CROISILLONS
CROIX
Croisement, s. m. — Chemins de FER. Nom donné, dans un branchement, à la rencontre des rails intérieurs, c'est-àdire adjacents à l'entrevoie (voy. Changement).
On doit, en ce point, ménager des coupures, pour le passage des boudins
'n52n~Bs
Fig. 1287.
des roues ; la pointe (fig. 1287), formée par la rencontre A des rails est dite pointe ou cœur du croisement; les rails coudés R, en forme de patte de lièvre, sont les joues du cœur; à quelque distance de la pointe, en C, les rails qui viennent en prolongement des premiers se retournent pour former des contrerails qui sont parallèles à chacune des directions raccordées.
Croisillons, s. m. pi. -— Architecture. On donne ce nom aux deux bras ou branches du transept d'une église (voy. Transept).
Menuiserie. Tiges de bois ou de métal, en forme de croix, qu'on appelle aussi petits bois, et dont on garnit les châssis de croisée, d'imposte, etc.
Serrurerie. Morceaux de fer disposés diagonalement pour maintenir l'écartement des deux solives qui composent un
Fig. 1288.
poitrail en fer (fig. 1288) ou des tôles qui forment une poutre armée; tels sont certains arbalétriers dans les combles en fer à grande portée, dans les tabliers de ponts, etc.
On se sert aussi de croisillons , comme remplissages, dans divers ouvrages de serrurerie, tels que des grilles, des balustrades, etc.
Croissant, s. m. — 1° Morceau de fer ou de cuivre rond auquel on donne la forme de croissant et qu'on scelle sur les costières d'une cheminée, pour tenir la pelle et les pincettes ; on en fait à houles, à vases, etc.
2° Évidement pratiqué dans la platine d'une targette, d'un loqueteau, ou d'un verrou à ressort.
Croix, s. f. — Petit édifice ou ornement ayant la forme de l'instrument de suppUce du môme nom qui était en usage chez les Romains.
Au moyen âge, on trouvait dans les villes et les campagnes des croix de toutes sortes. On distinguait :
Les croix servant de limites aux propriétés particuhères et aux fiefs ;
Les croix commémoratives, destinées à perpétuer le souvenir d'un événement ;
Les croix d'expiation, qui rappelaient un crime ou un châtiment ;
Les croix de marché, qui surmontaient fréquemment une fontaine ;
Les croix de carrefour, élevées à la rencontre de plusieurs rues ou de plusieurs chemins ;
Enfin, les oroix de cimetière.
Les croix de carrefour portaient souvent l'image du Christ ; plus tard, on les consacra également à l'adoration de la Vierge ; la figure 1289 représente une croix de ce genre, en pierre, que l'on voit à Turcey (Côte-d'Or) ; on en a fait aussi en bois ou en métal.
Les croix de cimetière, très rares avant le xv^ siècle, sont celles dont il reste les plus nombreux spécimens, épargnés par le temps et la main de l'homme. Les plus importantes sont en pierre et sont remarquables par l'originalité, la naïveté et la variété de leur exécution, dues à la tradition , au goût général et au
CROIX
CROIX
souvenir du pays où elles sont élevées.
Fig. 1289.
C'est particulièrement en Bretagne que Ton trouve le plus grand nombre de croix de cimetière. Ce sont des socles en pierre , carrés ou octogonaux, portant une croix également en pierre , ornée d'un christ et entourée de personnages.
On trouve aussi des croix de fer ou de cuivre que Télégance et la richesse de leurs ornements doivent ranger parmi les œuvres d'art. Ces croix se composent généralement d'un montant et d'une traverse en fer carré de 0°^,04 de côté ; le montant est fixé, par le pied, dans un socle de pierre, et maintenu, dans son assiette, par quatre consoles. L'assemblage des montants et des bras est renforcé et la décoration de la croix com-
plétée par des liens, des découpures, des plaques en fer, etc., formant des dessins symétriques autour de la croisée des deux pièces principales.
Mais les croix les plus nombreuses étaient en bois et ce sont celles dont l'exécution se ressent le plus de l'originalité du talent de l'artiste ; malheureusement il ne s'est conservé qu'un très petit nombre de ces croix, en raison du peu de durée que présente la matière même dont elles étaient formées.
On place aujourd'hui des croix sur les tombes dans les cimetières. On les fait en pierre ou en métal ; nous don-
Fig. 1290.
nons (fig. 1290) une croix de tombeau en fer forgé.
On a trouvé, dans les catacombes de Rome, des croix peintes, comme celle que représente la figure 1291, empruntée à l'Histoire des beaux-arts de M. 3Iénard. La traverse était ordinairement munie de deux flambleaux allumés, et audessous de cette même traverse étaient attachées des chaînettes, soutenant, l'une l'A, l'autre l'w. Ces peintures représentent les croix dites stationnales, c'est-àdire celles qui se portaient dans les processions dirigées vers l'église où avait lieu, à des jours donnés, la célébration des saints mystères, et qui se
CROIX
CROIX
nommait station. Ces croix étaient quelquefois ornées de médaillons de métal
Fig. 1291.
représentant, en bas-relief, divers sujets sacrés.
Croix de clochers ou croix de couronnement : Les llèclies, les clochers sont souvent surmontés d'une croix plus ou moins ornée avec girouette ou coq (lig. 1292) et embase en forme de boule, de bague ou de couronne de feuillage. Ces pièces sont en fer et quelquefois d'une grande hauteur. Celle que nous donnons ici appartient à la flèche de la Sainte-Chapelle à Paris.
Les sommets des pignons, des com-
bles pyramidaux peuvent aussi être cou-
rir. 1292.
ronnés de croix en pierre ou en métal.
Fig. 1293.
La ligure 1293 représente ainsi une croix
CROIX