‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 21 sur 232 · COLONNE · texte numérisé non relu

COLONNE

représentée par la figure 1105; ces colonnes étaient très nombreuses dans les provinces soumises à la domination romaine ; c'étaient fréquemment des monolithes s'élevant, sur les routes, de mille en mille pas pour marquer les distances et qui, plus élevés que les bornes affectées aujourd'hui au même usage, formaient des colonnes on d'autres petits monuments sur lesquels on gravait des inscriptions contenant, outre l'indication des distances, les noms des empereurs qui avaient fait construire ou réparer la voie ; la figure 1106 représente une colonne milliaire de l'époque romaine qui existe encore à Frenonville (Calvados).

Colonnes en fonte. L'application du fer à la construction a conduit à remplacer, dans un grand nombre de cas, les colonnes en maçonnerie, en pierre ou en marbre par des supports en métal.

La fonte est employée de préférence au fer, comme résistant mieux à la compression.

La section horizontale des supports en fonte est circulaire, carrée ou en forme de croix; les co/o;?;?^^ proprement dites sont classées dans la première catégorie.

On distingue les colonnes pleines, qui sont préférables quand on veut économiser la place, des colonnes creuses, qui offrent plus de garanties de résistance. Dans tous les cas, il est bon de donner à ces supports un renflement vers le milieu de leur hauteur, parce qu'ils tendent à s'infléchir avant de se rompre.

Les chapiteaux et les bases servent non-seulement à l'effet architectural, mais encore à la répartition sur une plus grande surface de la pression exercée sur ces points d'appui. Des tenons ou goujons, ménagés au-dessus des chapiteaux et au-dessous des bases, assurent la stabilité du système.

Le commerce livre aux constructeurs des colonnes en fonte, pleines ou creuses, qui servent à remplacer les trumeaux de pierre dans les devantures de

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boutiques ou de magasins, ou à supporter des poitrails sur lesquels reposent des cloisons ou des murs de refend.

Nous présentons (fig. 1107) en A, B, C,

ti^

ij

::iïiiL

réduits au trentième d'exécution, des modèles de ce genre de support ; le premier A a 0'^,12 de diamètre au-dessus de la base, O"",!! au-dessous du cliapiteau; la colonne B est pourvue, à son extrémité supérieure, de deux fortes consoles en fonte, dont on voit le plan audessus et qui embrassent la largeur du poitrail à soutenir ; le diamètre est plus fort : 0°^,16 en bas, 0^15 en haut ; la colonne C est destinée à supporter les linteaux de deux étages ; le filet du premier plancher repose sur les consoles qui occupent le milieu de la hauteur de la pièce; les diamètres inférieur et supérieur sont 0^^,16 et 0°»,14.

Souvent on réunit les colonnes en fonte par deux, par trois ou par quatre ; dans ce cas, on les relie entre elles par un ou plusieurs colliers en fer forgé et par un plateau posé sur leur sommet et traversé par les tenons des chapiteaux ; la résistance est alors plus que doublée.

triplée, etc., suivant qu il y a deux ou trois colonnes.

En général, on admet que la fonte ne s'écrase que sous une charge d'environ 7,500 à 8,000 kilogr. par centimètre carré pour des pièces dont la hauteur varie de 1 à o fois la plus petite dimension de la section transversale. Nous empruntons à l'ouvrage de M. Claudel la formule qui donne la charge qu'on peut faire supporter en toute sécurité à une colonne :

1250 représente le sixième de 7,500 kilogr., résistance maximum de la fonte par centimètre carré ; 5 la section de la colonne en centimètres carrés ; /et rfles dimensions du pilier, en centimètres.

C'est en faisant, dans cette formule, s = 1, que l'on obtient en kilogrammes les charges permanentes p qu'on peut faire supporter aux colonnes en fonte par centimètre carré :

5 on a : 7^ = 1250

POui^-j<

Le renflement vers le milieu de 1 gueur augmente la résistance de

a lon- 1/7 cà

Les supports creux sont préférables, avons-nous dit, aux colonnes pleines, car ils ont un plus grand diamètre pour une même quantité de matière et, par conséquent, une plus grande résistance ; il y a donc économie à les employer. En outre, le vide peut être utilisé comme conduite pour l'écoulement des eaux pluviales. On admet,

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en général, cVaprès les expériences de M. Hodgidnson, que la résistance de ces supports est égale à la résistance de la colonne supposée pleine, moins celle d'une colonne pleine de même hauteur ayant pour section transversale celle du vide.

La formule qui donne la charge de sécurité est :

s et s' représentent la section de la colonne supposée pleine et celle du vide en centimètres carrés ; d, d' sont les diamètres du plein et du vide, en centimètres ; / la hauteur de la colonne, également en centimètres.

Les limites inférieures des épaisseurs de la fonte des colonnes creuses sont respectivement pour les hauteurs de colonnes :

de : 2^ à 3°^ 0^^,012

Les constructeurs font surtout usage

des colonnes en fonte pour supporter les

couvertures destinées à abriter de grands

espaces ou de vastes salles ; par exem-

Fi^. 1108.

pie, les marchés, les halles de chemins

de fer ou les pièces d'attente. Nous donnons (fig. 1108) le chapiteau et la base de Tune des colonnes creuses posées par M. H. Labrouste dans la nouvelle salle de lecture à la Bibliothèque nationale.

Colonne-affiche : construction isolée établie sur les places et les grandes voies dans certaines villes pour recevoir les affiches de publicité des théâlres.

Ces colonnes se composent d'un cylindre en bois monté sur un socle en fonte et couronné d'un chapiteau métal- Uque d'un diamètre supérieur h celui du cylindre. Sous ce chapiteau est disposé un appareil lumineux qui envoie la lumière aux parois du cylindre sur lesquelles sont apposées les affiches.

Fumisterie. Colonne de poêle : enveloppe d'un conduit de fumée, composée de cylindres creux en biscuit, en faïence ou en tôle qui se terminent par des portions en forme de ceinture appelées bagues (voy. ce mot).

Le règlement du prix des ouvrages comporte différentes évaluations suivant les matériaux dont les colonnes sont formées :

l*" Les assises des fûts de colonnes en pierre sont payées comme les assises ordinaires, avec une plus-value pour les parements. Les trous et scellements de goujons, s'il y en a, se comptent à part et à la pièce. Pour les colonnes galbées, on applique au ravalement une plusvalue de 50 pour 100 de taille.

2° Les colonnes en fonte pleines, modèles du commerce ou faites exprès, mais sans moulures se payent au poids.

Les frais de modèles des colonnes faites exprès sont payés à part. Les colonnes creuses sont l'objet d'une plus-value.

3° Les colonnes de poêle en faïence et en biscuit sont composées de boisseaux de 0",30 de hauteur dont les prix varient proportionnellement h leur diamètre extérieur. Les boisseaux qui portent base ou chapiteau comptent pour un bout et demi. Les boisseaux de couleur d'un seul ton se payent moitié en

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plus. La Série de la ville de Paris compte les palmettes ou flammes comme boisseaux. La pose, pour colonne jusqu'à l™,6o de hauteur, y compris palmelte, est évaluée à 2 fr. 10. Les colonnes en tôle forte vernie, avec embase et chapiteau en cuivre, sont évaluées jusqu'à 1^,65 de hauteur, à des prix qui varient suivant le diamètre extérieur. La pose, comptée à part pour colonne de toute hauteur, est de 1 franc d'après la Série de la ville.

Colonnette, s. f. — En général, petite colonne. On désigne ainsi particulièrement les colonnes à fût très allongé et de faible diamètre ; telles sont les colonnes cantonnant les piles des édifices du moyen âge.

Les constructeurs romans disposaient souvent dans les cloîtres, dans les galeries, des colonnettes isolées ou accouplées, à fûts lisses ou ornés de torsades, de cannelures, d'enroulements, de rinceaux , de feuillages , d'imbrications (1).

Colophane, s. f. — Matière résineuse qui provient de la distillation de la gomme du pin, après qu'on en a extrait toute l'essence de térébenthine.

On emploie la colophane dans la composition de certains vernis.

Coloration, s. f. — La coloration des bois est l'ensemble des procédés qui permettent d'introduire dans le bois des matières colorantes minérales ou végétales.

Dans la coloration des bois proprement dite, on se propose, non pas d'enduire de couleurs opaques la surface des bois, en particulier de ceux qui sont exposés dehors aux intempéries de l'atmosphère, mais d'ajouter des tons plus vifs ta la teinte naturelle des bois, tout en conservant leur aspect veiné, de ma-

(1 ] VioUet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

nière que l'on puisse toujours en reconnaître l'essence à première vue.

Il existe deux modes de coloration pour les bois. Le premier et le plus anciennement connu consiste à donner à certains d'entre eux une teinte uniforme quelconque, bleue, verte, rouge, elc.

Autrefois, on employait les bois teints de cette manière dans la marqueterie, dans l'ébénisterie du temps ; on découpait les pièces, on les plaquait, on les agençait symétriquement et l'on obtenait d'heureux effets par l'opposition des tons.

De nos jours, on commence à revenir à ce goût pour la mosaïque formée par les bois employés avec leurs tons naturels. Il est donc possible que l'industrie des placages de ce genre prenant une grande extension, on soit obligé de reprendre les bois teints pour satisfaire aux besoins de la consommation.

Si l'on en excepte les bois tendres et poreux, les bois ne se laissent pas entièrement pénétrer par la couleur , quand on les débite en pièces d'une certaine épaisseur. Il faut donc, avant de les teindre, les réduire en planches de 2 millimètres environ d'épaisseur, c'est-à-dire de l'épaisseur d'un fort placage (1).

On conçoit aisément que les bois blancs soient les seuls qui puissent recevoir les couleurs tendres, telles que le bleu ciel, le vert-pomme, le jaune, le rose clair, etc. Les essences propres à ce genre de coloration sont l'érable et ses variétés, sycomore, platane et mûl'ier. Le houx, vu sa rareté, est réservé pour le bianc uni ; le peuplier, le marronnier d'Inde et le bouleau, étant trop mous, sont peu employés, bien qu'ils prennent facilement la teinture. Toutefois, le marronnier s'emploie blanc et dans son état naturel.

On peut aisément faire prendre des teintes plus foncées, telles que le rouge,

(1) Laboulayo, Dictiomiaire des arts et manufactures.

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le vert, le bleu, Torangé, aux essences suivantes : Taulne, le fi'ône, le noyer blanc, le cerisier, le bêtre, Talisier jaune et autres bois blancbâtrcs. Enfin, des teintes plus foncées peuvent être données à Tonne, au cormier, au noyer d'Auvergne, au prunier, au buis, etc.

Quant au noir, il est susceptible d'être appliqué à toute espèce de bois.

M. Paulin Désormeaux, dans le Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye, indique, pour chaque espèce de bois, les recettes que nous détaillons ci-dessous.

Tout d'abord, et ceci s'applique h tous les bois, il faut les tremper dans une dissolution d'alun ou dans un bain d'eau de chaux.

On opère ensuite par l'une des deux méthodes suivantes : la cuve et le pinceau ou l'éponge. La première s'emploie avec les bois de peu de volume ; la seconde lorsque les bois sont trop grands pour entrer dans la cuve. Dans le premier cas, on plonge le bois dans la dissolution colorante que l'on a soin de tenir chaude, mais non pas bouillante.

Si l'on teint à l'éponge ou au pinceau, on tient la couleur plus chaude, parce qu'elle se refroidit toujours assez promplement quand on l'applique sur le bois. Pour quelques teintures, qui se font à froid, on laisse le bois tremper jusqu'à son entière pénétration.

Passons maintenant à l'application des diverses teintes. La couleur rouge ?>q prépare avec le rocou, que l'on coupe par morceaux et que l'on fait dissoudre dans l'eau bouillante. On donne plusieurs couches quand on veut obtenir une teinte plus foncée. La couleur fournie par le rocou est le rouge orangé.

La garance ne doit pas être portée jusqu'à l'ébullition sous peine de s'altérer. Il faut, avant d'appliquer cette couleur, faire tremper le bois pendant une heure ou deux, dans un bain d'acétate d'alumine.

Ijorcanette, qui donne une teinture très agréable et facile à employer, se

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prépare à l'huile de lin chauffée modérément. Après l'application d'une ou de plusieurs couches, on frotte avec de la pierre ponce broyée et l'on sèche au tripoli rouge avant de revenir. La terre de Sienne se broie avec l'huile de lin à froid et se délaye ensuite dans une plus grande quantité d'huile.

En faisant dissoudre de Vorseille dans de l'eau chauffée modérément, on obtient une teinture violette, que l'on fait passer au rouge vif, en acidulant l'infusion. Il est nécessaire d'aluner préalablement le bois sur lequel on veut employer cette couleur.

Le bois de campêche dissous, à raison d'un kilogramme par litre d'eau, fournit une couleur rouge particulière; l'infusion doit durer plus ou moins longtemps, selon l'intensité qu'on veut donner à la teinte.

Si l'on emploie le bois du Brésil, préférable au campêche, on le fait bouillir, à l'état de rûpure ou de copeaux, pendant deux heures, en mettant 1 kilogr.

de bois pour 10 kilogr. d'eau. Afin de rendre la teinte pourpre, on y mêle du bois de campêche, et lorsque la couche appliquée est sèche, on mouille légèrement avec de l'eau dans laquelle on a fait dissoudre 4 grammes de potasse perlasse par litre d'eau. Si l'on veut que la couleur tire sur le rose, on mêle à la décoction de bois du Brésil de l'ammoniaque ou de la potasse, on laisse infuser quarante-huit heures au moins, on tire au clair, on fait bouillir et on étend cette préparation toute chaude sur le bois. Enfin, avant que la couleur soit sèche, on la mouille avec une eau alunée. Le bois de Fernambouc produit à peu près les mêmes effets que le bois du Brésil. On emploie encore ce dernier en plaçant les pièces à teindre dans un bain de vinaigre pendant vingt-quatre heures ou en humectant plusieurs fois ces pièces avec une éponge pleine de vinaigre ; on jette ensuite dans ce vinaigre de la ràpure de bois du Brésil ; on ajoute de l'alun et on fait bouilUr.

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On peut eiiicore teindre les bois en employant : la chaux pour le merisier, le cerisier, le guignier, que Ton met tremper dans un lait très épais, préparé avec cette matière, ou bien on applique ce lait soit à l'éponge, soit à la brosse ; — la gomme adragante, que Ton fait dissoudre dans l'essence de térébenthine et dans laquelle on plonge le bois, en faisant chauffer doucement.

La couleur bleue s'obtient avec les matières suivantes : le tournesol, V indigo, le bois de campéche. le enivre rouge dissous dans Tacide nitrique.

Le tournesol se prépare ainsi : on fait bouillir, pendant une heure environ, un litre d'eau dans lequel on a éteint une poignée de chaux et où Ton a ajouté 2 kilogr. de tournesol.

Pour Vindigo, on l'expose d'abord au soleil, broyé en poudre très fine ; ensuite on en forme avec de l'acide sulfurique une bouillie cjne Ton malaxe et qu'on maintient, deux ou trois heures, à la température de l'eau bouillante ; on laisse refroidir, puis on ajoute autant de potasse qu'il y a d'indigo (1/8 de la quantité d'acide sulfurique) et on laisse reposer vingt-quatre heures. On étend le mélange avec de l'eau pour l'employer.

La teinture bleue par le bois de campéche se prépare de cette manière : on met un peu plus de 2 liectogrammes de la râpure de ce bois par litre d'eau, on ajoute un peu d'oxyde de cuivre et on fait bouillir pendant une heure environ.

La dissolution du cuivre dans l'acide nitrique se fait à l'aide de deux procédés différents, qui donnent l'un une teinte verte, l'autre une teinte bleue. On jette dans l'acide nitrique pur de la limaille de cuivre rouge par très petites pincées; on fait bouilHr el, quand l'ébullition est commencée, on éteint avec de l'eau; le cuivre se dissout dans cet acide étendu. On peut encore placer le cuivre dans l'acide étendu préalablement. En tout cas, il faut opérer en plein air, à cause des vapeurs abondantes qui se dégagent.

La teinture jaune se fait : avec la gaude, avec la graine d'Avignon, avec le curcuma ou bien encore avec les substances suivantes : le bois jaune, le fiistel, le quer citron, la gomme-gutte, le rocou. On immerge les bois à teindre dans une décoction d'une ou de plusieurs de ces matières. On ravive le ton de la couleur produite par la gaude, en mettant dans le bain un peu de soude ou d'oxyde de cuivre ; dans la décoction du bois jaune, il faut ajouter un peu de colle ou simplement des rognures de gants de peau. Quant au rocou, on le fait bouillir pendant un quart d'heure avec quantité égale de bonne potasse. La gomme-gutte dissoute dans l'essence de térébenthine produit aussi la couleur jaune.

La couleur verte s'obtient avec l'oxyde de cuivre ou avec le vert-de-gris concret. Cette dernière substance doit être broyée très fine et dissoute dans du vinaigre de bois très fort ; on y ajoute 60 grammes de sulfate de fer et Ton fait bouillir le mélange pendant un quart d'heure dans deux litres d'eau.

Le violet se prépare soit à l'aide d'une décoction de bois de campéche, à laquelle on mélange de l'alun, soit en teignant d'abord le bois rouge clair, et le plongeant ensuite dans un bain de tournesol ou d'autre bleu clair.

La teinture noire s'obtient en faisant bouillir, dans une quantité suffisante d'eau, les matières ci-dessous indiquées, mélangées dans les proportions suivantes : noix de galle concassée, quinze parties en poids; — bois d'Inde, quatre parties, — vert-de-gris, deux parties, — sulfate de fer, une partie.

Tels sont les procédés que l'on peut employer pour arriver à la coloration des bois.

Nous allons nous occuper maintenant d'une méthode propre seulement à faire ressortir ou varier les couleurs naturelles des essences, à l'aide d'acides incolores ou faiblement colorés par le fer ou par le cuivre. La teinte que l'on

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donne au bois n'est plus uniforme : elle est composée de tons clairs et de parties foncées, ces dernières étant produites par les changements de direction que présente la fibre ligneuse. Les bois unis, tels que le hêtre, le noyer, le peuplier, sont donc impropres à recevoir ce mode de coloration et les bois qui offrent des loupes, des fourches, des contournements des fibres, par exemple le frêne, lormc, l'aulne, l'érable, le sycomore, le châtaignier, le buis, l'if, sont les mieux appropriés h ce procédé de teinture.

Les matières employées comme réactifs sont le vinaigre, destiné à produire j l'acétate de fer; Vacide nitrique ou eau \ forte, pour faire des solutions de cuivre. |

L'opération est basée sur ce principe | que les bois sont très peu perméables quand ils se présentent de fil, tandis qu'ils sont très spongieux s'ils présentent leur bout. Par conséquent, tout bois qui ofTre des surfaces où le fil est alternativement uni et tranché est susceptible de donner des efi'ets de couleur et de lumière très variés, l'acide ne pouvant s'introduire que dans les endroits où il trouve le bois tranché.

L'acétate de fer se prépare en faisant agir du fort vinaigre sur de la boue de meule de taillandier. L'opération, faite à diverses reprises, donne des teintes plus ou moins foncées, passant du vert au brun très accentué.

L'oxyde de cuivre se prépare k la manière ordinaire, mais demande à être étendu d'eau, de façon à offrir une dissolution à peine colorée en vert ou en bleu.

Une très faible quantité de ces préparations, modifiées à volonté par l'addition d'eau ou de vinaigre, suffit pour produire beaucoup d'efi"et. Cette teinture s'applique à froid et pénètre assez profondément le bois pour qu'on puisse le poncer et le pohr après qu'elle a été déposée.

Il nous reste maintenant à dire quelques mots du procédé Boucherie, qui

repose sur cette idée si simple : faire entrer le liquide par un bout et sortir par l'autre. Les expériences faites, d'après ce principe, par M. Boucherie, ont permis d'appliquer les résultats à la conservation et à la coloration des bois.

Pour ce qui regarde la conservation, nous renvoyons le lecteur aux articles Conservation et Injection des bois. Quant à la coloration, nous résumerons ici les observations faites par M. Paulin Désormeaux dans des expériences basées sur ridée de M. Boucherie et exécutées sur des morceaux de bois de 2 décimètres à 2 décimètres et demi, abattus six ou huit mois avant les essais.

Il faut noter tout d'abord qu'on ne doit opérer que sur des bois à fil direct ou à peu près direct; car le liquide ne saurait s'infiltrer dans toutes les sinuosités que présentent certaines parties des bois, telles que les loupes. Le hêtre, le noyer et surtout le noyer blanc, l'alisier, l'érable et le platane sont les essences sur lesquelles on doit principalement opérer.

On scie des deux bouts un rondin d'un bois récemment abattu ; on le place verticalement dans un vase ou baquet

Fiar. 1109.

de forme quelconque (fig. 1109) ; on serre avec une corde, à la partie supérieure de ce rondin, une bande de cuir mouillée préalablement et (jui foi-mc une

COLTINAGE.

COLmiBARIUM.

sorte do récipient ou gobelet dont le bois fait le fond. On remplit ce gobelet avec de Teau, qui, pesant sur la sève, finit par la chasser; ce résultat est acquis lorsque Teau apparaît dans le baquet pure et limpide. On la laisse s'écouler entièrement, puis on place dans le gobelet le liquide destiné soit à la conservation soit à la coloration du bois. M. Paulin Désormeaux rapporte qu'avec certaines couleurs telles que Tindigo, le carmin, le bleu de Prusse, les terres dltalie, Teau de la dissolution passait claire, le bois agissant comme un filtre.

On peut encore produire l'infiltration de la manière suivante : le bois est placé horizontalement sur deux supports et muni, à l'une de ses extrémités, d'une chausse en cuir ou en toile imperméable, attachée d'une part au rondin, de l'autre à la cannelFe d'un tonneau que Ton remplit d'eau ou de préparations destinées à entrer dans l'arbre.

Nous rappellerons enfin le procédé par lequel M. Boucherie utilise la force ascensionnelle de la sève elle-même pour faire pénétrer dans les arbres sur pied les liquides conservateurs ou colorants (voy. Conservation des bois).

Décoloration des bois. On fait successivement infiltrer dans le tissu de l'arbre une dissolution de soude à i/4 de degré, de l'eau, une solution de chlorure de chaux, de Teau acidulée par l'acide chlorhydrique et en dernier lieu de l'eau pure (i).

Le bois ainsi blanchi sert aux imitations d'ivoire dans les placages de marqueteiùe et d'ébénisterie.

Colosse, s. m. — Voy. Statue.

Coltinafje, s. m. — On désigne par \ ce terme le transport de fardeaux à l'épaule.

C'est ainsi que s'exécute, dans Tintérieur d'un chantier, le transport des

(1) Th. Château, Technologie du l-âtnnent.

grosses pièces de charpente ou de ferronnerie, des échasses, des boulins, des échelles et des sacs de plâtre.

Les menuisiers coltinent de même les planches, membrures, madriers et autres pièces de bois.

Le coltinafje a été, pendant certaines périodes de l'antiquité et du moyen âge, presque le seul mode de transport employé sur les chantiers, parce qu'alors on ne se servait que de petits matériaux.

Columbarium. — Les Romains appelaient columba un pigeon et colunibaria ce que nous nommons aujourd'hui trous de boulins, c'est-à-dire les trous qu'on laisse à ces oiseaux pour faire leurs nids, lorsqu'on a ôté les boulins employés dans les échafaudages nécessaires à la construction des colombiers.

Ce nom de columbaritwi a été, par similitude, appliqué à des monuments funéraires où les urnes contenant les cendres des morts étaient placées dans de petites niches disposées autour de la chambre sépulcrale.

La forme extérieure du columbarium n'avait rien de remarquable; il n'était éclairé que par la lueur des lampes allu-

mées dans les ctrémonies funèbres. Les

C03IBLA^XHIEN. — 6S —

murs intérieurs étaient pourvus de plusieurs étages de petites niches demicirculaires (fig. 1110), assez profondes quelquefois pour contenir quatre urnes.

Les noms des personnes dont les cendres s'y trouvaient renfermées étaient généralement inscrits au-dessous.

Coluinella. — Mot que les Romains employaient comme diminutif de colonne et par lequel ils désignaient les cippes (voy. ce mot) élevés sur les sépultures.

Comayaii {Pierre de). — Pierre calcaire compacte, assez dure , blanchâtre, à grains fins, propre à Tornementation et que Ton tire des carrières de Coniaijan, commune de Pouillon, arrondissement de Dax.

Ce calcaire porte 1 mètre de hauteur d'assise.

Combinaison, s. f. — Mécanisme adapté à une serrure, à un cadenas et dont les pièces doivent être rangées dans un certain ordre pour que Ton puisse ouvrir.

Comblanchien {Pierre de). — Calcaire compact, très dur, à pâte fine, susceptible de poli et que Ton extrait des carrières de Comblanchien, commune de ce nom, arrondissement de Beaune.

La hauteur d'assise de cette pierre est comprise entre 0°',40 et 2 mètres. Le mètre cube pèse de 2,680 à 2,720 kilogr. La charge nécessaire pour produire la rupture par écrasement est de 900 à 1,040 kilogr. par centimètre carré.

On cite, comme emplois remarquables de la pierre de Comblanchien : le grand escalier de la Banque de France, le perron principal du Palais de Justice, à Paris ; des soubassements, perrons, colonnes du palais de justice de Bruxelles; la gare de Dijon ; la nouvelle église de Nuits, etc.

COMBLE

Comble, s. m. — Assemblage de pièces de bois ou de fer destiné à supporter la couverture d'un édifice, et limité au dehors par une ou plusieurs surfaces inclinées.

On nomme terrasses les combles dont l'inclinaison est assez faible pour qu'on y puisse marcher facilement.

Les combles sont à surfaces planes et on les dit simples, brisés, pyramidaux, ou à surfaces courbes, c'est-à-dire cylindriques, coniques ou sphériques.

Combles à surfaces planes :

1° Les combles simples présentent un ou plusieurs plans inchnés auxquels on donne les noms de pans, é goûts, versants, rampants.

Ces toitures sont de plusieurs sortes :

Les appentis (voy. ce mot) qui n'ont qu'un seul égout.

Les combles à deux égouts sont com-

Fig. 1111.

posés (fig. 1111) de deux versants qui sont inclinés en sens inverse, se rejoignent suivant une ligne horizontale appelée faite et se prolongent jusqu'à leur rencontre avec les murs latéraux. Ces murs, dits pignons, se terminent en triangle à leur sommet et supportent les extrémités des pièces de charpente horizontales : Aie faîtage et B les pannes; les sablières C reposent sur le haut des murs longitudinaux, le plan du bâtiment étant supposé rectangulaire. Les chevrons AC sont des pièces de plus faijjle équarrissage, soutenues par les pannes ; ils sont dirigés suivant la pente du toit et espacés de 0°^,33 à 0•^^60 suivant le système de couverture em[)loyé.

COMBLE

COMBLE

Les combles à croupe sont ceux dans lesquels les murs latéraux ne s'élèvent pas jusqu'au faîte et se terminent horizontalement à la même hauteur que les auti'es ; ces toits sont alors formés

Fig. 1112.

de quatre plans inclinés (fig. 1112), dont deux s'appuient sur les grands côtés et se nomment longs pans et deux sur les petits côtés, portant le nom de pans de croupe. Les arêtes saillantes AE, BE, FD, CF, sont les arêtiers

Fig. 1113.

(voy. ce mot). On appelle noues (lig.

11Ï3) les arêtes OA, OB, OC, OD, des angles rentrants que forment deux combles de même hauteur qui se croisent (voy. Noue).

Les combles à pavillon carré diffèrent

Fig. 1114. Fig. 1115.

des précédents, en ce que, le plan du

bûlimenl étant un carré, les égouts sont triangulaires, comme on le voit sur la ligure 1114, et se terminent en un même point à leur partie supérieure. On peut encore élever sur plan carré (fig. 1115; quatre murs pignons couverts chacun par 'un comble à deux égouts.

Lorsque, dans les combles à deux égouts, la distance des murs latéraux dépasse 4 cà 5 mètres, on pose transversalement, de distance en distance (3 à 4 mètres), des assemblages de pièces de charpente ayant la forme de chevalets triangulaires et que l'on appelle fermes (voy. ce mot) ; ces fermes s'appuient sur les murs longitudinaux et tiennent lieu de pignons pour supporter les pannes.

Souvent les murs de refend, élevés Jusqu'au faîte, remplissent la même fonction. Des liens, placés dans le sens de la longueur du comble, rehent les poinçons des fermes à la panne faîtière et s'opposent au déversement.

La pente ou inclinaison à donner aux combles à deux égouts dépend de la nature des matériaux qui forment la couverture, des climats sous lesquels la construction est étabhe et de l'utilisation que l'on veut faire de l'intérieur du comble.

On constate, d'une manière générale, l'existence de toits inclinés dans les pays du Nord, exposés davantage aux intempéries des saisons.

La penîe se mesure par l'angle que chacun des plans inclinés qui composent la couverture fait avec l'horizon ; c'est aussi le rapport entre la hauteur du comble et sa demi-largeur. En France, on a adopté certaines inclinaisons, qui varient dans les limites suivantes :

Pour la tuile plate 40 à 60°

Pour la tuile creuse 18 à So*'

Pour l'ardoise 33 à 4o°

Pour la tôle de fer ou le zinc. 18 à 25"

On peut dire, d'une manière générale, que la pente de 45° est celle qui convient le mieux pour les combles couverts en ardoises et en tuiles plates. On trouve cependant des combles en ardoises avec 60° d'inclinaison.

C03IBLE. —

Si Ton compare la hauteur d'un comble à la largeur extérieure du bâtiment, on trouve qu'une hauteur égale au tiers de cette largeur correspond à un angle de 34% et qu "une hauteur égale au quart de la base correspond à 27" de pente, proportion usitée dans le Midi; dans un comble à 45% la hauteur est égale à la moitié de la base.

Ces diverses inclinaisons données aux toits ont fait diviser les combles en combles à pentes prononcées et combles à pentes douces (voy. Fermes .

2° Les combles brisés ou combles à la Mansart, du nom de Tarehitecie François Mansart, qui les a, non pas inventés, comme on Ta cru longtemps, mais remis en usaa-e, sont à deux égouts,

67 — COMBLE

' hauteur pour les logements intérieurs,

FJg. 1116.

mais à rampants brisés (fig. 1116) ; la partie la plus abrupte se nomme le vrai comble; c'est là que sont établis les logements dits mansardes : la partie surbaissée est le faux comble; ces deux portions sont séparées par une are le dite arête de brisure, formée par laponne de brisis. Un planclier divise Tintérieur en deux parties et constitue le plafond des mansardes.

Divers tracés sont employés pour cette sorte de combles : l'un, très simple, indiqué (lig. 1116y, consiste à décrire sur une ligne AB, prise comme largeur du comble à sa base, un demi-cercle avec un rayon égal à la moitié de AB ; ensuite on divise la demi-circonférence en quatre parties égales. Les cordes AC, BD représentent les pentes du vrai comble et les cordes CE, DE, celles du faux comble.

Un autre tracé, qui donne plus de

Fig. 1117.

est le suivant (fig. 1117) : sur la ligne AB prise comme diamètre on décrit un demi-cei'cle, on divise OA en trois parties égales ; on porte deux de ces parties de C en D et de C en E sur DE, menée parallèle à AB, on joint AD etBE; le trapèze formé est la section du vrai comble; on prend, pour hauteur du /"a î^x comble, le tiers du rayon, que Ton porte de C en M sur la verticale passant par le centre.

Les combles brisés, comme les combles simples, se terminent par des pignons ou par des croupes. Ils sont également supportés par des fermes (voy. ce mot) placées de distance en distance.

3° Les combles pyramidaux sont ceux qui sont élevés sur des édifices dont le plan est celui d'un polygone régulier.

Ils sont composés de pans inclinés, h forme triangulaire, en liombi'e égal à celui des côtés du polygone; ces pans se réunissent en un seul point comme les faces d'une pyramide.

On nomme encore ces toitures pavillons : le comble en pavillon carré, dont il est question plus haut, n'est qu'un cas particulier.

Nous donnons en plan ;fig. 1118) la projection de la charpente d'un comble pyramidal ayant pour base un hexagone régulier. Les intersections des six pans qui forment le comble sont les arêtes saillantes soutenues par des pièces de bois a ou arêtiers délardés suivant les inclinaisons de deux versants consécutifs. Ces arêtiers sont assemblés par leur sommet dans le poinçon C et par leur pied dans la

COMBLE

COMBLE

plate-forme b ; leurs intervalles sont

occupés par les chevrons f qui s'appuient en même temps sur les arêtiers, avec lesquels ils sont assemblés ou chevillés et sur les pannes g qui s'y assemblent également. Les chevrons du milieu de chaque pan, le polygone de base étant régulier, sont égaux entre eux et se réunissent à tenon et mortaise avec le poinçon ; aussi les appelle-t-on chevrons de ferme. Pour obtenir plus de solidité, on peut remplacer les arêtiers par des demi-fermes dont les arbalétriers s'assemblent dans un poinçon commun et qui, prises deux à deux, constituent de véritables fermes, quand elles sont comprises dans un même plan, ainsi que le montre la figure 1118.

Certains combles pyramidaux n'ont pas de poinçon central ; l'édifice devant ôlre éclairé et ventilé par une lanîerne, comme dans les cirques (voy. ce mot), la charpente du comble est formée d'arbalétriers s'assemblant, par le bas, dans la plate-forme posée sur les murs et, par le haut, dans un polygone en bois semblable à celui de la base.

Combles à surfaces courbes :

1° ComJjles cylindriques. Ces combles sont composés de fermes demi-cii'culaires reliées entre elles par des pannes sur les(iuelles se fixent les chevrons coui'bes (pii reçoivent le lattis et la couverUue (vuy. Ferme). Les che\rons doi-

vent être assemblés à tenon et mortaise dans le faîtage et dans la sablière.

Dans le système dit à la Philibert de rOrme, les fermes ont leurs arbalétriers formés de deux cours de planches sur champ fixés entre eux par des chevilles

F'ig. H19.

en bois (fig. 1119) ; ces arcs sont reliés l'un à l'autre par des Mêmes qui les traversent au droit des joints elles maintiennent au moyen des clefs en bois.

Les liernes ne doivent pas réunir plus de trois courbes, et chaque rang commence et finit à une courbe différente.

Il est préférable d'employer deux cours de liernes placés l'un au-dessus, l'autre au-dessous des cintres entaillés à mi-bois et cloués sur chaque courbe.

La multiplicité des joints et les prix de main-d'œuvre rendent le système de Philibert de l'Orme désavantageux, bien qu'il convienne parfaitement pour les voûtes légères et particulièrement les dômes. Le colonel Émy a proposé de mettre les planches à plat au lieu de les poser sur champ et de les employer dans toute leur longueur au lieu de les débiter en petits morceaux comme dans le système précédent (voy. Ferme). Les arbalétriers sont reliés entre eux par des moises horizontales et par des croix de Saint André assemblées dans le faîtage et dans les poinçons.

Le comble peut n'être cylindrique (ju'inlêrieuremenl ; dans ce cas. la cuu-

COMBLE

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vcrture repose sur un toit à plans inclilu^s ; des pièces cintrées , placées au droit de chaque ferme à Tintérieur, s'assemblent dans la sablière et dans l'entrait ; d'autres pièces cintrées placées dans rintervalle sont fixées aux liernes et à la pièce de faîte qui réunit les milieux des entrai ts des diverses fermes.

2° Combles coniques. Quand on a un bâtiment circulaire à couvrir, le comble le plus simple à choisir est celui en cône.

Il se compose (fig. 11:20) : 1° d'une

sablière ou plate-forme circulaire, consolidée par deux tirants diamétraux à angle droit et posée sur la maçonnerie du mur ; 2° d un poinçon central et commun ; 3° iV arbalétriers ou chevrons en demi-fermes assemblés par leur sommet dans le poinçon et par leur pied dans la sablière ; 4° de chevrons de remplissage dont le nombre diminue en allant de bas en haut ; o° de liernes assemblées à tenons et mortaises dans les arbalétriers et formant une ou plusieurs couronnes horizontales. Quelquefois on pose deux plates-formes reliées entre elles par des blochets : l'intérieur reçoit le pied de=i jambettes cjui servent à renforcer le pied des chevrons.

Comme les combles pyramidaux, les toits coniques peuvent se terminer par une lanterne; les polygones en charpente à la base et au sommet sont alors remplacés par des plates-formes circulaires.

3° Combles sphériques. Ces combles

Fig. 1121.

sont composés (fig. 4121) d'une sablière et de couronnes horizontales reliées entre elles par des pièces courbes qui s'y assemblent à tenons et mortaises et forment les arbalétriers, dont les axes sont dirigés suivant des plans méridiens. Les chevrons se réunissent au sommet de la voûte dans un tronc de cône ou noyau d'assemblage, qui se prolonge quelquefois, en forme de poinçon, pour servir de lien entre deux combles sphériques superposés.

Dans les combles en dôme, la charpente est composée de fermes reliées entre elles par des liernes horizontales et s'assemblant par le haut dans un poinçon ou dans une plate-forme ou enrayure qui sert de base à une lanterne. Ces fermes sont faites suivant divers systèmes semblables à ceux cpie Ton

COMBLE

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emploie pour les combles cylindriques (voy. Dôme, Ferme).

On construit encore des combles ellipsoidaux d'après les mêmes procédés que ceux qui sont appliqués aux combles précédents.

Combles divers :

i° Combles en impériale : ces toits ont

Fig. M22.

la forme de la carène d'un vaisseau (fig. 1122), et leur nom vient de ce qu'ils ressemblent à une couronne d'empereur, particulièrement quand on les emploie pour couvrir des pavillons ronds ou carrés. Cette sorte de comble a été en usage dans quelques quartiers de Tancienne Rome, en France au xvn® siècle, et l'est encore en Afrique et en Asie.

La charpente est formée de deux parties, qui se raccordent suivant un plan liorizontal ; chaque arbalétrier est composé de deux parties ayant cliacune leur courl)ure spéciale et séparées par un entrait au point de raccordement.

2° Combles coniques avec faîtage circulaire. Les bâtiments qui entourent des cours circulaires et les voûtes annulaires sont ordinairement surmontés de combles coniques à deux égouts; la figure 1123 montre, en projection, l'aspect d'une de ces toitures. La charpente est une suite de fermes rayonnantes dont les arbalétriers supportent des pannes

circulaires sur lesquelles on pose les chevrons.

Fig. H23.

Quelquefois le comble, au lieu d'être conique, présente la forme d'un tore ; les fermes sont alors en hémicycle.

^''Combles à grande portée. Des combinaisons très diverses sont employées pour couvrir de grands espaces ; les fermes des charpentes en bois sont le plus souvent de véritables poutres armées (voy. Ferme). L'application, au môme objet, du fer seul ou du fer uni au bois est devenue générale aujourd'hui. L'emploi du métal donne k la construction plus de légèreté apparente et plus de résistance.

Dans la composition de ces charpentes on fait entrer le fer forgé et la fonte, cette dernière matière étant utilisée pour les pièces qui doivent résister à des efforts de pression. Comme dans les combles en bois, des fermes (voy. ce mot) à arbalétriers droits ou courbes ou formées de véritables poutres armées, avec une ou plusieurs contre-fiches, supportent les pannes qui servent à les relier entre elles et à recevoir la couverture. La panne supérieure est la panne faîtière; celle qui réunit les pieds des arbalétriers est la sablière, et celles qui sont intermédiaires sont dites pannes courantes. L'écartement des fermes est également de 3™,oO à 4 mètres. Les arbalétriers (voy. ce mot) sont des fers à simple ou à double T ou des poutres

C03IBLE.

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en fer on en fer et tôle. Les pannes sont des fers à T de plus petite dimension qui se fixent aux arbalétriers au moyen de cornières ; leur espacement varie de l°',oO à 2 mètres. Les fermes sont contrevenlées par des liernes en fer rond ou carré ou au moyen de croix de Saint-André en fer méplat, placées dans le cadre formé par les pannes et par les arbalétriers. Les différentes sections de ces pièces sont calculées en raison des efforts de traction, de flexion et de compression qu'elles doivent supporter (voy. Ferme).

Il est avantageux d'employer pour la couverture des maisons d'habitation les fermes h un seul tirant et celles à la Mansart pour perdre le moins d'espace possible ; les premières sont les plus économiques. Dans les usines, les hangars, les grandes halles de chemins de fer, il est mieux d'adopter le système à contre-tiches. Notons, en outre, que les charpentes courbes doivent être moins pesantes, les arbalétriers résistant surtout à des eiïorts de compression dirigés dans le sens des fdjres, et exigeant une section moins forte.

Le bois et le fer sont aus^i employés conjointement dans la construction des combles (voy. Ferme).

L'usage de la ferme en bois de charpente, pour la construction des combles, était connu des Grecs ; les toits des temples avaient une double pente qui suivait rinclinaison du fronton ; cette pente étant assez faible, il fallait donner aux pièces un fort équarrissage pour supporter la charge des tuiles.

Les Romains suivirent l'exemple des Grecs, mais en développant les combinaisons des bois ; certains édilices étaient recouverts de toits sphériques ; des maisons particulières avaient des combles en forme de carènes renversées, genre de couverture dont nous avons parlé plus haut. Les combles des basiliques latines étaient soutenus par des charpentes semblables à celles des monuments anciens.

Les édifices de l'époque romane pri-

mitive conservèrent ces traditions : inclinaisons faibles et charpentes apparentes ; ce n'est qu'à partir du milieu du XII'' siècle que les toits prirent des pentes plus rapides ; des voûtes intérieures cachèrent les combles qui souvent reposaient sur l'extrados, nuisant ainsi à la solidité de la construction et rendant les réparations difficiles.

Plus tard, les couvertures des églises eurent leurs charpentes complètement indépendantes des voûtes inférieures ; l'inclinaison des toits devint très raide. Le xvn^ siècle introduisit l'usage des combles à la Mansart pour les édifices civils.

Aujourd'hui, on emploie également les combles h deux versants et les toits mansardés pour les maisons d'habitation.

Législation. Des règlements administratifs fixent les limites dans lesquelles doivent être renfermés les combles des maisons établies à Paris sur les voies publiques.

Le décret impérial du 27 juillet i8o9 détermine, pour les façades des maisons bordant la voie pubhque, une hauteur qui est proportionnée h la largeur de ces voies (voy. Façade). Dans cette hauteur sont compris les entablements, attiques et toutes les constructions à plomb du mur de face. Le même décret règle de la façon suivante les dimensions des combles :

Si la façade a été élevée cà son maximum de hauteur :

Art. 7. « Le faîtage du comble ne peut excéder une hauteur égahî à la moitié de la profondeur du bâtiment, y compris les saillies et corniches.

« Le profil du comble, sur la façade du côté de la voie publique, ne peut dépasser une ligne inclinée cà 45° partant de l'extrémité de la corniche ou de l'entablement.

Art. 8. a Sur les quais, boulevards, places publiques et dans les voies publiques de lo mètres au moins de largeur, ainsi que dans les cours et espaces intérieurs en dehors de la voie publique,

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