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FLÉAU

Filtre, 5. m. — Voy. Filtration.

Fissilité, 5. f. — Propriété qu'a Tardoise de pouvoir se diviser en feuillets ; la qualité de cette matière est d'autant meilleure que sa fissilité est plus grande.

Fixé, s. m. — Peinture faite sous une feuille de verre et préservée de Taction de l'air par la superposition de cette matière.

Les fixés ont été fréquemment employés, au moyen âge, pour la décoration des meubles et même des intérieurs. La chapelle du Palais, à Paris, et l'église abbatiale de Saint-Denis en renferment de nombreux exemples. Les devants d'autels, les retables, les tombeaux étaient aussi décorés à Taide de fixés employés par petites parties (1).

Flacé [Marbre de). — Marbre rouge que Ton tire de la carrière de la Grisière, dans le département de Saône-et- Loire.

Flache, s. /*. — 1° Solution de continuité qui résulte, dans une pierre, d'une fissure ou de l'interposition d'une matière étrangère.

2° Le bois flache est celui qui ne peut être équarri sans beaucoup de déchet et dont les arêtes ne sont pas vives. Si le bois n'a de flache que d'un côté, on le nomme cantibay ou cantibai.

Flambage, s. m. — M. Lapparent, directeur des constructions navales, a inventé un procédé de conservation des bois par le flambage, procédé qui consiste dans une carbonisation superficielle au moyen du dard d'un chalumeau à gaz. Ce procédé est applicable à la conservation des coques de navire, des traverses de chemin de fer, et du pied des poteaux enfoui dans le sol.

(1) Viollct Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

Flamboyant, adj. — Style flamboyant (voy. Ogivale).

Flamme, s. f. — Pièce de biscuit ou de faïence qui se pose au-dessus du chapiteau d'une colonne de poêle et cache le bout de tuyau en tôle qui conduit la fumée dans la cheminée.

C'est en même temps un motif de décoration.

Flanquer, v. a. — Se dit des ornements d'architecture que l'on dispose symétriquement, soit de chaque côté d'un motif principal, soit aux deux extrémités d'une façade.

Fléau, s. m. — 1° Barre de fer plate ou carrée, à l'aide de laquelle on ferme les portes charretières.

Cette barre est mobile autour d'un boulon qui passe dans un trou pratiqué en son milieu. Quand la porte est fermée, le fléau est horizontal et ses extrémités se logent dans deux supports ou crochets placés sur les vantaux et à contre-sens l'un de l'autre ; il est maintenu dans cette position, soitpar un verrou, soit par une tringle à moraillon qui se ferme dans une serrure à auberonnière (voy. Bascule).

Les volets de persiennes peuvent se fermer de la même manière, mais on emploie plus fréquemment le système suivant : une tige en fer plat, mobile autour d'une de ses extrémités, qui est montée sur platine, tient à l'un des vo-

Fi^. 1700.

lets et se ferme dans un support fixé à l'autre volet ; la figure 1709 représente, au 1/4 d'exécution, nn fléau depersienne

FLÈCHE

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droit. On en fait aussi qui ont la forme d'une poignée d'espagnolette.

2°" Bascule à contre-poids qui sert à fermer les portes d'une écluse.

3" Crociiet formé de tringles de bois qui sert à transporter le verre à vitre pour en faire la pose.

Flèche, .<?. f. — 1° Ligne qui joint le milieu d'une corde au milieu de l'arc qu'elle sous-tend.

C'est, dans une voûte, un cintre, une arche, la perpendiculaire abaissée du sommet de la courbe sur la ligne qui joint les naissances.

2° Construction pyramidale en pierre ou en charpente qui surmonte les tours d'une église, particulièrement dans l'architecture du moyen âge.

On peut classer les différentes sortes de flèches qui surmontent les tours ou la croisée des transepts, dans les églises chrétiennes, en trois catégories : les flèches ç^w pierre, les flèches en charpente et les flèches en métal.

Flèches en pierre. On trouve la naissance de la flèche dans les toits en tuiles ou en ardoises à plusieurs faces, peu élevés d'abord, qui couvrirent les tours, à l'époque romane, et qui firent souvent place, dans les tours du xii° siècle, à des pyramides en pierre à quatre pans ; ces sortes d'obélisques étaient généralement obtus.

A partir de cette époque, la flèche en pierre s'allégit et s'allongea ; elle prit même quelquefois une ha;uteur égale ta celle de la tour qu'elle surmontait ; elle était ordinairement à base octogonale, et les vides laissés aux angles, sur la plate-forme carrée de la tour qui la supportait, étaient occupés par des clochetons ou des fenêtres h pinacles. Comme type de ce genre de flèche, nous citerons celle du clocher vieux de la cathédrale de Chartres (voy. Clocher). La transition entre la forme carrée de la tour et la base octogonale de la flèche est ménagée ici par un étage à huit pans, accompagné de lucarnes cà clochetons. Cette

flèche est simplement décorée par des écailles, figurant une couverture en bardeaux, par des côtes sur les milieux des faces et par des arêtiers.

Bientôt, c'est-à-dire pendant la première moitié du xin^ siècle, on trouva lourdes ces pyramides pleines posées sur des parties ajourées. Aussi, commença-t-on à percer sur les pans des flèches de longues fenêtres étroites, semblables à des meurtrières, qui donnèrent à l'ensemble plus de légèreté ap-

Fig. 1710.

parente , comme on le voit sur la figure 1710, qui représente l'ancienne flèche de l'église abbatiale de Saint- Denis. Le môme parti fut adopté par les constructeurs de la flèche de Senlis.

C'est encore en vue de rompre la monotonie des aiguilles en pierre non ajourées que, dès le commencement du xin'' siècle, on garnit les arêtiers de crochets saillants qui, par leur silhouette se détachant sur le ciel, enlevaient aux

FLÈCHE

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lignes des pyramides leur rigidité. Les flèches de celte époque ont une hauteur colossale : celle du vieux clocher de Chai'tres n'a pas moins de 60 mètres de hauteur, en comptant Tétagc octogonal, tandis que la tour n'a que 42 mètres. La flèche de Téglise de Saint-Denis avait 88°", 50 d'élévation et la tour 35 mètres seulement.

Au xiv siècle, les faces de ces pyramides en pierre furent ornées de découpures, de trous taillés en trèfles , en rosaces, etc.; leurs angles sont couverts de crochets, ainsi que le montre la figure 1711, représentant la tour de

Fig-. nii.

Saint-Pierre de Caen. A la même époque, la hauteur même des flèches diminua progressivement. C'est ainsi que la flèche de la cathédrale de Strasbourg, dont le sommet atteint à une si grande hauteur, semble pourtant grêle

relativement k la hauteur de la tour sur laquelle elle repose.

Au xv^ siècle, les flèches en pierre continuèrent à perdre en hauteur ; on en trouve assez souvent, dans la Belgique, la Vendée, l'Aunis, le Bordelais et en Angleterre, qui offrent simplement des lucarnes surmontées de frontons, superposées à ditïérentes hauteurs. Toutefois, il existe des flèches du xv*= et du XVI"' siècle qui sont très remarquables par la manière dont elles sont sculptées et découpées à jour; ainsi, la flèche de la cathédrale de Fribourg, en Brisgau, est une véritable dentelle de pierre. On voit fréquemment au sommet des tours de cette époque des obélisques ou clochetons qui se rattachent au corps du clocher, à la base de la pyramide, par des arcs-boutants d'une légèreté extrême. A ce type appartienne clocher de Valiquerville (arrondissement d'Yvetot).

Flèches en charpente. L'époque à laquelle remonte l'usage des flèches en charpente ne saurait être exactement déterminée. H y a tout lieu de croire que ces couronnements étaient, vers le xii'^ siècle, de grandes pyramides élevées sur des tours carrées, recouvertes de plomb ou d'ardoises et percées de lucarnes .

Au xni° siècle, on couronna souvent ainsi les tours centrales élevées à Va croisée des transepts, soit que l'argent manquât pour établir des flèches en pierre, soit que les constructeurs craignissent les etîets de la charge sur les parties inférieures. Toutefois, certaines cathédrales, qui ne possédaient pas de tours centrales en maçonnerie, ont cependant été pourvues de grands clochers de charpente élevés sur la croisée même des transepts et de la nef. C'est ainsi que Notre-Dame de Paris possédait une flèche en bois, recouverte de plomb, qui datait du xni° siècle. Cette flèche, qui fut démolie en 1793 et qui a été rétablie, dans la restauration récente de cette église, avait près de 35 mètres d'élévation.

FLÈCHE

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La construction des flèches en charpente et en particulier de celle que nous venons de mentionner est soumise à des lois dont l'application présente un problème des plus difficiles pour l'architecte; nous nous bornerons à énoncer ici les principes sur lesquels repose le système adopté, lors de la reconstruction de la flèche de Notre-Dame de Paris, système admis, d'ailleurs, par l'architecte du xni° siècle, comme on a pu le constater par la souche de l'ancienne flèche, restée entière, à l'intersection des combles, jusqu'à ces derniers temps. « On a cherché, dit VioUet Le Duc : 1° à former à la base de la souche de la nouvelle flèche un quatre-pieds absolument rigide et pouvant résister à toute oscillation ; 2" à relier ce quatrepieds avec la souche elle-même, d'une manière si puissante que toute pression agissant dans un sens fût reportée au moins sur deux points d'appui et même sur trois ; 3^ à soutenir également les huit arêtes de la pyramide, tandis que, dans le système ancien, quatre de ces arêtes étaient mieux portées que les quatre autres ; 4'' à doubler du haut en bas tout le système formant l'octogone de la flèche, ailn d'avoir non-seulement les arêtes rigides, mais aussi les faces; 0° à éviter les assemblages à tenons et mortaises qui se fatiguent par l'effet des oscillations, et à les remplacer par le système desmoises, qui n'atîame pas les bois, les relie et leur donne une résistance considérable ; (^° à n'employer le fer que comme boulons, pour laisser aux charpentes leur élasticité ; 7° à diminuer le poids, à mesure qu'on s'élevait, en employant des bois de plus en plus faibles d'équarrissage. » Décrire la manière dont ces principes furent appliqués à la reconstruction de là flèche de Notre- Dame de Paris nous entraînerait trop loin ; nous renvoyons le lecteur, pour ces détails, au Dictionnaire raisonné de Viollet Le Duc sur V Architecture du moyen âge ; nous nous contenterons de faire observer que la nouvelle flèche a

déjà résisté aux coups de vent les plus violents, en n'éprouvant qu'une très faible oscillation et sans que la charpente ait soufTert. Cette charpente a été exécutée en chêne de Champagne par MM. Bellu et Daunay. Tous les bois sont recouverts de lames de plomb et les ornements sont en plomb repoussé :

les couvertures en ardoises étaient réservées par économie aux flèches des

ifi

Fig. 1712.

églises de bourgades, de villages ou d'abbayes pauvres.

Une des flèches en charpente les plus

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remarquables est celle de la Sainte- Chapelle (lu Palais, à Paris , dont la restauration a précédé celle de la flèche (le Notre-Dame. Une première aiguille avait été placée par Pierre de Montereau sur le comble de ce monument.

Sous le règne de Charles VII, le charpentier Robert Fouchier en substitua une nouvelle à l'ancienne, qui tombait de vétusté; le 26 juillet 1630, le feu consuma cette seconde flèche, qui était un modèle de légèreté et que Sauvai appelle l'une des merveilles du monde.

Le roi Louis XIII en lit ériger une troisième, lourde de forme et pauvre de goût, qui fut renversée par la Révolution. Enfin, de nos jours, Lassus, chargé d'opérer le rétablissement de la flèche, choisit pour modèle la flèche de Robert Fouchier, qui était reproduite par un dessin conservé à la Bibliothèque nationale. Cette flèche, dont nous donnons (fig. 1712) une vue perspective emprun-

Fig. 1713.

tée à l'ouvrage de MM- Decloux et

Doury, est composée de plusieurs parties : la plus basse est pleine et ornée de figures ; au-dessus, se trouve une partie ouverte par des arcs; plus haut, est un étage formé d'arcs géminés à galbes surmontés de fleurons. L'aiguille, à arêtes décorées de crochets, se termine par une croix et des anges sont adossés contre la base. Toutes les parties saillantes de la pèche sont rehaussées d'or. La figure 1713 représente le détail du couronnement des baies. Ce sont, comme pour la flèche de Notre-Dame, MM. Bellu et Daunay qui construisirent la charpente, M. Geoffroy Dechaume

Fig. 1714.

modela les figures, M. Pyanet fit lornementation et MM. Durand frères exécutèrent les plomberies. Il nous a paru

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juste de faire connaître les noms des artistes qui ont secondé l'arcliitecte dans son œuvre.

Comme flèches remarquables en charpente, on peut encore citer la flèche de la chapelle du château de Saint-Germainen-Laye (fig. 1714), appartenant à l'architecture du xni" siècle, recouverte de métal et se terminant par une pyramide octogonale, qui supporte un toit en ardoises ; la flèche de la cathédrale d'Amiens qui date du commencement du wV siècle, et dont la hauteur, audessus du faîtage jusquVi la pomme, est

Fig

de 4S mètres ; son ^ kilogr., y compris le plomb.

)oids est de 500,000

A ces détails sur les flèches en bois recouvertes de métal ou d'ardoises, nous ajouterons la figure 1715, qui représente la carcasse ordinaire de ces sortes d'ouvrages. C'est une charpente composée d'un poinçon central et de pièces de bois inclinées suivant la pente du toit, le tout relié à différentes hauteurs par des enrayures.

Flèches en métal. L'emploi du métal pour ce genre d'ouvrages ne semble pas devoir produire, comme la pierre et le bois recouvert de plomb ou d'ardoises, un heureux effet architectural. On peut en juger par l'essai qui en a été fait pour la reconstruction en fonte de fer de la flèche de la cathédrale de Rouen. Sur la tour de pierre élevée au milieu du transept, Robert Recquet avait construit, jusqu'à une hauteur de 132 mètres, une pyramide en charpente, recouverte de plomb, qui fut incendiée par la foudre en 1822. L'archilecte Alavoine, qui s'était déjà rendu célèbre par ses études sur l'emploi des métaux dans les monuments publics, fut chargé de remplacer l'ancienne aiguille par une pyramide en fonte, dont il avait soumis le projet au gouvernement. Cette pyramide esta plan octogonal et à jour dans toute sa hauteur. Malheureusement , l'effet gérjéral de cette œuvre ne répond pas à ce que l'on avait espéré : les lignes en sont dures et sèches; les ajours sont trop multipliés, les parties pleines sont réduites à une maigreur exagérée, les meneaux particulièrement, qui ont une largeur sufhsante , manquent d'épaisseur et , sous le rapport de la perspective, leur effet est manqué. A part ces reproches que mérite cette flèche, au point de vue de l'esthétique, il faut reconnaître l'incroyable hardiesse que l'architecte a montrée en élevant cette gigantesque pyramide au faîte d'une tour bâtie au xiii^ siècle, pour soutenir un campanile de moyenne grandeur et médiocrement appareillée. Aussi, a-t-il fallu exécuter certains ouvrages assez solides pour servir de supports à cette lourde charge;

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