ES
exprime cette loi, en appelant i le raccourcissement proportionnel, P la pression exercée dans le sens de la longueur, L la longueur de la pièce, E le coefficient d'élasticité de la matière (quantité sensiblement constante, jusqu'à une certaine limite, pour un même corps), S la surface de la section.
Au-delà de la limite indiquée, le raccourcissement n'est plus proportionnel à la pression et, si l'effort augmente sans cesse, la rupture par écrasement a lieu. On a calculé les charges nécessaires pour produire la rupture immédiate par compression des matériaux de conslriiction y\o\. Écrasement). C'est bien au-dessous de ces limites que Ton doit se tenir dans lapraticpie.
1° Résistance des pierres. Dans une
COMPRESSION
COMPRESSION
même carrière, ce sont les parties les plus denses, les plus dures, les plus colorées, qui sont généralement les plus résistantes à la compression et, dans deux prismes semblables, les résistances sont proportionnelles aux aires des sections transversales.
La cliarge nécessaire pour produire Técrasement, dite force portante, diminue, quand labauleur augmente, par rapport aux dimensions de la base. On admet, dans la pratique, qu'il ne faut pas faire supporter à la pierre une charge permanente supérieure au dixième de la force portante et même, pour les pierres tendres, il convient de ne pas aller au-delà du vingtième.
Il résulte des expériences de M. Vicat que les pierres les plus résistantes sont les basaltes et les granits ; le vergeté (calcaire tendre) et les grès tendres sont au contraire celles qui possèdent la force portante la plus faible (voy. Écrasement).
Les briques les plus dures, le plâtre et les mortiers^ de chaux hydraulique atteignent la résistance des bancs- francs; les briques ordinaires, et les mortiers de chaux grasse, celle du vergeté de moyenne dureté.
2° Résistance des bois. Dans une pièce de bois comprimée dans le sens de sa longueur et ne pouvant plier avant de se rompre , les fibres se refoulent d'abord aux deux extrémités, s'infléchissent au dehors, puis se séparent en se brisant.
La charge de rupture, pour un cube de chêne, est de 385 à 462 kilogr. par centimètre carré ; pour un cube de sapin, elle est de 462 k 539 kilogr.; et cette charge reste à peu près la même, tant que la hauteur de la pièce ne dépasse pas 7 ou 8 fois le diamètre ou le plus petit côté de la section transversale.
Rondelet prend 420 kilogr. pour la force portante moyenne du chêne et admet qu'on peut donner aux pièces une charge permanente de 60 kilogr. par centimètre carré.
Cette résistance diminue quand le rapport entre la hauteur et le plus petit côté de la section dépasse le nombre 8 : appelons r ce rapport, K la résistance proportionnelle, p la charge permanente exprimée en kilogrammes , on peut, d'après Rondelet, adopter le tableau suivant :
60 Kilogr.
On peut donner au sapin une charge permanente de 80 kilogr. pour le sapin fort.
En général, la charge de sécurité est le dixième de la résistance à la rupture pour les constructions permanentes et le cinquième pour les constructions provisoires.
Bien qu'on ne fasse pas souvent usage de poteaux circulaires, on évalue leur résistance égale à celle de poteaux de même hauteur et de section carrée équivalente.
3° Résistance des métaux. La fonte et le fer forgé sont les métaux que l'on emploie surtout dans les constructions pour résister à des efforts de compression. Les supports en fonte présentent une résistance sensiblement constante pour des hauteurs qui varient de 1 à 5 fois la plus petite dimension de la section transversale ; quand ce rapport augmente, la force portante diminue considérablement. On admet, en général, que la charge permanente ne doit pas dépasser le cinquième ou le quart de celle de rupture.