ROLE
Rocher-coupé {Grès du). — Grès calcarifère, un peu marneux, demi-dur, provenant de la carrière du Rochercoupé, dans la commune d'Aiglun, près de Digne.
Cette pierre porte 0m,50 de hauteur d'assise.
Rocher de l'Ombre (Pierre du).
— Calcaire cristallin, très dur, que l'on extrait de la carrière du Rocher de l'Ombre, près de Briançon.
Cette pierre, de couleur blanc-grisâtre, nuancé de jaune, est susceptible d'un beau poli ; sa hauteur d'assise est de toutes dimensions.
Roches (Pierre des). — Calcaire compact, dur, provenant de la carrière des Roches, dans la commune de Rians (Var).
De couleur blanc-grisâtre et susceptible de poli, cette pierre porte une hauteur d'assise qui varie de 0m,10 à 1 mètre.
Rochet, s. m. — Roue d'encliquetage dont les dents sont crochues et qui reçoit le cliquet d'arrêt d'une machine.
Rochette {Pierre de la). — Calcaire demi-dur, que Ton extrait des carrières de la Rochette, dans la commune de Guitinières, près de Jonzac (Charente- Inférieure).
Cette pierre est de couleur blanc faiblement jaunâtre, à grains très fins; elle est propre à la sculpture et à la moulure ; elle porte de 0m,80 à lm,80 de hauteur d'assise ; son poids est de 1,865 à 1,890 kilogr. le mètre cube, et la charge nécessaire, pour produire l'écrasement est de 110 à 150 kilogr. par centimètre carré.
Rochoir, s. m. — Les serruriers nomment ainsi la boîte qui contient le borax que l'on met à la surface des pièces de fer à souder quand elles sont chaudes, afin de former, avec l'oxyde de
la surface, une matière vitrifiée que le choc du marteau fait couler.
Rococo (Style). — Genre de décoration qui fut en vogue au xvme siècle et qui est composé de formes très tourmentées : frontons coupés, ornements bizarres, guirlandes de fleurs et de fruits, rocailles, etc.
Rocou, s. m. — Matière colorante brune à l'extérieur, rouge à l'intérieur et qui contient un principe résineux.
Le rocou s'extrait d'arbres de l'Amérique du Sud. Les doreurs l'emploient pour vermillonner l'or.
~Rocq (Pierre de). — Calcaire compact, dur, noir, à veines spathiques blanches, provenant des carrières de Rocq, dans la commune deRecquignies.près d'Àvesnes.
Cette pierre, propre à la marbrerie, porte de 0m,30 à lm,35 de hauteur d'assise ; elle pèse 2,680 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 835 à 930 kilogr. par centimètre carré.
Rodage, s. m. — Voy. Roder.
Roder, v. a. — Frotter l'une sur l'autre deux pièces de métal ou de verre pour qu'elles s'adaptent exactement.
Les fontainiers font le rodage des robinets en faisant tourner la clef d'un robinet dans un boisseau avec du grès, de l'émeil, etc., interposés entre les surfaces jusqu'à ce qu'elle s'ajuste parfaitement de manière à éviter les fuites.
Rogne, s. f. — Mousse qui vient sur le bois et le gâte.
Rognures, s. f. pi. — Débris de peaux de mouton, de veau, de parchemin, etc., que l'on emploie à la fabrication de la colle.
Rôle, s. m. — On nomme ainsi l'ensemble de deux pages dans une minute, dans un mémoire, etc.
ROMAINE
ROMAINE
Romain [Pierre de). — Calcaire demi-dur, blanc-jaunâtre, tiré de la carrière dite des Anglais, dans la commune de Romain, près de Reims.
La hauteur d'assise de cette pierre est de 0"\60 : le poids du mètre cube varie de 2,450 à 2.200 kilogr. et la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 210 à 340 kilogr. par centimètre carré.
Romaine (Architecture). — C'est chez les Grecs et chez les Étrusques que les Romains puisèrent les éléments primitifs de leur architecture. Il n'y a donc pas, à proprement parler, d'architecture romaine, si par cette épithète, comme le dit Quatremère de Quincy, on entend une architecture originale : mais on en trouve la raison d'être si l'on considère qu'un peuple qui s'approprie, en quelque sorte, les arts qu'il cultive , leur imprime un caractère particulier, et leur fait subir des différences nettement tranchées, au point de vue du goût, et eu égard à l'espèce de monuments, à leur grandeur et à leur richesse, acquiert, vis-à-vis de la postérité, le droit d'attacher son nom aux œuvres qu'il a produites.
L'architecture romaine présente un caractère spécial de solidité et d'utilité pratique ; on y classe, en outre, divers genres d'édifices qu'on ne trouve pas dans l'art grec : cloaques, aqueducs, amphithéâtres, mausolées, voies publiques, arcs de triomphe, thermes, etc.
Les ordres que les Romains appliquèrent à la décoration de leurs monuments sont des imitations des ordres grecs, le dorique, l'ionique et le corinthien ; le toscan, qu'ils empruntèrent aux Étrusques, n'est qu'une reproduction abâtardie du dorique grec et le composite n'est qu'une modification du corinthien; ce dernier ordre est celui que paraissent avoir le plus affectionné les architectes romains, car ils le transportèrent dans toutes les contrées soumises à leur domination.
Nous pouvons citer quelques traits distinctifs caractéristiques entre les architectures grecque et romaine :
Certains appareils de l'architecture romaine étaient inconnus aux Grecs, par exemple celui dans lequel l'intérieur des murs est composé de cailloux irréguliers, noyés dans du mortier, et l'extérieur, de briques triangulaires dont l'angle aigu est tourné en dedans ; l'appareil dans lequel les pierres, taillées carrément, étaient disposées de manière à ce que la ligne des joints formât une diagonale (voy. Appareil). Les contours des moulures étaient formés chez les Grecs par des sections de cône et chez les Romains par des arcs de cercle.
Mais ce qui caractérise essentiellement l'art romain, c'est l'emploi de l'arcade et de la voûte, appliquées à la construction d'une foule de monuments, tels que les amphithéâtres, les théâtres, les thermes, etc. L'usage de ces formes nouvelles donna aux édifices un aspect inconnu jusqu'alors et permit aux Romains, pour franchir des espaces que ne pouvait recouvrir la plate-bande grecque, d'employer de petits matériaux, faciles à se procurer et moins dispendieux, comme les briques.
Autant qu'on peut en juger par les restes des constructions romaines publiques et privées, il ne semble pas que l'art de la charpenterie ait pris un grand essor chez les Romains; la voûte remplaçait le bois pour les grandes portées. Il n'y a pas non plus raison de croire qu'ils aient appliqué la menuiserie comme revêtements. Des pavages en mosaïque recouvraient le sol et les dalles de marbre ou le stuc, destinés à recevoir des ornements, tenaient lieu de lambris.
Nous ne dirons que quelques mots sur les divers genres de monuments appartenant à l'architecture romaine, nous étant réservé d'en faire l'objet d'articles spéciaux.
Les temples, en raison des points nombreux de ressemblance que la théo-
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gonie des Romains présente avec celle des Grecs, ont conservé à peu près les mêmes dispositions que ceux de ce peuple; nous signalerons seulement ceux qui diffèrent essentiellement : les temples circulaires, tels que le Panthéon d' Agrippa, à Rome, le sanctuaire de la Sibylle, à Tivoli, le petit temple de Vesta, à Rome (voy. Temple).
Le besoin de se réunir dans des endroits spacieux pour traiter des affaires publiques fit adopter, pour cet usage, par les citoyens romains, de grandes places appelées forums (voy. ce mot) qui servaient encore aux transactions du commerce, au culte religieux, etc. Ces places étaient entourées par les principaux édifices de la ville, parmi lesquels nous citerons les basiliques, vastes bâtiments qui servaient pour les réunions des marchands et pour le tribunal.
Le désir de célébrer les victoires avec une pompe inconnue jusqu'alors fit inventer l'usage des arcs de triomphe, sortes de grandes portes sous lesquelles le vainqueur devait passer.
Mais c'est particulièrement pour satisfaire à l'amour des spectacles et des jeux que les Romains surpassèrent tous les autres peuples dans leurs grandioses conceptions architecturales. Les amphithéâtres, les cirques, les hippodromes pouvaient contenir des milliers de spectateurs ; d'innombrables animaux, des légions de gladiateurs, et même des flottes entières y trouvaient place pour donner aux assistants l'image de combats sanglants (voy. Amphithéâtre).
Plus remarquables peut-être que ces édifices, par leur magnificence sinon par leurs proportions colossales, les bains ou thermes étaient des établissements de propreté publique auprès desquels font bien triste figure nos bains modernes.
Mais ce n'est pas seulement dans les édifices dont les Romains ont peuplé les villes soumises à leur domination qu'il faut rechercher l'esprit pratique et civilisateur de ce peuple constructeur.
Toutes les cités importantes étaient reliées entre elles par des voies qui, dans chacune des grandes provinces de l'empire, partaient d'un centre unique. En Italie, les routes, telles que la voie Appienne, la première grande voie romaine, avaient leur point de départ à Rome; en Gaule, Lyon était le centre où venaient converger toutes les routes.
Comme constructions d'utilité pratique et parmi lesquelles un certain nombre sont de véritables œuvres d'art, il faut citer également les aqueducs, canaux souterrains ou apparents, destinés à conduire une certaine quantité d'eau à travers des terrains inégaux.
Pour ce qui est de l'architecture privée, nous devons constater encore une différence caractéristique entre la disposition des intérieurs des maisons romaines et de celles des Grecs , car à la différence de ces derniers, les Romains vivaient avec leurs femmes dans des appartements communs. Il est inutile de dire que la grandeur, le luxe et le nombre des pièces étaient en rapport avec la fortune et le rang du propriétaire (voy. Maison).
Les villas ou maisons de campagne, qui ne furent d'abord que des habitations rustiques, devinrent plus tard des résidences pourvues de tout le luxe imaginable et accompagnées de jardins immenses.
Au point de vue historique, l'architecture romaine comprend plusieurs périodes.
Jusqu'à l'époque des guerres puniques, l'influence étrusque régna seule dans la future capitale du monde. Les temples construits sous les premiers rois étaient de petits édifices carrés, abritant à peine la statue du dieu ; les habitations étaient de véritables cabanes.
C'est du temps de Tarquin l'Ancien que datent les premiers monuments remarquables : le cirque, le temple du Capitole et le cloaque maxime. Servius Tullius éleva un temple à la Fortune et une prison qu'on appela Tullianum.
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