CORDE
à l'époque même de sa construction, fait cesser la présomption de mitoyenneté et considérer comme propriétaire exclusif celui des deux voisins dont ils regardent riiéritage (C. civ., art. 654).
Ainsi, dans la figure 1183 (1), le corbeau indique que le mur appartient au propriétaire de Théritage du côté duquel il est placé.
Corbeille, s. f. — 1° Partie d'un chapiteau comprise entre Tastragale et l'abaque. C'est autour de la corbeille que se groupent les ornements.
Ce nom s'applique particulièrement au chapiteau corinthien.
2° Corbeille de terre : terme de jardinage qui désigne un ouvrage treillage, de forme souvent elliptique, que l'on place dans le parterre d'un jardin pour recevoir des fleurs.
Corbel (Mastic de). — Mastic gras dans la composition duquel entre, bien pulvérisé et passé au tamis très fm, le ciment fabriqué avec des tuiles et briques de Bourgogne et des gazettes de manufactures.
On emploie ce mastic pour remplir les joints des assises de pierre, les trous et les cavités qui s'y trouvent, et tous autres ouvrages qui demandent du soin ou qui sont destinés à être vus de près.
Corbin {Bec de). — Voy. Bec.
Cordage, s. m. — Xoy. Corde, Câble.
Corde, s. f. — Synonyme de cordage, cable (voy. ce mot .
On donne le nom de cordages à main à des cordes de chanvre de 2 centimètres de diamètre sur 4 mètres de longueur et dont on se sert, dans les échafaudages, pour attacher les boulins aux échasses et les boulins entre eux, pour les doubler, les consolider ou les rallonger. Les échasses sont souvent trop
^1) Majiuel des lois du bâtiment.
courtes pour atteindre la hauteur des constructions , qui dépasse parfois 20 mètres; on les rallonge aussi à l'aide de cordages à main, qui permettent de les réunir bout à bout. Suivant le besoin , on rallonge encore les échelles en les assemblant, par leurs extrémités, avec des cordages h main.
Ceux-ci servent encore, dans les manœuvres de la chèvre destinées à mettre les matériaux au levage, pour abaisser les leviers du treuil, quand on ne peut atteindre l'extrémité de ces leviers.
Dans les travaux de bâtiment, on n'a malheureusement pas l'habitude de prendre les précautions nécessaires pour assurer aux cordages la plus grande durée possible ; il peut en résulter, indépendamment de la perte occasionnée par une prompte usure, des accidents tels que bris de matériaux, blessures ou mort d'ouvriers , etc.
M. Lavezzari indique, dans la Revue d'architecture, deux préparations employées, sur le littoral du nord de la France, par les charpentiers de marine, les matelots et les pêcheurs pour la conservation des câbles, cordes, amarres, filins, etc.
La première de ces deux préparations est ainsi obtenue : on fait dissoudre dix à douze parties, en poids, de sulfate de cuivre (vitriol bleu) dans cent parties d'eau. Une bonne solution doit marquer 4^,0 à l'aréomètre Baume.
La seconde préparation consiste à faire macérer six bottes de tan dans un mètre cube d'eau, pendant un nombre de jours qui ne peut pas être moindre de quatre.
On laisse les cordes s'imprégner d'un quelconque de ces deux liquides, le temps de l'immersion variant avec la grosseur des cordes, puis on les fait sécher par la simple exposition à l'air libre. 3L Lavezzari préfère le sulfate de cuivre, parce qu'il empêche la rouille d'attaquer les pièces de fer avec lesquelles un cable ainsi préparé peut se trouver en contact.
CORDEAU
CORINTHIEN
Il importe aussi d'employer les cordages suivant le degré de résistance qu'ils peuvent présenter.
D'après Coulomb, les cordes portent jusqu'à 50 et 60 kilogr. par fil de caret (lil élémentaire de 8 millimètres de diamètre environ, fdé directement et tordu avec d'autres fils de caret pour former la corde).
Dans la pratique, on ne doit jamais dépasser 40 kilogr.
On appelle corde à nœuds une grosse corde avec laquelle on fait des nceuds également espacés. Les badigeonneurs s'en servent comme de soutien pour étendre les couches de badigeon ; ils fixent aux nœuds, à Taide de crochets, leurs jambières et leur sellette.
Cordeau, s. m. — Cordelette ou ficelle servant à tracer des lignes droites sur le terrain ou à battre et marquer des lignes sur les épures en grand et sur les pièces de bois.
Sur le terrain, on fixe le cordeau aux deux points par lesquels on veut faire passer une ligne droite, et on suit la direction avec un piquet; on obtient ainsi une trace rectiligne.
Pour marquer les lignes de sciage, les charpentiers enduisent la ficelle de
Fig. 1184.
sanguine ou de craie, la tendent entre
les deux extrémités de la ligne à tracer, la pincent par le milieu, la soulèvent dans un plan perpendiculaire à la face sur laquelle on veut faire le trait et la laissent retomber : ils obtiennent ainsi un tracé rectiligne coloré.
Le cordeau est en laine pour l'équarrissement qui se fait à la forêt et en coton grossier d'environ 0'°,002, pour le sciage de long et l'exécution des travaux. Il est ordinairement enroulé sur une bobine b (fig. 1184) qui tourne sur un axe dans lequel elle est enfilée ; un bouton c l'empêche de sortir et un manche d facilite l'usage de Tappareil.
Cordelière , s. f. — Baguette sculptée en forme de corde.
Cet ornement a été beaucoup en usage pendant la Renaissance.
On dit aussi câble (voy. ce mot).
Cordon, s. m. — Costructiox.
1° Sorte de bandeau ou moulure saillante régnant horizontalement sur un mur.
Le cordon difi'ère du bandeau en ce qu'il n'indique pas, comme ce dernier, un plancher, un étage, une arase; il établit seulement une division horizontale.
S"" Saillie rectangulaire ou arrondie i-égnant le long d'un mur de revêtement pour quai ou pour terrasse.
Serrurerie. Cordon de sonnette : nom par lequel on désigne l'ensemble de toutes les pièces qui permettent le tirage d'une sonnette. On appelle spécialement ainsi le cordon même de tirage.
Corinthien, adj. — On donne ce nom à l'un des ordres d'architecture, classé le quatrième par Vignole.
Des ordres grecs, le dorique, Vionique et le corinthien, ce dernier est celui qui comporte le plus d'élégance et le plus de richesse. Il ne faudrait pas attribuer à cet ordre l'origine que son nom semble indi(iuer. Ce n'est point à Corinthe, en elïet, que l'on trouvera l'idée primitive des formes q\\\ distinguent cet ordre.
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Longtemps avant que les Grecs eussent fait des colonnes et des chapiteaux, les Égyptiens avaient taillé des supports dont la tète recevait une ornementation tirée du règne végétal, et Tune de leurs espèces de chapiteaux présente la forme évasée, qui est celle du cliapiteau corinthien. Cette forme évasée, la plus naturelle de toutes celles qui pouvaient joindre l'apparence à la réalité de la solidité, était employée très fréquemment dans les édifices de FÉgypte, tantôt lisse et tantôt embellie de symboles ou de feuillages. On peut donc en déduire que son type ou sa forme élémentaire n'a rien de commun avec la décoration, et il suflit qu'il se trouve en Egypte, des chapiteaux dont la forme élémentaire soit en cloche renversée ou en vase orné de feuillages et de plantes, pour qu'on puisse aflirmer hardiment que ce chapiteau est originaire de cette contrée.
Quant à la question de savoir à quelle époque et comment les Grecs ont transporté dans leurs monuments cette forme et cette décoration, on ne connaît aucune autorité qui puisse aider à la résoudre.
D'autre part, il y a lieu de s'étonner quand on songe au petit nombre de monuments corinthiens que les Grecs nous ont laissés. La plupart de ceux que l'on trouve à Athènes et dans d'autres villes de la Grèce datent d'une époque postérieure à la conquête romaine. Ne doiton pas, comme le pense Quatremère de Quincy, attribuer cette disette d'ouvrages corinthiens chez les Grecs à la cupidité des Romains, qui trouvèrent dans cet ordre, mieux que dans tout autre, de quoi satisfaire leur orgueilleuse passion pour la richesse décorative? En effet, on peut observer, d'un côté , que l'ordonnance corinthienne étant la première par l'élégance, les marbres les plus précieux et les matières les plus riches durent y être employés ; d'un autre côté, que l'Italie et, en particulier Rome, possèdent une immense quantité de colonnes faites de
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marbi'es étrangers à Fltalie et d'une supériorité de travail incontestable. Du rapprochement de ces deux faits on peut conclure que la Grèce s'est vu enlever, avec ses statues les plus rares, la plus grande et la plus belle partie de ses colonnes corinthiennes. Aussi est-ce à Rome qu'il faut aller chercher les plus beaux modèles de l'ordre corinthien, tel que l'ont adopté les modernes.
Parmi les monuments anciens de ce style que possède encore la ville d'Athènes, la Tour des Vents et la Lanterne de Démosthène ont des chapiteaux (voy.
ce mot) fort éloignés d'offrir l'agencement de feuUlage caractéristique de ce qu'on est convenu d'appeler un chapiteau corinthien (voy. Chapiteau). Le chapiteau même, suivant les édifices, présente de nombreuses dissemblances, et l'on peut aflirmer qu'il n'existe pas deux monuments de cet ordre où les chapiteaux soient identiques. C'est ainsi que le temple d'Apollon à Bassae, l'ancienne Phigalie, présente un ordre corinthien grec dont le chapiteau ditïère absolument de celui de la Lanterne de Démosthène.
D'une manière générale, on observe que l'ordre corinthien comporte la plus grande magnificence d'ornements et s'accommode aussi de leur sobriété. Le fût de la colonne peut être lisse ou cannelé ; la base présente des ornements sculptés ou n'offre que des profils; la corniche et la frise, qui sont souvent accompagnées d'une riche décoration, sont quelquefois aussi très simples, sans qu'il en résulte aucun disparate. Le caractère de richesse (itVdché an corinthien tient donc aux proportions, aux formes, à leur disposition nombreuse et variée, autant qu'à la sculpture qui sert à enrichir les détails.
C'est surtout dans les temples en marbre construits par les empereurs à Rome que l'ordre corinthien se montre plus riche, plus élégant; ses formes se précisent davantage, et ses proportions deviennent plus harmonieuses ; la sculp-
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MO
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ture y est appliquée, et même avec profusion, à l'époque de la décadence.
Cet ordre disparait pendant le moyen âge ; on n'en retrouve quelquefois que
Fig. 1;85.
chapiteau. La Renaissance le remit en usage.
Nous donnons (fig. 1185) l'ordre corinthien proposé par Vignole et adopté, dans sa forme et dans ses proportions, par les modernes.
On donne en hauteur à Tentablement le quart, et au piédestal le tiers de la hauteur de la colonne. Cette dernière dimension devant être égale à 10 fois le diamètre de la partie inférieure du fût, on la divise en 20 parties pour avoir le module (voy. ce mot).
On a donné pour le fût de la colonne 20 modules, pour l'entablement 5 et pour le piédestal 6 modules 2/3 ou 6 modules 12 minutes, en divisant le module lui-même en 18 parties ou minutes. Vignole, pour rendre les proportions de l'ordre plus élégantes, exhausse le piédestal de 1/3 de module, ce qui lui fait 7 modules, et en donne 32 à Tordre complet.
Nous indiquerons ici les dimensions principales des trois grandes divisions établies ci-dessus :
l'' L'entablement comporte les hauteurs suivantes :
La corniche, 2 modules ;
La frise, 1 module 1/2 ;
L'architrave, 1 module 1/2.
2° La colonne se compose également de trois parties :
Le chapiteau, 2 modules 6 minutes ;
Le fut, 16 modules 12 minutes ;
La base, 1 module.
3° Le piédestal comprend :
La corniche, 14 minutes;
Le dé, 5 modules 10 minutes ;
La base, 12 minutes.
La partie supérieure du fût, immédiatement au-dessous de l'astragale, la face inférieure de l'architrave et la frise sont au même nu.
Nous citerons quelques-unes des dimensions remarquables, dans le sens horizontal :
La saillie de la corniche d'entablement, 2 modules 2 minutes ; la largeur certaines réminiscences dans l'aspect du [ du fût au sommet, 1 module 12 mi-
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mites ; la largeur du socle de la base, égale à celle du piédestal, 2 modules 14 minutes.
Comme modèles antiques de Tordre corinthien, nous pouvons citer Tare de Marius à Orange, la Maison carrée de Nîmes, le temple de la Sibylle à Tivoli, près Rome, le temple de Jupiter Stator, le Panthéon à Rome.
Comme exemples modernes, nommons, à Paris, Téglise du Val-de-Grâce, la Bourse, Téglise Notre-Dame de Lorette, etc.
Cormier, s. m. — C'est le sorbier domestique. Son bois, très fin, très dur, très compact, sert pour le montage des outils de menuisier. On en fait des fûts de varlopes, rabots, bouvets, etc.
Le cormier est le meilleur bois pour la sculpture, parce qu'il peut se découper dans tous les sens.
Le poids du mètre cube est de 900 à 914 kilogr.
Cornadis, s. m. — Nom que Ton
donne ta un agencement particulier de pour étables. Une cloison