‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 24 sur 232 · VOY · texte numérisé non relu

VOY

Comméiiioratif, adj. — Qualification que l'on donne à des monuments élevés en mémoire d'un fait important, militaire, civil ou religieux.

Les arcs de triomphe, les colonnes triomphales, les cippes , stèles, pyramides, etc. (voy. ces mots), destinés à rappeler le souvenir d'un combat, au lieu où il a été livré, sont des monuments commémoratifs (voy. Pierre).

Communs, s. m. pi. — Râtiments qui dépendent d'une grande babitation et qui contiennent les cuisines, caves, garde-manger, logements de domestiques, etc.

Se dit aussi des lieux d'aisances (voy. Latrines).

Compagnon, s. m. — Nom général que l'on donne aux ouvriers de plusieurs corps d'élat du bâtiment.

Le compagnon a, pour le servir, un aide (voy. ce mot).

On appelle maître-compagnon le cbef de chantier des maçons.

Compagnonnage, s. m. — Association d'ouvriers d'une même profession, dans le but de s'entr'aider, de se secourir, de se procurer de l'ouvrage.

Les compagnons se divisent en trois groupes principaux : les Enfants de Salomon, les Enfants de maître Jacques, les Enfants du père Soubise.

1" Les Enfants de Salomon, qui disent avoir reçu leurs statuts de Salomon lui-même, sont i^m'iagéi en Compagnons étrangers ou Loups (tailleurs de pierre) et en Compagnons du devoir de liberté dits Gavots (menuisiers, serruriers) ; les charpentiers vinrent s'adjoindre à ce groupe , sous le nom de Renards de liberté, après s'être séparés des Enfants du père Soubise.

2° Les Enfants de maître Jacques prétendent que le fondateur de leur société était originaire des Gaules, qu'il étudia l'architecture en Grèce et qu'il aida Salomon à construire le temple de Jérusalem. Dans celte catégorie sont classés les Compagnons passants ou Loups-Garous, qui sont les tailleurs de pierre ; les Compagnons du devoir ou Dévorants (de devoirants), qui sont les menuisiers et les serruriers.

3° Les Enfants du père Soubise comprennent des charpentiers qui se nomment drilles, des couvreurs et des plâtriers. C'est parmi ces derniers que le patron des charpentiers est appelé singe, le compagnon chien, l'aspirant renard, l'apprenti lapin.

Ces sociétés, dont l'origine est assez obscure, sont rivales entre elles ; aujourd'hui, elles semblent disparaître, particulièrement à Paris.

Compartiment, s. m. — Nom que l'on donne à des figures régulières disposées sur des lambris, des plafonds plats ou voûtés, des parquets, des pavages et qui sont en pierre, marbre, stuc, bois, mosa'ique, etc.

Les compartiments que l'on voit sur les voûtes sont ordinairement formés par des arcs-doubleaux ou des renfoncements de formes diverses, auxquels on donne le nom de caissons (voy. ce mot).

Les plafonds sont souvent aussi divisés en compartiments formés par la disposition des poutres ou principales pièces qui entrent dans leur construction.

COMPAS

COMPAS

Les compartiments de lambris sont les combinaisons diverses que présentent les pièces de bois qui les composent, telles que montants et traverses, etc.

Les compartiments de pavages se forment de parties semblables ou variées qui se distinguent entre elles par des couleurs différentes.

Les compartiments de jardins sont composés par des allées, des platesbandes, des pièces de gazon, des massifs qui peuvent se varier à rinlini.

Compas, s. m. — Instrument à branches de métal ou de bois qui sert à prendre des mesures de longueur ou d'épaisseur et à tracer des arcs pour Texécution d'épurés ou de dessins.

On distingue plusieurs sortes de compas :

1° Le compas à dessin A (fi g. 1125)

Fig. H25.

est formé de deux branches de cuivre ou de maillcchort munies de pointes en acier trempé et jointes ensemble à leur tête, au moyen d'un assemblage à charnière (|ui peut se serrer à volonté. Celui que nous représentons fer-mé est le compas à pointes sèches; on l'emploie piincipalcment pour mesurer les longueurs.

Le compas ouvert a Tune di3 ses pointes mobiles et retenue par une vis de pression dans un petit canal percé dans Tune des jaml)es; il sert à tracer des arcs de cercle sur le papier; à cet effet, on remplace la pointe mobile par un tire-ligne ou par un porte-crayon.

Pour décrire de très petits ai'cs, on

emploie un compas dit à baîustre, parce qu'il est surmonté d'une petite tête en cuivre ressemblant à un baîustre. Il est muni d'une vis qui maintient invariable l'écartement des branches. Il y a encore le compas à ressort, destiné au même objet et muni d'une tige d'acier coudé, dont l'élasticité tient les jambes constamment écartées ; on règle leur éloignement au moyen d'une vis qui les traverse toutes les deux. Le compas représenté en B (fig. 1125) est à baîustre et à ressort.

Un autre compas à dessin est celui qu'on appelle compas de réduction. Cet

Fig. 112G.

instrument est formé (fig. 1126) de deux doubles branches réunies à coulisse au moyen d'un bouton à vis que l'on peut serrer à volonté et autour duquel elles tournent. En faisant glisser le bouton dans la coulisse on modifie la longueur des branches, de façon que l'écartement des deux pointes les plus rapprochées soit, à volonté, la moitié, le tiers ou le quart de la distance des pointes opposées; pour faciliter cette opération, les branches sont graduées. Ce compas sert à réduire les dimensions d'une figure, d'un dessin ou d'un plan suivant une proportion donnée.

2° Les compas de charpentier sont de différentes formes :

Le compas d'appareillenr ou à épures, qui se compose (fig. 1127) de deux règles en bois jointes, à leur extrémité, au moyen d'un axe ou clou rivé, les antres bouts se terminant en pointes revêtues de fer ; les branches ont ordinairement 0"',60 de longueui'; cet outil sert à tracer les épures, mesurer les ouvertures d'angle, élever des perpendicu-

COMPAS. -

laires ou traits cassés sur Tépure et y porter des parallèles ; ■

m — COMPAS.

fixes et placées à une distance de 2/3 de

Fig. 1127.

Le compas de charpentier, proprement dit, tout en fer, ayant 0°',16 environ de longueur, et qu'on appelle encore compas de poche; il sert à tracer les coupes pour les assemblages, et aussi à piquer et à contre-jauger les bois mis sur ligne ;

Le compas à verge en bois (fig. 1128),

Fig. 112

qui est formé d'une règle de sapin ayant jusqu'à 5 à 6 mètres de longueur et portant deux poupées en bois de chêne percées chacune d'une mortaise dans laquelle entre la verge ; des cales passent en même temps dans les mortaises et sont pourvues d'entailles dans lesquelles on frappe au maillet des coins destinés cà fixer les poupées aux places qui conviennent ; dans la partie inférieure des poupées, sont vissées des pointes en acier, qui permettent de prendre exactement des longueurs et de tracer des arcs de cercle ; Le compas fixe, compas en fer à pointes

Fig. 1129.

mètre (fig. 1129); le dos de ce compas est gradué. On l'emploie pour mesurer la longueur des bois en grume et des bois équarris.

Les menuisiers se servent de compas analogues aux précédents.

3" Le compas à i 14 de cercle (fig.

1130) est un compas auquel on donne

Fig. 1130.

une ouverture fixe au moyen d'une vis de pression serrant l'arc dans la mortaise où il passe.

4° Le compas d'épaisseur k (fig. 1131),

Fig. 1131.

sert à prendre des épaisseurs et est foi*mé de deux branches courbes ayant chacune la forme d'un S. Ces branches sont égales entre elles et symétriques par rapport à un axe, où elles sont assemblées à charnière. Si l'on saisit un corps avec deux de ces pointes, l'écartement des deux autres en indique l'épaisseur.

Une variété du compas d'épaisseur est le maître à danser, représenté en B (fig. 1131), qui sert à mesurer le diamètre intérieur des objets creux.

GOMPLUVIUM.

COMPOSITE

S'' Les compas à ressort, A et B

Fiff. 1132.

(fig. 1132), ruii droit, TaiUre d^épaisseiir, sont formés de branches réunies par une lame de ressort; une vis de rappel maintient Técartement.

6° La figure 1133 représente un com-

Fig. Ii33.

pas droit dont les pointes sont munies à leur base de deux petites encoches qui facilitent l'ouverture des branches.

Comiieïx {Pierre de). — Pierre que Ton tire des carrières de Compeix, commune de Saint-Pi erre-le-Bost, arrondissement de Bourganeuf.

C'est un granit à grains fins et réguliers, domi-dur, gris-jaunâtre, ayant de 0°^,30 à 0"^,40 de hauteur d'assise.

On cite, comme emplois remarquables de cette pierre : les ponts du Palais et de la Cliassagne, sur le Taiirion ; la chapelle de Notre-Dame du Piiy ; le palais de justice de Bourganeuf.

Conipliiviuin. — Ouverture carrée placée au milieu du toit qui couvrait les quatre côtés de Vatrium (voy. ce mot) dans la maison romaine.

Composite, adj. — Nom que les architectes de la Benaissance ont donné à une ordonnance architecturale qu'ils ont classée la cinquième parmi les ordres anciens, mais qui ne diffère essentiellement de l'ordonnance corinthienne que par l'aspect du chapiteau.

Ce dernier membre, en effet, présente, à sa partie supérieure, la forme du chapiteau ionique à volutes angulaires et, au-dessus, le double rang de feuilles d'acanthe du chapiteau corinthien. C'est cette combinaison qui a fait donner le nom de composite à l'ordre entier.

Cet ordre n'est autre chose qu'un ordre romain, possédant les proportions du corintliien avec les volutes ioniques et quelques modifications dans l'agencement des moulures. Ce n'est pas une création, mais le résultat du caprice des innovateurs qui, sous les Césars, voulurent renchérir sur les Grecs et inventer du nouveau.

Le composite n'est donc qu'un ordre bâtard, sans aucun caractère qui lui soit propre. Il importe toutefois de faire remarquer que les architectes grecs et romains n'ont jamais établi de règles bien précises sur les détails et même sur les proportions composées de leurs ordres ; ils les modifiaient donc à leur gré, en conservant leur caractère principal , qui n'était pour eux qu'un type dont ils arrangeaient les beautés conventionnelles selon leur goût et leur génie particulier.

« Les anciens, et surtout les Bomains, dit Quatremère de Quincy, considèrent le chapiteau des colonnes plutôt sous le rapport significatif que l'allégorie pouvait y attacher pour rendre sensibles aux yeux la destination et l'objet des édifices, que sous le rapport des types caractéristiques de l'architecture. Le chapiteau corinthien, surtout, par la grandeur de ses développements, par la variété de ses aspects, par la facilité d'en modifier au gré de l'allégorie la décoration, par la richesse des sculptures qu'il comporte, fut celui qui servit

COMPOSITE. — 77

le mieux leur goût pour les symboles et la maguilicence des attributs ; aussi voyons-nous une quantité innombrable de cbapiteaux qui ont à peine conservé du corinthien la forme constitutive et dont le type primitif disparaît presque entièrement sous les emblèmes dont ils sont plutôt chargés que décorés.

(( L'iiabitude de changer arbitrairement la décoration du chapiteau corinthien livra bientôt sa composition, dans les édifices, au caprice des décorateurs. Du changement d'ornement, motivé par le plaisir ou le besoin de l'allégorie, on passa naturellement au changement même de la forme essentielle ; la fantaisie seule décida de ces variantes.

Après avoir vu des dauphins, des tritons, des trophées dans la composition d'un chapiteau corinthien, on vit des volutes ioniques, sans s'inquiéter du motif qui les y amenait ; le plaisir seul des yeux devint bientôt la règle de ces compositions et l'amour du changement n'eut plus d'autre borne que la possibilité de changer. »

Les Romains sont les premiers qui appliquèrent cette disposition à la décoration de leurs édifices et particulièrement des arcs de triomplie. Disparu pendant les périodes romane et ogivale, l'ordre composite fut remis en vogue à l'époque de la Renaissance ; certains architectes de ce temps, s'affranchissant des règles qu'on voulut alors imposer à l'art, introduisirent la variété dans l'ornementation des chapiteaux (voy. ce mot).

Nous donnons (fig. 1134) l'ordre composite proposé par Vignole et adoi)té dans sa forme et dans ses proportions par les architectes modernes.

Comme dans l'ordre corinthien, on donne en hauteur à l'entablement le quart et au piédestal le tiers de la hauteur de la colonne. Cette dernière dimension devant être égale à dix fois le diamètre de la partie inférieure du fût, on la divise en 20 parties pour avoir le modale (voy. ce mot); on a donc : pour

COMPOSITE

le fût de la colonne, 20 modules ; pour

Fiff. 1134.

l'entablement, 5, et pour le piédestal, 6 modules 2/3 ou 6 modules 12 minutes, en divisant le module lui-même en 18 parties ou minutes.

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