‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 9 sur 255 · PLEIN · texte numérisé non relu

PLEIN

tière pour scellements, surtout dans les lieux humides.

Outre l'usage que Ton fait du plâtre pour les hourdis de murs en briques ou de planchers, de pans de bois, les enduits intérieurs et extérieurs, les décorations de façade, les solives et scellements de couverture, on en fait encore des carreaux moulés pour cloisons et entrevous (voy. Carreau. Entrerons). On s'en sert également pour la fabrication de stucs (voy. ce mot), tant par leur poli que par leur coloration.

Dans certains pays, où le plâtre est cher par suite de sa rareté, on fait des enduits extérieurs avec un mélange de 3 parties de mortier de chaux et d'une partie de plâtre gâché. Pour traîner les corniches , on augmente la dose de la chaux et du plâtre par rapport au sable et l'on donne au mélange les noms de stuc de plâtre ou stuc à la chaux (voy. Stuc).

Les anciens ont fait usage du plâtre, qu'ils tiraient de l'île de Chypre, de la Calabre, de l'Étolie et autres lieux. Ils s'en servaient quelquefois comme de mortier et surtout pour la composition des enduits. Ils en connaissaient même l'emploi à l'état de carreaux, ainsi que l'attestent certains édifices, tels que le théâtre de Taormine, en Sicile, et les thermes d'Antonin Caracalla, à Rome (1). Au moyen âge, on coulait parfois du bon plâtre dans les joints d'arcs très épais et à grande portée que l'on ne pouvait poser à bain de mortier ; mais c'est surtout dans les intérieurs , soit comme enduits, soit comme hourdis, que cette matière était utilisée.

On donne le nom de plâtres aux légers ouvrages qui s'exécutent en plâtre seul; tels sont les plafonds, les tuyaux de cheminée avant l'usage des poteries, les plinthes , corniches , scellements , solives, filets, solins, etc.

Les ouvriers qui font les plâtres dans

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de L'architecture française.

un bâtiment prennent spécialement le nom de maçons: celui qui vend le plâtre est appelé plâtrier.

Plâtreau, s. m. — Pierre à plâtre en fragments non cuits.

Plàtrière, s. f. — Carrière d'où se tire la pierre à plâtre.

L'extraction du plâtre se fait à ciel ouvert ou par galeries. Les blocs sont tranchés au moyen de coins en fer ou en bois, de pics à roche et de leviers ou bien à l'aide de la mine. Il est nécessaire, dans l'exploitation d'une plàtrière, de soutenir les ciels au moyen de piliers ou de voûtes en maçonnerie, à cause des feuillures ou filets dont les bases sont ordinairement coupées.

Le même nom s'applique à l'endroit où on prépare le plâtre, c'est-à-dire où l'on fait le broyage de la pierre à plâtre, la cuisson du plâtre et sa mise en sacs ou en tonneaux.

Plàtroir, s. m. — Outil qui sert à pousser du plâtre ou du mortier dans les trous.

Plein, s. m. et adj. — 1° Le plein d'un mur est le massif même de ce mur.

2° Un mur plein est celui qui n'est pas percé d'ouvertures.

3° Les pleins et les rides d'une façade sont les parties solides continues et les espaces sans construction, ainsi que les jours.

Une des conditions que l'architecte doit s'étudier à rendre sensible dans un édifice est l'accord entre les pleins et les vides. En effet, le plein, étant tout ce qu'on appelle massif dans un bâtiment, doit produire la solidité, non-seulement réelle, mais aussi apparente ; l'un des premiers besoins de l'esprit est d'être rassuré sur la sécurité de ceux pour qui l'édifice est construit. Il importe , par exemple , dans les habitations d'un caractère un peu relevé, d'observer un rapport entre le vide des fenêtres et le

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