‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 212 sur 232 · FIL · texte numérisé non relu

FIL

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part des statues de saints de nos églises sont en bois de figuier.

Pline rapporte que les sculpteurs de rantiquilé le recherchaient à cause de sa mollesse, de sa blancheur et de sa légèreté, jointe à une certaine consistance. Le bois de figuier était la matière ordinaire employée pour les statues de Priape et pour celle de Vertumne que l'on plaçait dans les jardins.

Fil, s. m. — 1° On donne ce nom à des fentes que Ton rencontre dans les pierres ou dans les marbres et qui sont remplies d'une substance moins dense que la masse. C'est pour les calcaires un défaut qui suffit pour les faire rejeter ; ces pierres sont dites filandreuses ou filardeuses,

2° Fil aplomb (voy. Plomb).

3° Fibres dont l'assemblage forme le bois et qui lui donnent un aspect veiné, surtout lorsqu'il a été raboté. Le fil est dans le sens de la longueur du bois. On dit : prendre le fil, suivre le fil du bois.

Employer du bois de fil pour faire un ouvrage de menuiserie, c'est disposer le travail de telle façon que les veines du bois soient dirigées dans le sens de la longueur de l'ouvrage.

4° Fil métallique : métal étiré cà la fdière; tels sont les fils de fer, de zinc, de laiton, etc.

On doit choisir, pour la fabrication des fils de fer, du métal très tenace et très ductile. Les fers forts durs donnent de meilleurs fils que les fers forts mous.

On appelle fil clair celui qui sort de la fdière et qui est poli.

On donne le nom de fil recuit à celui qu'on fait réchauffer et refroidir lentement, avant son emploi, pour le rendre plus doux: et plus flexible.

Les fils de fer servent à la fabrication des clous d'épingle, des vis, des pitons, des cordons de sonnette, des treillages, etc.; on les classe par numéros (voy. Fer).

Fil d'archal : fil de cuivre.

Filardeux, adj. — Voy. Fil.

Filer, v. n. — Tracer et peindre des lignes droites au moyen d'une règle. Les peintres en décor font ainsi des encadrements de panneaux, des imitations de joints, etc.

Filet, s.

Architecture.

1° D'une manière générale, ornement fin et délié.

2" Petite moulure carrée qui accompagne une moulure plus forte.

On dit aussi listel.

Construction. i° Poutre de petite dimension que l'on glisse, pour le soulager, sous un plancher qui fléchit.

2^ On pose aussi des poutres en fer appelées filets entre deux murs parallèles pour diminuer la portée des solives d'un plancher. Ces pièces sont compo-

Fig. 1705.

sées, comme un poitrail (fig. 1705), de deux fers à double T réunis par des brides et maintenus par des croisillons ; on leur donne le nom de poitrail de refend.

Maçonnerie. 1° Pris dans le sens de solin, ce mot désigne une traînée de plâtre qui scelle, le long d'un mur, le dernier rang d'ardoises ou de tuiles cï'un comble attenant à ce mur. Le filet est destiné à empêcher l'eau pluviale de s'introduire entre la couverture et la maçonnerie. Le solin de plâtre a l'inconvénient de se dégrader promptement et se brise, par suite du mouvement des charpentes, sujettes à des gonflements et à des retraits successifs. De nos jours, on a supprimé ce dernier inconvénient à l'aide de bandes de métal dites bandes de solin (voy. Solin).

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Au moyen âge, on faisait les filets en pierre, particulièrement dans les étlilices publics. Dans les églises romanes (lu xi" siècle, on voit que la jonction des combles en appentis avec les murs de la nef cenirab:' est prolégée par un filet en pierre de très forte saillie (fig. 1700).

Fi^. 170G.

Ces filets pourtournent les contreforts, tantôt horizontalement, tantôt en conservant rinclinaison du toit et ne laissant entre eux et la couverture que la distance suffisante pour introduire le plomb, Tardoise ou la tuile. Quant aux souches d'arcs-boutants ou de cheminées perçant le comble, on entourait leur base de filets formant caniveaux et recevant les eaux de la partie supérieure de la couverture. Taillés d'abord dans une seule assise , les filets caniveaux rampants, vu la pente plus forte donnée aux combles, furent remplacés par des filets de recouvrement ; on laissa seulement des caniveaux dans la partie supérieure, pour recevoir les eaux qui arrivaient sur l'épaisseur des souches de contreforts et de cheminées. De petites gargouilles, ménagées sur les côtés de l'épaisseur , rejetaient les eaux de ce caniveau supérieur sur la couverlui'e même.

2" On place quelquefois une (rainée de plâtre sur le haut d'une lucarne pour remplacer le fditar/e, et on lui donne le nom de double-filet.

Menuiserie. 1° Moulure plate ou lisse, ronde ou carrée, qui sépare deux autres moulures plus grandes et plus saillantes.

2° Petit triangle en bois de placage très étroit.

Serrurerie. 1° Ornement, en forme de congé, fait sur l'épaisseur d'un boulon.

2'' Partie saillante qui tourne en hélice autour d'un cylindre et qui forme une vis. Les filets de vis sont angulaires, ronds ou carrés (voy. Vis).

Filet de sauvetage : filet à mailles que Ton dispose, dans certaines circonstances, au-dessous des échafaudages, pour retenir les ouvriers en cas de chute.

Législatiox. Les filets qui sont placés au bas des chaperons, dans les murs de clôture ou de séparation, font disparaître la présomption de mitoyenneté de ce mur, s'ils n'en occupent qu'un seul côté. On admet, comme propriétaire exclusif, celui du côté duquel les filets se trouvent (1).

Si, par exemple, on suppose (fig. 1707) qu'un mur sépare les héritages de deux

l-ig. 1707.

propriétaires A et B, la présence du filet indi(|ue que le mur appartient à A, si cet ornement se trouve de son côté.

Le terme générique de filet s'applique aux bandeaux ou cordons, aux larmiers et corniches en saillie et à tous autres oi'nements dans le sens horizontal ; mais il faut bien observer que les filets ne font preuve de la non-mitoyenneté du mur qu'autant qu'ils ont été mis en ba-

(1) Code civil^ art. Go4.

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