‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 42 sur 232 · CORNE · texte numérisé non relu

CORNE

CORMCHE.

Dans le symbolisme des chrétiens, les cornes, armes naturelles des animaux qui fuient le joug ou s'efforcent de le secouer, sont Temblème de la violence, de la force, de la ténacité obstinée et aussi de la puissance du mal et des démons. C'est en raison de cette signification symbolique que les démons représentés dans les œuvres d'art hiératique sont presque toujours cornus : témoins ceux que Ton voit dans la voussure du portail central de l'église de Notre-Dame de Paris, à Saint-Gilles, en Dauphiné, sur les bas-reliefs de l'abbaye de Moissac, etc.

3° Corne d'abondance : ornement de sculpture qui représente, selon les uns, la corne de la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter et d'où sortent des fruits, des fleurs et toutes les richesses de l'art et de la nature ; selon d'autres, celle qu'Hercule enleva au fleuve Achéloiis.

La corne d^ibondance se remarque sur une infinité de monuments antiques; elle est l'attribut caractéristique de la déesse Euthijmia des Grecs, Abundantia des Romains.

On la place dans la main des villes pour indiquer la richesse de leur territoire ; dans celle des fleuves comme emblème de la fertilité qu'ils procurent. Quelquefois même, dans certains chapiteaux ioniques et composites de l'antiquité, les volutes sont formées ou remplacées par des cornes d^ibondance.

Co>STRucTio>\ Corne de vache : sorte de voussure ayant l'aspect d'un cône tronqué et qui sert à évaser l'ouverture d'un tunnel, d'une arche de pont ou, en général, d'un berceau quelconque ; on l'emploie également pour racheter la différence de saillie de deux constructions déjà existantes.

Supposons A'MR' (fig. 1189) la section droite d'un berceau ; prenons ce plan pour plan vertical de projection, et pour plan horizontal le plan de naissance; soient A'A et B'R, les traces des plans verticaux entre lesquels est com-

pris le berceau, et AC, BD, les traces

Fig. 1189.

des pieds-droits formant l'évasement.

Sur CD on décrit une courbe de tête ayant la même montée que la courbe A'MB'; cette courbe se projette en C'3ID' ; Tinlrados de la corne de vache est une surface gauche engendrée par une droite assujettie à rencontrer les deux courbes AB, A'iMB' et CD, C'MD' et à demeurer normale à la première.

Architecture militaire. Ouvrage à cornes (voy. Ouvrage).

Cornette, s. f. — Fer méplat qu'on place à l'encoignure d'un bâtiment pour la garantir contre les essieux des voitures.

Corniche, s. f. — Couronnement mouluré d'un corps architectural.

Les entablements, les piédestaux, les chambranles de poi'tes et fenêtres, les desssous de plafonds sont ornés de corniches.

Dans les monuments grecs et romains, la corniche est la troisième partie de l'entablement ; elle surmonte la frise.

On distingue :

La corniche à mutules (fig. 1190), qui est soutenue par des membres saillants et espacés entre eux de façon à se trou-

CORNICHE

CORNICHE

ver au-dessus des triglyphes : renlablcment dorique est ainsi couronné ;

Fiff. 1190.

La corniche à denticides, qui appartient à la fois aux ordres dorique et

Fig. 1191.

ionique ; la figure 1191 représente la corniche dorique à denticules et la

Fjff. 1192.

figure 119^ la corniche ionique d\après

La corniche à modillons ou consoles (voy. Modillon).

Dans Tordre toscan, la corniche est peu moulurée et sans ornements ; dans Tordre composite, elle a des moulures taillées, des denticules et des canaux sous son plafond.

La hauteur généralement donnée à une corniche est les deux cinquièmes de celle de Tentablement ; il n y a pas de règle pour les corniches de couronnement d'un édifice qui n'a pas d'ordre déterminé.

Les constructions romanes et gothiques sont décorées de corniches de formes très variées. Nous donnons ici deux corniches de l'époque romane : la

Vignole

Fig. 1193.

première (fig. 1193) est décorée de sculptures et surmonte des ornements en forme de canaux triangulaires ; la se-

Fig. M94.

ronde (fig. 1194) est portée par de pc-

CORNICHE

tites arcatures que soutiennent des modillons.

La pierre n'est pas seule employée pour ces couronnements ; on fait aussi des corniches extérieures en briques ou

— 114 — CORNICHE

en rapport avec le style de la décoration de la pièce.

Fig. 1195.

en plâtre ; la figure 1193 représente une corniche en briques supportée par des arcatures.

Les corîiiches en plâtre se traînent au calibre ; pour les former, on commence par fixer sur le mur, au moyen de rappointis, une masse de plâtre d'une saillie un peu inférieure à celle que l'on veut donner au couronnement ; on place une règle en bas de la corniche et parallèlement aux moulures, que Ton fait, à l'aide d'une couche de plâtre mou, en passant dessus, à plusieurs reprises, un calibre en t(Me ou en bois, dont la face est taillée suivant la forme des moulures.

Les corniches inléricurcs sont en plâtre ou en bois.

Les premières se traînent aussi au calibre; elles sont à gorge (dg. 1196) ou composées de moulures et d'ornements

Les corniches en bois sont formées de plusieurs parties assemblées entre elles

Fig. 1197.

à rainures et languettes. Les figures 1197 et 1198 représentent, la première une

Fig. 1198.

corniche à gorge aplalie, la seconde une , corniche à gorge plus baule que large ;-

CORiNIER.

CORNIÈRE.

enfin, nous donnons (lig. 1199) une cor-

Fig. 1199.

niche à modillons surmontant un entablement complet en menuiserie, comme on en place dans les décorations d'intérieurs.

Dans Tévaluation du prix des ouvrages, les corniches d'entablement en pierre sont mesurées comme des assises ordinaires. Dans les cormcte en plâtre, on compte la construction de la saillie masse au mètre cube et on applique des plus-values qui se rapportent à remploi de moellons neufs ou de moellons vieux pour saillie d'entablement.

Législatio:}. Des règlements administratifs sont imposés aux constructeurs pour les saillies à donner aux corniches et entablements en plâtre (voy. Entablement).

Cornîer, adj. — On appelle poteau cornier un poteau d'encoignure, dans une construction en charpente, soit en angle rentrant, soit en angle saillant.

Les poteaux corniers P (fig. 1200) montent de fond dans toute la liauteur

du bâtiment. Placés à la rencontre de deux pans de bois, ils leur servent de liaison, en même temps qu'ils réunis-

Fig. 1200.

sent ceux des différents étages. On les arme d'équerres en fer, dont les branches sont clouées et boulonnées sur les sabhères et les chapeaux.

Cornière, s. f. — Couverture.

1° Rangée de tuiles placée à la jonction de deux pentes de toit, pour servir à l'écoulement des eaux pluviales (voy.

Noue).

2° Canal de plomb à Tangle de deux corps de bâtiment.

Serrurerie. Barre de fer laminé à laquelle on donne la forme d'un V, les

Fig. 1201.

faces extérieures se rencontrant à angle

droit.

CORONARIUM OPUS. — 116 -

Les cornières servent à réunir entre elles les tôles qui composent les poutres des planchers et des combles en fer.

Ces pièces peuvent être formées de plusieurs façons, comme le montre en A et enB la ligure 1201, soit par une seule tôle, avec (juatre cornières, soit par trois tôles et quatre cornières également. Ces différentes parties sont reliées entre elles par des rivets.

Nous donnons (fig. 1202) un détail

CORROI.

Fig. 1202.

perspectif qui montre en C la cornière ; la tôle supérieure est enlevée et laisse voir les trous des rivets ; la partie coupée montre aussi remplacement du rivet qui traverse à la fois les deux cornières et la tôle verticale.

D'autres cornières, appelées éqiierres (voy. ce mot), servent à réunir les pièces qui se croisent.

Cornin {Molasse de). — Grès calcarifère, demi-dur, gris-verdâtre, à grains très lins, qui provient de la carrière de Cornin, commune d'Aix-les-Bains, arrondissement de Chambéry.

Cette pierre durcit à Tair. Sa hauteur d'assise est indéfinie. Le mètre cube pèse 2,250 kilogr. et la charge d'écrasement par centimètre carré est de 230 kilogr.

La molasse de Cornin a été employée à riiospice, au casino et à rétablissemeiil IIkm'iikiI (i'Aix.

Coroli tique, (/^//'. — Voy. Colonne.

Coroiiariiini opiis. — Pline et Vitriivc cm[)loicnl également celle expiession, le premier pour désigner les

festons et les bouquets que Ton représente avec le stuc, le second rapportant, en propres termes, que le marbre pilé et broyé est bon pour faire le coronarium opiis, c'est-cà-dire des festons, des bouquets et autres ornements légers.

Peut-être faut-il entendre par ce terme ce que nous appelons aujourd'hui couronnement ou bien encore un ouvrage en stuc employé pour orner une corniche.

Corps, 5. m. — Toute partie d'architecture en saillie sur le nu d'un mur, et qui sert de champ à quelque décoration.

On appelle corps de fond tout corps partant du pied d'une construction.

Corps de bâtiment : on a donné ce nom, par extension, au bâtiment luimême, seul ou compris dans un ensemble.

Corps de logis : bâtiment qui contient un appartement complet.

Corps de garde : local destiné à des soldats de garde et qui est généralement à rez-de-chaussée, isolé ou attenant k un édifice. Le corps de garde comprend: une chambre d'officier, une salle avec lits de camp pour les soldats, et un réduit, appelé violon, où l'on enferme les gens arrêtés.

Correcte, s. m. — Nom que l'on donne au chef d'atelier, au commis des menuisiers ; cet emploi correspond à celui du gâcheur parmi les charpentiers.

Le correcte trace les épures et en surveille l'exécution et l'application à l'atelier ; aussi doit-il connaître la géométrie élémentaire, le trait de charpente et de menuiserie et la pratique du travail.

Corridor, .s-, m. — Vestibule étroit et long (|ui sert de dégagement à plusieurs pièces d'un appartement, ou encore qui dessert plusieurs appartements.

Corroi, s. ni. — Enduit que l'on emploie contre les infiltrations, dans les ii

COSTIÈRES.

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