FENIL
la farade, sont ornés île chambranles à crosse lies avec socles à bossages.
La forme reclangulaire est générale dans les baies du xvn'' siècle. Elle fait place à la forme cintrée surbaissée, au xvni° siècle ; les meneaux ont disparu.
Aujourd'hui, les fenêtres des édifices publics ou privés adoptent toutes les formes appartenant aux styles précédents.
Lorsqu'on emploie les ordres, il est d'usage, avec le dorique, de n'admettre, dans les chambranles, que les profils les plus mâles ; Touverture des baies prend même quelquefois une forme pyramidale (voy. Atticuvfje).
Les encadrements des fenêtres doriques ne reçoivent pas d'ornements ; on en donne, au contraire, aux chambranles ioniques, où la sculpture doit être plus délicate que riche.
Toute la magnificence de la forme, de la proportion et de la sculpture est attribuée à la fenêtre corinthienne, qui doit être accompagnée d'un fronton.
Les châssis qui ferment les fenêtres sont, à notre époque, garnis de verres de dimensions plus grandes que ceux employés au moyen âge et à la Renaissance. L'usage de glaces ta grandes surfaces tend même à se généraliser.
Il existe des fenêtres très ditïérentes de celles dont nous venons de parler et dont la hauteur, au plus égale à leur largeur, est souvent notablement inférieure. Ces ouvertures servent à éclairer de grandes pièces à leur partie supérieure, ou des étages très bas, comme des entresols ; on leur donne le nom de mezzanines (voy. ce mot).
Les lucarnes sont encore des fenêtres destinées à donner de l'air et du jour dans les combles des édifices privés ou publics (voy. Lucarne).
Porte-fenêtre (voy. Porte).
Législation. Des règlements sont appliqués aux fenêtres qu'un propriétaire veut ouvrir dans un mur mitoyen et à celles donnant une vue directe sur Théritage voisin (voy. Vue).
Il est défendu, sous les peines de police, et sans préjudice des dommagesintérêts : 1° de rien exposer aux fenêtres qui puisse nuire par sa chute ou par ses exhalaisons, notamment d'y sécher des peaux tannées ; 2'' de jeter également par les fenêtres aucun objet susceptible de nuire d'une manière quelconque. Le maître de la maison ou le locataire est civilement responsable du préjudice causé par lui-même ou par les gens qu'il occupe. La responsabilité est toujours exclusivement personnelle , dans le cas de contravention prévue par l'article 475, § 8, du Code pénal, et consistant dans le jet volontaire de corps durs ou d'immondices contre quelqu'un , contre une maison, un édifice ou une clôture, ou dans un jardin ou enclos.
Feiiil, s. m. — Magasin à fourrages dans une exploitation rurale.
Les fenils sont ordinairement placés dans un comble au-dessus des remises, des hangars pour les instruments ou des logements d'animaux , écuries ,■ étables, etc. Si ces magasins sont au-dessus des hangars, leur plancher peut être très léger et composé seulement de planches reposant sur les solives ; il doit, au contraire, être très solide et impénétrable aux émanations, si le fenil est situé au-dessus d'un logement d'animaux : une aire en plâtre ou en terre battue est placée au-dessus de tuiles posées à plat et scellées au plâtre, sur les solives, ou de bardeaux en bois entourés de bauge. L'entrevous est hourdé plein et un plafond est fait en dessous (i).
Les fourrages sont introduits dans l'écurie ou dans l'étable par des trappes, ou mieux par un coffre ou armoire placé à l'intérieur et communiquant par un conduit en bois avec le magasin à fourrages. Celte dernière disposition empêche les émanations d'arriver dans
(1) Bouchard, Constructions rurales.
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le fenil, comme cela a lieu avec les trappes.
On entre clans le fenil, au moyen d'échelles, par des portes-fenêtres, qui servent également à Tintroduction des fourrages. Parfois, des ouvertures distinctes sont pratiquées pour l'accès des personnes et pour l'entrée des bottes ; les premières peuvent ôlres desservies par des escaliers au lieu d'échelles.
Les dimensions à donner aux fenils sont basées sur cette considération que 50 à 60 kilogr. de foin occupent un mèlre cube, y compris les passages pour le service.
Fente, s. f. — Fente des bois. On refend quelquefois les bois suivant leur longueur, soit qu'on veuille exécuter des ouvrages grossiers, soit qu'on manque de scie de long.
Les bois résineux, tels que le pin et le sapin, se fendent aisément. On opère, à Taide de coins de fer d'abord, puis de coins en bois sur lesquels on frappe à coups de masses en fer ou de maillets en bois.
Dans les bois durs, tels que le chêne et Forme, la fente est plus difficile. On y arrive cependant en enfonçant des coins dans de nombreux trous de tarière passant par le cœur de l'arbre.
Mais on peut refendre le bois avec beaucoup moins de peine au moyen de poudre, que Ton verse dans des trous espacés sur le bois de 0'°,30 à 1 mètre, et percés jusqu'au cœur de l'arbre ; on bouche ces ouvertui-es avec des chevilles et l'on s'arrange de manière à produire l'explosion simultanée de toutes les charges ; l'arbre se fend exactement en deux parties.
Fenton, s. m. — Voy. Fanion.
Fer, s. m. — Le fer est de tous les métaux le plus tenace et le plus fi"équemment employé dans les constructions.
L'emploi de ce métal remonte certai-
nement à une haute antiquité : il en est fait mention dans la Genèse et dans les Annales du Céleste Empire. On a retrouvé des objets de fer, travaillés d'une manière assez remarquable, dans les topes ou tombeaux de l'Indoustan, qui paraissent dater de plus de quinze siècles avant notre ère.
L'Inde produisait une grande quantité de fer : Pline pai-le du fer sériqiie, provenant des bords du Gange, comme d'un métal très estimé. On pense généralement que le fer qu'on extrayait de cette contrée était transporté brut en Asie Mineure et dans l'Archipel, où on le travaillait. Les Phéniciens faisaient un grand commerce de ce métal ; leurs statues, en bois pour la plupart, étaient recouvertes de lames d'or, d'argent ou de fer, sur lesquelles s'exerçait l'art du ciseleur. On a retrouvé des crampons, des anneaux, des objets de fer dans les ruines de Rabylone et de Ninive. Des inscriptions, découvertes dans cette dernière ville, constatent que les Assyriens se servaient de ce métal pour fortilier les pièces de charpente et quelquefois aussi comme revêtement. En Asie Mineure, et particulièrement chez les Chalybes, habitants des bords du Pont- Euxin, existaient des mines de /"er très riches ; ces peuples disputaient d'ailleurs aux Phéniciens la gloire d'avoir découvert le fer.
On voit donc que les Asiatiques faisaient un usage presque général du fer; toutefois, ils employaient, de préférence, le cuivre et l'airain. Quant au mode de fabrication qu'ils appliquaient, on n'a sur ce point aucune donnée.
En Egypte, on a trouvé des objets en fer, épars au milieu d'un grand nombre d'autres ustensiles en or et en airain, ce qui a fait supposer d'abord que le fer était, pour les premiers Égyptiens, rangé au nombre des métaux précieux ; mais d'autres découvertes ont permis d'affirmer que ce métal était d'un usage commun, dans cette contrée, dès les xvn^ et xvin* siècles avant Jésus-Christ. Toute-
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fois, ici, comme chez les peuples de l'Asie, le fer ne reçut qu'une application limitée , comparativement à l'airain.
On ne saurait déterminer, d'une manière précise, Tépoque où Tusagedu/'er fut adopté en Grèce. Un grand nombre d'auteurs grecs et, parmi eux, Homère, Hésiode, Aristote, Plutarque, en font mention. On sait que les Grecs connaissaient l'art de souder le fer, ainsi que le principe de la trempe ; leur manière de forger ce métal pai'aît avoir été, en tout point, semblable à la nôtre.
Nous devons dire toutefois qu'il ne reste aucun objet dont l'origine grecque puisse être attestée. Cette absence de témoignages matériels ne prouve rien, n se peut très bien que les fers de cette époque aient été oxydés ou réemployés comme ferraille. D'ailleurs, presque toutes les œuvres d'airain, qui était cependant beaucoup plus répandu que le fer, ont été également détruites. Comme élément constitutif, on a trouvé quelques crampons en fer ayant la forme de doubles queues d'aronde et destinés à relier les pierres entre elles ; on sait aussi que les portes d'intérieur étaient munies d'anneaux ou de poignées en fer, en airain ou en argent.
Les Romains , comme les Grecs , croyaient que la découverte du fer était due à l'incendie des forêts dont le sol, fertile en minerai, l'ejeta à la surface le métal liquéfié. Toutefois, il semble que la fabrication du fer n'a pas été importante à l'époque de la république ; il est même certain que, sous l'empire, la plus grande partie de ce métal était importée des pays étrangers, de l'Inde, de l'Espagne, de la Norique, etc. Pline rapporte que l'on distinguait les fers par la qualité des eaux qui étaient employées pour la trempe. Certaines villes étaient devenues célèbres par la manière dont cette opération y était réussie.
Le fer sérique, importé des bords du Gange, était le plus estimé de tous; venait ensuite le fer parthique ; ces deux
qualités fournissaient les fers les plus durs et les plus serrés.
La fonte de fer, sous le nom de nuclens, était connue des Romains; suivant la méthode adoptée de nos jours, on en extrayait le métal par l'affinage et le martelage.
On manque d'éléments précis pour résoudre cette question de savoir si le même peuple connaissait Y acier. Le mot latin chalybs, auquel on a attribué la signification de bon acier, paraît s'appliquer plutôt au fer dur et dense de bonne qualité qu'à Vacier proprement dit. Le mot acies, que l'on a pris dans le même sens, signifie arme, tranchant.
Aiitomomata, souvent traduit du grec en latin par acier, exprime plutôt Tidée de dureté, de compacité que le nom d'une substance qui serait Vacier.
Néanmoins, certains fers, et particulièrement ceux de l'Inde, de l'île d'Elbe et des Pyrénées, étant aciéreux, il est fort possible que, dans l'opération de la fonte, les anciens aient pu produire Vacier, en quelque sorte, sans s'en apercevoir.
Le fer était employé par les Romains pour les armes, les instruments aratoires et les outils des arts mécaniques. La lime leur était connue; ils faisaient du ciseau de tailleur de pierre un fréquent usage ; la scie était également employée. Les engins destinés au montage des matériaux dans les constructions étaient de fer. Vitruve parle encore de l'emploi de ce métal pour les moufles, pinces, chaînes, leviers, boulons, etc. Mais le /'^r ne fut point utilisé comme élément constitutif, à l'instar du bronze. Il était seulement quelquefois employé, pour crampons, destinés à relier les pierres entre elles, concurremment avec le bronze ; il en était de même pour les gonds, pivots et garnitures, les poignées de portes, etc. On se servait encore de ce métal pour clouer, agrafer et assujettir les chambranles, les linteaux et les bois d'huisserie.
On a également trouvé à Pompéi des
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serrures en fer et en bronze, parfaitement constituées, avec leur pêne, leur palastre, leur foncet et leur cloisonnement. On a découvert aussi des cadenas (voy. ce mot).
Le luxe qui caractérisa les premiers siècles de Tempire fit faire de grands progrès à l'industrie et donna un développement considérable à la fabrication du fer. Mais, à pailir des invasions barbares qui eurent lieu au ni^ siècle, remploi de ce métal devint moins répandu dans l'empire romain, tandis qu'au contraire il se généralisait chez les Germains. Bientôt, les mines de fer exploitées dans les provinces furent abandonnées pour la plupart, et le commerce que Ton faisait avec ce métal fut, en quelque sorte, détruit. Les nouveaux conquérants, bien qu'ils connussent le façonnage des métaux, ne se servaient guère du fer que pour la fabrication des. armes.
Ce furent les établissements monastiques qui relevèrent l'industrie métallurgique. Ils exploitèrent de nouveau les mines abandonnées, construisirent des fourneaux et des forges et parvinrent à livrer à la circulation une grande quantité de fers travaillés au marteau.
Des progrès s'accomplirent avec le temps et, dès le commencement du xn° siècle, l'industrie des fers forgés pouvait être considérée comme très importante, dans la Gaule en particulier.
Toutefois, les outils nécessaires à la fabrication faisaient défaut, le matériel d'une usine étant uniquement représenté par un martinet. Mais le temps très long pendant lequel le fer était soumis au martelage lui donnait une ténacité et une souplesse que ce métal ne peut avoir aujourd'hui, puisque de l'état de lopins de fonte à peine corroyée on le fait passer, de suite, à Tétat de barres, par le laminage, sans aucune opération intermédiaire. En outre, ce fer était plus serré par le battage, plus ductile, moins criblé de parties de fonte ; il se soudait plus facilement au
rouge-blanc, sans devenir cassant. Toutefois, on éprouvait alors de grandes difficultés à fabriquer de grosses pièces, et ce n'est que quand rhomme a eu à sa disposition de grandes puissances mécaniques et lorsqu'il a su employer la vapeur, que la grosse serrurerie du bâtiment put entrer dans la voie des immenses progrès qu'elle a aujourd'hui accomplis.
Dans les constructions du moyen âge, le fer était employé pour chaînages, tirants, crampons, armatures de baies.
Cet usage avait de graves inconvénients : les nceuds, les renflements des crampons, les œils et les goujons enfermés dans les maçonneries constituaient des masses de fer volumineuses qui, en s'oxydant, augmentaient de volume et faisaient éclater les pierres, et il est certain que ces désordres ont contribué à amener l'état de ruine dans lequel se trouvent un grand nombre de monuments.
Si les applications du fer à la grosse serrurerie sont restées, à cette époque, dans l'enfance de l'art, par l'absence de moyens mécaniques, il n'en fut pas de même de l'emploi de ce métal pour la serrurerie fine, qui atteignit, au contraire, un grand degré de perfection.
C'est ainsi que les pentures de portes, celles de Notre-Dame de Paris, entre autres, sont, pour les artistes et les hommes du métier, un sujet constant d'étonnement et d'admiration. C'est dans les œuvres de ce genre que l'on remarque surtout combien les forgerons du moyen âge étaient habiles dans l'art de souder le fer au marteau.
L'emploi du fer battu, découpé à l'étampe ou au burin, puis martelé à froid ou à une température peu élevée, succéda à celui du fer soudé pour les pentures de portes.
Les serrures sont aussi des objets qui témoignent de l'esprit judicieux et inventif de ceux qui travaillaient le fer à cette époque. Il en est de même des poignées de loquets, et enfin des nombreux objets de quincaillerie, dont il
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nous reste assez crexemples pour nous faire comprendre avec quel soin et quelle variété de formes était traité le fer, même dans les constructions les plus ordinaires.
C'est seulement de nos jours que ce métal est entré comme élément constitutif dans la structure des édilices ; la charpente en fer est une application de rindustrie moderne ; il y a même tout lieu de croire que ce nouvel élément est appelé à influer considérablement sur Tarchitecture de l'avenir.
Voyons d'abord quelles sont les propriétés, la métallurgie de ce métal et la classification des fers usuels.
Le fer est malléable, surtout à cbaud, très ductile et peu fusible. Dans le commerce, on ne le trouve jamais pur; il cojitient toujours une petite quantité de carbone, de silicium, quelquefois un peu de soufre ou de pbosphore et c'est à la présence de ces matières étrangères que ce métal doit ses différentes qualités.
Le fer du commerce est d'un gris bleuâtre ; sa ténacité est très grande : un fd de fer de 0'",002 de diamètre ne se rompt que sous une cbarge de 2o0 kilogr. Cette qualité diminue avec Técrouissage, qui rend le métal cassant ; mais il suffit de le faire recuire pour lui rendre sa ténacité.
Le fer de bonne qualité a une texture généralement grenue ; il est d'autant meilleur que sa cassure présente un grain plus lin, plus serré et plus brillant ; cbauffé au rouge-blanc, puis forgé en barres minces il prend une texture fibreuse et blancliàtre.
Une propriété particulière de ce métal est quil peut passer de l'état nerveux à l'état cristallin, non-seulement quand il est abandonné, après la fusion, à un refroidissement lent, mais encore tout en restant à l'état solide et particulièrement quand il est soumis pendant un certain temps à des vibrations souvent répétées. C'est ainsi que des Ijarres de fer de très bonni^ qualité se transfor-
ment lentement en fer cristallisé à grandes facettes et, devenant cassantes, perdent une grande partie de leur ténacité. Il est très important de tenir compte de ce pliénomène dans la construction des ponts suspendus, ainsi que dans les édifices exposés à des vibrations dues au passage fréquent des voilures.
Il résulte de l'expérience qu'on ne doit pas dépasser la cbarge de 12 kilogr. par millimètre carré de section pour les fers d'échantillon moyen et celle de 20 kilogr., pour le bon fil de fer wow recuit. On peut adopter, comme valeurs usuelles, pour l'eiïort pratique auquel il faut soumettre les différentes qualités de fer, les chiffres du tableau suivant :