CROSSETTE
CROUPE
main levée, sur lequel on a inscrit les chiffres ou cotes indicjuant les dimensions de l'ensemble et des détails.
Crosse, s. f. — Nom que Ton donne à un ornement de sculpture formé par une tête de feuillage ou par un bourgeon enroulé et cjui était employé, dans l'architecture du moyen âge, pour orner les arêtes de clochers, de clochetons, etc. (voy. Crochet).
Crossette, s. f. — 1° Partie d'un claveau qui se retourne horizontalement (fig.1297) et repose à plat sur le claveau
Al
inférieur. Quand une voûte a ses voussoirs ainsi coupés, on dit qu'elle est appareillée en tas de charge (voy. Charge).
L'usage des crossettes est blâmé par certains constructeurs, à cause de la fragilité de la pierre, qui peut amener la rupture de la partie formant crossette. Toutefois, les claveaux tendant au centre sont toujours exposés à ghsser, malgré la résistance qu'opposent à cet effet les pieds-droits le plus solidement construits. On a coutume, pour combattre ces effets, de placer des barres de fer sous les plates-bandes ou des goujons de même métal dans les joints des claveaux. L'emploi des crossettes, si la pierre a de la consistance, est préférable à ces expédients. Les Romains en ont fait usage, pour les linteaux et les architraves, toutes les fois qu'ils n'ont pas pu les faire d'une seule pièce,
2° Ressaut d'un cadre ou d'un chambranle (fig. 1298). Les crossçUes sont
ménagées, soit à la partie supérieure de '
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Fig. 1298.
l'encadrement d'une baie, soit en haut et en bas; souvent même, chaque angle
Fig. 1299.
possède deux ressauts, l'un horizontal, l'autre vertical (fig. 1299).
Croupe, s. f. — On donne ce nom à l'extrémité d'un comble qui ne s'appuie pas sur un pignon et qui forme une pente triangulaire ; les grandes faces du comble, parallèles à la longueur du bâtiment, sont appelées longs pans; les rencontres de ces faces avec le plan de croupe se nomment angles d'arêtiers.
La croupe est droite, quand le plan supérieur est perpendiculaire au plan vertical mené par la ligne de faite, c'est-à-dire quand le plan du bâtiment est un rectangle ; la croupe est biaise, lorsque la forme du plan est un trapèze ou un parallélogramme,
CROUPE
La charpente d'une croupe se corn
CROUPE
Fig. 1300.
pose principalement (fig. 1300) d'une demi-ferme, dite ferme de croupe C, qui est placée dans le même plan vertical que le faîtage F et de deux demi- ferme s d'arêtiers A, disposées au droit des intersections des longs pans avec le pan de croupe. Ces trois demi-fermes ont un poinçon commun, le poinçon de croupe, qui reçoit l'extrémité du faîtage et est soutenu par une ferme transversale ordinaire B. Les arbalétriers d'arêtiers se réunissent au poinçon par leur sommet (voy. Arêtier). Ils reçoivent les extrémités des pannes, P, de longs pans et de croupe; la demi-ferme de croupe, qui n'est employée, du reste, que dans les combles de grande largeur, supporte les pannes au milieu de leur longueur.
Le tirant T (fig. 1301) de la demi-
Fig. 1301.
ferme de croupe, ou tirant de croupe, porte d'un côté sur le mur et s'assemble, de l'autre, dans le tirant de la ferme transversale. L'arbalétrier s assemble dans le poinçon. Les tirants des demifermes d'arêtiers, ou coyers, ne peuvent
guère se réunir à l'entrait, qui serait affaibli par la multiplicité des assemblages en un même point ; on appuie donc ces tirants sur des pièces G nommées goussets, qui s'assemblent ellesmêmes dans les entraits. Cet ensemble de pièces horizontales prend le nom d'enrayiire.
Les pannes de croupe et de longs pans se joignent bout à bout, sur les faces délardées de l'arêtier (voy. Délardement), dans le plan vertical passant par l'arête du comble et sont ordinairement reliées entre elles par des équerres en fer. Ces pièces supportent les chevrons, qui comprennent : 1^ deux chevrons de longs pans venant s'appuyer sur le poinçon ; 2° un chevron placé au milieu de la croupe, dit chevron de croupe ; 3** deux chevrons d'arêtiers, qui sont délardés en dessus et dont le dessous repose sur la face supérieure des pannes dressée à cet effet; 4° des empanons E (fig. 1300) ou chevrons de remplissage de la croupe et des longs pans, qui vont en diminuant h mesure qu'ils se rapprochent des angles de l'édifice. On les appelle empanons de croupe et empanons de longs pans; ces pièces reposent, par le pied, sur la sablière et sont assemblées à leur extrémité supérieure dans les chevronsarêtiers.
Le tirant de la ferme transversale doit être plus fort d'équarrissage que ceux des autres fermes parce que les poussées des arbalétriers de croupe et d'arêtiers, n'étant pas complètement détruites, sont reportées sur cette pièce ; aussi, pour rendre cet inconvénient moins sensible, on doit donner à la croupe une inclinaison plus prononcée que celle du long pan ; on y est du reste obhgé, pour réduire la longueur des arêtiers. Il en résulte qu'il faut dévoyer le poinçon, la ferme transversale et les fermes d'arêtiers; c'est-à-dire que les plans verticaux passant par les arêtes du comble, ne divisent plus les arbalétriers ni le poinçon en deux parties égales (voy.
Dévoiement).