FOUILLE
le côté , au fur et à mesure creuse ; on en remplit d abord les tom bereaux ou brouettes qui servent à Tenlèvement et ensuite on dépose les déblais sur le côté de la fouille, d'où on les reprend pour charger les voitures.
Sî la fouille dépasse en profondeur l'^,oO qui est la hauteur du jet vertical à la pelle, on établit des banquettes (voy, ce mot; sur lesquelles les ouvriers déposent les terres et où d'autres les reprennent pour les jeter sur le sol.
Souvent, on installe des tréteaux sur lesquels on pose des planches qui servent de banquettes.
4° La fouille par abatage est celle dans laquelle on pratique des tranchées horizontales à la partie inférieure d'une masse de terre pour la faire ébouler, soit en débris, soit par blocs et l'enlever ensuite par les moyens ordinaires.
La séparation des terres est facilitée par l'enfoncement de coins en bois ou en fer ta la partie supérieure de la masse.
On appelle encore :
Fouille dans l'embarras des étais, celle dont on est forcé de soutenir les parois:
Fouille dans l'eau, celle où le terrain est humide et ébouleux ;
Fouille sous l'eau, celle où Ton rencontre une nappe d'eau naturelle ou de l'eau de source ; il faut alors épuiser ou dévoyer le liquide.
On distin.ûue enfin :
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qu'on I cessaires à rétablissement et à
l'entre-
tien de ces routes (1).
Fouiller, r. a. — 1° Pratiquer dans le sol des excavations pour y asseoir des fondations (voy. Fouille).
^^ Évider fortement une sculpture.
Foulée, s. f. — Ligne de foulée :
ligne tracée sur la projection horizontale d'un escalier parallèlement à la projection de la rampe et à une distance de 0-,48 cà 0-,50.
On la nomme ainsi parce que c'est la projection de la ligne que l'on suit en montant ou en descendant, lorsqu'on s'appuie sur la rampe. C'est sur la ligne de foulée que se mesure la largeur de la rampe, largeur qui doit être la même pour toutes les marches, afin que la pente reste constante.
Four, s. m. — Construction en maçonnerie qui sert à la cuisson de diverses substances, telles que la chaux, le plâtre, la brique, la faïence, la tuile, etc., ou le pain, la pâtisserie, etc.
Fours à chaux ou chaufours. La calcination de la pierre à chaux se fait en employant, comme combustible, suivant les localités, le bois de corde, les fagots, la bruyère, les houilles sèches, le coke, l'anthi'acite, les lignites et la tourbe et très rarement le charbon de bois. C'est de la nature de ces matières que dépen-
La fouille en sous-œuvre, qui demande | dent les formes données aux fours
les plus grandes précautions, et la fouille de roches, dans laquelle il faut quelquefois employer la poudre.
LÉGiSLATiox. Tout propriétaire peut faire des fouilles sur son terrain, à la condition de prendre toutes les précautions nécessaires pour que le voisin ne puisse en soufiVir. et en respectant les servitudes légalement acquises (i).
Les propriétaires voisins des routes doivent soutïrir, sur leurs héritages, les fouilles et extractions de matériaux né-
(1) Gode civil, art. oo2.
Ceux-ci sont à feu continu ou à feu discontinu.
Les fours intermittents, c'est-à-dire h feu discontinu, sont ceux dans lesquels le combustible et la pierre sont chargés séparément ; ils ont généi-alement une forme ovoïde, comme celle indiquée par la figure 175-2. Ils se composent d'un massif extérieur et dun revêtement intérieur, que l'on nomme la chemise ou la robe. Le massif est généi'alement en pierre calcaire et la chemise en matières
(1) Loi du 28 septembre 1791. art. 1er.
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réfraclaires, telles que briques, schistes argileux, gneiss, etc. La partie supé-
Fig. r/52.
Heure du four, le gueulard, s'ouvre sur une plate-forme AB, à laquelle accèdent, par une levée de terre P, en plan incliné, les tombereaux qui montent les charges. On construit, à la partie inférieure du four, une voûte faite avec les gros morceaux de la pierre à chaux, et l'on pose au-dessus les autres fragments. On allume le feu sous la voûte et, une fois la chaux cuite, on défourne pour recommencer une nouvelle opération.
Chaque cuisson exige trois ou quatre jours et Ton consomme, en moyenne, 1 stère 60 à 1 stère 80 de bois, ou une quantité équivalente de fagots.
Dans les fours à feu continu, on introduit dans le four un mélange de cal-
caire et de combustible par couches successives, on retire de la chaux cuite à la
partie inférieure, où \^four est muni de plusieurs ouvertures garnies en fer et voûtées, que Ton appelle gueules et par lesquelles on décharge. A ces gueules correspondent (fig. i7o3) des conduits voûtés d'une largeur de 2 mètres à l'entrée, se réduisant à 1 mètre seulement au fond.
i° On jette d'abord dans le four des bourrées, puis 2 stères de gros bois en bûches de 1°',50 de longueur, qu'on place verticalement et que Ton mélange d'un peu de pierre calcaire pour empêcher une descente trop rapide. On place ensuite, en les superposant, un mélange de charbon de terre et de bois, un lit de pierres et une série de couches alternatives de charbon mélangé de bois et de pierres. On remplit de cette façon les deux tiers du fourneau. Le feu est allumé par les gueules et se communique lentement au charbon distribué dans la masse. Les bourrées d'abord, puis les bûches de gros bois se consument et la charge descend peu à peu ; au fur et à mesure que se produit ce mouvement, on ajoute des lits de charbon et de pierres et, lorsque le four est rempli jusqu'au gueulard, on commence à le décharger parles gueules. Les premiers produits ainsi extraits sont reportés sur la plate-forme et soumis à une nouvelle cuisson, la première ayant été insuffisante. Il faut deux ou trois jours pour régler de cette manière un fourneau de grande dimension.
^^ L'allumage se fait par le gueulard : on remplit le four de pierre calcaire, de façon cà ménager un vide de 3 mètres h 8"°, 50 à la partie supérieure. On jette d'abord dans ce vide des bourrées, puis du gros bois. Lorsque le bois est bien allumé, on jette du charbon et de la pierre, et on commence la manœuvre du four en le déchargeant et en le rechargeant l'égulièrement. Comme dans le cas précédent, la première pierre tirée placée au-dessous du bois, doit repasser par le fourneau.
Ces fours sont exposés à se lézarder
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sons Tac lion d'une chaleur très concentrée; on préviendrait ces accidents en ménageant des conduits d'évaporation.
De plus , on pourrait régler Tintroduction de Tair, pour faciliter la marche de Topération, au moyen de houches percées à dilTérentes hauteurs et qui permettraient de diriger cet air sur certains points de la masse en comhustion.
D'autres formes sont encore adoptées pour les fours à feu discontinu ; la forme dite en gobelet est celle que représente la figure 1754. Le four est un tronc de
Fig. 17o4.
cône renversé ; la chaux y repose sur une grille formée de quelques barres de fer ; on la fait tomber en retirant une des barres quand cela est nécessaire.
Enfin, quelle que soit la méthode employée pour cuire la chaux, on a oh-, serve que le dégagement de l'acide carbonique était facilité par l'introduction de la vapeur d'eau et le passage d'une masse d'air considérable dans le four.
Les pierres tendres et poreuses se cuisent plus facilement que les pierres compactes. Celles que l'on vient d'extraire et qui sont humides se décomposent plus vile que les pierres exposées à l'air depuis longtemps ; aussi, ces dernières doivent-elles être arrosées avant leur chargement dans le four.
Une autre remarque faite par les chaufourniers est la suivante : si la température d'un four à chaux vient à diminuer notablement avant que la cuisson soit complète, il est presque impossible, quelle que soit la température employée, de chasser le reste de
l'acide carbonique pour terminer l'opération. C'est pourquoi, si l'on se trouve obligé d'arrêter momentanément la marche d'un four à feu continu, il faut boucher soigneusement toutes les ouvertures, étouffer le feu et s'opposer, par tous les moyens possibles, à la diminution de la température dans la masse.
Fours à plâtre. Les fours ordinairement employés pour la cuisson du plâtre se composent d'un mur de 4°',50 de hauteur, formant le derrière du four et de deux autres, construits perpendiculairement au premier et destinés à supporter un comble couvert en tuiles, posées à claire-voie. Parallèlement aux murs latéraux, on établit de petites galeries voûtées faites avec les plus gros morceaux de pierre à plâtre. C'est sur ces galeries servant de foyers que l'on pose les autres morceaux. On emplit les conduits de combustible et l'on chauffe régulièrement jusqu'à la fin de l'opération. La cuisson terminée, on concentre la chaleur en recouvrant la masse d'une couche de poussière de pierre à plâtre.
Ce genre de fours convient si l'on emploie, comme combustible, les fagots, les bourrées ou le bois fendu. Quand on se sert de houille, on opère dans des fours à réverbère où les combustibles brûlent dans un foyer séparé et où la flamme traverse ensuite la pierre à plâtre.
Fours à briques et à tuiles. On désigne ainsi : 1° les masses de briques disposées méthodiquement pour être cuites en plein air , comme dans le mode de fabrication flamand (voy. Brique); 'i" les appareils en maçonnerie qui servent à la cuisson de produits céramiques, briques, tuiles, carreaux,- etc., dans les usines ou dans les lieux de fabrication permanente.
Le montage d'un four en plein air et la conduite du feu sont confiés à un atelier spécial, qu'on appelle une main de briqueteurs et qui est composé d'un cuiseur, de deux enfourneurs et d'aides
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ou manœuvres. Sur une aire dressée avec soin, ces ouvriers construisent le fourneau en disposant les briques de champ, par assises, et ménageant, à la partie inférieure, des vides qui doivent servir de carneaux ou foyers. De la voûte de ces conduits, qui régnent parallèlement d'un bout à l'autre du four, partent des vides verticaux qui servent de cheminées. Les foyers, construits en briques cuites, ainsi que le pied du fourneau, sont recoupés par un autre carncau perpendiculaire aux premiers, dans la partie centrale du tas. Ces foyers étant voûtés, recouverts d'une couche de charbon et bourrés de combustible pour l'allumage du feu, on continue Tenfournement , en plaçant alternativement deux ou trois assises de briques et une couche de charbon. Pour éviter les déperditions de chaleur, on garnit l'extérieur ainsi que le sommet du four d'un placage d'argile et de sable. On se garde aussi de l'influence du vent, qui peut rendre la cuisson irrégulière, au moyen de paillassons portés par des chevrons qu'on plante autour du fourneau. Ce mode de cuisson, très fréquemment employé en Relgique et dans les départements du nord de la France, est encore appelé cuisson en tas, en meule ou à la volée. L'expérience a démontré que les meilleurs résultats s'obtiennent avec des fours de 2 à 300,000 briques, formés de 24 assises.
Cependant, on en construit fréquemment qui renferment de 5 à 600,000 briques.
Les fours en maçonnerie, construits dans les usines , comprennent : un foyer, dans lequel se place le combustible; un laboratoire, qui renferme les objets soumis à la cuisson; une cheminée, par laquelle s'échappent les produits de la combustion. La cuisson s'opère au moyen du bois, de la houille, de la tourbe ou du coke.
On divise ces appareils en deux grandes catégories : les fours intermittents, dans lesquels le travail est interrompu après la cuisson jusqu'à ce que
le refroidissement de la masse permette de recommencer l'opération , et les fours continus, qui restent constamment en activité. Des appareils de la première catégorie, les uns sont découverts, les autres couverts.
Les fours découverts sont généralement de forme rectangulaire. Ce sont de simples fourneaux en plein vent, avec foyers et enveloppe en maçonnerie.
Leurs parois ont au moins 2 mètres d'épaisseur à la base et 0°',80 au sommet. Ces murs sont ordinairement l'evétus, à l'intérieur, d'une chemise en briques réfractaires et renforcés extérieurement, soit par des arcs-boutants en maçonnerie, soit avec des armatures en bois ou en fer. On laisse fréquemment un vide entre la chemise et l'enveloppe. Si l'on chauffe au bois, les foyers sont de petites voûtes en briques cuites, qui s'étendent sur toute la largeur du fourneau ; si l'on chauffe à la houille, ces foyers sont munis de grilles en fonte. La contenance ordinaire de ces fours varie de 25,000 à 100,000 briques. On procède à la cuisson par un enfumage préalable ou petit feu, destiné à chasser progressivement l'humidité des briques ; on augmente peu ta peu la température, puis on donne le grand feu. Quand la cuisson est suffisante, on maçonne les bouches des foyers, on couvre le dessus de terre gâchée et on laisse refroidir.
Les fotirs découverts laissent perdre une énorme quantité de chaleur; aussi, a-t-on imaginé de fermer ces appareils, en les recouvrant d'une voûte percée de trous pour l'évacuation des gaz chauds, après leur passage à travers les briques. Ces fours sont de foi'me tantôt rectangulaire, tantôt circulaire.
Les fours rectangulaires possèdent un ou plusieurs foyers, au-dessus desquels est étabUe une sole en briques percée de trous par lesquels la flamme pénètre dans la masse enfournée. Les gaz produits par la combustion sortent par la voûte et passent dans une cheminée d'appel. Les briques à cuire sont dispo-
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sées de manière à ce que la flamme soit contrariée et produise son maximum d'effet. La cuisson comprend l'enfumage et le grand feu. Le combustible est le bois, la houille, la tourbe ou le coke. Prix à part, c'est le bois qui fournit les meilleurs résultats. Les fours circulaires ont leurs foyers répartis autour des produits soumis cà la cuisson.
La capacité de ces fours varie entre lo et 50 mètres cubes. Les grandes grilles occupant toute la longueur du four sont préférables aux petites grilles, qui ne s'étendent que sur une portion de cette longueur. Le sol sur lequel reposent ces appareils doit être, à l'avance, rendu imperméable. Les parois intérieures sont en briques réfractaires ; le mur extérieur peut être fait avec les matériaux disponibles les plus économiques. On réserve ordinairement, entre ce mur et la chemise, un espace qu'on laisse vide ou qu'on remplit de matières peu conductrices de la chaleur.
Il y a des fours intermittents multiples, c'est-à-dire composés de plusieurs fours accolés ou adossés les uns aux autres, de telle sorte que les flammes qui ont servi à cuire un four sont employées, dans les /"o^^r^ voisins, à échauffer les produits nouvellement enfournés.
MM. MuUer et Gilardoni ont ainsi réalisé un grand progrès par les fours accolés qu'ils ont construits et dans lesquels les gaz de la combustion n'ont plus, à leur sortie, que la température nécessaire pour développer le tirage.
L'invention des fours continus a permis de réduire, dans une forte proportion, la dépense du combustible, en utilisant mieux la chaleur produite. Parmi les appareils de ce genre, ceux qui sont le plus généralement répandus, sont les fours dits Hoffmann, qui consistent en une seule galerie dans laquelle la direction des gaz provenant de la combustion s'opère au moyen d'un écran métallique mobile. Nous donnons (fig.
1755 s un plan et une coupe verticale du four inventé par MM. Hoiïmann et
Licht, qui sert de type à tous ces appareils et qui a mérité un grand prix à TExposition universelle de 1867. La construction de ce four est basée sur le principe du déplacement du feu par rapport aux objets à cuire. La marche de l'opération est la suivante : l'air froid, admis dans un canal circulaire renfermant les produits, refroidit les objets cuits, s'échauffe lui-même, alimente le feu, échautïe peu cà peu les marchandises non cuites et sort par la cheminée près de son point d'introduction. Comme le montre la figure, on accède à la galerie A, qui reçoit les chargements, par des portes B, ménagées sur le pourtour extérieur. Des carneaux G mettent cette galerie en communication avec la cheminée D et peuvent être ouverts ou fermés, à l'aide de soupapes en fonte F. Un registre ou écran mobile en tôle peut glisser dans des rainures G, pratiquées à la partie supérieure, immédiatement derrière les conduits de tirage et boucher successivement le four par autant de sections verticales qu'il y a d'ouvertures et de carneaux. Des ouvei'tures H, traversant la voûte du four, reçoivent le combustible, qui tombe à travers la masse des objets placés sur la sole et entre lesquels on a ménagé, en enfournant, un nombre suffisant de carneaux pour le passage des gaz chauds. Ces ouvertures peuvent être fermées hermétiquement, au moyen d'une cloche de fonte pénétrant dans une rainure pleine de sable.
Supposons : 1° le registre descendu suivant lune des sections indiquées plus haut ; 2° la porte qui est en avant et le registre qui vient immédiatement après ce conduit, ouverts; 3° toutes les autres issues et tous les canaux fermés; si, dans ces conditions, on détermine le tirage dans la cheminée, l'air entrei-a par la porte ouverte, parcourra toute la longueur du /■o?<r jusqu'à l'autre côté du registre, puis s'élancera dans le carneau ouvert en ce point et de là dans la cheminée. Admettons enfin que le four so'il
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rempli de briques de manière que Tair, dans la première moitié du canal, passe
sur des produits déjà cuits et (ju'il s'agit de refroidir ; que cet air alimente le feu,
Fig. 1755.
placé dans la partie du canal opposée diamétralement à la porte ouverte, et entretenu par le combustible jeté de la partie supérieure ; qu'en dernier lieu cet air passe dans la seconde moitié du four à travers des briques non cuites, il en résulte ceci : 1" l'air enli-é par la porte ouverte enlève, dans la première
partie de son trajet, aux briques cuites la chaleur qu'elles possèdent encore pour la ramener dans le foyer; 2° il arrive ainsi au siège de lacomlnistion avec une haute température et active le feu, en diminuant la quantité de combustible nécessaire ; 3° les produits gazeux de la combustion et lair non brûlé servent à
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commencer la cuisson du compartiment qui vient après le foyer et à chauffer régulièrement le reste des produits enfournés, de telle sorte qu'il faut très peu de temps pour les cuire, avec une quantité de combustible réduite au minimum.
Il n'y a de chaleur perdue que celle qui est indispensable pour établir le tirage de la cheminée.
Lorsque les briques placées dans le voisinage immédiat de la porte ouverte sont presque froides, on peut les extraire et les remplacer par des briques crues, fermer le four avec le registre en avant de la porte suivante, ouvrir cette porte, fermer la précédente, ouvrir le conduit d'appel correspondant, fermer celui qui était ouvert et pousser le feu en avant. De celte façon, le foyer exécute le tour du four et le défournement et Tenfournement ont lieu d'une manière continue. Il faut généralement lOOkilogr. de houille menue, de qualité moyenne, pour cuire mille briques de terres ordinaires.
Le four de MM. Hoffmann et Licht a été modifié, principalement dans sa forme. Un grand nombre de constructeurs ont adopté la forme rectangulaire comme étant moins coûteuse sous le rapport de la construction. Les fours de ce genre se composent de deux galeries parallèles, mises en communication, à leur extrémité, par un conduit, de sorte que le feu, suivant la même marche que dans le four Hoffmann, passe facilement de Tune de ces galeries dans l'autre.
Dans certains de ces appareils, le mode de chauff'age est aussi le même que dans le four annulaire ; dans certains autres^ le feu se fait en dessous sur des grilles, comme dans le four continu de MM. Muller et Gilardoni, ou bien dans une galerie, comme dans le four de M. Martin, de Marseille. On a ensuite successivement rapproché les grilles, placées sur la sole même, en y jetant, comme dans le système Hoffmann, le combustible par le haut. On abandonne ainsi l'avantage de ne brûler qu'avec l'air qui s'est échauffé en passant sur les produits h
refroidir, puisque les grilles ont leurs cendriers qui communiquent avec Tair libre. Toutes les modifications qui consistent à alimenter ces grilles avec de fair chaud sont des complications et ne donnent pas de résultats sérieux ; on y renoncera, si l'on n'y a déjà renoncé.
Le dernier perfectionnement est celui qu'a apporté M. Muller, en faisant le feu en dessous et chargeant les grilles à la cuillère, de façon qu'on peut remplir le four, sans tenir compte des vides laissés précédemment pour le chauffage.
On a essayé le gaz comme combustible pour la cuisson des produits céramiques. Théoriquement, le four à gaz semble être, en effet, le meilleur et le plus logique des appareils. C'est, il est vrai, l'oxyde de carbone qui, en rencontrant l'air chaud provenant du refroidissement des produits dans une galerie ou dans une chambre, procure la combustion la plus parfaite. Mais, pour les produits qui cuisent généralement à basse température, comme la brique ordinaire , il nous semble illogique de conseiller son emploi. Pour des produits qui demandent une forte cuisson , comme la bonne tuile, nous savons que les résultats obtenus sont bons. Mais nous ferons observer que dans des fours de grande dimension, au bout de quelque temps, les dislocations sont inévitables et, avec elles, la rentrée de l'air en d'autres points que ceux qui sont nécessaires. Il y a aussi des pertes de gaz, sans compter le danger des explosions. Il serait bon d'attendre, à cet égard, le jugement de l'expérience, d'autant plus que nous connaissons certains de ces fours qui déjà ont été convertis en fours ordinaires. Ajoutons enfin que ces appareils ne procurent pas l'économie de cuisson et qu'ils coûtent assez cher d'installation.
Fours à poteries. On ne sait que fort peu de chose sur les fours des anciens ; les seules notions que l'on ait à cet égard nous sont données par quelques pierres gravées, quelques figures et
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quelques débris (rancienncs fabriques l'omaiiies.
Toutefois, on a découvert, en France, en Allemagne et en Angleterre, un assez grand nombre d'anciens fours romains, dont les ruines permettent de ^e faire une idée assez exacte de ces sortes d'ouvrages. Un de ces fours, 1res bien conservé, se voit à Heiligenberg, près de Strasbourg ; les débris de poteries rouges que Ton a trouvés alentour indiquent suftisamment qu'il était employé à la cuisson de cette matière. La ligure 1756 représente le plan de ce
Fig-. 17o6.
four. Le foyer est un canal dont la bouclic est à environ S"", 50 de Tespace où se rassemblaient la tlamme et la cbaleur au-dessous du laboratoire. Des tuyaux en terre cuite, de deux grosseurs dilïérentes, partaient de la partie supérieure du plancber de cette cliambre et
allaient distribuer la cbaleur ; les uns, plus petits, étaient placés à la circonférence, dans l'épaisseur du mur d'entourage du laboratoire ; les autres, plus gros, au nombre de douze ou quinze, déboucbaient dans le plancber du laboratoire, pour répandre la flamme et la cbaleur alentour des pièces qui s'y trouvaient placées ; de forts massifs en maçonnerie garnissent Tespace compris entre la boucbe du foyer et les parois du laboratoire.
On a retrouvé à Rbeinzabern, village sur la rive droite du Rbin, non loin de Strasbourg, des fours, au nombre de quinze, qui étaient les uns ronds et les autres carrés, mais construits sur le même système, c'est-à-dire que la flamme et la cbaleur du foyer, dont la boucbe était placée à quelque distance du laboratoire, se rendaient par un canal voiité d'environ l'°,50 (voy.
Bouche), dans l'espace ménagé au-dessous du laboratoire et s'y distribuaient par des canaux et des ouvertures disposées en écbiquier, en nombre qui varie, suivant le four, de seize à près de soixante. La maçonnerie était formée de grandes masses d'argile de 0°',70 de longueur sur 0°',40 de largeur et d'épaisseur. Dans tout le passage du feu, les parois de cette maçonnerie étaient vitriflées.
Fours de boulangerie. Ces fours se construisent h bauteur d'appui sur plan circulaire ou elliptique, avec une seule ouverture par devant.
On les recouvre d'une voûte très surbaissée en briques ou en tuileaux, dont l'extrados reçoit une coucbe de terre grasse de O'°,3o à 0°',40 d'épaisseur.
Celte voûte prend le nom de dôme ou chapelle.
La surface borizontale sur laquelle on fait le feu est ïâtre ou aire; on la construit en carreaux réfractaires établis sur un lit de sable sec et on la fait légèrement inclinée, depuis le fond jusqu'à l'ouverture qui est appelée bouche.
Cette entrée du four est fermée au
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moyen d'une plaque de métal maintenue dans une feuillure et devant laquelle se trouve une tablette horizontale en pierre nommée autel.
La porte du four s'ouvre sur le fournil (voy. ce mot).
On appelle ouras deux ou trois conduits carrés ménagés dans la voûte pour faciliter la combustion.
L'usage de faire cuire le pain dans des fours remonte aux temps les plus anciens et leur forme paraît n'avoir jamais varié sensiblement.
Chez les Romains, le four de la pistrùia ou du pistrinum, endroit où l'on faisait le pain, avait intérieurement la forme d'un cercle parfait de 5 pieds environ de diamètre ; au-dessous, était un réceptacle pour la braise ; devant ce réceptacle, un petit caveau fermé d'une dalle de pierre, dans lequel on jetait la cendre ; près de la bouche du four, un vase scellé dans la maçonnerie contenait la farine dont on saupoudre la pelle, afin que la pâte ne s'y attache pas loi'squ'on enfourne.
De nos jours, dans les constructions rurales, le four à pain est une des dépendances les plus importantes de la maison d'habitation. Cette construction, qui se place dans une pièce à laquelle on donne le nom de fournil, est établie, de préférence, attenante à la cuisine, pour que la surveillance en soit plus facile. Pour être dans de bonnes conditions, la voûte, au centre du four, ne doit pas être distante de l'àtre de plus de 0°^,40; le massif de la construction doit être épais et, autant que possible, exempt d'interstices. La première de ces conditions assure un chauffage rapide, la seconde un refroidissement très lent.
On utilise ordinairement la chaleur du four en plaçant dans l'un des côtés du massif une chaudière destinée ii donner de l'eau chaude.
Nous indiquerons ici par les deux figures 1757 et i7o8 le plan et la coupe dun four onhiiaire : A est l'autel du
o61 — FOUR.
four; B, la bouclie ; l'àtre et la voûte
Fig. 17o7.
sont en briques ; une petite voûte est placée sous une partie de l'àtre.
Fig. 17o8.
Législation. D'après l'article 674 du Code civil, celui qui fait construire un four près d'un mur mitoyen ou non doit observer les règlements et usages particuliers des localités à cet égard. Aux termes de l'article 190 de la coutume de Paris, l'étabUssement d'un four dans ces conditions exige un espace laissé vide de 0'°,16 appelé tour du chat, entre le mur mitoyen et le mur du four, qui doit avoir, en outre, O'^jSS d'épaisseur. Ce contre-mur doit s'étendre dans toute la longueur et la hauteur du four et l'espace vide ne doit être fermé ni par le haut, ni par les côtés. Ce règlement s'applique aux fours de boulanger et pâtissier (voy. Fournil, Incendie).
On donne aux fours de potier un