‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 192 sur 232 · IZI · texte numérisé non relu

IZI

Fig. 1624.

tient au clocher de Saint-Laurent de Salon (Bouches-du-Rliône) ; le second

Fig. 1625.

est tiré d'une construction romane éle-

FENÊTRE

FENÊTRE

vée clans une des arcades de la galerie du premier étage, aux arènes de Nimes (i).

Les jambages de ces baies sont formés par les assises mêmes de la construction ou plus généralement, par des pierres posées en délit, avec liaison sous Taxe et ta la hauteur de Tappui.

Au xi^ siècle, apparaissent les fenêtrès décorées d'archivoltes simples ou ornées de moulures et supportées par des colonnettes (fig. 1625).

Au xn' siècle, des fenêtres géminées garnissent souvent les étages supérieurs des transepts ou des absides ; ces baies sont quelquefois inscrites dans un cintre d'un plus grand diamètre.

Les façades des églises sont fréquemment percées de fenêtres, groupées par

d'ébrasements très évasés c|ui facilitent

L^ztlllfiiàl

Fig. 1626.

trois, celle du milieu étant la plus haute, comme on le voit à l'église Saint-Front à Périgueux (fig. 1626).

Quelquefois, ces ouvertures sont remplacées par une fenêtre circulaire ou ft'i7-6?^-^ci?î(/ rappelant Yoculus des basiliques latines et prenant alors le nom de rose (voy. ce mot).

Les fenêtres du commencement du xm^ siècle, époque de transition, prennent Tarcade ogivale. Ces baies, d'abord étroites et allongées , sont pourvues

(1) Révoil, Architecture romane.

Fig-. 1G27.

'accès de l'air et de la lumière. Leui

p/', llLuu Ijhli illumlliii.llll I il I.

Fig. 1628.

décoration extérieure est très variée

FENÊTRE

FENÊTRE

les unes sont sans ornemenls, les autres surmontées d'un cordon uni ou orné de dents de scie, de billettes, etc.; enfin, un grand nombre ofïrent des voussures cannelées soutenues par des colonnes appliquées sur les parois de ces ouvertures (fig. 1627). Des vitraux colorés sont supportés par des armatures en fer et ne laissent pénétrer qu'une lumière adoucie. Les fenêtres sont tantôt isolées, tantôt réunies deux à deux ou bien encore combinées avec l'œil-de-bœuf (fig.

1628) et encadrées par une arcade principale.

La fin du \\\f el le commencement du XIV'' siècles voient multiplier les meneaux, qui atteignent à la naissance de l'arcade et les rosaces qui remplissent le sommet de l'ogive, à partir des im-

-hj-} "' i- . ^ . ..i !■• I

Fig. 1629.

postes (fig. 1629). Souvent, une seule rose surmonte trois ouvertures à ogive de dilîérentes bauteurs, ainsi qu'on le voit sur la figure 1630, représentant une des fenêtres du triforium de Notre- Dame à Paris; les deux grandes des arcades secondaires sont ornées de Irèfics et d'arcs trilobés; la plus petite, d'un arc trilobé seulement.

C'est au siècle suivant que les fenêtres se garnissent de figures contournées ressemblant à des fiammes, à des cœurs allongés qui remplacent les formes rayonnantes, en trèlles, quatrc-

feuilles, etc. Aussi, a-t-on donné h. ce

style le nom de gothique flamboyant.

Nous donnons {ii^^. 1631) un exemple de l'architecture de cette époque, dans une des fenêtres de la sacristie de l'église Notre-Dame à Châlons-sur-Marne.

Après rintroduction de la fenêtre fiamboyante, on ne trouve plus de traces de l'emploi de l'œil-dc-bœuf que dans ces grandes roses terminales qui continuent d'occuper le sommet des façades et des pignons.

Dans l'architecture civile du moyen âge, les fenêtres étaient closes d'abord par des volets de bois pleins ou percés de trous garnis de verre ou de parche-

FENÊTRE

- io7 -

FENÊTRE

min. Plus tard, on lit des cliassis do bois

Fig. 1G31.

qui reçurent des vitraux, du papier, du parchemin ou de la toile (i).

La fenêtre romane civile fut primitivement étroite et terminée par un cintre appareillé ou découpé dans un linteau ; dans la suite, elle s'élargit et fut divisée par un meneau ou par une colonnette recevant la retombée de deux arcades ou soulageant un linteau.

Au xnf siècle, ces ouvertures se garnissent de meneaux verticaux et horizontaux disposés en croix très fréquemment; ainsi, les grandes salles des bâtiments affectés à des services civils sont éclairées par de vastes baies qui rappellent les fenêtres des édifices reli-

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonrié de l'architecture française.

gieux et conservent en même temps le caractère privé. Ce sont des ouvertures terminées par des linteaux que soulagent des meneaux en pierre et surmontées de

j:vfer"j|\"!^i!i!i!i!Miii!iii'''''''.v'^

Fi g. 1G32.

claires-voies à vitraux dormants, le tout encadré dans une arcade principale. Souvent, les baies sont garnies de bancs à rintérieur, comme le montre la figure

Aux xiv^ et XV' siècles, apparaissent les châssis de bois dormants encastrés dans des feuillures en pierre et recevant des châssis mobiles vitrés et des volets intérieurs. La forme en accolade se voit fréquemment dans la décoration extérieure (fig. 1633).

Le bois remplace les meneaux en pierre dans les maisons en pans de bois de la fin du xv^ et du commencement du xvp siècles ; nous donnerons, comme exemple (fig. 1634), une fenêtre rectangulaire d'une maison à Yville.

Notons ici que les ouvertures destinées à éclairer les habitations privées,

FENÊTRE

FENÊTRE

à partir du mi' siècle, étaient très sou-

vent, non pas isolées ou groupées par

Fij?. 1G34.

deux ou trois, mais disposées en clairevoie, formant une sorte de colonnade

vitrée, sur toute la largeur des façades (voy. Maison).

La transition entre le moyen Age et la Renaissance amène les formes surbaissées, non-seulement dans Tarchitecture privée, mais aussi dans les édifices

f....,-jn:r.îi ♦-n1c;:i:j.i:

gs^

-iVf^i

Fig. 1635.

d'une grande importance ; ainsi, nous présentons (fig. 163o) une des fenêtres de la cour du château de Blois, terminée par une arcade surbaissée.

1 jll

rln

il 1

Fig. 1G36.

La Renaissance ramène les formes

FENÊTRE

FENÊTRE

antiques. Les palais de ITtalie de la fin du xv^ et du xvi« siècles présentent des fenêtres cintrées ou à plates-bandes ; les premières sont avec ou sans archivoltes, surmontées de frises et corniches ou seulement encadrées d'un chambranle ; les secondes sont également entourées de chambranles simples ouàcrosseltes, ou bien couronnées de corniches avec ou sans fronlon, supportées par des consoles.

La figure 1636 représente une fenêtre italienne en plein-cintre, de la fin du xV' siècle ; l'usage des bossages et des refends commence à s'établir.

Nous donnons également (fig. 1637) une fenêtre à fronton triangulaire d'un

Fig. 1637.

palais de Ferrare , appartenant au xvi^ siècle.

Les formes de ces ouvertures, dans les monuments de la Renaissance française, sont extrêmement variées ; elles conservent certaines traditions des siècles précédents ; ainsi, les meneaux divisent toujours la baie en plusieurs parties garnies séparément de châssis vitrés.

Nous citerons, comme exemple, les fenêtres du premier étage de la cour du Lou^Te appartenant à l'architecture du

xvi° siècle. Parmi ces baies, les unes sont surmontées de frontons triangu-

laires (fig. 1638), les autres de frontons en arc de cercle.

La figure 1639 représente également une fenêtre à meneaux du xvn* siècle/ provenant d'une maison d'Orléans (1).

Fig. 1639.

Les pieds-droits, composés de pierres qui se relient aux assises de briques de

(1) Sauvageot^ Palais et châteaux.

FENÊTRE

Page 1