FRISE
IKISE.
demi-baguetles rondes ou plates, disposées sur un champ en lignes brisées qui se coupent et s'agencent de différentes manières. Suivant les angles formés par les brisures, elles sont dites crénelées, rectangulaires, triangulaires, ondulées, nébulées. On leur donne aussi les noms de grecques, bâtons rompus et méandres (voy. ces mots).
Fréville {Pierre de). — Calcaire oolitliique, dur, blanchâtre, à gram fin, que Ton extrait de la carrière de Fréville, près de Neufchâteau.
Cette pierre porte jusqu'à 0".60 de hauteur d'assise et pèse 2,400 kilogr. le mètre cube. Elle s'écrase sous une charge de 470 kilogr. par centimètre carré.
Frigidarium. — Mot latin qui désignait, dans les bains ou thermes romains, une pièce où l'on prenait un bain d'eau froide et qui était attenante à la chambre des parfums {elœothesium].
Certains auteurs pensent, au contraire, que cette chambre, distincte du bain d'eau froide, était simplement tenue à une basse température, pour donner du ton au corps, après l'épuisement produit par le bain d'eau chaude (1).
Frisage, -s-, m. — Treillage construit en lattes ou en bois très minces.
Frise, s. f. — Auchitectlrp:. On appelle ainsi, dans un ordre, la partie de l'entablement qui est comprise entre l'architrave et la corniche.
La frise dorique est ornée de triglyphes ; les intervalles qui les séparent, désignés sous le nom de métopes, sont souvent décorés de sculptures en ronde-bosse ou en bas-relief (fig. 1777).
La frise, d'après Yignole, a une hauteur de i module 1/3 dans l'ordre
(1) Antony Rich, Aiitiquités romaines et grecques.
toscan et 1 module l/:2 dans les autre; ordres (voy. Corinthien, Dorique, Ionique, Entablement).
On donne aussi le nom de frise :
1^ A une partie de la corniche du piédestal de l'ordre corinthien et de l'ordre composite qui rappelle, par sa disposition, la frise de l'entablement ;
2' A tout bandeau d'une faible largeur régnant, vers le haut, dans l'intérieur d'un édifice ou d'une pièce quelconque.
On distingue : les frises lissées, les frises ornées et les frises bombées.
Il est dans la nature de la frise que sa surface soit plane; ainsi le veut la convenance. Cependant, il y a, dans l'antique, particulièrement à Spalatro, des exemples de frises dont le front otîre une superficie bombée. On donne de ces sortes de frises, ordinairement en marbre, une raison qui en explique la forme sans la justilier. On prétend que ce contour bombé avait été laissé comme une sorte de bossage, dans lequel le sculpteur devait tailler des ornements et que ces frises ne furent pas achevées. Il est possible aussi que, par suite de cet usage, le sculpteur ail taillé des ornements sur ce fond bombé, en laissant subsister une partie de sa courbure.
Dans tous les cas, la frise bombée est un vice ou une licence, dont on ne trouve guère d'exemples que sur les monuments des derniei's siècles de l'art.
FRONTON
FRONTON
Frise ou gorge de placard : dessus
iii II
Fig. 1778.
tVune porte entre le chambranle et la corniche (tlg. 1778).
Menuiserie. 1° Frise de lambris, de porte : partie de menuiserie pleine ou à panneau horizontal dans sa largeur et qui divise d'autres parties.
2° Frise de parquet : planches refendues qui composent les parquets (voy.
ce mol).
Serrurerie. Espace vide ou rempli de divers ornements, qui est compris entre les deux traverses du haut, dans une rampe d'appui, un balcon, une grille, etc.
Frisons, s.
tôle.
m. pi. — Rainures de
Fronteau, s. m. — Petit fronton placé au-dessus d'une porte ou d'une croisée.
Frontispice, s. m. — Façade principale d'un édilice, décorée suivant un caractère déterminé indiquant cà première vue sa destination.
Fronton, s. m. — Couronnement triangulaire ou en arc de cercle d'un avant-corps de bâtiment, d'une porte ou d'une croisée, etc.
Les temples des Grecs et des Romains, consiruils généralement sur plan rectangulaire et couverts par des toits à deux
pentes, possèdent deux frontons triangulaires, l'un à l'avant ou front de l'édiiice, l'autre à l'arrière.
Ces frontons sont composés de la corniche de l'entablement qui en forme la base et de deux corniches rampant le long des extrémités du toit.
Le champ du fronton est le tympan, d'abord lisse dans les temples primitifs, tels que celui de Pieslum (fig. 1779),
Fig. 1779.
puis décoré de sculptures exécutées en ronde bosse et représentant des sujets religieux ou guei'riers.
Les Grecs ont donné le nom (Vaetos à cette partie d'un temple, probablement par allusion à la forme triangulaire que présente un aigle dont les ailes sont déployées. Doués d'un grand sens artistique, ils donnèrent au fronton peu de hauteur, environ le huitième de la largeur; les Romains, au contraire, moins artistes et moins favorisés par le climat, lui donnèrent environ les deux neuvièmes.
Il est à remarquer que, dans le fronton grec, les corniches rampantes et la corniche horizontale ne sont pas semblables : les premières n'ont pas de mulules. Il n'en est pas de même chez les Romains, où l'on voit dans les corniches rampantes des frontons, lesmutules pour Tordre dorique, les modillons pour l'ordre corinthien, les denticules pour l'ordre ionique. Cependant , Vitruve , considérant l'architecture grecque comme dérivant de l'architecture primitive en bois, dit formellement : « Les anciens n'ont pas approuvé qu'on mît les mutules et les denticules aux frontons. Ils ont préféré y faire les corniches tout unies, parce que ni le bout des forces, ni le bout des chevrons ne peuvent être
FRONTON
Di i
FRONTON
supposés apparents sur la façade, car ces pièces, vues de profil dans le sens des pentes du fronton, ne montrent leurs extrémités que sur les parties latérales du monument. »
Les architectes de la Renaissance, s'écartant ici des prescriptions de Vitruve, ont donné le même encadrement aux trois côtés du triangle. Mais, tandis I qu'un grand nombre d'entre eux, à ! linslar des Romains, déformaient les ' modillons, en les figurant perpendiculaires à riiorizon, quelques-uns prirent soin de les figurer perpendiculaires au ! tympan.
Cette dernière partie resta lisse dans les monuments du dorique primitif, comme cà Pœstum. On eslime que les sculpteurs commencèrent à orner les tympans des temples grecs vers la fin du vi^ siècle. Sur le fronton du temple dÉgine, qui date de cette époque, furent représentés ,en ronde bosse, d un côté le combat dHercule et de Laomédon, de Tautre Ajax défendant le corps de Patrocle.
Sur le fronton de la façade antérieure du Parthénon, on avait figuré la naissance de Minerve ; sur celui de la façade de derrière, on voyait la dispute de cette déesse et de Neptune, relative au droit d'être la divinité protectrice de fAttique. Sur les frontons du temple d'Hercule, à Thèbes, étaient figurés les travaux de ce héros. Le fronton antérieur du grand temple de Jupiter, à Agrigente, était orné du combat de ce dieu avec les Géants ; celui de derrière offrait la prise de Troie. Le temple de 3Iinerve Aléa, à Tégée, présentait, sur le fronton de devant, la chasse du sanglier de Calydon, qui n'avait pas, il est vrai, de rapport à .Minerve, mais qui devait intéresser les habitants de Tégée, parce que quelques-uns des héros qu'on y avait figurés étaient originaires de cette ville. Dans le fronton de derrière, on vovaitle combat de Télèphe et d'Achillê,"^ dans les champs situés sur les bords du fleuve Caïcus. Les sculptures qui ornaient les frontons du temple d'Apollon, à Del-
plies, représentaient Diane, Latone, Apollon et les 3Iuses, le coucher deHélios, Bacchus et les Thyades. Sur les frontons du temple de Jupiter, à Olympie, se voyaient des bas-reliefs attribués à Pcconius et Alcaménès, deux des plus habiles artistes de ce temps. Sur le fronton de devant étaient figurés Pélops et Anomaûs se préparant à la fameuse course qui avait eu lieu dans cette contrée. Le milieu du champ était occupé par Jupiter, dieu de ce temple et grandpère de Pélops. Sur l'autre fï^onton était représenté le combat des Centaures et des Lapithes aux noces dePirithoùs.
Le fronton du Panthéon, à Rome, était sans doute orné d'un bas-relief qui paraît avoir été de bronze, car on y trouve, dans les pierres, beaucoup de trous, destinés sans doute à recevoir les clous ou chevilles pour fixer les bas-reliefs.
Parmi les frontons sculptés que possède aujourd'hui la ville de Paris, nous citerons ceux du Panthéon et de la Chambre des députés.
Outre les sculptures, des acrotères (voy. ce mot) furent employés pour décorer les frontons. Au temple d'Égine, le fronton était surmonté d'un fleuron placé entre deux nymphes, qui tenaient une fleur d'une main, et, de l'autre, relevaient leur tunique. Sur le sommet du fronton du temple de Jupiter à Olympie, il y avait une Victoire de bronze doré ; au-dessus de chaque angle, il y avait un vase également en bronze doré. Audessus du sommet du fronton du temple d'Esculape à Titane, il y avait un Hercule, et, sur chaque extrémité, une Victoire. Le fronton du temple d'Apollon Palatin à Rome était, de même, orné do statues.
Les Étrusques avaient déjà eu l'habitude de décorer le sommet des temples de figures en terre cuite. Les Romains suivirent cet exemple : Tarquin l'Ancien fit placer sur le fronton du temple de Jupiter Capitolin un quadrige en
FRONTON. — î
terre cuite qui, Tan de Rome 548, fut remplacé par un quadrige en bronze doré.
La hauteur des frontons, chez les Grecs, était assez faible; elle était généralement égale à la différence qui existe entre la diagonale et le côté du carré élevé sur la base du fronton. Cette hauteur est indiquée par la construction suivante, indiquée par Serlio au commencement du XVI* siècle et adoptée par presque tous les auteurs : sur le milieu de la ligne AB (fig. 4780), qui joint les
Fig. 1780.
points les plus éloignés des deux corniches inclmées, on élève une perpendiculaire CO, égale à la moitié de AB.
Du point 0, comme centre, on décrit un arc de cercle passant par les points A et B ; cet arc coupe, en un point M, le prolongement de OC; on joint AM, BM, et Ton a l'inclinaison des deux corniclies.
Chez les Romains, les frontons sont plus élevés que chez les Grecs; l'usage s'établit en outre d'en placer non-seulement à l'extérieur, mais à l'intérieur des édifices.
Le moyen âge leur donna encore une plus grande hauteur et les orna de découpures sur le tympan et de sculptures sur les corniches inclinées. Le fronton prit alors le nom de gable (voy. ce mot).
La Renaissance revint au/"ro«?onclassi(jue on hii faisant subir des modifications (|ni ont fait nailre les dénoniinalions suivantes :