PUISARD
PUITS
pompe placée dans le puits, la citerne ou la fontaine, dans l'intérêt de celui qui prétend à la servitude (1).
Le droit de puisage ne peut s'exercer qu'avec modération, de manière à ne pas tarir le puits ou la citerne, et seulement à des heures convenables ; ainsi, cette servitude ne peut s'exercer la nuit, à moins de cas exceptionnels, comme celui d'incendie.
Le droit de puisage ordinaire n'entraîne pas celui de lavage et abreuvage du bétail.
Celui qui est assujetti à la servitude du puisage doit également souffrir le passage nécessaire pour en user. Toutefois, ce passage n'est dû que pour une personne à pied.
Tous les travaux d'entretien et de curage sont à la charge de celui à qui la servitude est due s'il est seul à user du droit de puisage, ou se partagent entre le propriétaire et le maître de la servitude si tous deux usent concurremment de ce droit.
La servitude de puisage s'éteint par le défaut d'usage pendant trente ans.
Puisard, s. m. — Puits pratiqué pour l'absorption des eaux surabondantes qui peuvent gêner dans une localité.
On distingue, parmi les puisards, le cloaque, endroit où Ton emmagasine ces eaux pour les extraire en temps convenable, et le boitoat, destiné à les faire disparaître en les conduisant dans l'intérieur du sol (voy. Cloaque).
Les boitouts sont très souvent des puits creusés à la manière ordinaire et montés en pierres sèches ; fréquemment aussi, on emploie simplement à cet usage des carrières abandonnées, des excavations peu profondes que l'on remplit de cailloux.
Quelquefois, et particulièrement sous les rues pavées, on établit les puisards, comme le montre la ligure 2941 : une
(1) Code Perrin, nos 3437 et suivants.
chambre voûtée est percée, à sa partie inférieure, d'ouvertures rectangulaires qui permettent aux liquides de s'écouler dans le sol ; deux autres ouvertures sont placées, l'une au sommet de la
u4.xy*.Ui ] V'^-y-1
Fi g. 2941.
voûte, qui sert au nettoyage, l'autre dans les reins de la voûte et qui est l'orifice d'arrivée des eaux ; l'ouverture supérieure est fermée par une dalle.
M. Bouchard dit que l'on obtient un résultat plus économique que celui du creusage d'un puits en faisant forer un trou à l'aide de la tarière ou de la sonde du mineur ; lorsqu'on a percé ce trou, on le revêt d'un tube en bois, au moins à son orifice. Pour empêcher un engorgement rapide, on ménage autour de l'orifice une cavité dont les parois sont garnies en maçonnerie légère ou en planches. Au milieu de cette cavité, on construit, en prolongement du trou et sur 1 mètre de hauteur, un tube en maçonnerie hydraulique. L'orifice du tube est rempli de gros cailloux ou de fascines que Ton remplace lorsqu'il y a engorgement ; mais, en général, la vase se dépose dans l'espace annulaire et s'enlève par
le curage.
Puisatier, s. m. — Entrepreneur de puits; ouvrier employé au forage et à la construction d'un puits, d'un puisard, etc.
Puits, s. m. — Excavation profondément creusée dans le sol, soit pour réu-
PUITS
PUITS
nir les eaux qu'il renferme et en faire usage, soit pour pénétrer jusqu'à une couche de pierres, pour conduire aux galeries des mines de charbons ou de métaux, ou bien encore pour atteindre le bon sol dans les fondations.
Puits ordinaires. Les puits proprement dits sont ceux que Ton pratique dans les endroits habités des villes et des campagnes où Peau fait défaut.
La construction d'un puits exige tout d'abord le choix d'un endroit convenable pour faire la fouille et l'appréciation de la profondeur que cette fouille doit avoir.
L'emplacement le plus naturel est celui qui est le plus rapproché des parties d'une habitation urbaine ou d'une exploitation rurale que le puits doit desservir; mais il importe que cette construction soit placée à une distance assez éloignée de tout dépôt de fumier, des étables, des latrines et des fosses d'aisances et même des celliers, pour que l'eau du puits ne soit pas altérée par des infiltrations. La meilleure situation est ordinairement dans les cours. On doit, autant que possible, laisser ces excavations découvertes , mais lorsqu'elles ne sont pas renfermées dans l'enceinte de l'habitation ou du domaine, il est nécessaire de les pourvoir d'une très solide fermeture.
Quant à la profondeur à donner à la fouille, elle est facile à évaluer lorsqu'il existe déjà des puits à proximité de l'endroit où l'on veut en creuser un : si le terrain est plat ou peu incliné, la profondeur de la fouille à faire aura pour hauteur celle du puits existant, augmentée ou diminuée de la différence du niveau entre son orifice et le point choisi. Lorsque le terrain est très incliné, l'appréciation de la profondeur est plus difficile ; néanmoins, il y a de grandes chances de réussir toutes les fois que le point choisi se trouve sur le versant d'un coteau ou d'une montagne ou vers le fond d'une vallée, à moins que le sol ne soit très poreux.
Il faut aussi tenir compte de ce fait démontré par l'expérience que si le versant du coteau sur lequel on veut placer le puits ne présente pas de sources visibles, tandis qu'il y en a sur le versant opposé, on ne trouvera l'eau qu'à un niveau très bas.
Le creusage d'un puits s'opère de différentes façons, suivant les usages des localités et la nature du terrain. Dans les sols ordinaires, c'est-à-dire assez consistants, deux ouvriers au plus procèdent généralement à l'exécution delà fouille, tandis que deux autres en enlèvent les résidus au moyen d'un treuil provisoire, sur lequel s'enroule une corde terminée par un baquet.
Dans les terrains peu consistants, il faut étayer au fur et à mesure du fonçage, soit dans toute la profondeur du puits, soit dans la traversée de certaines couches de terrain seulement. Lorsqu'on est arrivé à Peau et qu'il y en a une certaine profondeur, on place dans le fond un rouet ou cercle en charpente de chêne d'un diamètre proportionné à la largeur du puits. Sur ce rouet, on pose successivement des assises de pierres de taille en claveaux et hourdées en bon mortier hydraulique. On remplit ensuite l'intervalle qui existe entre le revêtement et le terrain et l'on monte ainsi la muraille circulaire jusqu'au niveau du sol. Au-dessus, on place la mar délie ou margelle, qui peut n'être que d'une seule pierre dure, creusée à la mesure du diamètre donné au puits, mais que l'on construit plus souvent d'un assemblage de pierres dures solidement reliées entre elles par des crampons de fer bien scellés. Quelquefois, on la fait en briques maintenues avec un cercle de fer.
On établit alors sur la margelle l'appareil nécessaire pour tirer l'eau. A cet effet, on emploie une poulie ou un treuil, sur lesquels s'enroule la corde qui soutient les seaux. Dans le premier cas, la poulie est suspendue, soit à une traverse en bois supportée par deux po-
PUITS
PUITS
teaux en charpente, soit à une, deux ou trois potences en fer encastrées parleur pied dans la margelle jusqu'au niveau du sol. Le treuil est soutenu par deux montants en fer scellés à la margelle; c'est un cylindre en bois muni d'une ou deux manivelles, selon la profondeur an puits et pourvu, en outre, d'un encliquetage qui empêche le seau de retomber, si la manivelle échappe à la main qui la fait mouvoir.
On diminue la dépense de maind'œuvre en installant une pompe sur le puits, dont la maçonnerie s'arrête alors au niveau du sol et dont on ferme l'orifice par une dalle mobile avec anneau ou mieux par un grillage en fonte.
Bien qu'un puits adapté aux besoins des particuliers ne soit qu'une construction de pure utilité et qui ne demande que du soin et une habileté ordinaire, il en existe auxquels on a donné un caractère monumental. C'est ainsi qu'on en trouve, clans l'Inde, qui ont une profondeur et un diamètre considérables et qui sont entourés de galeries jusqu'au niveau de l'eau. Nous citerons aussi le célèbre puits, dit de Joseph, construit, dans la citadelle du Caire, par un prince arabe du nom de Youssouf. Ce puits, taillé dans le roc, est composé de deux étages. Des bœufs, placés en haut, font monter l'eau en tournant une roue et l'élèvent d'un réservoir ménagé sur une esplanade établie à la moitié de la profondeur du puits. La profondeur totale des deux étages est de 88m,30. On descend du sol à la plate-forme située au milieu par un escalier à rampe douce, à marches larges et peu élevées , pour que les bœufs puissent facilement y circuler, et qui est séparé du puits par une cloison, de 0m.30 d'épaisseur, percée d'ouvertures qui servent à éclairer cette descente. L'étage inférieur est pourvu aussi d'un escalier, mais beaucoup plus étroit, qui permet de descendre jusqu'au niveau de l'eau.
Nous signalerons aussi le puits de
Saint-Fabrice, construit à Orvieto sur les ordres du pape Clément VII, et dans lequel des mulets vont chercher l'eau en descendant par un escalier en spirale et remontant par un autre, ces escaliers étant éclairés, comme ampuits du Caire, par des fenêtres pratiquées sur les parois.
Le puits de la citadelle de Turin, dont la figure 2942 représente la coupe et le
plan, à une échelle moitié moindre, est établi dans les mêmes conditions.
On ne saurait oublier de citer également le puits de Bicêtre, près de Paris, achevé en 1735, d'après les plans de Boffrand, et qui a 57 mètres de profondeur sur 3 mètres de largeur. L'eau s'en extrait au moyen de deux seaux contenant chacun près de 270 litres d'eau et pesant 600 kilogrammes, lesquels montent et descendent à l'aide d'une charpente tournantemue par 8 chevaux ; cette eau est reçue dans un réservoir d'où elle est distribuée par des conduits dans les diverses parties de l'établissement.
PUITS
PUITS
Considérés au point de vue de la forme el de l'ornementation extérieures, un grand nombre de puits de toutes les époques peuvent être regardés comme de véritables œuvres d'art.
Presque toutes les habitations de Pompéi renferment des margelles en marbre qui recouvrent les citernes, et auxquelles les modernes ont donné le nom de puits; nous citerons, par exemple, le puits de la maison de Salluste,
que présente la figure 2943 ; c'est une margelle en marbre avec socle et corniche moulurés et qui est ornée, sur son pourtour, de cannelures avec denticules à la partie supérieure.
Dans les édifices latins, on trouve également des restes nombreux de puits à margelles ornées et accompagnées souvent de motifs d'architecture. Tel est (fig. 2944) le puits, très bien conservé, du cloître de Saint- Jean de Latran, à Rome, dont la margelle en marbre est littéralement couverte de sculptures ; la poulie sur laquelle s'enroule la corde est suspendue à un linteau d'une seule pierre que supportent deux colonnes d'ordre dorique romain.
Les vieilles villes du moyen âge, les châteaux, les cloîtres, les palais et les maisons renferment encore des puits revêtus de pierres de taille et dont le diamètre varie de 1 mètre à 6 mètres.
Les églises possédaient un puits percé dans la crypte ou dans un collatéral.
Les cloîtres des monastères, les places des villes en étaient fréquemment pourvus et les margelles de ces puits, les supports des poulies offraient des motifs de décoration parfois très heureusement conçus. Tantôt la poulie est, comme
Fig-. 2944.
dans l'exemple que nous venons de citer, suspendue à un linteau en pierre que supportent despieds-droits attenants à la margelle ou indépendants de ce garde-corps ; tantôt elle est fixée à une potence scellée dans un mur ou dans une colonne isolée (fig. 2945), ainsi qu'on le voyait autrefois au puits, aujourd'hui démoli, qui avait été construit derrière le dôme de la chapelle du Campo-Santo, à Pise ; souvent aussi,
PUITS
PUITS
comme cela se pratique encore aujourd'hui, des potences accouplées en nom-
Fig. 2945.
bre pair ou impair supportent la poulie à leur point de réunion , comme le
Fig. 2946.
montre la figure 2946, qui représente un puits construit à Figeac, dans le département du Lot.
Nous donnerons encore (fig. 2947) un exemple de ces armatures en fer appartenant à un puits percé dans une cour intérieure de l'hôpital de Beaune. Ici, les trois potences sont reliées entre elles et surmontées par une couronne
en fer ornée de fleurons et sur laquelle s'appuient trois rampants décorés aussi de fleurons évidés ; au point de rencontre de ces trois rampants, c'est-àdire au sommet de l'ouvrage, on a fixé une girouette en tôle ; on accède au puits par trois marches en pierre.
Un grand nombre de puits de l'époque de la Renaissance affectent également un caractère monumental. Nous citerons
PUITS
PUITS
le puits placé entre cour et jardin (fig. 2948). dans le couvent des Gesuiti Peni-
Fig. 294S.
tenzieri à Rome ; ce qui donne de l'intérêt et une certaine valeur à ce petit
Fis. 2949.
édifice, c'est sa disposition particulière, heureusement combinée pour le rendre
à la fois propre à servir à l'usage du jardin supérieur et, en même temps, pour lui faire produire dans la cour basse un effet très pittoresque.
D'autres puits peuvent également avoir leur orifice partagé par un mur mitoyen (fig. 2949) et servir à l'usage de deux propriétés contiguës.
Aujourd'hui, les fontaines monumentales remplacent les puits sur les places publiques ; ceux-ci sont relégués dans les cours des habitations, où leur construction est généralement des plus simples.
Puits de fondation. Nous avons parlé à l'article Fondation de l'usage des puits destinés à transmettre au bon sol les pressions exercées par les assises d'une construction établie sur un mauvais terrain. Nous avons même donné quelques détails sur l'emploi de l'air comprimé dans le percement des puits nécessaires à la fondation des piles de ponts ; nous citerons ici une application de cette dernière méthode, faite tout récemment dans l'architecture privée ; M. Paul Sédille, architecte chargé de la reconstruction des magasins du Printemps, h Paris, voulant asseoir avec sécurité, sur le bon sol, les points d'appui principaux de l'édifice, a résolu d'employer l'air comprimé à la fouille des puits et au coulage du béton. Il s'agissait de creuser dans un terrain traversé par l'eau des puits de 2m,50 de diamètre et de 2m,50 de profondeur, et d'y couler un béton hydraulique ; voici le procédé qui a été appliqué : chaque puits a été creusé jusqu'à l'eau, que l'on rencontrait à environ 0m,o0 de profondeur. Dans ce trou circulaire, on a placé un cylindre en forte tôle, ayant exactement le diamètre du trou et la hauteur suffisante pour atteindre le bon sol, situé 2 mètres plus bas. Sur le bord supérieur du cylindre, on a adapté une cloche en tôle munie de portes pour le passage des ouvriers et l'extraction des matières fouillées.
Une tubulure raccorde le tuyau qui doit servir à comprimer l'air. L'appareil est
PUITS
PUITS
alors chargé d'un poids d'environ 15,000 kilogr. pour éviter le soulèvement de la cloche sous la pression intérieure de l'air comprimé. Celui-ci, envoyé dans le cylindre par une machine, de la force de 20 chevaux, exerce sur le sol une pression considérante, refoule l'eau qui, chassée à travers les terres, finit par sortir en bouillonnant à l'extérieur du cylindre ; le sol à fouiller est alors à sec. Deux ouvriers descendent aussitôt par la cloche au fond du cylindre et creusent rapidement; les terres, chargées sur un treuil disposé dans la cloche, sont jetées mécaniquement dehors. Les terrassiers ont le soin de fouiller d'abord contre les parois intérieures du cylindre et en sous-œuvre ; l'appareil , n'étant plus porté sur ce point excavé, descend naturellement sous le poids dont il est chargé. Le travail continue ainsi jusqu'à ce que l'eau refoulée revienne ; elle est de nouveau chassée par l'air comprimé, et l'opération recommence jusqu'à ce que le cylindre repose sur le sable. C'est alors que le béton, composé de meulière cassée et de ciment de Portland, est jeté dans ce puits par une trappe ménagée clans la cloche et pilonné par les moyens ordinaires. Telle est cette méthode d'application de l'air comprimé à la fondation des maçonneries dans les sols difficiles.
Puits artésien ou puits foré : trou très profond, de 0m,20 à 0m,30 seulement de diamètre, que l'on creuse au. moyen de sondes ou de tarières de mineur pour arriver à une nappe d'eau souterraine dont l'eau, venant d'un sol plus élevé, remonte et jaillisse à la surface.
On peut encore forer des puits, non pas pour trouver des sources jaillissantes, mais pour étudier la nature d'un terrain ou trouver une mine.
L'usage des puits forés est de la plus grande antiquité ; celui qui, en France, est le plus ancien, appartient à un couvent de Chartreux à Lillers, en Artois ; c'est de là qu'est venu le nom d1 artésien donné à ce genre de puits.
Le puits artésien le plus remarquable que Ton ait creusé de nos jours est le puits de Grenelle, foré à Paris ; sa profondeur est de 547 mètres ; son diamètre est de 0m,14 au niveau de la nappe souterraine et de 0m,22 à sa partie supérieure. L'eau monte à 33 mètres au-dessus du niveau du sol, par un tube d'ascension, qui forme le noyau d'une tour hexagonale en fonte de fer ; c'est de celte hauteur que l'eau est distribuée jusque dans les quartiers les plus élevés de Paris.
Puits ou regard d'aqueduc (voy. Regard).
Puits de carrière : excavation verticale pratiquée pour l'exploitation d'une carrière ou d'une mine et servant au passage des ouvriers et à l'extraction des pierres ou du minerai.
Puits iïaérage : puits que l'on pratique de distance en distance, dans la construction des tunnels, pour donner de l'air et assurer la bonne direction des maçonneries de ces voies souterraines.
Législation. Chacun peut, à son gré, creuser, sur son héritage, un puits de telle dimension qu'il lui convient , pourvu toutefois qu'il en fasse la déclaration au département de la police et qu'il observe les distances et les règles voulues.
Aucun puits ne peut être creusé à moins de 100 mètres d'un cimetière.
Un puits que l'on veut creuser à proximité, soit d'un mur appartenant à une propriété voisine, soit d'un mur mitoyen ou susceptible de le devenir, soit d'une cave, d'un puits ou d'une fosse d'aisances appartenant au voisin, doit être pourvu d'un contre-mur fondé plus bas que les ouvrages du voisin et montant jusqu'au niveau du sol. Ce contre-mur dont l'épaisseur se détermine par les statuts locaux ou à dire d'experts et est assez généralement fixée à 1 mètre, compris l'épaisseur du mur et du contremur, doit avoir une largeur telle qu'on ne puisse craindre l'infiltration des eaux
PUITS
PUITS
ou des matières au-delà de ses extrémités ; le moyen le plus sûr est de le faire circulairement, selon la circonférence du puits.
L'épaisseur de maçonnerie jugée suffisante entre deux puits, sauf les cas
Fig. 2950.
extraordinaires, doit être de 1 mètre au moins (fig. 2950) et de lm,33, ainsi qu'on
Fig. 2951.
le voit sur la figure 29ol, entre un puits et une fosse d'aisances.
Celui dont le puits se trouve à moins de 2 mètres de distance de l'héritage du voisin ne peut convertir ce puits en cloaque ou y laisser couler les eaux des toits, des cours, des fumiers, des cuisines, etc.
L'intérêt public exige que les propriétaires et principaux locataires tiennent le puits de leurs habitations dans un tel étal qu'on puisse toujours y trouver de l'eau en cas d'incendie.
Tout puits, quelle que soit la manière dont il est construit, doit être entouré d'une margelle ou mardelle en maçonnerie ou de barreaux avec appui en fer. Il est bon de les couvrir pour éviter les accidents.
Les ouvriers qui se chargent de la construction d'un puits répondent du préjudice qui résulterait des vices d'exécution.
Lorsque la convention faite entre un propriétaire et l'ouvrier chargé du creusement d'un puits porte que les travaux seront continués jusqu'à ce qu'il y ait dans le puits une quantité d'eau suffisante, si c'est en hiver le creusement doit se faire aussi bas que les eaux le permettent, et si c'est en été, jusqu'à ce que l'on ait obtenu, au-dessus du rouet, 1 mètre de hauteur d'eau.
En vertu de l'ordonnance de police du 20 juillet 1838, il est défendu de procéder au curage d'un puits ou aux réparations à y faire sans une déclaration préalable qui sera faite par écrit, quarante- huit heures à l'avance, à Paris, à la préfecture de police et, dans les communes rurales, à la mairie.
L'article 3 de la même ordonnance porte que nul ne pourra exercer la profession de cureur de puits ou puisards sans être pourvu d'une permission du préfet de police : cette permission ne sera délivrée qu'après qu'il aura été justifié de la possession du matériel nécessaire au curage. Il est donc défendu d'employer au curage des puits des ouvriers qui n'auraient pas de médaille.
Les maçons appelés à réparer ou à reconstruire un puits et les cureurs doivent avoir, tant que dure l'extraction des terres et- autres matières, autant d'ouvriers à l'extérieur du puits qu'il en est descendu à l'intérieur ; ceux-ci doivent être ceints d'un bridage dont l'attache est tenue par les premiers.
Avant de descendre dans un puits, on doit s'assurer que l'air n'y est pas vicié, méphitisé ; à cet effet , on descend jusqu'à la surface de l'eau une lanterne allumée ; on la laisse brûler un quart d'heure ; on la retire si elle ne s'éteint pas, et, par le moyen d'un poids attaché à une corde, on agite fortement l'eau jusqu'à son fond ; on redescend la lan-
PUITS
PULVINAR.
terne, et si, à cette seconde épreuve, la lumière ne s'éteint pas après dix minutes ou un quart d'heure, les ouvriers peuvent commencer leurs travaux, sans négliger toutefois de se munir d'un bridage. Si la lumière s'éteint dans le puits, il n'y faut pas descendre sans en avoir préalablement renouvelé l'air au moyen d'un système de ventilation.
Dans ce but, il faut, avec des planches, du plâtre et de la glaise, boucher hermétiquement l'orifice du puits, en ménageant sur ce couvercle deux ouvertures, l'une au milieu, dans laquelle on place un réchaud de terre ou de tôle, l'autre au bord, dans laquelle on introduit un tuyau de plomb ou de tôle jusqu'à 0m,10 de la surface de l'eau. Le réchaud, rempli ensuite de charbons allumés, est recouvert d'une calotte de terre cuite ou de tôle surmontée d'un bout du tuyau de tôle pour activer le tirage. Une heure ou deux après, on découvre et on introduit de nouveau la lanterne ; si elle ne s'éteint pas, on peut descendre dans le puits ; dans le cas contraire, il faut le mettre à sec, attendre quelques jours, l'épuiser de nouveau et recommencer l'application du fourneau ventilateur. Dans le cas où l'atmosphère du puits serait tellement viciée que l'emploi du réchaud fût impossible, on pourrait se servir d'un ou deux soufilets de forge, adaptés au tuyau qui se prolonge jusqu'à la surface de l'eau et mis en action pendant un quart d'heure, une demi-heure.au plus, pour déplacer l'air vicié du puits. On descend encore la lanterne, et si elle s'éteint, il faut renoncer à l'usage du puits et le combler. Toutefois, si par des essais préliminaires faits par un homme de l'art on reconnaît la nature du gaz délétère, on peut employer certains moyens pour le détruire. Pour neutraliser l'acide carbonique, on verse dans le puits, avec des arrosoirs, plusieurs seaux de lait de chaux et Ton agite ensuite l'eau fortement ; pour détruire le gaz hydrogène sulfuré ou carboné, on fait descendre
au fond du puits, avec une corde, un vase ouvert contenant un mélange de manganèse et de muriate de soude arrosé d'acide sulfurique ; pour Yazote, on emploie le fourneau ventilateur et l'on fait l'épreuve de la chandelle allumée.
Le puits mitoyen est la copropriété des deux voisins, et l'entretien, le curage, les réparations et la reconstruction sont à la charge de tous les deux.
Puits {Pierre de). — Calcaire demidur, que l'on tire des carrières des Caves et de Buchy, dans la commune de Puits, arrondissement de Châtillon.
Cette pierre, de couleur grise et jaunâtre, est à grains fins ; sa hauteur d'assise va jusqu'à 2 mètres ; elle pèse d'e 2,160 à 2,230 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 420 à 460 kilogr. par centimètre carré.
Pulpitum. — Ce mot servait à désigner, dans un théâtre antique, la partie de la scène qui était la plus voisine de l'orchestre et où se tenaient les acteurs pendant leurs dialogues.
C'était une plate-forme longue et élevée sur le bord de laquelle était pratiquée une rainure ou fente dans laquelle on faisait descendre la toile.
Pulvinar. — 1° Mot latin signifiant oreiller, coussin, et qui désignait une
Fig. 2952.
sorte de lit que Ton plaçait dans les temples et sur lequel les prêtres cou-