‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 60 sur 232 · CRIC · texte numérisé non relu

CRIC

CROCHET

met de séparer successivement le cail

Fig. 1263.

loii (lu gravier et le gravier du sable.

Cric, s. m. — Machine à l'aide de laquelle les charpentiers et les maçons soulèvent d'une petite quantité de lourdes charges.

Le cric se compose d'une crémaillère (fig. 1266) qui se meut au moyen d'un

Fig 126G.

système formé d'une roue dentée et de deux pignons (voy. ce mot) commandés par une manivelle. Tout le rouage et la partie inférieure de la crémaillère sont logés dans une boîte solide munie d'armatures en fer et d'un anneau qui facilite le transport de l'appareil. La manivelle est extérieure ; son axe est pourvu d'un encliquetage qui permet d'empêcher la barre dentée de redescendre sous le poids de la charge quand on n'exerce plus l'efforL La crémaillère porte en haut un croissant et en bas un crochet

faisant saillie hors de la boîte. On peut ainsi soulever des fardeaux placés à différentes hauteurs en appliquant contre eux, soit le croissant, soit le crochet.

Criques, s. f. pi. — Défauts des pièces forgées ; ce sont des fentes transversales qui proviennent de l'effet du martinet et indiquent généralement un fer aigre, c'est-à-dire cassant.

Cristal, s. m. — Verre composé de silicate de potasse ou de soude et d'oxyde de plomb (hthargej ; les serruriers l'emploient pour certains objets tels que boutons, béquilles, boules de rampes, etc. (voy. ces mots).

Crochet, s. m. — Architecture.

Ornement de sculpture appelé aussi feuille ù crosse et qui est formé d'une tête de feuillage ou d'un bourgeon enroulé.

Les crochets, employés surtout dans l'architecture du moyen ûge, ornent les chapiteaux, les frises, les arêtes de clochers, de clochetons, etc.

Les crochets apparaissent au xn'' siècle ; ils sont d'abord simples, à liges recourbées en volutes à leur extrémité ;

Fig. 1267.

ceux qui décorent les corniches (fig.

1267) prennent le nom de feuilles entablé es.

La figure 1268 représente une crosse végétale du même genre, sculptée sur une archivolte.

Aux xiv*^ et xv*' siècles, les feuilles

CROCHET

CROCHET

s'ouvrent et se redressent en présentant

Fig. 1268.

une double courbure, comme le montre

un crochet ornant un rampant de clocher de cette époque (fig. 1269). Menuiserie. 1° Patte coudée et den-

Fig. 1270.

lée, affectant diverses formes (fig. 1270) et qui, dans un établi, sert à retenir le bois, pendant qu'on le travaille.

Fig. 1271.

On fait aussi des crochets servant au

même usage et présentant les formes indiquées par la figure 1271.

2° Outil qui sert à creuser une partie arrondie plus large à l'intérieur qu'à

Fig. 1272. Fig. 1273.

l'orifice ; il y a plusieurs sortes de crochets (fig. 1272).

3° Crochet à mouchette : outil qui sert à faire une baguette dans l'intérieur d une pièce creusée (fig. 1273).

Serrurerie. 1° Fausse clef (fig. 1274) ; c'est le rossignol des voleurs.

Fig. 1274.

2° Barre de fer formant croc à Tune de ses extrémités et, à l'autre, portant un œil qui entre dans un piton. Le crochet sert à fermer un vantail de porte cochère.

On en fait de plus petits, qu'on em-

Fig. 1275.

ploie comme arrêts de persienne (fig.

1273); ils sont fixés par un piton sur la traverse d'appui de la fenêtre et leur portion recourbée entre dans un autre piton placé sur l'un des vantaux. Ces arrêts sont aussi ix\ip(i\és crochets ronds.

CROCHET

On en fait de plats, qui servent à la fermeture des armoires.

3° Crochets de rappel et d'espagnolette (voy. Espagnolette).

4° Partie recourbée qui termine une chaîne (fig. 1276) et qui permet d'a-

158 — CROCHET

De ces crochets, les uns sont en fd de

Fig. 1276.

grafer, dans le montage des matériaux, les charges que Ton veut enlever.

5° Objet en forme de potence, pour suspendre des étoffes (fig. 1277).

Fig. 1277.

6° Clous à crochet (voy. Clou).

Plomberie. Petites lames de fer plat à scellement ou clouées sur le bout des chevrons ou sur la sablière et placées, de distance en distance, pour supporter les gouttières (voy. ce mot).

Couverture. 1" Crochet de tuile : petit rebord qui retient la tuile sur la latte (voy. Tuile).

2° Petite ti-ingle en fer rond recourbé qui se fixe, de distance en distance, sur les chevrons, pour le service des couvreurs {\ig. 1278). Ces crochets sont attachés aux chevrons, à Taide de deux boulons.

3" Sorte d'agrafe qui s'oppose à l'action du vent sur les ardoises , en les maintenant par leur base sur le lattis.

Fig. 1278.

fer galvanisé ou de cuivre, les autres sont des bandes de zinc ou de laiton.

Nous donnons (fig. 1279) un exemple

Fig. 1279.

du premier système appUqué à un comble en fer et à un comble en bois. Dans la charpente en fer, la tête de lagrafe est fixée entre les chevrons à double T et la latte métallique, qui est formée par un fer en U vissé sur le chevron ; Tagrafe contourne la latte et est terminée à son autre extrémité par un crochet, qui soutient le bas d'une ardoise, tandis (pie la partie supérieure serre le haut d'une seconde ardoise et que ses deux côtés maintiennent les côtés de deux autres ardoises. Pour la charpente en bois, la même figure présente un détail en élévation et une coupe ; la disposition est semblable , seulement la tête de l'agrafe est terminée par une pointe qui la fixe sur l'arête supérieure de la latte en bois de la charpente.

CROISEE

lo9

CROISÉE

Parmi les crochets en lames de métal, nous citerons ceux qu'a imaginés M. Hugia. Chacune de ces attaches se compose, comme on le voit en A

(fig. 1:280), d une branche droite légèrement coudée et percée d'un trou en tête pour être clouée sur la latte, ainsi qu'on le voit en B ; le pied est replié en agrafe, comme dans le système précédent. De plus, le crochet porte une petite traverse M N faisant corps avec lui et qui a pour fonction d'engager ses deux branches sous les ardoises latérales du pureau inférieur, ce qui donne à l'ensemble la rigidité nécessaire. Le crochet C est employé pour lattis en métal et s'agrafe simplement sur la cornière formant latte, ainsi que le montre la coupe D. Cette dernière forme peut aussi s'employer pour lattis en bois, mais en clouant l'agrafe, dans sa partie coudée, sur la face supérieure de la latte.

Croisée, s. f. — Architecture.

1° Nom qui désignait, au moyen âge, les meneaux de bois ou de pierre, en forme de croix, qui divisaient en quatre parties Touverture d'une fenêtre.

2° Entrecroisement des nefs principale et transversale d'une église, donnant au plan de l'édifice la forme d'une croix.

3° Croisée iVogives : croisement des nervures d'une voûte d'arête.

Menuiserie. Ouvrage de menuiserie destiné à clore une fenêtre, tout en laissant pénétrer le jour. La croisée se compose d'un bâti dormant et d'un ou plusieurs châssis vitrés mobiles, avec ou sans petits buis.

Nous donnons (tig. 1281) l'élévation

: ' Il

Fig. 1281.

et la coupe d'une croisée à deux rangées de petits bois. Le dormant se fixe dans la feuillure de la baie au moyen de pattes à scellement. Les montants se nomment battants ; ceux qui s'appuient contre le dormant sont dits battants de noix; ceux qui se joignent, quand la fenêtre est fermée , sont les battants meneaux.

La figure 1282 représente le plan A d'une croisée ordinaire ; on voit en B le battant de noix, la noix étant une cavité circulaire pratiquée sur le montant du dormant et dans laquelle se loge une saillie de même forme, ménagée sur les montants du châssis mobile ; en C, les battants meneaux, avec fermeture dite à gueule de loup (voy. Battant); en D, la coupe donnant la traverse supérieure E du vantail ; l'un des petits bois F; la traverse inférieure ou jet d'eau G ; l'appui H.

CROISÉE

IGO

CROISÉE

Autrefois, .plusieurs rangées de petits

cSzssi^sriS

Fig. 1282.

bois horizontaux et verticaux divisaient la hauteur ; actuellement, on fabrique des carreaux de plus grande dimension et même des glaces, ce qui permet de

■- il

Fig. 1283,

ne placer qu'un seul petit bois (fig. 1283).

Les croisées se ferrent ordinairement de six fiches à bouton ou chantcau, ou de six petites paumelles, de huit équerrcs, d'une crémone ou d'une espagnolette (voy. ces mois).

Quand les fenêtres ont une grande élévation, on ne les fait ouvrir qu'à une certaine hauteur, au-dessous d'une imposte (jui s'assemble dans les dormants.

Si la baie est en plein cintre, Tiiiiposte

peut être placée à la hauteur des naissances de l'arc ou au-dessous, comme le

Fig. 1284.

montre la figure 1284, représentant une des grandes fenêtres du cluiteau de Saint-Germain-en-Laye , restauré par Millet.

On appelle croisée double, celle qui est posée à l'extérieur des tableaux des fenêtres ; on en fait usage dans les pays froids.

Croisée persienne (voy. Persienne).

Portes-croisées : portes qui ne dilïèrent des croisées ordinaires qu'en ce qu'elles ouvrent toujours à doucine ou à chanfrein et parce qu'elles ont à leur partie inférieure des panneaux pleins arrasés par dehors ou faisant corps sur le bâti, ce qu'on nomme panneaux recouverts.

Serrurerie. On fait aussi des croisées en fer. Nous donnons ici un svstéme de

CROISÉE

CROISÉE

fermeture de ce genre, inventé par

Fig. 1285.

M. Dumas, serrurier. La figure 1285 représente la coupe verticale de la croisée : A, traverses supérieures du dormant et du châssis mobile ; B, petit fer intermédiaire ; C, traverse inférieure et jet d'eau ; D, plan de lun des montants. Le châssis ouvrant est composé de deux fers b et c rivés ensemble, dont Tun b fait feuillure ; le dormant est formé d'un fer a, pour les montants et la traverse supérieure, et d'un fer d, pour la traverse inférieure. Les montants et les traverses des châssis sont reliés ensemble par des équerres rivées. La façon dont le dormant est arrêté dans la maçonnerie a pour but d'éviter la déformation produite dans les châssis des baies, quand il y a un tassement dans le gros œuvre : k cet effet, le dormant est retenu simplement, de chaque côté de la baie, au moyen d'une vis A (tig. 1286)

qui le serre contre la tige d'une patte à

Fig. 1286.

scellement B, une petite plaque de recouvrement se trouvant interposée entre la tête de la vis et la patte de scellement ; le dormant peut alors glisser entre les scellements, dont la tige en équerre se prête à ce jeu dans la longueur de 2 à 3 centimètres et permet ensuite d'effectuer de nouveau le serrage. Le châssis ouvrant peut également monter et descendre dans le dormant ; en effet, ce dernier possède une seconde section longitudinale faite au-dessus de la première et à l'extérieur de laquelle s'applique la fiche f, qui pénètre ellemême dans une rainure ménagée sur la face du dormant et dans laquelle cette fiche trouve un jeu de 2 à 3 centimètres; une vis c, taraudée, la fixe au dormant. La seconde partie de la fiche venant se poser sur la première, la partie ouvrante du châssis peut se lever ou s'abaisser de 2 ou 3 centimètres comme la lame elle-même de la fiche. Un jeu ménagé entre les feuillures du haut et du bas permet à ce mouvement du châssis mobile de s'effectuer sans inconvénient.

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