ROMAINVILLE
Le lemple dédié par Spurius Cassius à Bacchus, à Cérès et à Proserpine est le plus ancien qui fut construit sous la République. Après l'incendie de Rome par les Gaulois, la ville fut reconstruite précipitamment et sans plan déterminé.
A cette époque appartiennent le temple de Quirinus, où fut établi le premier cadran solaire, l'aqueduc et la voie exécutés sous la magistrature du censeur Appius Claudius.
Pendant longtemps encore après la conquête de la Sicile et de la Grèce, les édilices furent décorés avec les statues et autres objets pris aux peuples vaincus. C'est vers le temps de Sylla que les Romains commencèrent à imiter l'architecture des Grecs. Ceux-ci, dès cette époque, fournirent à Rome des artistes qui contribuèrent à répandre un véritable goût de Fart dans toutes les classes du peuple conquérant. Les riches Romains, qui habitaient jusqu'alors à la campagne, vinrent se fixer à la ville et travailler à son embellissement. Cette période vit s'élever les basiliques Porcia et Sempronia; les rues furent pavées, les places ornées de portiques, et le premier temple de marbre, celui de Jupiter Stator, fut construit par Mélellus le Macédonien.
Toutefois, le péperin et la brique, employés exclusivement jusque-là dans les constructions, continuèrent à servir, la brique pour l'intérieur des murs et pour les voûtes, la pierre de taille pour les parois des murs, le marbre étant réservé pour les colonnes.
A partir de Sylla, les théâtres devinrent très nombreux ; le premier qui fut bâti en pierre est dû à Pompée. A cette époque appartiennent le temple de la Fortune Virile et celui de la Fortune à Préneste.
Le luxe devint alors prodigieux dans les demeures des particuliers, et l'architecture romaine atteignit enfin son apogée sous le règne d'Auguste, qui, selon sa propre expression, laissa une ville de marbre qu'il avait trouvée con-
struite en briques. On vit alors s'élever le temple de Jupiter Tonnant, le Panthéon d'Agrippa, le théâtre de Marcellus, la pyramide de Cestius, l'amphithéâtre de Statilius Taurus, le mausolée d'Auguste, le portique d'Octavie et de nombreux aqueducs , bains , fontaines, etc.
Après Auguste, commence la période de décadence : les proportions ne sont plus observées, les colonnes deviennent trop longues ou trop massives. Deux monuments sont seuls à signaler à cette époque : le Colisée de Vespasien et la colonne Trajane. L'empereur Adrien fit élever un nombre considérable d'édifices, parmi lesquels nous citerons le môle ou mausolée d'Adrien, le pont iElius à Rome, l'amphithéâtre de Capoue. Sous le règne des Antonins, nous remarquons le temple d'Antonin et de Faustine, la colonne Antonine et celle de Marc-Aurèle.
Enfin, après avoir épuisé, dans l'emploi des ornements, toutes les ressources de la richesse guidée par le goût, les architectes romains mirent de côté toute sobriété, sacrifièrent l'ensemble aux détails, et, s'éloignant de plus en plus des traditions de l'art grec, couvrirent de décorations toutes les parties des édifices indistinctement , chargèrent les divers membres d'ornements et de sculptures, et leurs œuvres ne peuvent qu'étonner par leur luxe prodigieux et leurs vastes proportions, mais ne satisfont pas les hommes de goût. Parmi les édifices qui surnagent au milieu de cette décadence rapide, on peut encore citer l'arc de Septime- Sévère, les thermes de Caracalla, le palais de Dioclétien et l'arc de Constantin.
La translation du siège de l'empire cà Byzance marque la fin de l'architecture romaine proprement dite.
Romainville {Chaux de). — Chaux hydraulique ordinaire se rapprochant des chaux éminemment hydrauliques, et fabriquée à Romainville, près Paris.
ROMANE
ROMANE
Romane (Architecture). — On désigne ainsi, d'une manière générale, le style d'architecture que présentent les édifices élevés depuis le ve jusqu'au xne siècle.
Les archéologues établissent deux divisions principales dans cette longue période ; ils appellent architecture romane primordiale ou latine (voy. ce mot) celle qui fut en vigueur du ve au xie siècle et architecture romane secondaire ou romano-byzantine, celle qui fleurit aux xie et xne siècles, et qui fera l'objet de cet article, sous le nom d'architecture romane proprement dite.
En effet, il y eut, après l'an 1000, un grand mouvement religieux qui provoqua une sorte de renaissance de l'art.
On voulut reconstruire les églises; mais on ne trouva plus, comme au ve siècle, des éléments tout préparés, tels que des chapiteaux, des fûts de colonnes, dans les monuments gallo-romains ; il fallut donc innover en procédant au renouvellement presque général de tous les édifices religieux.
L'influence byzantine amena les premières modifications au style latin, qui n'était que l'art antique dégénéré ; mais cette influence s'accentua plus ou moins suivant les pays. C'est ainsi que l'architecture à coupoles se retrouve spécialement dans certaines régions du centre et du midi de la France : l'église Saint-Front de Péri gueux en offre un exemple des plus connus.
Toutefois, les édifices de cette époque dans lesquels le goût byzantin se montre prépondérant sont assez rares ; la plupart des monuments conservent les traditions latines que l'élément oriental modifie seulement dans quelques parties.
Les caractères généraux du style roman sont les suivants :
Les églises sont recouvertes par des voûtes en berceau remplaçant les charpentes usitées précédemment.
Les supports sont des piliers lourds, massifs, souvent carrés, avec demi-
colonnes engagées aux angles, parfois cylindriques ou octogonales.
Les bases, les fûts et les chapiteaux de ces supports offrent la plus grande diversité; nous dirons seulement que ces parties sont, en général, d'autant plus chargées d'ornements qu'on approche davantage de la fin de la période romane.
Les arcades sont demi-circulaires ou à plein cintre.
Les murs, très épais, sont armés de contreforts à saillie peu accentuée.
Les tours ont une élévation relativement faible et l'aspect massif; elles sont généralement percées d'arcades en plein cintre. Une disposition qui se rencontre fréquemment, c'est l'arcade géminée inscrite dans une arcade plus grande.
Les arcades simulées ou aveugles sont très communes et disposées souvent en arcatures dont les cintres se croisent.
Les ornements le plus souvent usités sont les chevrons, les étoiles, les méandres ou frettes , les tores coupés, les pointes de diamant, les billettes, les câbles, les torsades, les damiers, les têtes de clou, etc.
Les portes des façades dans les églises (voy. ce mot) sont généralement surmontées de plusieurs archivoltes portées par des colonnes et ornées de nombreuses moulures. Une baie cintrée, également pourvue d'archivoltes , dans les églises peu importantes; plusieurs étages de fenêtres, dans les édifices plus considérables, garnissent la façade sur sa hauteur.
Les absides sont voûtées en cul de four ou ce sont de simples hémicycles.
Tantôt il n'y a qu'une chapelle absidiale, tantôt il y en a trois, qui sont presque toujours circulaires dans le nord, dans l'ouest et dans le centre de la France, souvent polygonales dans le midi.
Les clochers sont, en général, des tours carrées percées de fenêtres en plein cintre, vraies ou simulées et surmontées ou non de flèches à plusieurs pans.