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FR0TTE3IENT

FRUITERIE

Fer sur bois de chêne dans le sens des fibres, mouillées d'eau. . . 0,26.

Fer sur chêne dans le sens des fibres, savonnées à sec 0,21.

Fonte sur chêne dans le sens des fibres, sans enduit 0,49.

Fonle sur chêne dans le sens des fibres, mouillées d'eau 0,22.

Fonte sur chêne dans le sens des fibres, savonnées à sec 0,19.

Cuivre jaune sur chêne dans le sens des fibres, sans enduit 0,62.

Fer sur oi'me dans le sens des fibres, sans enduit 0,20.

Cuir noir corroyé sur chêne, dans le sens des fibres, sans enduit. . . 0,27.

Cuir tanné sur chêne k plat ou de champ, sans enduit 0,33.

Cuir tanné sur chêne à plat ou de champ, mouillé d'eau 0,29.

Cuir tanné sur fonle et sur bronze à plat ou de champ, sans enduit . 0,56.

Cuir tanné sur fonte et sur bronze à plat ou de champ, mouillé d'eau. 0,36

Cuir tanné sur fonte et sur bronze à plat ou de champ, onctueuse et mouillée d'eau 0,23.

Cuir tanné sur fonte et sur bronze à plat ou de champ, huilés. . . . 0,i5.

Chanvre sur chêne dans le sens des fibres, sans enduit 0,52.

Chanvre sur chêne dans le sens perpendiculaire aux fibres , mouillées d'eau 0,33.

Chêne et orme sur fonte dans le sens des fibres, sans enduit 0,38.

Fer sur fonte et sur bronze, sans enduit 0,18.

Fonte sur fonte et sur bronze, sans enduit 0,15.

Bi'onze sur bronze, sans enduit 0,20.

Bronze sur fonle 0,22.

Bronze sur fer 0,16.

Bois et métaux, glissant l'un sur l'autre ou sur eux-mêmes, enduits de suif, saindoux, cambouis. 0,07 à 0,08.

Les mêmes à surface légèrement onctueuse 0,15.

Calcaire ooUthique sur lui-même, sans enduit 0,64.

Brique sur calcaire oolithique, sans enduit 0,65.

Chêne sur calcaire oolithique, bois debout, sans enduit 0,38.

Fer forgé sur calcaire oolithique, sans enduit 0,69.

Granit sur granit, sans enduit. 0,66.

Les lois du frottement sont encore applicables aux pierres scellées en bain de mortier ou de plâtre, tant que le bain conserve une demi-fluidité. Le coefficient de frottement paraît être, dans ce cas, de 0,76 à 0,78. Mais, lorsque le mortier ou le plâtre ont fait prise, l'adhérence remplace le frottement, et la résistance au glissement, au lieu d'être proportionnelle à la pression et indépendante de l'étendue des surfaces, devient, au contraire, sensiblement proportionnelle à l'étendue des surfaces en contact et à peu près indépendante de la pression.

Frotter, v. a. — Opération de la dorure (voy. ce mot).

Lorsque les trois couches d'assiette sont sèches, on frotte avec un linge neuf et sec les parties qui doivent rester mates afin que l'or s'étende mieux.

Frottis, s. m. — Couleur transparente appliquée partiellement sur une autre, dans une peinture où Ton veut imiter les nuances d'une matière, telle que la pierre, le marbre, etc.

Fruit, s. m. — 1° On dit que le mur de face d'un bâtiment a du fruit lorsque son épaisseur se réduit progressivement de bas en haut, ce mur restant à plomb à l'intérieur.

On donne du fruit aux murs des maisons à étages pour leur permettre de résister à la charge des planchers, qui tend à les pousser au dehors.

2° Fruits .-.ornements de sculpture représentant des fruits naturels.

Fruiterie, s. f. — On donne le nom de fruiterie ou fruitier, à un local

FRUITERIE

FRUITERIE

qui, dans les exploitations rurales, sert à la conservation des fruits.

Le bâtiment qui sert à la conservation des fruits, dans une exploitation rurale d'une certaine importance, doit remplir les conditions suivantes :

1° Il doit présenter une température constamment égale, parce que les changements de température dilatent ou raréfient les liquides renfermés dans les fruits et les désorganisent;

2° Cette température ne doit pas être inférieure à 4 degrés, ni supérieure à 10 degrés, car une température plus basse arrêterait la fermentation et, par suite, la maturation, qui doit se produire lentement ; une température plus élevée favoriserait trop, au contraire, la fermentation ;

3° Il en est de même de la lumière, qui facilite les réactions chimiques; aussi l'entretien de la fruiterie doit-il être privé de cet agent atmosphérique ;

4'' Il faut que l'air renfermé dans ce local ne contienne que la quantité d'oxygène rigoureusement nécessaire pour qu'on puisse y pénétrer sans danger, et que l'on y conserve tout l'acide carbonique dégagé par les fruits, car la diminution de Toxygène ralentit la maturation, et l'acide carbonique semble concourir assez efficacement à la conservation des fruits ;

5° L'atmosphère doit être plutôt sèche qu'humide, car l'humidité relâchant les tissus, favorise l'épanchement des liquides et la fermentation ; toutefois, une trop grande sécheresse ride les fruits, les dessèche et les empêche de mûrir ; il faut, en outre, que les fruits soient placés de manière à ce que la pression qu'ils exercent sur eux-mêmes soit diminuée autant que possible, car cette pression entraîne la rupture des vaisseaux et des cellules vers les points où elle s'exerce.

Ces conditions générales étant exposées, nous résumerons, en quelques mots, les détails que M. du Rreuil donne,

au sujet de leur application, dans YEncijchpédie pratique de l'agriculteur :

Sur un terrain très sec, un peu élevé et exposé au nord, on élève le bcâliment, dont les dimensions sont déterminées par la quantité de fruits ta conserver. En admettant que chacun d'eux occupe un espace de 0™,10 carrés, dans une pièce longue de o mètres sur 4 mètres de largeur et 3 mètres d'élévation, on peut placer 8,000 fruits.

On établit le plancher au-dessous du sol, à une profondeur de 0°',70 à 1 mètre, de manière h diminuer l'influence de la température extérieure. On donne à la surface extérieure du terrain une pente opposée aux murs, qui empêche l'eau de pluie de s'accumuler dans le sol près des murs. Ceux-ci sont d'ailleurs hourdés en ciment jusqu'au-dessus du sol.

Il y a deux manières de construire les parois de la fruiterie pour empêcher les variations de température à l'intérieur : faire ces parois très épaisses ou les faire doubles. Ce dernier système paraît le plus efficace ; on entoure donc le local de deux murs laissant entre eux un espace de O'^joO, qui renferme une couche

Fig. 1785.

d'air servant à l'isolement ; cette disposition est indiquée, en plan, par la figure 178o. M. du Rreuil donne h chacun de ces murs une épaisseur de 0°^,33 et les construit avec une sorte de mor-

FRUITERIE

FRUITERIE

lier ou pisé formé de terre argileuse, de piiilic et d'un peu de marne, cette matière étant moins chère et isolant mieux que la maçonnerie ordinaire. On a soin de ménager dans les parois six ouvertures : trois pour le mur intérieur et trois pour le mur extérieur, ces baies étant placées deux à deux sur le même axe. Le mur extérieur possède ainsi :

1° une double porte A, dont le vantail extérieur s'ouvre en dehors tandis que celui de Tintérieur s'ouvre en dedans et se replie en deux, dans le sens de sa largeur, comme un contrevent; le vide laissé entre ces deux portes est rempli de paille k l'époque des fortes gelées ; 2° deux guichets G de 0°',oO carrés s'ouvrant à 1°',50 du sol et munis d'une double cloison, dont lintervalle est également rempli de paille en hiver. Le mur intérieur présente une porte B qui est simple et deux guichets fermés de même par deux cloisons. Ces guichets servent îx faire pénétrer l'air et la lumière dans l'intérieur de la fruiterie, lorsqu'on veut nettoyer et aérer avant de rentrer la récolte.

Le plafond est formé de solives, entre lesquelles on tasse de la mousse, maintenue par des lattes et que l'on recouvre de pisé, le tout ayant une épaisseur de 0°',33. Une toiture en chaume, épaisse également de 0°",33, couvre le bâtiment. Le sol de la fruiterie est recouvert d'une couche d'asphalte ; les parois, murs et plafonds, doivent recevoir un lambris de sapin.

Les fruits sont placés sur des tablettes en sapin, qui garnissent tous les murs, de O'^^SO du sol jusqu'au plafond. Elles sont établies à O'^,^o les unes des autres et présentent une largeur de 0°',50. A partir du haut, ces tablettes sont inclinées, pour qu'on puisse voir à la fois tous les fruits qui y sont rangés. Cette pente va en diminuant jusqu'à i'^,oO du sol, où les tablettes sont horizontales. La figure 1786 représente, en perspective, la disposition de deux tablettes, l'une hoi'izonlale A, l'oulrc inclinée B:

celte dernière est en gradins, chaque degré ayant une largeur de O'",10r environ ; l'air circule entre ces planchettes,

Fi g. 1786.

comme le montre la figure. Les tablettes horizontales sont composées de feuillets de 0°',10, suffisamment espacés entre eux.

Le milieu de la fruiterie est occupé par une table destinée à recevoir momentanément des fruits et dont le dessus est muni d'un rebord de 0'",01 à 0°',02. Le dessous est pourvu de trois tablettes horizontales disposées comme les précédentes.

Enfin, M. du Breuil conseille, pour enlever l'humidité, l'emploi du chlorure de calcium, au lieu du procédé ordinairement employé et qui consiste à ouvrir les fenêtres, pour délerminei' des courants d'air plus ou moins intenses, ce qui tend à rétabhr l'équilibre entre les températures extérieure et intérieure et introduit dans la fruiterie un air beaucoup moins chargé d'acide carbonique. Le chlorure de calcium a la propriété d'absorber une très grande quantité d'humidité, environ le double de son poids ; il devient même déliquescent lorsqu'il a été interposé, pendant un certain temps, à fair humide. Celle substance est placée sur une table dont le dessus forme une caisse à rebord, inclinée et munie d'une petile ouverture sur le côté le plus bas ; le chlorure de calcium est posé Là bien sec, en morceaux poreux et non fondus, sur une

FUMÉE

FUMÉE

épaisseur de 0°^.08 environ. A mesure qu'il se liiiuéfie, la parlic li({uide tombe, par le déversoir, dans un vase placé au dessous.

On doit visiter la fruiterie tous les huit jours, tant pour enlever les fruits qui commencent à se gâter et ceux qui sont mûrs que pour surveiller Faction du chlorure de calcium, Fôter si Fatmosphère est assez sèche, c'est-à-dire si Fon voit apparaître des rides sur les fruits ; le renouveler, s'il est entièrement liquéfié et si l'humidité est encore trop grande dans le local.

Fiimalire, s. m. — Nom que l'on donne k un appareil qui se place sur le haut des tuyaux de cheminée pour favoriser l'appel de la fumée et empêcher le vent de la rahattre dans le conduit.

Fumée, s. f. — On appelle ainsi le mélange des produits d'une combustion parfaite et d'une combustion incomplète, mélange qui est entraîné dans l'atmosphère parle courant d'air chaud, sous la forme de nuages plus ou moins épais.

La plupart des foyers, et particulièrement ceux qui sont alimentés à la houille, donnent ainsi lieu h des produits de l'oxydation du combustible auxquels se trouvent mêlées des particules très fines de charbon, de matières pyrogénées, d'huiles empyreumatiques et même de fragments ténus et non altérés de combustible.

La fumée, pour ne parler que de celle ciue produisent le bois et la houille, a surtout de graves inconvénients dans les grandes cités, où des foyers nombreux sont sans cesse en activité. La loi a dû même intervenir pour reléguer loin des endroits habités certains établissements industriels, tels que les fabriques de noir animal, tant la fumée qu'ils dégagent est désagréable et insalubre. En outre, la fumée constitue toujours une véritable perte et souvent une perte considérable de combustible.

En supprimant la fumée, on peut donc faire disparaître une cause d'insalubrité et réaliser une véritable économie. On a imaginé, dans ce but, un grand nom- ])re d'appareils fumivores, c'est-à-dire destinés à consumer la fumée produite par une combustion incomplète. L'emploi de ces appareils dans toutes les usines de Londres et des environs a été, en Angleterre, prescrit, dès 18o3, par un bill du Parlement, provoqué par lord ' Palmerston. En novembre 1854, une ordonnance du préfet de police prescrivit également l'usage de fourneaux fumivores dans les usines de Paris.

L'étude des phénomènes qui se présentent dans la production de la fumée a conduit à ce résultat que, pour éviter celte production, il faut employer des combustibles qui ne contiennent que peu d'hydrogène, tels que le coke ou l'anthracite, ou faire en sorte que les produits volatils de la distillation se trouvent, à l'état naissant, mélangés avec une quantité d'air suffisante et portés à une température assez élevée pour que le mélange puisse s'enflammer. Des expériences de M. Combes, faites en 1846, avaient démontré qu'il fallait une grande quantité d'air pour arriver au second résultat, c'est-à-dire pour comburer les produits gazeux d'une combustion incomplète.

Ayant indiqué les données générales de cette importante question, nous n'entreprendrons pas la description des divers appareils ftimivores qui ont été mis en usage par l'industrie ; nous énoncerons seulement les principes particuliers sur lesquels repose la construction des principaux d'entre eux :

•1° V appareil Witty, connu depuis 1830, consiste principalement en une grille inclinée dans le sens de la longueur du foyer et que l'on charge par la partie supérieure, en poussant graduellement le combustible vers le fond du foyer, à mesure qu'il se transforme en coke incandescent et le remplaçant, sur le devant de la grille, par du com-

FUMÉE

FUMEE

bustible frais;. Les produits gazeux provenant de la distillation de la houille fraîche passent forcément sur le coke embrasé et s'y brûlent plus ou moins parfaitement. Dans le cas où ces gaz ne trouveraient pas une quantité d'air suffisante pour former un mélange combustible, il faudrait introduire de Tair frais dans l'appareil, soit par des ouvreaux, soit par le moyen d'une chambre à air.

2° Les appareils de Darcet dérivent, dans leur construction, du principe suivant: pratiquer derrière le fourneau, en face du foyer et à la même hauteur, une fente horizontale par laquelle l'air afflue et se mélange intimement aux produits de la distillation du combustible dont il détermine la combustion.

3° Les appareils de Wtje Williams sont fondés sur le même principe : une chambre à air en contact avec le foyer est composée de plaques de fonte percées d'un grand nombre de trous. L'air appelé par le tirage de la cheminée traverse ces trous et se mélange aux produits non comburés delà combustion de la houille sur la grille.

4° Les appareils à flamme renversée sont ceux dans lesquels la flamme appelée par le tirage est obligée de prendre un chemin opposé à celui que sa densité tendrait à lui faire prendre. Le charbon frais se place sur le charbon incandescent, se distille rapidement, et le tirage de la cheminée forçant les gaz combustibles à traverser une couche de houille embrasée, la combustion est entière ; mais le rayonnement est perdu et le faible rendement utile des combustibles par ce système y a fait renoncer.

M. Duméry, ingénieur civil, en cherchant à réunir les avantages de ce système à ceux d'un foyer ordinaire, a construit un appareil qui répond bien aux principales conditions d'un bon fourneau fumivore. M. Duméry a supprimé, en partie, la grille horizontale du foyer, n'y laissant que les deux barreaux du centre. A chacun des rcctanules formés

par les barreaux de la grille et par la paroi du foyer il a fait aboutir deux cornets circulaires ayant une de leurs ouvertures à l'intérieur et l'autre à l'extérieur. C'est par cette dernière que l'on charge le charbon que poussent, à mesure que la combustion l'exige, deux pistons presseurs courbes, placés des deux côtés du foyer et mus par une manivelle et des engrenages. Les cornets sont, en outre, munis de fentes destinées à l'admission de l'air atmosphérique. On opère de la façon suivante :

on remplit les cornets de combustible jusqu'à la naissance des fentes ; on place par dessus un lit de coke produit par la combustion de la veille, puis on allune parle haut. Le coke embrasé échaufl'eet enflamme la houille ; les carbures d'hydrogène qu'elle dégage prenant naissance en un lieu porté à la plus haute température et trouvant de l'air pur qui arrive par les fentes, se brûlent complètement. Cet appareil est, de tous ceux dont nous avons parlé, le seul qui pro • duise ainsi une combustion totale de fumée, même si l'on emploie les houilles les plus grasses.

Législation. Le propriétaire d'une maison moins élevée que celle du voisin, ne peut, h moins de servitude contraire, diriger vers celle-ci la fumée de la sienne d'une manière nuisible ou trop incommode.

Il faut, toutefois, pour que le voisin puisse se plaindre, que cette fumée soit épaisse , comme celle provenant de fours, forges, fourneaux et cuisines où l'on fait de grands feux.

En outre, pour qu'il y ait lieu à dommages-intérêts, il faut qu'il y ait eu préjudice réalisé et non pas probable.

S'il est reconnu qu'en raison de sa trop grande proximité ou de la nature de la fumée qui s'en échappe, le tuyau cause au voisin un préjudice dépassant les obligations et la tolérance ordinaire du voisinage, le propriétaire de la cheminée est tenu de reculer ou de surélever ce luvau.

FUMEE

FUMIÈRE.

Il n'y a pas de règles fixes à observer à cet égard : on a dit que le tuyau devait être reculé de 2 mètres au moins des fenêtres du voisin, qu'il ne pouvait pas y avoir, pour le propriétaire de la cheminée, obligation d'élever le tuyau de plus de 1 mètre au-dessus du faîte de la maison, etc. Perrin estime qu'en l'absence de prescriptions déterminées, il convient seulement de régler, en ne tenant compte que des circonstances particulières, la distance à observer, la hauteur h donner et les autres précautions à prendre pour éviter que la fumée ne cause au voisin un préjudice ou une gêne exagérés.

Parmi les cas particuliers qui peuvent se présenter, nous citerons le suivant : un appentis , n'ayant qu'un rez-dechaussée, est appuyé de deux côtés contre un mur mitoyen élevé à hauteur de clôture, et d'un troisième côté contre un pan de bois appartenant à un bâti-

ment de six étages (fig. 1787). A et B sont deux tuyaux : A celui d'une cuisine et B celui d'une cheminée. S'il y avait lieu à contraindre le propriétaire de l'appentis à élever ses conduits de fumée, il devrait les établir suivant le profil ci-joint (fig. 1788), en élevant un mur dossier dont le bas serait incliné au moins à 45 degrés. Celui qui aurait fait construire ce mur en resterait propriétaire jusqu'à ce que le voisin vînt à s'en servir. Il faudrait aussi avoir soin d'isoler les tuyaux d'au moins 0'^,\6 du pan de bois, comme il est indiqué sur le plan dans la même figure. Une largeur de 0°',16 suffirait aussi, ce nous semble, comme pied d'aile établi sur la

droite ,

largeur

réglementaire

de

^/.^MMm^

Fiff. 1788.

0°',30 ne nous paraissant pas devoir être

exigée dans ce cas.

Fumière, s. f. — Nom sous lequel on désigne tout emplacement adopté pour les fumiers dans une exploitation agricole.

L'exposition la meilleure pour une fumière est celle du nord, dans nos pays; il faut donc rejeter les fumiers dans la partie la plus septentrionale du domaine (1).

Le local doit être choisi le plus éloigné possible de la maison d'habitation.

Ordinairement, les fumières sont placées près des écuries et é tables dans l'axe de la cour. Il serait préférable, surtout dans une grande exploitation, d'établir une cour ou un emplacement spécial pour les fumiers derrière le logement des animaux.

Il faut toujours observer que le soldes fumières doit être imperméable; à cet effet, on le recouvre d'une couche d'argile battue de0°^,30 à 0°',oO d'épaisseur, sur laquelle on pose un pavage, un dallage ou un cailloutage, si l'on veut ren-

(1) Bouchard, Constructions rurales.

FUMIÈRE.

FUMIÈRE.

dre la surface capable cle supporter le poids des voilures. Les parois doivent également être ôtanclies.

II est bon de faire arriver les urines provenant des écuries dans les fumières ou les citernes à purin au moyen de rigoles couvertes et construites en maçonnerie hydraulique ou bien de tuyaux de conduite en poterie ou en ciment.

Des fosses ou des cavités étanches sont ménagées, soit attenantes aux ftimières, soit près des écuries ou étables, pour recueillir les liquides qui s'échappent des fumiers et qui tantôt servent à arroser ceux-ci pour hâter leur décomposition, tantôt sont employés eux-mêmes comme engrais. Ces récipients reçoivent le nom de fosses à purin.

Les fosses les plus simples sont des trous dont le fond et les parois sont revêtus d'une couche d'argile soigneusement battue ; si l'on craint l'éboulement du terrain environnant, on le soutient au moyen d'un revêtement en pierres, maçonnées avec de l'argile et placées au-devant du corroi dont nous parlons ci-dessus.

La forme de ces fosses est souvent cylindrique ; si elle est prismatique, il faut arrondir les angles. Le fond est en cuvette pour qu'on puisse, au besoin, opérer complètement la vidange.

La partie supérieure se ferme de plusieurs manières : tantôt, on établit une voûte, dans laquelle on ménage trois ouvertures : l'une pour le débouché des rigoles qui amènent les liquides, l'autre, pour le passage d'une pompe servant à l'épuisement, la dernière de 0°',60 à 0°',70 qui sert pour le curage et qu'on appelle trou d'homme ; tantôt, on couvre simplement avec des madriers placés les uns à côté des autres avec quelques centimètres d'intervalle.

Quelquefois, on laisse les fosses à l'air libre; il faut alors les entourer d'un garde-corps pour prévenir les accidents.

On extrait le purin de ces citernes, soit pour en arroser les fumiers, soit

pour le transporter dans les champs ; à cet effet, on emploie, soit des écopes et des seaux attachés à de longs manches, soit des pompes dites rustiques. Ces appareils sont des tubes cylindriques ou prismatiques en bois ; dans le premier cas, ils sont formés d'une seule pièce creusée à la tarière; dans le second, ils sont composés de quatre planches clouées, dont les joints sont calfeutrés au goudron. Ces tubes ont à leur partie supérieure un tuyau d'échappement ; le piston qui manœuvre à leur intérieur se rattache à une tige en bois ou en fer qui sert de levier.

Les fumières les plus simples et qui coûtent le moins sont celles qui sont établies au moyen d'aires disposées au niveau du sol, légèrement convexes ou concaves, ou même inclinées d'un seul côté, mais toujours de façon que leurs pentes se terminent à des rigoles qui les bordent ou les traversent et qui aboutissent à la fosse à purin. La forme de ces aires est celle d'un rectangle plus ou moins allongé (1).

Souvent, encore, le fumier est répandu sur toute la surface de la cour d'exploitation. Dans ce cas, la cour est entourée d'une chaussée empierrée de 5 à 6 mètres de largeur, qui sert aux besoins de la circulation. Le reste de la cour offre une pente légère vers un creux établi à Tune des extrémités ou au milieu et qui sert de réservoir aux parties liquides. Un large tuyau de drainage permet d'écouler le trop-plein sur une prairie voisine, dans le cas où les pluies feraient déborder ce réservoir.

Successivement étendu dans la cour, le fumier finit par occuper toute la surface. Ce procédé de conservation du fumier est défectueux, en ce sens que, sous une faible épaisseur, il est alternativement délayé par les pluies et desséché par le vent et le soleil.

Le mode de conservation des fumiers le plus généralement employé est leur

(1) Bouchard, Constructions rurales.

FUMIÈRE.

dépôt clans une fosse ou trou à fumier.

Ces fosses ne doivent pas être trop profondes; il faut les protéger contre rinvasion des eaux qui coulent à la surface du sol et les pourvoir de rigoles et de pentes qui facilitent Técoulement des parties liquides dans un réservoir placé à un niveau inférieur.

Les trous k fumier sont des cavités tantôt à parois droites, tantôt formées d'une ou de plusieurs pentes affleurant le sol d'un côté et s'enfonçant de Tautre à 1 mètre ou ta 1"%50. Les parois sont en maçonnerie hydraulique, les pentes pavées ou bétonnées.

On fait aussi quelquefois des hangars à fumiers, constructions légères formées de poteaux supportant une toiture en planches et qui ont pour objet d'empêcher Faction nuisible du; soleil sur les fumiers.

Les aires que l'on dispose sous ces abris sont analogues à celles que nous avons décrites plus haut ; on les entoure de rigoles conduisant les urines dans une fosse à purin.

Quelle que soit la disposition adoptée, il faut satisfaire aux conditions suivantes : IMe jus du fumier ou purin doit être recueilli, sans perte, dans une fosse étanche, d'où Ton pourra le retirer facilement, au besoin, pour être déversé sur le tas ; 2° le fumier doit être mis à Tabri des eaux courantes extérieures; 3° remplacement doit être suffisant pour qu'on ne soit pas obligé d'entasser le fumier à plus de S^'jBO de hauteur; 4" l'approche des voitures doit être aisée, leur chargement commode et les chevaux ne doivent pas avoir de trop grands efforts h faire pour enlever une charge ordinaire.

La figure 1789 représente une bonne disposition, empruntée à V Encyclopédie pratique de ragriculteur, de L. Moll.

Deux plates-formes destinées à recevoir le fumier sont établies de chaque côté d'une fosse à purin, où les liquides sont conduits par une rigole marquée en pointillé sur la figure. Le sol des plates-

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