CRU AS
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La charpente des croupes biaises reçoit quelques modifications. Si le biais du bâtiment à couvrir n'est pas très prononcé, la dernière ferme transversale reste perpendiculaire à la direction du long pan ; le chevron de croupe est dans le prolongement du faîtage et les empanons lui sont parallèles ; mais, si Ton veut que les faces latérales de tous ces chevrons soient comprises dans des plans verticaux, il faut délarder ces pièces en dessus et en dessous, pour que leurs faces supérieure et inférieure restent parallèles au pan de croupe ; les sections des chevrons deviennent des parallélogrammes; si on leur laisse la forme rectangulaire, les faces latérales ne sont plus verticales, mais perpendiculaires au pan de croupe ; c'est ce qu'on appelle : empanons déversés (voy.
Déversement). Lorsque le biais est très prononcé , on dirige obliquement la dernière ferme transversale et alors toutes les pièces sont délardées ou déversées.
Cru, adj. — 1° Une construction porte à cru quand elle n'a pas de fondations et repose sur le sol même.
S*' Plâtre cru : enduit en plâtre non recouvert de peinture ni de tenture.
Criias. — i° Pierre de Cruas : calcaire compacte, assez dur, blanc teinté de jaune et de rose, que l'on extrait des carrières de Cruas, commune de ce nom, arrondissement de Privas.
La hauteur d'assise de cette pierre varie de 0°^,2o à 1°^,20. Le poids du mètre cube est de 2,200 à 2,223 kilogr., et la charge d'écrasement par centimètre carré, de 560 à 620 kilogr.
On cite, comme emplois remarquables de \di pierre de Cruas : les églises d'Annonay et de Rourg-Saint-Andéol ; les escaliers et colonnes intérieures de la Bourse de Lyon, le pont d'Escoutay; les colonnes elle fronton de la préfecture et les ornements de l'hôtel de ville à Chambérv.
2° Chaux de Cruas: cette chaux, qui présente de l'analogie avec la chaux du Teil, s'emploie dans toute la France et s'exporte en Algérie, en Italie, en Espagne, en Russie et en Amérique.
Crussol {Pierre de). — Calcaire compacte, noduleux, très dur, blanc gris ou bleuâtre, susceptible de poli, que Ton extrait des carrières de Crussol, commune de Saint-Péray, arrondissement de Tournon.
Cette pierre porte de 0°^,50à l'^,30de hauteur d'assise et pèse de 2,600 à 2,650 kilogr. Elle s'écrase sous une charge de 870 h 1,000 kilogr. par centimètre carré.
Lsi pierre de Crussol a été employée notamment au pont, aux casernes et prisons de Valence ; au palais de justice et à une fontaine monumentale de Lyon ; à l'hôtel de ville d'Avignon ; à l'église de Crest (Drôme) ; au quai de Sèvres (Drôme) ; aux travaux de la navigation du Rhône entre Saint -Vallier et La Voulte, etc.
Crypte, s. f. — i° Caveau souterrain placé sous le chœur de certaines églises et destiné h. recevoir la sépulture des membres du clergé ou les restes de quelque saint.
L'usage des cryptes ou chapelles souterraines dans les églises chrétiennes est dû au souvenir des souterrains (catacombes) dans lesquels les adeptes de la nouvelle religion se réunissaient pour accomplir les cérémonies de leur culte.
On trouve encore, en France, dans les villes anciennes, des excavations qui rappellent les sanctuaires des catacombes de Rome ; mais c'est à peine si dans ces lieux obscurs et isolés, où la persécution forçait les chrétiens à se réfugiei-, on trouve la place suffisante pour un autel et pour une réunion de fidèles très peu nombreuse.
Lorsque le nouveau culte put être pratiqué au grand jour, les tombes des
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martyrs devinrent un point de réunion pour les chrétiens ; sur ces tombes s'élevèrent des chapelles, d'abord de peu d'étendue, puis des basiliques ; la sépulture du saint y fut conservée sous l'autel même et prit le nom de martyriiim ou confessio. On dut établir autour du sarcophage, que l'on retrouvait souvent isolé et enterré dans le sol, un caveau que l'on rendit praticable au moyen d'escaliers. La sépulture du martyr y demeura sous sa forme première ou fut remplacée par un autel-tombeau et la crypte se trouva constituée. Souvent aussi on retirait les restes mortels du saint de l'endroit où ils étaient découverts, pour les transporter au lieu fixé pour la construction de la basilique. La crypte recevait alors des dispositions prévues à l'avance et, par suite, mieux combinées avec la construction de l'édifice qui devait s'élever au-dessus.
L'église de Saint-Sabas présente une crypte où l'on descend par des escaliers dont le point de départ se trouve entre
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Peu ta peu les cryptes prirent un déve-
Fig. 1302.
les colonnes qui séparent la nef des bascôtés (fig. 1302).
Quelquefois on arrive à ces réduits par des escaliers pratiqués en avant ou en arrière de l'autel. La crypte du monastère de Saint-Praxède rappelle bien les excavations primitives des catacombes (fig. 1303).
Fig. 1303.
loppement de plus en plus considérable, jusqu'à devenir de véritables églises sou-
Fig. 1304.
terraines, comme le montre (fig. 1304) le plan de la crypte de l'église de Saint- Martin-des-Monts (1).
Souvent aussi on établissait sous l'autel un simulacre décrypte, étroit réduit, martyriiim ou confessio, pratiqué dans la hauteur produite par la dilTérence de niveau du sol du sanctuaire et de celui du chœur.
Une grille ou une tablette de marbre perforée fermait ce caveau, dans lequel on renfermait les reliques du saint ; les marches du sanctuaire étaient interrompues, pour permettre aux fidèles d'en approcher (voy. Martyrium).
La décoration des cryptes latines consistait enmarbres et porphyres provenant des temples païens, en peintures rappelant celles des catacombes, enmosa'iques
(1) Albert Lcnoir, Architecture monastique.
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telles qu'on en voit dans les églises de la même époque.
On ne trouve, en France, que des exemples très rares de cryptes se rattachant au style latin ; toutefois, nous citerons celle de l'église de Jouarre, que Ton regarde comme une construction mérovingienne du vn*' siècle. La voûte de cette crypte est soutenue par des colonnes de marbre des Pyrénées, à chapiteaux pseudo-corinthiens, avec des ornements peu saillants, comme toutes les sculptures de cette époque.
Les cryptes de la période carlovingienne, marquant la transition du style latin au roman, prennent plus d'étendue ou se multiplient.
La vieille église de Saint-Front, àPérigueux, présente trois cryptes : l'une sous l'emplacement présumé de l'ancien sanctuaire, les deux autres dans les ailes qui donnaient à l'édifice primitif la forme d'une croix.
La crypte de Saint-Laurent de Grenoble a la forme d'un rectangle avec en-
Fig. 1305.
foncements demi-circulaires ou absides pratiqués sur les côtés (fig. 1305).
Les traces de transition se reconnaissent dans les dix-huit supports de la voûte. Ce sont des colonnes d'ordre corinthien, à base attique, la plupart en marbre, et qui témoignent de l'inlluence romaine ; mais leur distribution auprès des murs et leurs lourds tailloirs s'écartent des principes de l'architecture latine.
Les cryptes romanes sont très variées dans leurs formes. Elles n'ont guère plus
de 3 à 4 mètres de hauteur et portent généralement des traces de peinture.
Ordinairement établies sous le sanctuaire, elles sont souvent construites sur plan rectangulaire, avec des voûtes sur colonnes; quelques-unes sont plafonnées sur leurs nefs étroites, celle de Vie (Allier), par exemple.
La figure 1306 représente le plan de
Fig. 1306.
la crypte de l'église de Vézelay, pourvue de voûtes reposant sur piliers.
La cathédrale de Ray eux , les abbayes de la Trinité k Caen, de Saint-Marcou (Manche), de La Couture au Mans, ont des cryptes surmontées de voûtes qui sont soutenues par des colonnes cylindriques disposées sur plusieurs rangs.
Fig. 1307.
La figure 1307, empruntée à VAbécédaire d'archéologie de M. de Caumont,
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représente le plan de \a crypte de Saint- Marcou.
Ces chapelles souterraines sont éclairées par des fenêtres étroites, ouvertes, soit sur le dehors de Téglise, soit sur les bas-côtés du sanctuaire. Dans ce dernier cas, le sol du chœur est plus élevé que le pourtour.
On descend dans les cryptes par des escaliers placés dans les transepts, dans la nef, près de l'entrée du chœur, ou de côté, dans les collatéraux.
A mesure que l'art roman se développa davantage, les cryptes s'étendirent au point de devenir de véritables églises souterraines. Nous citerons celles de l'Abbaye aux hommes, à Caen ; de la cathédrale de Chartres ; ^ de Saint- Eutrope, h Saintes; de Saint-Gilles, de Spire, de Sillé-le-Guillaume (Sarlhe).
Ces deux dernières cryptes occupent le dessous des transepts jusqu'à leurs extrémités.
L'usage des c/'?/pr^5 appartient surtout h l'époque romane; toutefois, on en trouve aussi qui sont postérieures au xu'^ siècle. Une partie de celles qui se voient sous le sol de l'église du prieuré de Cantorbéry datent de la période gothique.
L'église abbatiale de Saint-Denis offre une crypte dans laquelle toutes les chapelles placées au-dessus du sol se reproduisent avec de nombreuses dispositions souterraines, que relient entre elles des galeries de circulation. Le style de transition se reconnaît aux arcs aigus qui les surmontent et aux chapiteaux des colonnes.
Pendant le xni^ siècle, les supports que l'on voit dans les cryptes sont courts et placés sur des socles carrés ; sur les chapiteaux reposent d'épais arcsdoubleaux , qui séparent les voûtes d'arête.
Les cryptes du xiv° siècle diffèrent sensiblement, pour la décoration, de celles que nous venons de citer ; la forme octogonale domine dans les socles des bases et les tailloirs des chapiteaux.