent les parloirs des

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condamnés. Le premier étage du même bâtiment est occupé par le directeur, la lingerie et le logement de la lingère. Au deuxième étage sont les logements du greffier en chef, des deux aumôniers et du premier sous-greffier. A l'extrémité des dépendances se trouvent, du côté de la cuisine , les salles des morts et de dissection, ayant leur entrée spéciale sur le chemin de ronde; et du côté du corps de garde, une soufrer ie pour désinfecter les vêtements

Fig. 2934.

des détenus à leur entrée à la prison. Derrière le bâtiment d'administration, un passage couvert conduit au quartier des prévenus, établi, comme le montre le plan, suivant le système rayonnant de Philadelphie, système appliqué déjà à la prison de Mazas, à Paris. Le quartier se compose de quatre bâtiments renfermant les cellules et rayonnant autour d'un bâtiment central. Chacune des quatre ailes est formée d'une longue galerie montant de fond, à droite et à gauche de laquelle se trouvent un rez-

de-chaussée et deux étages de cellules.

Les cellules sont desservies par des balcons avec balustrades en fer. Une partie de Tune des quatre ailes est occupée par Vinfirmerie, comprenant des cellules doubles et les bains des prévenus. Le bâtiment central contient une salle circulaire avec guichet de surveillance au milieu ; au-dessus est installé l'autel, visible de toutes les cellules, aussi bien que de la nef, où sont réunis les prévenus au moment des offices, et de la tribune de l'infirmerie, placée au premier étage, à l'extrémité de la nef. Attenants à cette salle centrale sont, au rez-de-chaussée, les différents services, tels que cantine, parloirs cellulaires et, au premier étage, parloir de famille, magasins et oratoire cellulaire pour le culte protestant. Les quatre espaces laissés libres entre les bâtiments sont occupés par des préaux cellulaires dans lesquels les prisonniers viennent se promener pendant une heure. Ces préaux rayonnent autour d'un pavillon ou loge circulaire élevée dans lequel se tient un surveillant. Toutes les cellules renferment le même aménagement, tant au point de vue du mobilier que du chauffage, de l'éclairage et de la ventilation (voy. Cellule). Le bâtiment qui joint le quartier des prévenus à celui des condamnés comprend, à rez-dechaussée, la grande nef dont il est question plus haut, le vestiaire et les bains. Au-dessous, une galerie souterraine relie le quartier des condamnés à l'administration ; au-dessus est le chauffoir de l'infirmerie, qui communique, à droite et à gauche, avec des promenoirs découverts pour les convalescents. Enfin, l'étage supérieur est occupé par les salles de l'infirmerie et leurs dépendances. Les bâtiments des condamnés sont disposés autour de deux cours ou préaux. Ils contiennent, à rez-de-chaussée, les ateliers, les promenoirs, chauffoirs et réfectoires pour la vie en commun ; au-dessus, les dortoirs cellulaires. Aux angles sont établies des tourelles

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