‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 150 sur 232 · ENROCHEMENT · texte numérisé non relu

ENROCHEMENT

ENSABLEMENT

blés doivent être enregistrés dans les trois mois de leurs dates sous peine d une amende égale au droit principal augmenté des décimes et demi-décime.

Les marchés pour constructions à élever, réparations à faire, entretien, ou louage d'ouvrage et d'industrie sont soumis à un droit (ï enregistrement de 1 pour 100 augmenté des deux décimes et demi ; l'enregistrement des marchés passés entre particuliers n'est pas obligatoire et il peut être requis en tous temps sans amende.

Les actes contenant vente de constructions à démolir sont assujettis au droit de 2 pour 100 augmenté de deux décimes et demi calculé sur le prix exprimé ; V enregistrement de ces actes n'est pas obligatoire et il peut être requis en tous temps sans amende.

Enrochement, s. m. — Amas de pierres que l'on pose autour de la fondation d'un travail hydraulique pour empêcher les affouillemenls.

On établit des enrochements à pierres

Fig. 1477.

perdues autour du pied des piles de pont, comme le montre la figure 1477.

Enroulement, s. m. — Ornement composé de lignes de moulures, ou de feuillages en fonne de spirale.

Les volutes des chapiteaux ionique et corinthien, les rinceaux antiques sont des enroulements.

La même désignation s'applique aux ornements engagés les uns dans les autres, comme les entrelacs [\o\. ce mot).

Le fer se travaille aussi de façon à former des enroulements, par exemple, dans certaines grilles ornementées ; la

Fig. 1478.

figure 1478 représente un détail de la grille de clôture du chœur, à la cathédrale de Troyes.

Ensablement, s. m. — Lorsque des puits sont étabhs dans des sables coulants, ils sont fréquemment envahis par les sables eux-mêmes, qui s'y accumulent et en élèvent progressivement le fond jusqu'au-dessus du niveau des eaux.

Pour remédier à Vensablement cVun puits, on procède de la façon suivante :

Pendant le creusement, lorsqu'on a traversé des sables coulants et qu'on reconnaît l'approche de la nappe d'eau, on place au fond du puits une cuve on un cylindre en cœur de chêne, sans fond, de 2 mètres de hauteur. Sur celuici on en élève un second, qui s'assemble à mi-bois avec le premier, puis un troi-

ENSEIGNE

ENSEIGNE

sième et, au besoin, plusieurs autres, afin (le contenir la couclie de sable dans toute répaisseur traversée pour arriver à la nappe d'eau. Le premier cylindre descendu est enfoncé de force dans le sable aquifère, au fur et à mesure de l'approfondissement, jusqu'à la coucbe inférieure, ordinairement compacte et imperméable et, sur cette couche, on établit un filtre de 0°^,60 d'épaisseur au plus. Ce fillre est formé de plusieurs couches de petits cailloux superposés les plus gros en dessous. Les eaux passent à travers ce filtre et montent dans le puits, où elles sont parfaitement limpides. L'ensablement ne peut plus alors se produire qu'après la destruction des cylindres.

Enseigne, 5. /. — Sujet quelconque placé en saillie, en bas-relief ou en peinture, au-dessus de la porte d'une boutique de marchand, d'artisan ou d'industriel, pour en indiquer le commerce ou la profession.

Les anciens faisaient usage d'enseignes ; il y en avait, à Rome, qui étaient composées de tableaux grossièrement peints à la cire rouge et représentant un combat de gladiateurs, une figure hideuse ou les marchandises elles-mêmes.

On a trouvé à Pompéi des enseignes en terre cuite : ce sont des bas-reliefs

Fis. 1479.

tlonl le sujet indiquait la profession du

boutiquier; tel est celui que donne la figure 1479 et qui devait servir d'enseigne à une taverne, comme le montrent bien les deux hommes portant une amphore pleine de vin.

Au moyen ûge , comme dans l'antiquité, la désignation des maisons et des boutiques se faisait au moyen d'enseignes peintes ou sculptées qui traduisaient graphiquement un nom ou une profession. La ville de Strasbourg, entre autres, avait conservé cet usage jusqu'en 1785, époque à laquelle une ordonnance de police institua le numérotage des maisons, à l'instar de Paris.

La figure 1480 représente.une enseigne de Strasbourg placée sur la maison dite

Fier. 1480.

aux trois lièvres et qui aiïecle des architectoniques.

Souvent, ces signes distincti

mes des

Fig. 1481.

habitations recevaient des proportions

ENSEIGNE

ENSEIGNE

monstrueuses ; les marchands leur donnaient de fortes saillies sur la rue, au moyen de potences de fer. Ainsi, nous présentons (fig. 1481) une enseigne d'auberge, dans la forêt Noire, composée d'arabesques et terminée par des armoiries.

Malgré le numérotage des rues, l'usage des enseignes n'a pas disparu ; bon nombre d'établissements portent encore sur leur façade des devises tenant lieu ([^enseigne ou des enseignes-tableaux avec devise.

Législatio'. C'est une ordonnance de police du 17 février 1761 qui supprima les enseignes en potence et les remplaça par des tableaux fixés contre le mur des boutiques, avec quatre pouces (O"',^!) de saillie au-delà du nu, en y comprenant les bordures ou ornements quelconques.

Une ordonnance du 10 décembre 1784, confirmant d'abord celle énoncée précédemment, pour la suppression des enseignes en saillie au bout d'une potence en fer, accorde la saillie de 0'^,16 sur le nu du mur de face, pour les étalages et tableaux servant cV enseigne, à la condition que ces objets seront attachés avec des crampons de fer haut et bas, scellés en plâtre dans le mur et recouvrant le bord desdits tableaux et non simplement accrochés ou suspendus.

Enfin, la décision du préfet de police, en date du lo février 18o0, règle, comme il suit, l'apposition des enseignes :

« 1° Les enseignes formées de bandes de toile ou d'étoffe portant des inscriptions sont formellement interdites.

« 2° Lorsqu'il n'existera aucune partie du mur au rez-de-chaussée, il pourra être permis de placer des enseignes, tableaux, écussons, attributs, soit sur les objets de petite voirie n'ayant pas 0°", 16 de saiUie, s'il s'en trouve, soit, dans le cas contraire, sur les objets ayant cette saillie.

« Dans le premier cas, lesdites enseignes pourront avoir l'épaisseur que les particuliers jugeront convenable, pourvu qu'elles n'excèdent pas 0°^,16 de saillie.

à partir du nu du mur. Dans l'autre cas, elles ne pourront être qu'en métal laminé, et devront être posées à plat sur les saillies auxquelles elles seront appliquées.

« 3° Les enseignes de coiffeurs et perruquiers, formées de simulacres de plats à barbe, seront tolérées sur les devantures, à la condition qu'elles seront constamment repliées et fixées contre lesdites devantures.

« 4° Les teinturiers dégraisseurs pourront placer sur la devanture de leur boutique leurs enseignes composées de bandes de serge, à la condition que ces enseignes seront bien appliquées contre la devanture.

« 5° Les paillassons servant d'enseignes pour la vente des huîtres seront appliqués contre les murs. A défaut de murs nus, ils pourront être appliqués contre les devantures ou grilles de boutiques.

« Ces objets sont exempts des droits de petite voirie et peuvent être posés sans permission.

« 6° Les inscriptions, soit en peinture, soit en relief, sur les frises ou lambrequins des marquises ou auvents, sont tolérées et exemptes des droits de petite voirie.

« 7° Il est permis d'apphquer des enseignes en lettres découpées aux balustrades des balcons, pourvu que les lettres soient sohdement attachées et qu'elles n'excèdent point la saillie de l'aire du balcon.

(( Ces enseignes sont exemptes des droits de petite voirie et peuvent être posées sans permission.

« 8° Les écriteaux indiquant les maisons, appartements, chambres, magasins et autres objets à vendre ou à louer, doivent être attachés et appliqués contre le mur, de manière à ne pas excéder la sailhe fixée pour les enseignes.

« 9° Les écriteaux indicatifs d'appartements non meublés à louer, de maisons ou terrains à vendre, etc., sont exempts des droits de petite voirie et peuvent être posés sans permission. »

ENTABLEMENT

Ensemble, 5. m. — Objet considéré dans son entier.

On dit : Vensemble, la masse d'un bâtiment.

Enseuillement, s. m. — Appui d'une croisée au-dessus de 1 mètre.

Entablé, adj, — Feuilles entablées : feuilles qui forment des bordures sur les parties saillantes des entablements, notamment sur les tailloirs.

Ce genre d'ornement se rencontre surtout dans l'architecture agricole.

Entablement, s. m. — Partie supérieure ou couronnement d'une ordonnance d'architecture.

Dans les ordres gréco-romains, V entablement est porté par les colonnes et se compose de trois parties : Varchitrave, la frise et la corniche (voy. ces mots).

Vignole donne à V entablement une hauteur égale au quart de celle de la colonne.

Dans certains cas , l'architrave et quelquefois la frise font défaut ; Ventablement se réduit à la corniche, comme on le voit, à l'extérieur, dans un grand nombre de constructions actuelles et, à rintérieur, aux lambris d'appartement, aux dessus des portes, etc.

Ainsi que les plinthes, corps, avantcorps et autres saillies en maçonnerie sur pans de bois ou murs de face en moellon et plâtre ou mortier, les entablements doivent être soutenus par des clous de bateaux, des chevilles en fer, des rappointis enfoncés suffisamment.

Lorsque les bâtiments sont construits en pierre de taille, \es entablements doivent être composés de blocs formant la saillie et reposant sur toute l'épaisseur du mur.

Que les trois parties qui, dans un ordre d'architecture, composant Ventablement, représentent ou non Timitalion de constructions primitives en bois, la maîtresse poutre (architrave), l'espace réservé aux solives (frise) et la sablière

I — ENTABLEMENT

recevant le pied des chevrons (corniche), il n'y a pas lieu d'entrer ici dans les détails de la discussion de ce problème archéologique. Nous observerons seulement que le système le plus simple pour réunir des colonnes et couvrir l'espace qui les sépare consiste à poser des pierres suffisamment longues pour porter de l'une à l'autre et former ainsi une construction continue sur chaque rangée de supports. En plaçant d'autres pierres les unes à côté des autres au-dessus des premières et dans une direction normale, on constitue un plafond qui couvre l'intervalle compris entre les deux rangées de colonnes ou entre une seule rangée et le mur au-devant duquel elle est placée. Cette seconde assise reçoit ordinairement une certaine saillie pour éloigner les eaux pluviales du pied de la construction. L'édifice ainsi exécuté est couvert en terrasse. Les temples de l'Egypte nous offrent l'exemple de ce système de construction.

Si l'on termine l'édifice par un toit, on doit ajouter une nouvelle assise faisant saillie au dehors et l'on constitue un ensemble, qui est Y entablement, composé de trois parties : Varchitrave, reliant entre elles les colonnes d'une même fde ; la frise ou construction destinée à réunir les colonnes d'une file à celles d'une autre rangée ou à une muraille ; la corniche, dont la saillie prononcée forme un abri et qui correspond à la toiture.

Cette disposition, imaginée par les Grecs, fut adoptée par les Romains et reprise par la Renaissance. Elle est devenue aujourd'hui une des bases fondamentales du système d'architecture, appliqué par les modernes, système reposant, d'une manière générale, sur l'emploi des ordres antiques plus ou moins modifiés. L entablement est, en effet, comme une partie essentielle des édifices; il sert à les terminer; mais son usage nécessite le jugement, le goût et le souvenir des origines de la part de l'architecte.

ENTABIJEMENT.

ENTABLEMENT

En effet, que, par exemple, rarcliitrave représente la poutre ou la série de pierres posée horizontalement sur une rangée de colonnes, elle doit se prolonger, d'après une ligne droite, au-dessus de la sommité de ces supports ; à ce point de vue, rarchitrave interrompue, dont on voit de nombreux exemples, même dans les œuvres d'architectes célèbres, est une faute contre le goût ; on n'en trouve pas d'exemple dans Tarchiteclure grecque ; ce n'est que sous les empereurs romains que ces défauts furent quelquefois introduits.

Les monuments les plus anciens offrent des entablements. Ceux de l'architecture indienne, il est vrai, en sont privés, mais cela tient à ce que ces constructions étaient creusées dans le roc et que les piliers ou les colonnes n'avaient pas de toit à supporter, puisque la partie supérieure de l'excavation formait elle-même la voûte ou le plafond des temples.

Il y a tout lieu de penser que les.édifices assyriens étaient pourvus (ïentablements, mais on n'en trouve pas de vestiges dans les ruines de ces monuments. On en trouve, au contraire, de parfaitement conservés dans les temples et les palais de l'antique Egypte.

Comme nous l'avons dit plus haut, ces entablements primitifs étaient fort simples. Une assise de pierres reposant sur les colonnes en supportait une seconde formant la couverture. Pour élever davantage le plafond de l'édifice, on plaçait au-dessus de chaque colonne un dé carré, sur lequel reposait Ventablement.

Ce dernier, dans les premiers temps, était fort dépourvu d'ornements ; les grandes pierres et les dalles placées par-dessus et qui les dépassaient étaient taillées carrément, sans aucun membre, sans aucune autre décoration que des hiéroglyphes. Peu à peu on arrondit les angles de ces pierres et, par la suite, on composa plusieurs membres droits, circulaires, évasés, tantôt unis, tantôt chargés d'ornements.

L'entablement grec des temps primitifs, c'est-à-dire l'entablement dorique, est tout différent par sa forme et ses proportions de Ventablement égyptien; il est fréquemment employé dans les édifices modernes, mais avec des rapports tout autres dans les parties qui le composent. L'ensemble avait plus d'élévation chez les Grecs et les membres offraient plus de saillie. Ventablement dorique ancien varie, dans sa hauteur, entre les 3/7 et le 1/3 de la colonne : cette proportion se remarque aux temples de Paestum , de la Sicile et d'Athènes.

L'architrave, qui présente (fig. 1482)

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Fig. 1482.

une surface large et unie, est surmontée d'un filet sans moulure.

La frise est ornée de triglyphes placés à égale distance au-dessus du milieu de la colonne et au-dessus du milieu de l'entrecolonnement, de sorte qu'entre deux triglyphes il reste un champ carré hbre que l'on appelle métope. Ces intervalles , qu'on laissa d'abord unis , comme on le voit aux temples de Paestum, d'Agrigente, de Ségeste et de Sélinonte, furent ornés, dans la suite, de sculptures en relief, représentant des boucliers, des bucranes, des sujets religieux ou guerriers, se rapportant cà la divinité ou bien au héros auquel le temple était consacré.

ENTABLEMENT

ENTABLEMENT

La corniche, moins élevée que les deux autres membres , est pourvue d'une forte saillie, environ le 1/4 de la hauteur de Yentablement. La principale décoration de la corniche consiste dans les modillons placés au-dessus de chaque triglyphe et de chaque métope.

Cette simplicité dans la distribution des parties, celte noblesse dans la décoration ^OTmQ\\['àV entablement dorique grec un air de grandeur et de dignité qui manque absolument aux édifices de cet ordre appartenant à une époque postérieure. L'entablement proposé par Vitruve en diffère totalement et les imitations faites par les modernes , d'après les préceptes de Tarchitecte romain , s'en éloignent encore davantage. Ainsi, les Grecs avaient donné à la hauteur de Tarchitrave environ 1/3 en sus du demi-diamètre de la colonne.

Les Romains réduisirent cette hauteur à un demi-diamètre seulement, enlevant à cette partie de Yentablement le caractère de force qui lui convient. La frise fut également défigurée ; les triglyphes, placés, dans les temples doriques grecs, à Taplomb de Tarchitrave, furent mis en surplomb, et la bandelette séparant ces deux membres, au lieu d'être simple et lisse, fut interrompue par les saillies qui font les bases des triglyphes et par les petites ombres qu elles projettent.

De plus , la disposition même des angles de la frise diffère chez les deux peuples. Les Grecs, resserrant l'entrecolonnement des angles de l'édifice, avaient placé le dernier triglyphe, non pas au droit de la dernière colonne, mais au tranchant de la frise; celle-ci se trouve, au contraire, terminée par une demimétope, chez les Romains, qui ont fait le dernier entrecolonnement égal aux autres.

L'entablement de l'ordre ionique grec diffère essentiellement de Yentablement dorique. Tandis que la hauteur de ce dernier est égale ou supérieure au 1/3 de la colonne, dans l'ordre ionique des temples de la Victoire Aptère et de

Minerve Poliade, Yentablement n'a pas le 1/4 de la hauteur de la colonne. En outre, l'architrave est allégée par sa division en trois bandes appelées faces, dont la plus haute est ornée d'un rang de perles et se termine par un talon sculpté en rais-de-cœur, c'est-à-dire en fleurons et feuilles d'eau et surmonté d'un listel. La frise n'est point, comme dans l'ordre dorique, divisée en métopes et triglyphes ; elle est lisse ou ornée de bas-reliefs. Dans la corniche, composée d'un larmier et d'une cimaise, on retrouve, à la moulure inférieure, les rais-de-cœur de l'architrave et, à la moulure supérieure, les oves du chapiteau. L'ensemble prend un caractère de délicatesse, de légèreté et de grâce.

Les denlicules que Vitruve ajoute à Yentablement ionique ne se trouvent point dans les monuments du siècle de Périclès, ni aux temples d'Érechthée et de Minerve Poliade, ni à celui de la Victoire Aptère, ni au temple ionique, sur l'Ilissus.

Pour avoir des notions précises sur Yentablement corinthien grec, il faut l'étudier sur un des rares exemples de cet ordre qui nous soient parvenus, sur le monument de Lysicrates, par exemple. Ce petit édifice est décoré de colonnes corinthiennes engagées, qui sont surmontées d'une architrave divisée en trois bandes, comme dans l'ordre ionique, et enrichie d'une moulure. Audessus règne la frise, qui est un peu moins haute que l'architrave. La corniche est accompagnée de denticules (voy. Choragiques).

Les Romains n'ont pas fait subir à Yentablement corinthien les mêmes altérations qu'à celui des ordres dorique et ionique ; il faut reconnaître, d'ailleurs, que l'ordre corinthien est, par excellence, celui dans lequel ce peuple a su le mieux témoigner de son goût pour la magnificence de la forme et de l'ornementation. La hauteur moyenne de Yentablement romain est le I/o de celle des colonnes. On peut élever cette

ENTABLEMENT

ENTABLEMENT

proportion, comme pour Y entablement ionique, aux 2/9, qui sont la moyenne entre le i/o et le 1/4. L'architrave est divisée en trois bandes de largeur inégale, la plus forte étant placée tantôt en dessous, comme le veut Vitruve, tantôt en dessus ; mais, dans tous les cas, la bande supérieure est toujours ornée d'une moulure qui se compose ordinairement d'une cimaise et d'un filet.

La frise corinthienne ne se distingue pas de l'ionique ; si elle doit rester lisse, elle a la même hauteur que l'architrave; si, au contraire, elle doit être décorée de sculptures, elle est tenue un peu plus haute, 1/4 environ. Entre la frise et le larmier de la corniche, les Romains ont placé presque partout des consoles renversées, dites modiUons.

Certains monuments antiques possèdent même des modillons placés à contresens, c'est-à-dire présentant leur panse aux spectateurs (voy. ModUlon). Quant aux denticules placés sous les modillons, Vitruve en blâme l'usage ; on en remarque néanmoins dans un grand nombre de temples et d'édifices antiques et même dans les plus beaux de ceux qui appartiennent à l'ordre corinthien.

Sous les empereurs, cet ordre commença à se corrompre. A partir du m* siècle, il fut soumis à cette ornementation déréglée qui est un des signes de décadence dans fart.

Les architectes de la Renaissance, trouvant en Ralie et en France de beaux modèles de l'ordre corinthien, furent plus heureux, dans leurs imitations, que pour Tordre dorique et l'ionique. Toutefois, on ne peut que blâmer la frise bombée, innovation introduite par Palladio dans l'architecture moderne (voy.

Frise). On doit à Claude Perrault d'avoir fait revivre les traditions les plus pures de Perdre corintliien dans la colonnade du Louvre. V entablement y montre des profils accentués ; la décoration en est suffisamment riche, mais la frise n'est point sculptée et, comme

le dit M. Charles Blanc : « Elle forme par son repos une bande de lumière qui détache mieux la colonnade sur le fond obscur qu'elle a creusé. »

Si l'on passe de l'étude des proportions et de la forme à celle de la construction proprement dite, on remarque, pour Yentablement, chez les Grecs et chez les Romains, autant de simplicité dans le mode d'exécution que dans la disposition des parties. La construction est faite de matériaux à grandes dimensions, admirablement travaillés. L'architrave est composée de pierres portant toutes d'une colonne cà l'autre.

Fig. 1483.

Les pierres d'angle se joignent, comme le montre, en plan, la figure 1483, de manière à assurer la stabilité. En outre, toutes les pierres d'une même assise sont habituellement rattachées les unes aux autres par des crampons ou des queues d'aronde en métal, en marbre ou même en bois.

De nos jours, une disposition vicieuse s'est introduite dans la construction des frises et des architraves. Dès la Renaissance, au lieu de se procurer des pierres de grande dimension, très coûteuses il est vrai, pour former les architraves d'un seul morceau, on a eu recours à des plates-bandes composées de pierres taillées en claveaux, et l'on suit aujourd'hui la même méthode. Ces voûtes sont d'un usage très préjudiciable, au point de vue de la stabilité, car, plus

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