COTERIE
travaux hydrauliques, tels que réservoirs, bassins, aqueducs, etc. C'est un mélange de chaux et de ciment ou bien une couche d'argile pétrie, avec un peu de gravier fin.
Corroyer, v. a. — i'' Pétrir longuement la chaux et le sable avec de Teau pour faire le mortier.
^° Corroyer le bois : le dresser avec la varlope ou d'autres outils, en lui enlevant l'excédant d'épaisseur qu'il doit avoir.
Les outils employés pour corroyer le bois sont les rabots, galères, varlopes, guillaumes, bouvets (voy. ces mots).
Corte (Pierre-marbre de). — Calcaire cristallin saccharoïde, dur, grisbleuâtre , veiné , que Ton emploie comme marbre et que l'on extrait de la carrière de Line, commune de Corte, arrondissement de Corte.
Cette pierre porte de 0°',oO à 1°',20 de hauteur d'assise. Elle a été employée aux colonnes du palais de justice de Bastia.
Corvée, s. f. — Les ouvriers donnent ce nom à tout ouvrage qu'ils font en peu de jours ou même en quelques heures, par exemple, c'i une réparation accidentelle ou peu importante qu'ils exécutent dans une maison.
Corycœum. — Pièce d'un gymnase ou de thermes antiques dans laquelle on jouait à une espèce particulière de jeu, qui consistait à pousser et à repous- | ser, à coups de poing, un large sac suspendu au plafond et rempli de graines de gousses d'olive , de son ou de sable (1).
Costières, s. f. pi. — Faces latérales d'un coffre ou d'une souche de cheminée.
(1) Antony Rich, Antiquités romaines et g) ques.
Cote, S. f. — On appelle ainsi une mesure inscrite en chiffres sur un plan, mesure qui évite le recours à l'échelle, pour pouvoir apprécier les dimensions d'un ensemble ou d'une des parties.
Les cotes s'indiquent sur les plans au milieu ou dans l'axe des dimensions auxquelles elles se rapportent. Les lignes qui les joignent aux extrémités de ces dimensions se font en Xv?i\[?> ponctués ou en pointillés ou bien encore à l'encre rouge : ce sont les attaches qui se terminent par de petites flèches.
Cotes de niveau : en terme d'arpentage, chiffres qui, dans le nivellement, indiquent les différences de niveau.
Côte, s. f. — Architecture. Listel séparant les cannelures.
Maçowerie. 1° Côtes de dôme : saillies qui excèdent, dans le sens de la hauteur, le nu de la convexité d'un dôme, le partageant également à plomb aux jambages de'la tour et se terminant à la lanterne. Ces côtes. ^oni des baguettes ou des plates-bandes, quelquefois moulurées.
2° Côtes de coupe : saillies sur la douelle d'une voûte sphérique, la partageant également.
Serrurerie. Côtes de vache : fer carré en verge, grossier, rude, de plusieurs grosseurs, et qui se vend lié en bottes.
Vitrerie. On appelle côtes certains défauts du verre à vitres consistant en stries ou filets saillants qui se forment par un soufflage trop brusque pendant la vitrification.
Côté, s. m,
mot).
Bas-côtés (voy. ce
Coter, V. a. — Mettre les cotes sur un plan.
On dit : plan coté.
Coterie, s. f. — Nom que les ouvriers du bâtiment se donnent entre eux pour s'interpeller. On dit : la coterie peintre, la coterie charpentier, etc.
COUCHER
COULANDON
Cotières, s. f. pi.
titres.
Vov. Co^.- I
Cottage, 5. m. — Nom (|ue l'on donne, en Angleterre et, depuis quelques années, en France, à des maisons de campagne placées dans une situation pittoresque et dont rarchiteclure se marie bien avec les effets de verdure naturels ou artificiels qui Tentourent.
Cottes {Pierre tendre de). — Craie tendre de bonne qualité, provenant des carrières de Cottes, commune de Saint- Hilaire-Cottes , arrondissement de Béthune.
La hauteur d'assise de cette pierre est de 0°^,80 cà l°^,iO.
On cite, comme emplois remarquables : les châteaux de Fiefs, d'Enchin et de Fafay ; les églises d'Aire-sur-la- Lys, de Ham, de Rabecq, de Cottes, de Burbure, de Molinghem et de Nidouchelle.
Couche, s. f. — Charpente. Pièce de bois plate qu'on met sous le pied d'un étai pour lui donner plus de surface de base ou bien qu'on applique contre des terres pour les maintenir; dans ce dernier cas, les couches sont maintenues, soit par des contre-fiches, soit par des étrésillons (voy. Blindage, Étaiement).
On dit aussi couchis.
Peimlre. Couleur à l'iiuile ou en détrempe que Ton applicpie sur les murs, sur la menuiserie ou sur la chai-pente. On donne généralement plusieurs couches : la première se nomme couche d'impression.
Maçonnerie. Couche déciment : enduit de chaux et de ciment dont on fait le corroi d'un canal, d'un aqueduc, dune citerne, d'un réservoir.
CouelKM', V. a. — Coucher d\issiette : étendre la préparation destinée à recevoir l'or (voy. Assiette),
Couchis , s. m. — Charpente.
1° Pièce de bois horizontale ou verticale qui reçoit le pied ou la tète d'une contre-fiche, d'un étai (voy. Couche).
2° Madriers qu'on place sur les fermes d'un cintre pour supporter une voûte pendant sa construction.
3° xVssemblages de planches posées horizontalement dans une tranchée de fondation.
Ponts et chaussées. Lit de graviers qu'on met sur les madriers d'un pont pour y recevoir le pavé.
Maçonnerie. Lattis à lattes jointives clouées sur les solives d'un plancher pour recevoir l'aire en plâtre.
Couchoir, y. m. — Petit instrument de buis qui sert aux doreurs pour prendre les feuilles d'or.
Coude, s. m. — Bout de tuyau formant un angle plus ou moins ouvert et qui s'emboîte dan» une suite de tuyaux pour changer la direction d'une conduite.
On fabrique dans l'industrie des coudes et des contre-coudes prêts à être posés ; on en fait en tôle, en zinc, en fonte, etc.
Fer coudé : fer plié et formant angle.
Couder, r. a. et n. — i° Contourner en coude un tuyau, une barre de métal.
Une pièce peut être contre-coudée (voy. ce mot).
2*^ On dit que le plâtre coude, quand, en laissant couler une truellée, on voit qu'il commence à faire prise.
3° Fixer les ditTé rentes parties d'un treillage avec du (il de fer.
Coulage, s. m. — Yoy. Bétonnage, Couler.
Coulandon [Grès de). — Pierre que Ton tire des carrières de Coulandon, commune de ce nom, arrondissement de Moulins. ^
COULEUR
lOULEUR.
C'est un grès assez dur, blanc roux ou rougeâtre, grossier, dont la hauteur d'assise varie de 0™,33 à 0^,60 et qui pèse de i,900 à 1,960 kilogr. le mètre cube. La charge d'écrasement par centimètre carré est de 65 à 90 kilogr.
On cite, comme emplois remarquables, un pont sur l'Allier, la cathédrale, l'église Notre-Dame et le palais de justice à Moulins.
Coulanges-lès-Xevers {Pierre de). — Calcaire demi-dur (banc royal), blanchâtre, à grains très lins, que l'on extrait des carrières de La Grange-Carteau, commune de Coulanges-lès-Nevers, arrondissement de Nevers.
Cette pierre a de 0°',oO àl mètre de hauteur d'assise ; le poids du mèlre cube est de 2,020 kilogr. et la charge d'écrasement par centimètre carré, de 260 kilogr.
Couler, V. a. — 1° Couler une pierre : la sceller avec du plâtre , du mortier ou du ciment gâchés clairs ; on bouche le pourtour des joints au moyen dun solin, en ne laissant que deux ouvertures avec godets, Tune pour Tintroduction du plâtre ou du mortier, l'autre pour la sortie de l'air. Cette opération ne s'applique que pour les joints verticaux ou d'aplomb, parce cjulls n'ont pas de charge à soutenir.
Le plâtre ou le mortier ainsi gâché clair se nomme le coulis.
2" Remplir avec du plomb des joints de pierres, par exemple de dalles et de marches de perron, exposées à l'air.
3" Sceller avec du plomb des crampons de fer ou de l)ronze. Cette dernière opération se fait aussi avec le soufre.
Couleur, s. f. — On donne le nom de couleurs à certaines substances qui proviennent des trois règnes de la nature et qui, mises en suspension dans de l'eau, de la gélatine, de l'huile ou du vernis, forment une pâte plus ou moins
liquide que les peintres appliquent sur les objets, soit pour les protéger, soit pour produire différents effets.
Les qualités que doit présenter une couleur sont celles-ci :
1° Elle doit avoir une belle teinte, ce qu'on appelle une teinte riche;
2° Elle doit posséder la fixité;
3° Elle doit bien couvrir les objets, c'est-à-dire qu'étendue avec le pinceau en couche très mince, toutes les parties doivent être liées entre elles, de façon que l'objet peint disparaisse; pour atteindre ce but, il faut que la matière colorante qu'on délaie dans l'eau, l'huile ou l'essence, soit très ténue ; il est à remarquer, en outre, qu'une couleur couvre d'autant mieux qu'elle est plus lourde, et que les meilleures sont celles à base de plomb ;
4° Une couleur doit bien se mélanger avec les liquides dans lesquels on la délaie ;
5° Elle doit sécher rapidement;
6° Elle doit être insoluble dans l'eau;
7° Il faut qu'elle ne puisse être décomposée par son mélange avec les liquides dans lesquels on la délaie.
L'emploi des couleurs appliquées à la décoration des éditices est d'une telle importance et le déplorable effet qui résulte de l'inexpérience ou du mauvais goût dont témoigne fréquemment cet emploi, nous engage à entrer, à cet égard, dans quelques développements.
Examinons tout d'abord ce que l'on entend par le contraste des couleurs et rapportons-nous-en, pour cet objet, à une étude du savant chimiste M. Chevreul, qui a découvert et publié le premier la loi régissant ce phénomène.
Les peintres distinguent trois couleurs primitives : le rouge, \e jaune ei\e bleu. Si de cette gamme on retranche une ou plusieurs couleurs, celle qui est obtenue par le mélange des rayons constants est dite couleur complémentaire de la première ou des premières. Si, par exemple, on supprime le rouge, il aura le lY/t pour couleur complémentaire; ré-
COULEUR
COULEUR
ciproquemenl le rouge est complémentaire du vert. De même Yorangé est complémentaire du bleu, et vice versa.
Les physiciens ont reconnu qu'un rayon de lumière solaire est composé de rayons diversement colorés, qu'ils ont distribués en plusieurs groupes :
rouges, orangés, jaunes, verts, bleus, indigo, violets, et ils entendent, par couleurs complémentaires, celles qui, mélangées dans une certaine proportion, reproduisent la lumière blanche.
C'est ainsi qu'également le rouge est complémentaire du vert, l'orangé est complémentaire du bleu, le jaune du violet, etc.
Ceci étant posé, « si l'on regarde à la fois, dit M. Chevreul, deux zones également foncées d'une même couleur ou deux zones également foncées de couleurs différentes qui soient juxtaposées, c'est-à-dire contiguës par un de leurs bords, l'œil apercevra, si les zones ne sont pas trop larges, des modifications qui porteront, dans le premier cas, sur l'intensité de la couleur, et, dans le second, sur la composition optique respective des deux couleurs juxtaposées.
Or, comme ces modifications font paraître les zones, regardées en même temps, plus différentes qu'elles ne sont réellement, on leur donne le nom de contraste simultané des couleurs; on appelle contraste de ton la modilication qui porte sur l'intensité de la, couleur, el contraste de couleur celle qui porte sur la composition opti(iue de chaque co^/t^/tr juxtaposée (1). »
Juxtaposant deux couleurs o et j), M. Chevreul démontre qu'elles différeront le plus possible quand la complémentaire de 0 s'ajoutera à ;) et la complémentaire de ;) s'ajoutera à o. Ainsi, supposons l'orangé à côté du veit : le bleu, complémentaire de l'orangé, s'ajoute au vert, le fait tirer sur le bleu et le rend moins jaune. Le rouge, complé-
(1' La loi (lu conbaste simu'tané des couleurs, par M. Cliovrciil.
meataire du vert, s'ajoute à l'orangé, le fait tirer sur le rouge et le rend moins jaune.
Si les couleurs juxtaposées ne dilïèrent que par le ton, le ton le plus clair parait plus clair encore au point de contact, et le ton le plus foncé semble plus foncé ; les teintes paraissent dégradées, à partir de la ligne de jonction, Tune en clair, l'autre en foncé.
Les corps colorés et blancs juxtaposés deviennent, les premiers plus foncés, les seconds de la couleur complémentaire des premiers. Si l'on juxtapose des corps colorés et des corps noirs, le contraste de ton a pour effet de foncer le noir et d'abaisser le ton de la couleur juxtaposée.
Outre le contraste simultané des couleurs, M. Chevreul distingue : 1° le contraste successif des couleurs, c'est-à-dire l'ensemble des phénomènes qui se produisent lorsque les yeux, après avoir regardé des objets diversement colorés, aperçoivent des images de ces objets offrant la couleur complémentaire de celle qui est propre à chacun d'eux ; — 2° le contraste mixte, qui consiste en ceci : la rétine, impressionnée pendant un temps, par une certaine couleur, a une aptitude à voir, dans un second temps, la complémentaire de cette couleur et, de plus, une couleur nouvelle émanant d'un objet extérieur; la sensation produite est alors la résultante de cette nouvelle couleur et de la complémentaire de la premièi'e. Par exemple, si l'on fixe, pendant un instant, les yeux sur un papier rouge et qu'on les porte ensuite sur un papier bleu, celui-ci paraîtra verdàtre ; si, au contraire, on regarde d'abord du bleu, puis du rouge, celui-ci paraîtra orangé.
Parmi les applications diverses que M. Chevreul tire des principes qui viennent d'être exposés, nous en choisirons quelques-unes qui ont spécialement rapport à l'architecture et, en particulier, à la décoration intérieure des édifices.
Églises. On sait le mauvais effet
COULEUR
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que produisent des verres incolores transparents juxtaposés à des vitraux colorés ; il convient donc mieux d'employer exclusivement ces derniers dans tout l'ensemble que le spectateur peut embrasser d'un coup d'œil, la nef et le clueur. Les peintures placées près des vitraux colorés doivent être unies ou présenter des sujets très simples ; car leurs effets sont sacrifiés à ceux des vitraux. D'une manière générale, les tableaux doivent donc être proscrits des églises à vitraux de couleur.
La fenêtre en rosace et la fenêlre cintrée ou terminée en ogive des grandes églises gothiques sont les baies où les verres colorés produisent leur maximum d'effet et où ils présentent les harmonies de contraste les plus fortes, c'est-à-dire celles du noir produit par l'opacité des murs, des barreaux de fer, des lames de plomb avec les tons intenses du rouge, du bleu, de l'orangé, du violet et du jaune.
Dans les églises pourvues de verres incolores , l'ornementation intérieure consiste dans l'emploi du marbre, du porphyre, des métaux, du bois, de la mosaïque, de la peinture à fresque, de la peinture à l'huile et de la sculpture blanche et colorée. Il importe seulement de disposer et d'arranger tous ces objets convenablement, tant sous le rapport de leurs surfaces relatives que sous le rapport des effets de contraste produits par leurs tons naturels.
Musées. L'intérieur de ces édifices doit remplir cette condition essentielle que la lumière y soit aussi blanche et aussi vive que possible, mais diffuse et répartie également sur tous les objets exposés, de manière que toutes les parties en soient facilement distinguées par le spectateur.
Les ornements et les dorures doivent être d'un usage très restreint dans les musées de tableaux, pour ne pas nuire, par leur éclat, aux sujets représentés.
Dans les galeries où sont exposées des statues de marbre blanc ou de
I pierre blanche, il est convenable de recouvrir les parois d'un ton gris-perle, pour mieux détacher ces objets ; on peut même augmenter encore la blancheur des statues en peignant les murs soit avec une couleur chamois, soit avec du gris orangé. Un fond bleu-grisâtre donne à ces objets une couleur ardente très estimée de certains statuaires.
Enfin, un ton verdàtre, appliqué aux parois, procure aux statues une teinte rosée assez agréable à foeil.
Les salles où sont exposés des bronzes doivent avoir leurs murs revêtus d'une couleur rougeàtre destinée à exalter la teinte verdàtre de l'oxyde, et bleuâtre si l'on veut faire ressortir l'éclat du bronze métallique, qui ne possède pas encore cette patine, due à l'action des agents atmosphériques.
Dans les musées qui renferment des collections d'objets tels que plantes, animaux, minéraux, etc., qui doivent présenter aux regards du spectateur, sans modification aucune, leurs couleurs naturelles, il convient que les intérieurs des armoires, des cadres vitrés, des tiroirs où ils sont renfermés , soient peints en blanc ou en gris clair.
Salles de spectacle. Comme règle générale, les tons clairs doivent ici dominer, car les couleurs foncées exigent beaucoup de lumière pour être éclairées.
Les tons roses ou violets plus ou moins foncés, donnés au fond des loges ont l'inconvénient de produire sur la peau une teinte verdàtre. Une couleur vert pâle fait, au contraire, ressortir la fraîcheur des carnations rosées. Le devant des loges a moins d'influence à cet égard, mais il est bon d'éviter que le rouge y soit la couleur dominante et il faut que les dorures y soient employées avec sobriété pour ne pas nuire à féclat des peintures.
Le plafond n'agissant que par reflet comporte bien les peintures et les dorures.
Il en est de même pour l'avant-scène
COULEUR
COULEUR
et le rideau. Toutefois ce dernier, peinl eu rouge, dispose les yeux à voir verdàlre, comme nous l'avons expliqué plus haut, par relïet du contraste successif des couleurs.
Un rideau où le vert domine donne, au contraire, aux yeux la disposition à voir rose.
Habitations. Les lambris qui revêtent la partie inférieure des murs dans les pièces destinées à recevoir des tentures en tissus ou en papiers peints doivent être d'une couleur obscure plutôt que claire, parce qu'ils sont généralement cachés par les meubles que l'on place devant.
Il est nécessaire, en particulier dans nos climats, de donner aux appartements le plus de lumière possible, puisqu'on peut diminuer à volonté l'éclat du jour à l'aide de persiennes, de jalousies et de rideaux ; il faut donc donner aux tentures des tons clairs qui réfléchissent la lumière au lieu de l'absorber comme le font les couleurs obscures.
En outre, parmi ces tons clairs, il faut proscrire, pour les tentures unies, ceux qui appartiennent aux gammes du rouge et du violet, parce qu'ils sont défavorables aux carnations, ainsi que l'orangé, qui fatigue la vue par son intensité.
Parmi les couleurs franches, M. Chevreul recommande le jaune comme brillant et gai, se mariant bien aux meubles d'acajou, mais non aux dorures en général ; — le vert clair comme avantageux aux carnations blanches et pâles ou rosées, ainsi (ju'aux meubles d'acajou et aux dorures ; — le bleu clair, qui est moins avantageux que le vert aux carnations rosées, surtout à la lumière du jour, mais qui est particulièrement favorable aux dorures, ne nuit pas à l'acajou et se niai-ie très bien aux bois jaunes ou orangés.
Dans les tentures (jui présentent du blanc et une couleur franclie ou plusieurs tons appai'tenant à une même •iamme ou à des ûammes voisines, on
doit choisir celles qui offrent : 1° des dessins d'un ton clair, soit gris normal, soit gris coloré sur fond blanc ou linverse, et dans lesquelles le dessin est au moins égal en surface au fond ; 2" des dessins de deux ou plusieurs tons d'une même gamme ou de gammes très voisines, assorties conformément à la loi du contraste.
Quant aux bordures sur tenture monochrome ou présentant une couleur dominante, il faut déterminer à l'avance, si l'on veut obtenir une harmonie d'analogue, c'est-à-dire produite par des tons de même gamme ou de gamme voisine, ou une harmonie de contraste, tout en remarquant bien que la bordure doit trancher plus ou moins sur la tenture qu'elle accompagne.
Dans le premier cas , une tenture jaune avec une bordure en laiton, par exemple, produit une harmonie d'analogue. Dans le second cas, les combinaisons suivantes sont très convenables : pour tenture jaune, la couleur violette et la couleur bleue alliée au blanc, que le dessin représente des torsades, des fleurs avec leurs feuilles ou des ornements ; — pour tenture verte, le rouge et toutes ses nuances ; les jaunes d'or, peints sur fond rouge foncé ; les bordures de laiton ; — pour tenture bleue, l'orangé et le jaune, les bordures de laiton donnant ici des résultats encore meilleurs que sur le vert.
Ces principes, suivis d'exemples exposés d'une manière succincte, bien qu'un peu longue peut-être pour le cadre de cet ouvrage, suffiront pour indiquer la voie que M. Chevreul a le premier ouverte aux investigations de l'artiste sur les effets produits par les couleurs appliquées à la décoration.
Symbolique des couleurs. De tous temps les peuples ont attaché une signification paiticulière à chaque couleur, suivant sa nuance et l'usage auquel on l'a appliquée.
Dans l'antiquité, le vert, le rouge, le bleu, le blanc, représentaient symboli-