CUNÉIFORMES
bile en fonte, le tout reposant sur de fortes pierres, qui répartissent la pression sur des parties de maçonnerie solidement établies. Toutefois, cet agencement est coûteux et n'offre pas toutes les garanties désirables : il vaut mieux que toute la maçonnerie ne- fasse qu'un seul et même bloc et, à cet effet, on en relie les différentes parties avec des armatures en fer ou des pièces de sapin qui, noyées dans la masse, sont indestructibles.
Les boulons et ancres qui servent à Tattacbe des câbles sont arrêtés habituellement sur des plaques de fonte, qui répartissent la pression sur une ou plusieurs assises de fortes pierres, disposées de façon à ne point être broyées sous l'effort des câbles, qui agissent, en ce point, sur une très petite surface.
On fait quelquefois des culées en bois pour les ponts en charpente. Elles se composent d'une pile de pieux recouverts d'une pièce horizontale appelée chapeau: c'est la culée proprement dite; de chaque côté , s'étendent des ailes construites de la même façon. La culée et les ailes sont revêtues de madriers placés horizontalement et de palplanclies verticales posées jointives. Derrière l'enceinte ainsi formée, on entasse des cailloux et du sable.
ARcmTECTURE. Cillée d^ arc -boutant :
pilier qui reçoit les retombées d'un arcboutant d'église (voy. Arc-boutant).
Ciilière, s. f. — Voy. Cuiller.
Culot, s. m. — Ornement de sculpture ayant la forme d'un calice d'où partent des rinceaux, des enroulements divers, des tiges, des palmettes.
Le culot sert à la décoration des frises (voy. Rinceau).
Culotte, s. f. — Bout de gros tuyau en plomb, tôle, fonte ou terre cuite et ayant une extrémité terminée par deux ou trois branches.
La culotte sert à réunir plusieurs tuyaux en une seule conduite.
On distingue : la culotte double (fig. 13^2) qui a deux embranchements
Fig. 1322.
et quatre ouvertures recevant deux descentes et la cuvette d'un siège d'aisances, et la culotte simple qui a un embranchement de moins.
Cunéiformes ou Cludif ormes
{Inscriptions). — On désigne ainsi les inscriptions que Ton trouve sur les monuments de l'Assyrie, de la Babylonie, de la Perse, de la Susiane, de la 3Iédie, de l'Arménie , etc. Ces désignations proviennent de la forme en coins, en clous ou, plus exactement, en fers de flèche des caractères qui les composent.
C'est seulement au xvn*" siècle que l'on connut, en Europe, quelques inscriptions cunéiformes , et l'on crut d'abord que ces caractères représentaient un genre particulier d'ornements.
Le voyageur Niebuhr est le premier qui ait essayé d'interpréter ces inscriptions; mais c'est le Hanovrien Grotefend qui a véritablement ouvert la voie.
On distingue trois systèmes d'écriture cunéiforme : le babylonien ou assyrien, le médique et le persan. Les caractères appartenant à ce dernier système sont les plus simples et les moins anciens : ils se distinguent par un emploi à peu près égal des traits verticaux et des traits horizontaux. Dans les inscriptions médiques, on remarque moins de traits verticaux et un emploi plus fréquent de Tangle.
L'écriture babylonienne est la plus compliquée des trois ; elle est caractéri-
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sée par la présence de traits diversement inclinés ou se croisant les uns les autres.
CURATOR AQUARUM
Gunette, s. f. — Maçonnerie. Le fond d'un canal d'égout. On dit aussi cuvette (voy. Égoiit).
Terrasse. 1° On appelle cimettes les petits fossés creusés le long d'une route entre les arbres qui la bordent.
2° Tranchée ou galerie que Ton pratique dans un massif de terre pour permettre d'activer le travail.
ARcmiECTURE militaire. Canal creusé au fond d'un fossé, soit pour Técoulement de Teau, soit pour s'opposer au placement des échelles et empêcher le cheminement de la mine.
Cuneus. — Mot qui signifie coin et qui désignait, dans un théâtre ou un ampliithéàtre romain, une série de gradins contenue entre deux escaliers et présentant l'aspect cunéiforme (voy.
Amphithéâtre, Théâtre).
Cuppilay, s. m. — Machine élévatoire employée aux Indes pour puiser de l'eau. C'est une outre en cuir attachée à des cordes tirées par des bœufs. La distance entre les poulies et la longueur des cordes sont combinées dételle sorte, que quand l'outre est plongée dans l'eau et, pendant qu'elle remonte jusqu'au sommet, l'ouverture et la pointe ou le fond se trouvent au même niveau.
Arrivée en haut, la bouche est tirée verticalement, et le fond, tiré horizontalement, déverse l'eau dans le canal d'irrigation. Les bœufs remontent la pente à reculons et l'outre redescend dans l'eau.
Curator aquarum. — Nom que
l'on donnait, sous les empereurs romains, à l'inspecteur des aqueducs.
Ces constructions exigeaient une surveillance continuelle, soit pour les entretenir, soit pour les réparer, soit pour veiller à ce que les particuliers ne déri-
vassent de l'eau dans leurs propriétés, sans en avoir obtenu l'autorisation et sans payer une certaine rétribution.
A l'origine, cette surveillance était confiée aux édiles et surtout aux censeurs, qui avaient, sous leurs ordres, des inspecteurs auxquels ils abandonnaient tout le soin des aqueducs.
Il y avait, en outre, un certain nombre d'esclaves, dont les uns étaient chargés de surveiller les aqueducs de la ville, les autres, ceux de la campagne. Auguste institua la fonction d'inspecteur particulier des eaux, sous le nom de curator aquarum. Ce dignitaire avait pour mission de voyager pour visiter tous les aqueducs, de les examiner avec soin et de vérifier la quantité d'eau amenée à Rome. Le curateur était assisté de deux adjoints quand il vaquait à ses fonctions ; il marchait avec une nombreuse escorte, composée de deux licteurs, de trois esclaves publics, d'un architecte et, en outre , de greffiers, d'expéditionnaires , d'huissiers , de crieurs en nombre égal à celui accordé aux fonctionnaires qui distribuaient le blé au peuple.
Frontin cite le sénatus-consulte qui avait réglé ces détails. Si le curateur agissait à l'intérieur des murs, les deux hcteurs étaient supprimés.
Les agents qu'il avait sous ses ordres devaient veiller à ce qu'aucune concession nouvelle ne fût faite sans l'ordre du prince ; régler la prise d'eau de chaque concessionnaire à ce qui lui revenait légalement, s'opposer aux fraudes de I tous genres, vérifier souvent l'état des 1 concessions hors de la ville et le nombre des fontaines publiques.
Ceux qui étaient spécialement chargés de ce dernier soin recevaient le nom de circuitores. D'autres noms étaient donnés aux divers agents suivant leurs fonctions particulières. Les villici âxmeni l'inspection des tuyaux, imprimaient la marque ou le timbre sur les calyces (robinets de prise d'eau). Les castellarii avaient la surveillance des fontaines
CURATOR AQUARUM
CUVETTE
publiques. Les silicarii avaient soin du pavé des grandes routes ; ils Tenlevaient et le remettaient, quand il fallait faire des réparations aux tuyaux qui passaient sous le pavé. Les tectores avaient soin des constructions qui soutenaient les aqueducs. Enfin, il y avait encore plusieurs autres classes d'agents dont les fonctions avaient pour objet l'entretien des aqueducs.
Lorsque le sénat ordonnait des réparations, ces agents pouvaient extraire des propriétés voisines tous les matériaux nécessaires, moyennant une indemnité préalable réglée par arbitrage. Le transport de ces matériaux s'effectuait à travers les propriétés privées.
Les édifices ne pouvaient être élevés et les arbres plantés qu'à une distance de 15 pieds (4°', 455) des fontaines et des substructions. Lorsque les aqueducs étaient entièrement enterrés , la distance était réduite à 5 pieds (1°',485) (1). Les curateurs connaissaient de tous les délits et jugeaient les contrevenants, qui étaient condamnés à 10,000 sesterces d'amende (2,300 francs) ; la moitié de cette amende était donnée au délateur, l'autre moitié était versée au trésor public.
Ces hauts fonctionnaires devaient vaquer aux affaires publiques et particulières qui rentraient dans leurs attributions, pendant le quart de l'année; mais cet usage tomba en désuétude, et la négligence des agents subalternes suivit de près celle de leurs chefs. Frontin rapporte, en effet, qu'il avait trouvé des eaux détournées pour arroser des champs, alimenter des tavernes, des salles de festins, des lieux de débauche, etc. Les eaux de plusieurs aqueducs tout entières n'arrivèrent plus à leurs lieux de distribution. Les riches propriétaires des villœ suburbaines détournaient, à leur profit, les eaux les plus réputées. Ce qui montre, d'ailleurs, jus-
(l) Bflyi'aïul, Les Eaux.
qu'cà quel point les abus, la négligence et la vénalité avaient envahi tout ce qui concernait le service des eaux, c'est qu'on vit les administrateurs proposer au prince de concéder l'eau provenant des fuites des fontaines publiques, et donner ainsi une sorte d'existence légale à ce déplorable état de choses, que l'on peut regarder comme une des causes de la destruction des aqueducs romains, malgré la solidité de leur structure.
Curcuma, s. m. — Matière colorante qui n'est autre que la racine du curcuma tinctoria ou de Yamomiim curcuma , de la famille des amomées.
Cette racine arrive sèche des Indes orientales. Pulvérisée, elle fournit une poudre jaune orangé, employée quelquefois pour la mise en couleur des parquets. Afin de rehausser sa nuance, on y mélange, soit de la graine d'Avignon, soit du carthame.
Curer, v. a. — Enlever le gravier, la vase ou le limon qui se trouvent au fond d'un puits, d'un fossé, d'un égoul, d'un canal.
Cuve, s. f. — Cuve baptismale (voy.
Fonts baptismaux).
Cuvette, s. f. — 1° Vase en entonnoir, de fonte ou de plomb qu'on place à chaque étage d'une maison au-dessous d'une fenêtre, pour que les locataires vident leurs eaux ménagères. Un tuyau d'embranchement conduit ces eaux dans le tuyau principal.
La cuvette se compose de trois parties : une pièce de plomb appliquée contre la muraille ; le devant, qui forme la hotte; une crapaudine (voy. ce mot), qui empêche les ordures de passer dans le tuyau.
Des cuvettes sont aussi disposées à la partie supérieure des tuyaux de descente, au-dessous de l'orifice d'écoulement des
CUVETTE
CUVETTE
chéneaux; celles qui sont en façade sont généralement ornées (fig. 1323).
Fiff. 1323.
Dans les angles des bâtiments, on place aussi des cuvettes dites cuvettes
Fig. 1324.
d'angle ; ces récipients affectent la forme indiquée par la figure 1324.
Pour Técoulement des eaux ménagères aux différents étages, les anciennes cuvettes en plomb sont ordinairement remplacées aujourd'hui par des appareils
Fig. 1325.
à bascule, en zinc ou en fonte (fig. 1325) qui se logent dans l'épaisseur des murs et qui forment cuvette, quand ils sont rabattus.
La pierre creusée, placée sur un pavage, au-dessous du dauphin terminant
une descente {ûg. 1326) , se nomme aussi cuvette ou dalou.
Fig. 1326.
Dans les cours des maisons, à l'endroit où affluent les eaux ménagères et les eaux de pluie, on place des cuvettes qui communiquent, par un orifice, avec un conduit destiné k -diriger ces Uquides dans le ruisseau de la rue. Ces appareils
Fig. 1327.
ont la forme d'une boîte (fig. 1327), au fond de laquelle tombent les corps solides en suspension tandis que les eaux s'écoulent par un orifice latéral.
On fait encore des cuvettes dites à interception, pour le même usage ; la figure 1328 représente une cuvette de
Fig. 1328.
ce genre, pour ruisseau. On voit en A,