‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 74 sur 232 · DAIS · texte numérisé non relu

DAIS

Daignac {Pierre de). — Calcaire tendre, durcissant à l'air, blanc, à grain fin, qui provient de la carrière de Lagrange, commune d'Espiet, arrondissement de Libourne.

Celte pierre porte de 0°',33 à O'^^'dl de hauteur d'assise.

Elle a été employée notamment à la flèche Saint-Michel, à l'église Saint- Seurin, à l'église des Augustins, aux magasins généraux de la Gironde, à la caserne La Lorraine, aux nouvelles casernes, et à l'hospice des Sourdes- Muettes, à Bordeaux.

Dais, s. m. — Ouvrage d'architecture et de sculpture formant saillie au-dessus d'une statue et servant à la couvrir, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des édifices.

Les dais ne furent d'abord, au commencement de l'époque romaine, que de simples pierres ou dalles en encorbellement formant partie d'une assise ; plus tard, on les orna de sculptures et on leur donna la forme de murailles crénelées avec tourelles.

Au xni° siècle, ces sortes d'abris devinrent de véritables édicules ornés de contreforts, de pignons, d'ogives, etc.

Le xiv" et le xv^ siècles déployèrent dans ces ouvrages une richesse de décoration plus grande encore : nous donnons (fig. 133:2) les faces antérieure et latérale d'un dais du xV' siècle, couvrant une niche (pii était située au-dessus de

la porte dans la cour du collège de Baveux, à Paris.

Fig. 1332.

La Renaissance, tout en reprenant le style classique, conserva l'usage de ces couronnements, en y apportant une grande délicatesse d'ornementation. La figure 1333 représente un dais de celte

DALLAGE

DALLAGE

époque, qui sert d'abri à une niche sur-

Fig. 1333.

montant les colonnes placées de chaque côté de la porte de TégUse Saint-Maclou, à Pontoise.

On donne encore le nom de dais au ciborium couronnant un autel, au baldaquin posé au-dessus d'un trône ou d'un lit, à Vabat-voix qui surmonte une chaire (voy. Abat-voix, Baldaquin, Ciborium).

Les stalles de certaines églises sont également recouvertes de dais (voy.

Stalle).

Dallage, s. m. — Revêtement que l'on fait sur le sol, en pierres taillées appelées dalles (voy. ce mot), et qui est assez solide pour résister à l'usure résultant du frottement des pieds, à la charge des corps et aux chocs accidentels. On a donné, par extension, le même nom aux enduits en bitume, en asphalte et en ciment.

Les dallages en bitume et en asphalte s'emploient pour les trottoirs, les chaussées, les cuisines, les caves, rez-dechaussée, passages de portes-cochères, écuries, etc. (voy Bitume).

Les dallages en ciment (voy. ce mot)

se font en ciment de la Porte-de-France, de Portland ou de Moissac.

On exécute encore quelquefois des dallages en fonte, composés de plaques minces (0°',01 environ d'épaisseur), striées sur leur face supérieure, fortifiées en dessous par des nervures plus ou moins espacées, et posées simplement les unes à côté des autres ; ces revêtements ont l'avantage d'être durables et incombustibles, mais ils sont d'une couleur désagréable et leur surface striée empêche de les maintenir dans un état convenable de propreté.

Pour qu'un dallage en pierre soit bon et durable, surtout à l'air libre, il faut que la pierre employée ne soit pas posée en déht, qu'elle ne soit pas gélive ni trop tendre.

On utiUse souvent ce mode de revêtement pour les cours fréquentées par les piétons, particulièrement dans les cours ornées, entre les passages destinés aux voitures, et dans celles où il se fait une grande déperdition d'eau. Les dalles dont on se sert, ont de 7 à 16 centimètres d'épaisseur ; elles sont posées sur massifs en maçonnerie, sur béton, sur forme de sable, ou même sur le sol naturel et à bain de mortier. Si ces dalles sont rejointoyées en ciment, Vaire est imperméable.

L'emploi des pierres plates, dures et polies pour revêtir les aires des rez-dechaussée, dans les édifices ou dans les habitations particulières, est très ancien. Les Romains se servaient, comme dalles, de matières précieuses, telles que le marbre, le porphyre, le granit ou le jaspe; on cite, comme dallages remarquables dont il existe encore des traces, ceux du Panthéon de Rome et de la basilique du forum de Trajan.

On a trouvé dans les bains antiques de l'Italie un mode de dallage particulier, formé de la manière suivante : de petits massifs carrés de briques étaient établis sur le soi, assez rapprochés pour servir d'appuis à de grands carreaux en terre cuite, destinés à former un pre-

DALLAGE

DALLAGE

mier dallage ; au-des&us, étaient placés une couche de mortier de 0°',02 à 0'°,03 d'épaisseur, puis un enduit de mortier plus fin et, en dernier lieu, les dalles de marbre ou les mosaïques qui devaient composer le sol de Tédifice. Ce mode de dallage a été également employé dans les temples, probablement pour éviter l'humidité. Dans les bains, on profitait de cette disposition pour faire circuler l'air chaud sous les salles (voy. Hypocaiiste).

On trouve encore le pavage en dalles de marbre dans les premières basiliques chrétiennes, et dans les monuments divers des ni^ et iv* siècles. On donnait le nom iVopus tessellatiim à ce genre de dallage à grands compartiments, qui était usité dès les temps les plus reculés, ainsi qu'on le sait par les pavages des temples de Psestum et de Séhnonte.

Ne disposant pas des matières précieuses que pouvaient utiliser les anciens , les architectes du moyen âge , pour décorer les aires des édifices, employèrent les incrustations faites dans des dalles de pierre calcaire dure , remplies de plomb ou de mastics colorés en noir, en vert, en rouge, en brun, etc., et figurant des dessins variés. Ces dallages ont été rapidement détruits, soit par le passage fréquent des fidèles, qui en usait la surface, soit par la coutume qui s'établit d'enterrer sous le pavé des églises des membres du clergé et même des personnages laïques.

Dans les habitations privées, comme dans les édifices pujjlics, l'emploi des dallages était répandu ; les grandes salles des châteaux, des évéchés, des hôtels de ville, étaient pavées en dalles de pierre dure. Ces dallages étaient souvent décorés d'incrustations de pierres de couleur ou de mastics, ou bien encore les dalles alternaient avec des stucs peints.

A la même époque, on a appliqué à la couverture des édifices un système de dallage en pierres ou en tuiles de grandes dimensions posées à bain de mortier.

Mais, quelque soin que Ton apportât à la pose de ces dalles, elles absorbaient l'eau et maintenaient sous les voûtes une humidité permanente. Aussi, les constructeurs du xm® siècle commencèrent-ils à poser ces dallages sur des arcs au-dessus des voûtes, de manière à ce que l'air pût circuler entre l'extrados de celles-ci et le dessous des dalles. De plus, ils eurent soin de tailler la surface de ces dernières en forme de cuvette, pour faciliter l'écoulement des eaux pluviales.

De nos jours, on emploie peu les dallages pour la couverture ; on s'en sert principalement pour le revêtement du sol des vestibules, des trottoirs, pour le couronnement des murs d'appui, le recouvrement des aqueducs, etc.

Dans l'évaluation du prix des ouvrages de maçonnerie, on considère comme dalles toutes les assises de pierre posées horizontalement ou verticalement et dont l'épaisseur ne dépasse pas O'^/IO, et on les paye au mètre superficiel.

Le prix qu'on leur applique comprend : l*' la valeur de la pierre, fourniture et déchet ; 2° la taille des lits et joints ; 3° le bardage à 100 mètres ; 4° le roulage sur le tas, le fichage, la pose et les évidements ; 5° la valeur des sciages, en totalité ou en partie, qui peuvent former lits.

On compte à part : 1° la descente ou le montage ; 2° le double transport, c'est-à-dire la location du chantier et bardage de ce chantier à pied-d'œuvre, soit à Paris, 6 francs par mètre cube ; 3° le règlement de dimensions comme longueurs et largeurs ; 4° les joints en ciment ou limaille ; S° le ragrément, c'est-à-dire le ral)attement des balèvres avec passage au grès (1).

Si les dalles sont appliquées verticalement contre un mur, on compte, en plus, les trous, entailles et scellements nécessaires aux pattes qui doivent les maintenir.

(1) MasscWn, Dictionnaire raisonné du métré.

DALLE

DALLE

A Paris, on applique un prix unique, par mètre superficiel, pour les dallages de granit de 0°',10 d'épaisseur formant le revêtement des trottoirs , compris toutes tailles, dressement de rencaissement, forme de sable de plaine de 0°',10 d'épaisseur, arase ou enduit en mortier de chaux hydraulique de sable de rivière de 0'^,0:2 d'épaisseur, pose et joints en ciment romain.

Les enduits en bitume factice ou en asphalte se payent au mètre superficiel; le premier reçoit ordinairement 0°',0io d'épaisseur et prend une plus-value pour chaque millimètre en plus. L'enduit en asphalte reçoit la même épaisseur et se paye également au mètre carré ; le prix par mètre comporte l'emploi de 23 cà 24 kilogrammes d'asphalte avec bitume et de 12 à 13 kilogrammes de gravier. On ajoute une plus-value pour cannelures.

Lorsque le travail est exécuté par petites surfaces, il y a deux cas à examiner: l°jusqu'à 10 mètres superficiels, on compte en temps avec fourniture des matières ; 2° de 10 mètres jusqu'à 20 mètres, 1 o en plus des prix fixés à la Série de la ville de Paris; 3° audessus de 20 mètres, on applique les prix fixés à la Série sans aucune augmentation.

Dalle, s. f. — Nom que l'on donne à des plaques de marbre, de pierre dure ou de granit que l'on emploie : 1° à l'intérieur des édifices, pour le revêtement des murs ou du sol de certaines pièces (vestibules, cuisines, passages, etc.) ; 2° à l'extérieur, pour la couverture des terrasses, des toits en pentes, des murs de clôture ou pour le pavage des cours (voy. Dallage, Revêtement).

Les pierres qui recouvrent les tombes sont également des dalles.

L'usage de revêtir ainsi le sol et les murailles des édifices est très ancien. Il en est de même des couvertures en matériaux durs et minces. Un grand nombre de temples antiques de la Grèce

étaient couverts en dalles ou tuiles de marbre (voy. Tuile).

Aujourd'hui, on emploie quelquefois un système analogue pour les couvertures qui reposent immédiatement sur des voûtes en maçonnerie : nous don-

nons en coupe (fig. 1334) un exemple de toiture formée de dalles i^osées jointives, dans le sens de la longueur de l'édifice, et à recouvrement, dans le sens de la hauteur du toit.

Les terrasses sont souvent aussi revêtues de dalles en pierre, avec joints remplis à l'aide de certains mastics.

Pour les passages extérieurs ou intérieurs, on emploie différentes sortes de dalles. Nous citerons :

1° Les dalles de granit qui forment les trottoirs des villes ;

2° Les dalles de grès dur, parmi lesquelles il faut signaler le macigno ou grès de Toscane, avec lequel sont dallées les rues de Florence, de Pise, etc.;

3° Les dalles de pierre calcaire, dont les plus renommées sont celles qui proviennent de la pierre de Tonnerre (Yonne), de Murchamp (Ain), deSainte- Saulle, près La Rochelle, de Soignies (Belgique). C'est avec la pierre de Tonnerre, associée au marbre noir de Belgique, que Ton exécute souvent des dallages mosaïques à formes géométriques et de couleur blanche et noire. Le liais

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